Archives pour août 2008

h1

Question zoologie

29 août 2008

Top !

« Je suis un mammifère carnivore et poilu de la famille des félidés élevé au rang de divinité du temps de l’Egypte antique et qui n’a jamais vraiment perdu la grosse tête depuis lors. De nature sauvage et indépendante, j’ai apprivoisé il y a longtemps de cela l’homme que je tolère en mon domicile en échange de bouffe et de gratouilles. Mon nom scientifique est « Felis Silvestris », ce qui n’empêche pas les humains de m’appeler généralement Minet, Minou, Minette, Mistigris, Moustache, Néron, Gilgamesh ou Nabuchodonosor, certes plus rarement toutefois dans ces derniers cas. De toutes façons je m’en fous, je réponds pas. Arrivé dans la vie de l’homme lorsqu’il commença à accumuler du grain, ce qui attira les souris et me fila donc un bon job, j’ai fait copain-copain avec les Romains, les Egyptiens et les Musulmans  mais j’ai eu des mots avec les Chrétiens : m’associant au Diable, ces cons-là ont failli me faire entièrement disparaître d’Europe au début du XIVème siècle, mais je me suis vengé cordialement puisque les rats ont logiquement proliféré et apporté la Grande Peste en 1346 qui, jusqu’à 1352, tua plus de 25 millions de personnes. Faut pas me souffler dans les naseaux non-plus. Si j’ai encore des emmerdes, notamment avec les chinois qui m’exploitent pour ma fourrure, je me la coule généralement plutôt douce et vis en bons termes avec mes serfs humains qui m’apprécient parce que je fais « ronron », bien que je sois par nature peu enclin à faire des concessions. Je suis, je suis… »

Hein ? Ouais bravo, c’est le chat ! T’es trop fort ! T’as gagné le droit de consulter cet éminent exposé sur cet aimable rongeur. Ça s’appelle « Simon’s Cat », son brillant réalisateur en a sorti trois en tout, « Let Me In ! », « Cat Man Do » et « TV Dinner » que tu trouveras facilement sur Youtube ou Dailymotion. Moi j’aime bien !

Mâow.

 

h1

Don d’organe. Si vous avez bon cœur, on le veut bien.

29 août 2008

Si j’étais un peu moins pantouflard, que je joignais plus vite le geste à la parole et surtout que je me posais moins de questions, j’aurais déjà ma carte de donneur d’organes. Si ma mort peut sauver des vies… (Faites péter les violons)

 

Alors voilà, avec ça, si je me fais décalquer la gueule sur mon volant par un quinze tonnes lancé à plein régime à contresens sur l’autoroute des vacances par un routier beurré, où si un lecteur de ce blog fait jouer ses relations avec la mafia pakistanaise pour obtenir mon nom et mon adresse et vient me balancer par la fenêtre de la plus haute tour de mon modeste logis, mon corps serait donné à la médecine pour qu’elle y prélève mes organes en vue d’éventuelles transplantations. Elle récupérerait dans l’affaire un cœur de granit, une paire de poumons tout noirs, une éponge, le rein que je n’ai pas vendu pour boire, un estomac rempli de chair humaine, une rate qui se dilate, un gésier anémié et un cerveau qui, donné à la science, lui ferait faire un putain de bond en arrière. Le reste serait mis avec les os et un bouquet garni dans un grand sac de jute, rendu aux miens et mon frère cadet Pietro prendrait les rennes du pouvoir et deviendrait le nouveau Capo de la Famille.

 

Mais une question me taraude quand-même : a qui il va être donné, mon organe à moi ? Je pose un cas de figure : si Daniel Vasella ou Christoph Blocher s’écrase sur son héliport et s’envoie le groin dans le tableau de bord pour finir avec le manche à balai dans la pompe aortique et une pale dans le c**, et qu’au même moment le petit Rachid, quatorze ans, se prend une lame d’un sympathisant UDC dans le canal cardiovasculaire, dans quelle poitrine il ira battre mon petit cœur ? Je rappelle que je peux pas choisir, je suis déjà froid et il est probable que cela ait suffi à me fermer le museau. Alors ?

 

En fait, je ne suis pas certain que la beauté du geste de donneur d’organe puisse transcender la pompe à fric qui régit notre société.  Et honnêtement, suivant la réponse à cette question, si discrimination il y a, autant pas mourir du tout et garder mon coeur !

 

h1

Revue de presse (selon les gratuits)

26 août 2008

Ce matin, en me rendant au charbon, j’ai remarqué comme tout un chacun que le sujet brûlant du jour est que le sperme de Michael Phelps (triton américain bien connu depuis quinze jours) peut rapporter plein d’oseille, ce qui est bon à savoir si jamais j’en trouve par hasard.

 

Information surtout bien pratique pour qui veut se lancer dans l’élevage de Phelps. Attention tout de même, c’est un investissement conséquent, il faut un gros bassin chloré pour les loger et prendre bien soin de changer l’eau régulièrement.

 

Comme il faut bien évoquer le reste de l’actualité, la presse nous informe aussi que Philippe Senderos (footballeur suisse qui marque de la tête et saigne du nez) pourrait être acheté par l’AC Milan pour une somme de 20 millions d’euros, ce qui nous fait une belle jambe, mais le truc avec les gratuits, c’est qu’ils parlent surtout pognon. Ca prend les gens aux tripes quand tu évoques des grosses sommes, surtout quand ton public cible est essentiellement constitué de gens fauchés qui se rendent chaque matin à leur job alimentaire la mort dans l’âme.

 

Sinon, ben y a Oskar Freysinger, conseiller national UDC valaisan, qui s’est cogné la tête pendant la promenade. Allez dire qu’il se passe jamais rien en Suisse ! Cela dit, fallait bien que ça arrive, c’est chaque fois pareil : il trépigne déjà sur sa banquette arrière quand on arrive sur le site, jaillit de l’habitacle comme une fusée sitôt qu’on rabat le siège pour le laisser sortir et s’en va courir tout joyeux au milieu des arbres et creuser des trous, alors un jour, fatalement, paf ! La tête dans un sapin, l’Oskar ! Quelle tuile ! Mais le véto se veut rassurant. Ça à la tête dure, un UDC pure race !

 

Autrement, on évoque aussi une poignée de banalités qu’on parcourt vite fait : problèmes en Georgie, en Chine, au Tibet… Baste.

 

Quant à la météo, elle indique une chute probable de la luminosité en fin de soirée.

 

Voilà, c’est tout pour les infos. Je me remets au boulot. Et si vous en faisiez autant ?

h1

Le Roscope

24 août 2008

Faussé par sa perception toute relative de l’espace et du temps, l’homme a tenté de comprendre puis de dompter les étoiles depuis déjà des éternités, notamment en leur donnant des noms et en estimant la distance qui nous sépare d’elles. Un grand pas en avant. De l’observation attentive des astres lointains est née une science absolue et pertinente, j’ai nommé l’astrologie.

Le principe est complexe : après avoir défini des groupes d’étoiles en estimant que certaines d’entre elles formaient des entités stellaires – quoi qu’à ma connaissance on ne leur ait pas demandé leur avis – on leur a ensuite prêté des attributs mystiques qui iraient jusqu’à influencer nos vies. Comme quoi on se gène pas pour s’approprier même ce qui est infiniment loin. Et de fait, la distance qui nous sépare d’elles est si énorme que si certaines s’étaient éteintes au cours des derniers millénaires (soit avant l’avènement de l’homo sapiens sapiens sur Terre), on en n’aurait toujours pas conscience. Mais ça, c’est une autre histoire. Ce qui importe, c’est qu’il y a quelques siècles, un groupe de savants complètement camphrés à la zythum a réussi à halluciner suffisamment méchamment pour prêter à ces groupes d’étoiles des formes le plus souvent animales auxquelles ces mêmes types ont fini par attribuer des noms. Et vas-y que je te fous la constellation du bélier, du cancer ou du capricorne, et vas-y que je te dis qu’au fond c’est la Balance (elle a dû donner des noms d’autres constellations), Andromède ou Proxima Centaure. Et le tout sérieusement, sans même pouffer, en y croyant dur comme fer !

Bon, on va dire que sur le moment c’était un peu dans l’air du temps, les mecs croyaient aux dieux grecs, égyptiens ou je ne sais qui, ils pensaient que la Terre était plate, ils coupaient la salade avec un couteau, bref, c’était pas des flèches et leur science approximative les poussait peut-être à une vision des choses un peu fantasque. C’était le bad trip de l’époque, soit. Mais le mal était fait ! Aujourd’hui, animé par l’esprit logique et pratique propre à notre époque et éclairé par la très sainte lumière de notre sauveur Jésus Christ, on a suffisamment de bagage pour balancer aux oubliettes ce genre de sciences vétustes et témoin d’un autre âge qui fleurait bon le combat de gladiateur, le sacrifice de cabri et la peste bubonique. Quid ? L’astrologie est aujourd’hui l’apanage de sorciers de villages, de rebouteux ou de voyantes superstitieuses dont les tanières sont envahies de musique new-age, d’étagères croulant sous les cristaux colorés et de trop nombreuses encens qui vous flanquent le cœur au bord des lèvres. Ces braves zigues collectionnent ce genre de sciences à la mords-moi-l’oreille et mélangent allègrement astrologie, numérologie et autres trucs marrants du même tonneau consistant à essayer de deviner le caractère profond et caché d’une personne – ainsi que des fragments de son avenir dans la foulée – en passant par son prénom, sa date de naissance, la forme de son crâne, le lieu où il est né ou les lignes de ses paumes.

En outre, pour que chacun puisse lire confortablement son destin dans les étoiles sans quitter son pouf ni ses pantoufles, des prévisions pointues sont proposées dans toute bonne feuille de chou qui se respecte via l’horoscope. Et si il me plaît pas mon horoscope, je peux changer de journal ? Et qu’est-ce que ça veut dire ça, sous mon signe, je cite : « L’astre nocturne vous inspire de magnifiques choses » ? Moi, l’astre nocturne, il me trouve le plus souvent au plumard, c’est pas le moment de m’inspirer ! J’ai sommeil, non mais eh !

A terme, il résulte de tout bon praticien de ces sciences sophistiquées un interlocuteur d’une autre planète dont chaque intervention te plombe toute possibilité de conversation constructive ; va répondre à une personne qui t’explique que si tu t’appelles Charles, tu seras un mec compréhensif et de caractère aisé, parce que « C » est une lettre aérée et ouverte ! Va argumenter avec le rigolo qui te soutiendra mordicus que les étoiles ont influencé ton choix de destination de vacances ! Et que veux-tu dire à quelqu’un qui s’excuse d’un coup de gueule en accusant la pleine lune, cette boule de caillasse morte flottant dans le vide glacial à plus de cinq cents mille kilomètres ? Elle a bon dos la lune !

Personnellement j’évite d’aborder le sujet avec ces gens-là, c’est un peu comme si tu parlais pas la langue… Je garde un souvenir partagé du jour où, affirmant que je n’aimais pas les poivrons, une illuminée frappée d’une brusque révélation me lança : « T’es capricorne ? » ! Parce qu’une simple préférence culinaire dépendrait de la position d’étoiles situées à des éons peut-être ? J’aurais bien fait comprendre à cette zélote d’un autre âge le ridicule presque condamnable de sa remarque, mais je me la suis bouclée, pour une fois.

Faut dire aussi que je suis capricorne.

h1

Pensée du jour

22 août 2008

Un gros titre a attiré mon attention ce midi, tandis que j’allais chercher mon pot de beurre et ma galette pour casser la graine afin de faire le plein d’énergie pour une après-midi complète à travailler de toutes mes forces pour rapporter des sous à mon patron. Il s’agit d’une affiche du “Matin” (tiens donc) qui stipule ceci :

“Du Mozart pour tuer les cochons”

On n’arrête pas le progès. Toutefois, je m’indigne de cette méthode. Je n’ai rien contre Mozart, mais pour ce qui est de tuer les cochons c’est trop long ! Ca serait sûrement beaucoup plus rapide avec du Hip-Hop !

C’était la vanne pourrie du vendredi. Bon week-end les gens !

h1

Le crime odieux

21 août 2008

Le type qui a décidé le retrait de la plupart des postomat de Lausanne, on peut pas l’abattre quand-même ? Lorsqu’il a décrété cette chose abjecte, il n’avait forcément pas conscience qu’en d’autres temps, les gens comme lui étaient judicieusement jetés aux lions, et les gens comme nous assistaient au repas avec une délectation vengeresse confinant à l’hystérie ?

Reconnaissons-le, l’ère moderne à sacrifié à l’autel de la civilisation des pratiques qui justifiaient à l’époque l’amour aveugle – inimaginable aujourd’hui – qu’un peuple portait à son souverain.

Hélas ! Activée par les milliers de vies autonomes et d’entreprises régies par la loi du profit, la gigantesque roue de la société moderne tourne trop vite pour permettre à sa population de s’adapter à son rythme dément et notre appareil judiciaire est obsolète pour traiter avec discernement les plus odieuses de ses dérives.  Dès lors, les faits sont accablants. Et le spectacle d’une file d’attente s’étirant comme un vieux ver mourant sur le bitume devant les rares postomat encore actifs renferme une douleur presque intolérable. Quoi de plus misérable, en effet, que cette procession de pauvres ères prisonniers de leurs besoins pécuniers s’entassant misérablement les uns derrière les autres, attendant leur tour d’approcher enfin la sacro-sainte machine, les yeux emplis de détresse, s’abritant de la pluie ou du soleil de plomb sous les rares couverts offerts en ces lieux de tourment ?

Pire : pour le vaillant prolétaire qui, surgissant à midi de l’usine tel un lycaon affamé, constate avec horreur que son portefeuille est vide, l’épreuve qui l’attend s’annonce insurmontable ! Le malheureux a une heure pour trouver sa becquetance, tabernacle ! Le temps pour lui de se ruer vers le plus proche office de poste encore muni d’un distributeur, d’attendre sans craquer son tour derrière la multitude d’homo sapiens aussi affamés que lui, d’extorquer son bien à la machine démoniaque dont le flegme typiquement électronique confine à l’insolence, de bondir vers le premier endroit où l’on pourra lui délivrer sa pitance, de l’avaler sans s’étouffer – surtout s’il mange en chemin – et de réintégrer son banc de galère, il y a fort à parier que la sinistre sirène aura déjà retenti dans les lugubres locaux et qu’en se rendant à sa place de travail, le malheureux aura à faire face au visage violacé de rage de son supérieur hiérarchique.

Une société saine devrait voir ses administrés protégés face à de tels outrages ; l’appareil judiciaire serait bien inspiré d’étendre son éventail de peines en y intégrant des notions de recherche du Pardon directement auprès des victimes lésées. En l’occurrence, le coupable n’aurait pas démérité une franche condamnation à la peine de claques, durant laquelle le pénitent se présenterait aux files d’attentes des postomat, arborant l’habit et la coiffe d’infamie, et les enfants lui jetteraient des pierres et des choux. Et alors, justice absolue, chaque prisonnier de la longue file administrerait au coupable, tour à tour, une bonne et franche nasarde bien comme il faut, un vrai soufflet de chez nous, qui claque haut et fort pour s’élever dans l’air joyeux comme une fraîche et retentissante note d’espoir.

h1

Mais que fais-tu là, tu t’es perdu ?

21 août 2008

Ami(e), avant de franchir le seuil de ce blog et de te jeter à corps perdu dans la lecture des ennuyeux textes qui suivront, je dois te mettre en garde : ici, t’es chez Labo.

 

Labo est un philanthrope que les humains déçoivent un peu plus chaque jour. Quelqu’un qui n’aime pas la bêtise, ce qui n’est pas un cadeau, vu que la bêtise c’est peut-être le truc qu’on trouve le plus sur cette planète, avec l’eau de mer. Mais malgré tout, il ne peut pas s’empêcher d’aimer les humains. Ils sont joyeux, candides, marrants, stupides, absurdes, sordides, géniaux, imprévisibles et grotesques (j’ai plus de rimes en « ide ») et avant tout humains. L’homme, c’est un type qui se conduit comme un goret, te désespère à enchaîner les incongruités et qui soudainement, paf, te met sur le cul d’un trait de génie inattendu.

 

Mais, encore une fois, sa capacité première est d’abord de te décevoir. De bien des façons, en bien des occasions, à toute heure, de jour comme de nuit, qu’il pleuve, qu’il vente qu’il neige, même le dimanche, même le 31 décembre, même pendant la Fête des Morts ! Alors, plutôt que de risquer de céder au désespoir et de flinguer tout le monde au supermarché durant une crise de nerf, Labo a préféré évacuer et coucher par écrit ses observations pour les mettre à portée de tous sur la Grande Toile. Parce que si comme chacun il est rongé par les vices et les défauts, Labo va ici s’étendre mesquinement sur ceux des autres.

 

Voilà, tout ça pour dire que là t’es chez moi, tu peux laisser tes chaussures, dis bonjour en entrant, prends une bibine, tape dans les chips et assieds-toi près du feu, Labo en aura sûrement une ou deux à raconter. Il essaie d’amuser les gens et de poser des réflexions, aussi, un peu. Pas trop, sinon tout le monde se tire et retourne sur nichons.com.

 

Billets d’humeur, observations diverses, coups de gueule en quantité, coups de cœur en minorité, questions et points de vue, Labo envoie tout en vrac sur son blog et te demande pas la monnaie. Prends ce qui te fait plaisir, c’est cadô. Et n’oublie pas qu’on est là pour déconner. Et qu’on prise le second degré.

 

Amicalement,

 

Labo