Archives pour septembre 2008

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Momo RPG

30 septembre 2008

 Je sais pas si t’as déjà eu l’occasion d’entrer dans un cybercafé essentiellement orienté MMORPG, mais c’est enrichissant. En franchissant la porte, tu vois un certain nombre d’ados qui tournent la tête vers toi comme un seul homme et, l’espace d’une seconde, te dévisagent en silence avant de retourner à leurs occupations. Ça rappelle un peu le saloon, donc, mais sans le tord-boyaux, le piano, les colts et le type qui joue de l’harmonica dans le fond. Tout ça, tu remplaces par une série de mômes engoncés dans des fauteuils en skaï trop grands pour eux, parfaitement immobiles sauf leurs mains qui courent avec virtuosité de la souris au clavier et dont les voix éraillées s’élèvent sporadiquement, tantôt en chapelet d’injures, tantôt en exclamations enjouées. Bienvenue dans l’univers du jeu en ligne.

 

Pour les profanes, MMORPG, ça veut dire « Multi Massive Online Role Playing Game », ou un truc du même tonneau, en français « jeu de rôle en ligne massivement multijoueur ». En substance, c’est un jeu de rôle sur ordinateur auquel des milliers, voire des millions, de personnes jouent en même temps. Donc on peut imaginer un monde où il est impossible de faire deux pas sans bousculer un archimage réputé, un paladin bourrin ou un gros barbare, un monde où à moins de trente mètre d’une mégapole se trouvent des grottes remplies à raz la gueule de gobelins et dont un cimetière est inconcevable sans horde de zombies.

 

On a déjà dit beaucoup de mal du MMORPG, notamment à cause de sa propension à engloutir les joueurs qui disparaissent de la vie de leurs proches ; qui n’a pas perdu en tous cas un ami, absorbé par la trame éthérée d’un monde moins que réel ? Et qui n’a pas entendu ces histoires sordides de joueurs morts d’inanition à force de rester scotchés à l’écran, sans dormir ni manger ? Et qui ne s’est pas dit que, franchement, c’est quand même un peu la honte de mourir comme ça, même que tu dois pas trop savoir quoi dire au bon Dieu quand t’arrives devant lui ?

 

Alors si je viens sur cet édifiant sujet, c’est parce que ces jours est sorti un jeu qui aurait pu m’intéresser : Warhammer Online. Sans entrer dans les détails, Warhammer est un jeu de figurines qui m’a passionné quand j’étais ado. Bien que scandaleusement pompé sur les idées de Tolkien ou de Chrétien de Troyes, entre autres, le monde, sombre et médiéval, était bien fichu, riche et très complet. Et par bien des aspects, retrouver cet univers sous forme virtuelle et fouler les terres qui m’ont naguère tant fait rêver pourrait m’intéresser. Pourquoi je m’y essaie pas alors ?

 

Et bien essentiellement pour préserver cette perfection qui règne en maître dans mon imagination ; les souvenirs sont biens, mais c’est tout ce qu’ils sont. Et parfois, les choses du passé gagnent à rester au passé. Parce que retrouver le mythique Vieux Monde sur ordinateur, ça sera à coup sûr constater des détails rageants, notamment qu’il y a sans doutes plus d’aventuriers que de roturiers ou de paysans, qu’on traverse deux nations supposément immenses en une heure de cheval ou encore qu’on y trouve beaucoup plus facilement une épée runique, magique et maléfique qu’une livre de farine de millet.

 

Mais surtout, c’est pour préserver l’identité culturelle des êtres imaginaires qui peuplent ce monde fictif ; un monde sombre, corrompu et inquiétant dont j’imagine aisément, dans son pendant virtuel, le niveau des conversations entre, par exemple, des seigneurs maléfiques craints et respectés. Conversations qui doivent ressembler à peu près à ça :

Seigneur Garkain : « C’kon leur a mi, tro tro lol, izon pas fé un pli kan on a razé le chato !!!!!!!!!!! »

Dark-Mordrim : « Cé vré, moa ya un palad1 ki ma Dfié, g lui ai tro PT sa race et il a tro pleuré sa mère, mdr !!!!!!!!!! »

Gohorr-sombre-hache : « Bon alé, GV me couché, 2main y a TE et ma reum L me fé iéch, a+ les ga, lollllll Kissssss, A12C4 !!!!! »

 

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Madame Suisse

29 septembre 2008

Eh bé, il s’est passé plein de choses, ce week-end ! Pendant que moi je regardais bêtement batman au ciné, Whitney Toyloy (prononcez… Je sais pas en fait !) héritait du titre de Miss Suisse, en français « la Suisse me manque », ou « Madame Suisse », plus probablement. Beaucoup d’émotion. Et j’ajouterai que sa soirée était plus remplie que la mienne.

 

Cette jeune femme ne manque pas d’atouts. Premièrement, elle a un prénom vraiment charmant la prédestinant à la vie de star, genre « Begnins-sur-Atlanta ». Et puis elle est métisse : elle a du sang américain dans les veines. Elle est donc fière de représenter la « Suisse Multiculturelle », à savoir, en l’occurrence, un mélange entre la Suisse et les USA, ce qui en fait une ambassadrice idéale pour représenter les communautés africaines, orientales ou latines qui fleurissent par chez nous. Donc ok, on n’a pas élu une noire, mais vous voyez qu’on fait des efforts, quand même !

 

La reine de beauté nous vient d’Yverdon, ce qui ravit son syndic qui s’empresse de souligner que cette commune est très engagée sur la formation de la jeunesse. Donc on parle bien de ce bled où des mômes s’entassent sur la place de la gare pour se camphrer bruyamment la ruche à grand coups d’alcopops achetés au « coop pronto » du coin et passant de ci de là des types à tabac, parce que bon, quand même, y-z-ont qu’à être ailleurs.

 

La bonne nouvelle, c’est que les manchettes nous apprennent qu’elle vit un merveilleux roman d’amour avec Karim, son chéri, comme quoi les reines de beauté suisses ne sont pas soumises à l’étouffante pression de la solitude, ouf ! Et puis son jules a l’air très gentil, notamment quand il dit qu’il n’aurait jamais imaginé vivre un truc pareil avant d’enchaîner en affirmant qu’à aucun moment il n’a douté du succès de Whitney.

 

La presse s’étend de long en large sur l’évènement, précisant que la famille de la reine est bien contente. Sa sœur aurait même déclaré non sans audace « elle est belle », affirmation certes plutôt vraie. Ça tombe bien, c’est Miss Suisse quand même !

 

Donc maintenant, Whitney Toyloy est ambassadrice du pays. J’ai un peu de peine à réaliser le changement, comme souvent avec les grands évènements chocs, désormais cette sémillante jeune femme apparaîtra sur des publicités ou inaugurera des supermarchés en précisant que la guerre et la faim dans le monde, c’est pas bien. J’ai vraiment l’impression que le pays a fait un grand pas en avant. Et surtout, surtout, la presse pipole (la presse, quoi) nous pondra à chaque occasion des articles à grand renfort de rien du tout sur tous ses faits et gestes. Me réjouis, moi !

 

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Brûlons la Sorcière !

27 septembre 2008

Je veux – encore – profiter de cet espace que je m’attribue pour pousser un coup de gueule à l’encontre d’une frange de la race humaine que l’on se DOIT de combattre par tous les moyens ! Je veux souligner en quelques mots l’un des plus bas aspects de l’humanité, odieuse réminiscence préhistorique que l’on maudissait déjà au fond des cavernes et qu’à l’heure actuelle on n’a toujours pas su éradiquer comme un vilain virus.

 

En bref, je veux parler de la mère de famille aux petits soins, s’occupant de sa progéniture jusqu’à s’en faire détester, se cachant derrière les responsabilités maternelles pour justifier les bassesses les plus abjectes, les débordements les plus vils. Je m’explique.

 

J’ai vu, aujourd’hui même, de mes propres yeux et sans m’évanouir, une femme, normale de prime à bord, charmante même, frappée par la brusque découverte d’une vilaine tache sur le visage de son petiot. Sa réaction fut purement bestiale, barbare, écœurante : s’agenouillant et encerclant de ses bras le pauvre petit être afin de lui couper tout espoir de salut dans la fuite, puis sortant un mouchoir en papier de son sac coquet, elle a – j’ose à peine l’écrire – léché abondamment ses doigts pour les appliquer ensuite sur ladite tache afin de la combattre par sa salive avant d’essuyer le tout à l’aide du mouchoir susnommé. Eurk.

 

Mères, tendres mères, je vous en supplie ! Au nom de tous les enfants qui ont eu à subir cela et qui, jour après jour, doivent combattre ce souvenir plus douloureux encore qu’une fessée publique devant toute l’école, qui sentent encore sur eux l’horrible odeur qui leur collait à la peau et luttent toujours contre l’atroce souvenir surgissant parfois comme une irrépressible bouffée nauséeuse, cessez cette pratique infâme ! Je remercie le Ciel d’avoir voulu que ma maman à moi fût humaine et non néandertal, mais, par un élan de solidarité, je tiens à m’insurger contre cette pratique perverse, fétide, nazie et satanique !

 

D’ordinaire, je suis pour le dialogue et la prévention, mais il y a fort à parier qu’une part de ces mammifères primitifs reste sourde à toute prière. Car, dans ce cas de figure précis, la mère a adopté un état d’esprit la poussant à considérer sa progéniture comme une partie d’elle-même, sans conscience ni opinion, sur laquelle elle a tous les droits et dont la responsabilité envers elle fait passer le destin d’Atlas pour un boulot d’étudiant. Ça ne lui viendrait même pas à l’esprit de se dire « mais moi, si on me faisait ça, est-ce que je serais pas un peu contrariée la moindre ? ». Que pouic. C’est son papoose à elle, va lui contester son droit de lui baver dessus tout son soûl et c’est la maternité en général que tu insultes, outrage suprême, avec ta langue fourchue d’homme qui n’y connaît rien. Où ta langue de vipère de femme jalouse de son bonheur de mère. Et là, t’as pas fini de l’entendre.

 

Il appartient à l’ère moderne de faire un grand pas vers un avenir riant en combattant ces résidus gluants des cavernes avec la dernière énergie. Et s’il n’est pas possible de leur faire entendre raison, je propose de combattre le feu par le feu en infligeant à la coupable un châtiment à la hauteur du crime ; l’occasion pour les malheureux êtres traumatisés par cette pratique impie de toucher du doigt une légitime vengeance en remplissant de leurs postillons, les uns après les autres, un grand sceau lourd et profond, genre crachoir de saloon, que l’on suspendra une fois plein au dessus de la tête de la condamnée. Le bourreau, un sourire sardonique bien compréhensible caché sous la noire cagoule, maintiendra la chose en équilibre pendant la lecture de la condamnation ; et sous le regard d’un public ivre de vengeance, outré et assoiffé de justice, la sentence serait prononcée solennellement et la peine tomberait comme un couperet de justice divine. En joue… FEU !

Et PLAF !

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Boulot métro dodo – avant-première

23 septembre 2008

Ils étaient 160′000 à tester le nouveau métro de Lausanne durant l’inauguration de ce week-end, parait-il. Ca fait tout un paquet ça ! 160′000 personnes qui ont eu la primeur de se serrer gratuitement les uns contre les autres dans des bouffées de sueur rance et la moite chaleur humaine tandis que la machine entièrement automatique – détail bien pratique, des fois qu’on trouverait pas de chauffeur en ces temps de plein emploi – les emmenait, au grès des grincements et des pannes, de bas en haut, puis de haut en bas, puis encore de bas en haut et ainsi de suite.

 

J’avoue que de mon côté, insensible à ce privilège qu’on nous mettait pourtant généreusement à portée, je n’ai pas mis les pieds dans ces rames que j’aurai bien assez d’occasions de tester le moment venu. Parce que personnellement, j’associe difficilement les moyens de transport en commun avec mes – bien entendu trop – rares moments de loisirs. Les trajets en bus, par exemple, ne m’apparaissent que rarement divertissants, même lorsqu’il y a cette grande mama qui hurle des paroles bibliques en tapant dans ses mains. Ou le toxon qui hallucine dans son coin. Ou encore l’ado que j’ai souvent vu à sept heures du matin avec un regard absent et une bouteille de gnôle qu’il descend au goulot.

 

Mais bon, j’admets que beaucoup peuvent souhaiter essayer ce truc qui leur a quand-même coûté bonbon et qu’ils n’utiliseront jamais. Mais personnellement, je suis piéton et, lorsque je devrai prendre le métro, ça sera le plus souvent pour aller bosser. J’aurai donc, à ce moment-là, largement le temps d’apprécier ces moments uniques suspendu aux barres métalliques qui ne verront jamais la couleur d’un chiffon et enserré par une pléthore de quidam attendant autant que moi que s’ouvrent enfin les portes pour se ruer hors du wagon, tel le vaste troupeau de bovins dont le vent a apporté l’odeur des félins planqués dans des fourrés proches.

 

Donc voilà. Pendant que tant d’honnêtes citoyens s’intéressaient au premier véritable métro suisse (les autres étant des métros falsifiés, ne méritant même pas l’honneur d’une telle appellation), je suis resté sagement près des concerts, assistant aux spectacles, descendant de-ci de-là quelques tisanes pour résister au Grand’Froid, jusqu’à tard dans la nuit où un indélicat videur manifestement survolté et proche de l’hystérie me refusa l’entrée au « XIIIe siècle », sous le fallacieux prétexte que j’étais un peu pompette. Moi qui n’ai jamais fait d’esclandre dans aucune boum ! Alors je souhaite que sa femme donne naissance à une portée de chèvres (ou un truc du genre), parce que je sens que j’ai pas fini d’encaisser des vannes à ce sujet, les copains étant une race d’êtres cruels et impitoyables !

 

Enfin bon, tout ça pour dire que ces pérégrinations me plongèrent quelques dix ans en arrière, lors de l’inauguration de la gare du Flon de la ligne ferroviaire du LEB (Lausanne – Echallens – Bercher. Ou Los Angeles – Edimbourg – Bangkok. Je ne sais plus.) Une sauterie à la hauteur de l’évènement avait été organisée un dimanche à ladite gare du Flon, c’est-à-dire avec force flonflon (désolé). A cette occasion, l’usage du train était entièrement gratuit et, résultat, il fut plus bondé qu’aucun train ne l’a jamais été sur ce continent. Un conducteur désabusé m’avait alors avoué au bord des larmes que la majorité des passagers restait assis dans le wagon depuis le premier train de la journée, effectuant inlassablement le trajet Lausanne – Bercher.

 

On peut donc déduire de tout ça une chose : dans leurs temps libre, les suisses s’ennuient grave.

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Le monde va mal

18 septembre 2008

Il suffit de tendre l’œil et d’ouvrir l’oreille pour constater que tout va mal. C’est pas moi qui le dis : les manchettes de la presse nous annoncent constamment des nouvelles désastreuses, les anciens, dans les tavernes, parlent tout bas entre eux de sales jeunes qui rôdent la nuit, les trous noirs se préparent à engloutir le monde, la bourse s’effondre, Federer a été rattrapé par Nadal et Charlize Theron ne m’écrit plus.

 

Et ben je m’en fous : le monde peut bien crever, la Ligue des Champions a repris, donc moi je quitte pas mon salon et tout va très bien. Nombre d’esprits chagrins affirment que le foot n’est qu’un sport à la con corrompu par le pognon, où des connards courent après un ballon sous les hurlements d’une foule avinée et haineuse, mais ces mêmes personnes, comme l’indiquent tous les sondages sérieux, n’aiment pas non-plus les enfants, les oiseaux, les fleurs, la planète et les petits lapins.

 

Donc moi j’aime le foot et j’assume. J’aime pas les ballots qui font vingt fois le tour de la ville au volant de leurs bagnoles et y vont à coups de trompe pendant des heures lorsque « leur » équipe a gagné, mais pour le reste, d’adhère. Du reste, pour ceux qui n’agréent pas, détestent ce noble art et qui, malgré tout, persistent à lire ce billet qui, je les préviens, cause de foot tout le long – pas de happy end, désolé – je donne ici une explication claire, précise, indiscutable et concise à l’attrait qu’exerce envers moi cette activité hautement intellectuelle. Juste pour le plaisir des yeux. Alors regarde, savoure en silence, baisse la tête avec révérence et va allumer un cierge en l’honneur de Saint-Gerrard.

 

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Jedi et côté obscur

16 septembre 2008
Mister Suisse 3155 AD

Dans notre monde de plus en plus surpeuplé, il est important de s’ouvrir à de nouvelles perspectives d’avenir et d’agrandir notre éventail de métiers et de formations afin de proposer aux générations futures des corps de métiers variés et des formations adaptées, sans quoi tout ce beau monde finira au chômage à jouer à la Xbox en cultivant de la drôgue. C’est probablement à cet effet que l’université de Belfast propose maintenant à ses étudiants une formation de Jedi.

 

Avoir un pote Jedi, c’est bien pratique, par exemple pour déplacer un canapé ou faire sauter une contravention. Et puis c’est des chevaliers modernes, ces braves gens ; ils défendront la veuve et l’orphelin, prôneront les vertus du cœur et feront bidonner tout le monde en parlant à l’envers. Le côté obscur guettant tel un crapaud tapi dans l’ombre l’imprudent padawan trop enhardi pour respecter les règles les plus élémentaires de prudence, il conviendra d’encadrer les apprentis pour éviter des nouvelles tueries dans les écoles, au sabre laser ou aux éclairs bleutés cette fois.

 

C’est évidemment un immense progrès qui offre au domaine de l’éducation de nouvelles lettres de noblesse en or massif. Parce qu’il n’y a pas de raisons que les universités ne soient pas ouvertes aux geeks. On se réjouit déjà des prochaines innovations qui devraient notamment permettre de proposer des cours d’élaboration d’anneaux magiques, de développement des capacités Mentat ou Bene Gesserit, d’usage de la baguette magique et d’animation de marionnettes en bois.

 

Ce n’est tout de même pas l’unique grande nouvelle colportée en ce jour par nos journaux enrichissants. Le Matin Bleu, par exemple, met enfin le doigt sur un débat passionnant qui manquait à notre édification en demandant si le pays est mûr pour élire une Noire au concours Miss Suisse. La réponse qui me vient à l’esprit est que oui, le pays serait prêt depuis quelques années si la presse ne passait pas son temps à touiller le fond de la marmite en réactualisant ces questions d’un autre âge. C’est un peu un comble de s’estimer ouvert tout en relevant systématiquement les différences de couleur ou de culture entre habitants de notre beau petit pays. « Regardez ! Une Noire au concours Miss Suisse ! Là ! Sommes-nous prêts ? Bien évidemment, puisqu’on n’est pas raciste !!! » Pourquoi poser la question alors ? Plongeons-nous une seconde dans un monde utopique qui aurait rayé jusqu’à la définition du mot racisme de son vocabulaire et de sa culture : personne ne relèverait de tels détails, chacun admettrait qu’il y a des différences physiques entre les noirs et les blancs (la couleur…) sans pour autant prétériter l’un par rapport à l’autre. Le racisme ne sera combattu efficacement qu’en abattant les barrières mentales qui nous poussent à ressasser sempiternellement les mêmes faux débats. Mais c’est beaucoup trop tentant pour nos journaux décidemment consternants de nullité qui, année après année, rajoutent constamment une briquette dans le feu à chaque occasion. Car la même question se pose chaque année, à chaque concours.

 

A part ça ben ça va, mais je serais assez satisfait si les chauffages pouvaient être activés dans mon bureau. Parce que j’ai une stalactite qui pend au bout du nez, mon souffle se transforme en froide vapeur spectrale et si je m’arrête d’écrire une minute, j’ai les doigts trop engourdis pour reprendre.

 

 

 

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Qui n’aime pas les bêtes…

15 septembre 2008

Alors que d’un côté on parle d’enfants oubliés dans des voitures plantées au soleil qu’on finit par retrouver tout secs sur la banquette arrière, les parents sont parfois étourdis, on se veut plus rassurant sur le sort de nos amis à poils, ce qui fera plaisir à Brigitte Bardot et c’est bien là tout ce qu’on souhaite.

 

Par exemple, le chien étant le meilleur ami de l’homme, on trouvera parfaitement normal de le traiter comme tel et de lui offrir, comme à n’importe quel ami, une vraie boisson d’homme viril au retour de la promenade ; c’est ainsi que l’on a développé la bière pour chiens sur laquelle on s’étend sur ce site plein de sagesse, brassée à Amsterdam avec amour et extraits de bœuf, comme toute bière qui se respecte. Ainsi, au lieu de regarder votre clébard comme le dernier des cons et de lui lâcher un truc du genre « mais c’est qu’il a soif, le toutou, hein, il a soif, il veut un bol d’eau, hein, on va lui donner un bobol au gentil toutou, hein ! » il convient maintenant de le traiter comme il le mérite et, tandis qu’il ira se vautrer sur le canapé et jouer de la zappette, de lui dire « je te fais péter une p’tite mousse, l’ami ? ».

 

Mais ce n’est pas tout ! On trouvera sur cet autre blog non moins sage un article édifiant sur l’eau en bouteille pour animaux, que l’on peut trouver au rayon « je suis une grosse nouille et j’ai plein de ronds » des grandes surfaces. Certes, certains rabat-joie rappelleront que dans notre pays où l’on a une eau courante de bonne qualité à portée de main, il peut paraître ridicule de dépenser du blé pour acheter de l’eau en bouteille acheminée par camions diesel avec des vrais morceaux de pollution dedans, mais ce sont là des gens tristes qui n’ont rien compris à la tendance et qui ne savent pas vivre avec leur temps.

 

Donc tout ça est à ajouter aux croquettes au bœuf ou au porc (typiquement le genre de proie naturelle du chien et du chat), aux biscuits en forme d’os (sinon les chiens y touchent pas), au lait pour chat et autres apéritifs et petits-fours destinés à nos joyeux compagnons.

 

Qui aura lu les manchettes de 24Heures et du Matin ces derniers jours connaîtra également l’existence de « Dognitas », une société qui mettra un terme aux souffrances de toutou pour une poignée de billets – notez d’ailleurs que le nom de la société est de très bon goût –, et sait en outre que maintenant on dispense des cours de samaritains pour chiens. Et je ne peux m’empêcher de penser que, si l’on décide de suivre cette formation, on doit être amené à faire la connaissance de gens passionnants. Mais je suis mauvaise langue, j’avoue.

 

Sinon, ben le tigre, l’éléphant, l’ours polaire et bien d’autres animaux irremplaçables sont en passe de rejoindre le dodo au panthéon des bêtes disparues. Mais ça, on s’en fout hein ?

 

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Nati-tanic

12 septembre 2008

Je sais pas si t’as remarqué, mais depuis hier, les humeurs suisses ont considérablement changé quand on aborde la question du foot. Jusqu’à mercredi soir, en effet, si tu disais à un pote « eh, machin, t’as vu c’te débâcle ? » le zigue répondait, avec un sourire carnassier : « ouais, Domenech iz goin’ down ! ». Maintenant, les visages ont plutôt tendance à s’allonger, les regards fuient, les voix se taisent, le vent siffle, les chiens hurlent, les feux s’éteignent, les volets claquent et le froid s’abat sur la pampa. La Suisse, cette grande nation du football, a perdu. Avec la manière. Et les amateurs de foot se demandent tous s’ils ne devraient pas s’intéresser plutôt au tennis.

 

Parce qu’alors quelle dégelée hein les copains ? L’expression « Bérézina » est en passe d’être remplacée par « Letzigrund » dans le cœur des suisses. Heureusement que c’est pas arrivé pendant l’Euro hein, t’imagines la honte ? Pourtant on a quand même quelques points pour relativiser : premièrement, on a peut-être la mononucléose. Ensuite, l’état d’esprit ne se limitait pas qu’à l’équipe, mais paraissait toucher le pays entier ; par exemple, un ami me disait qu’il trouvait que Alain Nef et Alex Frei se ressemblaient vachement. Et puis Streller était pas là. Barnetta et Frei non-plus. Ah si, merde !

 

Allez, redressons la tête et disons-nous qu’il nous a été donné d’admirer le plus mauvais match concevable ! D’ailleurs, le coach a senti le coup puisqu’il a sorti le seul joueur qui tenait à peu près debout.

 

Et c’est là que j’étais sensé mettre un lien youtube sur « Afrique Adieu » du vieux Sardou, mais la chanson n’existe pas sur le site susnommé, à part une version électro encore plus nulle que le match. On la trouve peut-être sur Dailymotion, mais j’y ai pas accès au boulot. Youtube pas de problème, mais dailymotion que pouic, va comprendre…

 

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Commémoration

11 septembre 2008

Aujourd’hui est un jour très spécial où chaque citoyen honnête et compatissant se doit d’avoir la larme au coin de l’œil, en dépit du soulagement d’être toujours en vie alors que le tant redouté trou noir est pourtant apparu brutalement hier soir au Letzigrund. Aujourd’hui, on célèbre en effet l’anniversaire du plus gros casus belli de tous les temps.

 

C’était il y a sept ans. On s’était tous retrouvés sur le cul, à assister impuissants à la mort de milliers de pauvres bougres, très malchanceux d’être victimes d’une incroyable coïncidence lorsque trois tours s’effondrèrent le même jour à cause d’un incendie, ce qui n’était jamais arrivé nulle part auparavant. Accumulant la poisse, les bâtisses visées s’étaient vues privées deux semaines avant l’attentat de leurs brigades de déminage. Et lorsque la CIA arriva dans les sous-sols qui avaient été interdits aux pompiers, elle constata avec une immense surprise que les milliards de dollars en or qui s’y trouvaient normalement avaient mystérieusement disparu.

 

Coup de bol dans ce malheur, les trois tours s’effondrèrent sur leurs bases, proprement, provoquant la stupéfaction ahurie de bien des experts qui finirent tout de même par changer d’avis après un petit moment de réflexion. Les ralentis indiquent d’ailleurs des surprenantes explosions à divers étages durant la chute, un peu comme si des charges avaient été placées. Un peu. Mais c’était bien sûr les flammes qui firent fondre l’acier et le béton en un temps record.

 

L’ignoble coupable, un terroriste qui, pour la première fois de son histoire, ne revendiqua pas les attentats et affirma être innocent sur ce coup-ci, fut châtié. Ou presque. Parce que s’il demeure libre et introuvable, deux pays du moyen-orient furent tout de même envahis pour marquer le coup.

 

Ce jour-là, le monde fut scindé en deux. Ceux qui pleurèrent les victimes et hurlèrent vengeance, souhaitant porter la mort et la désolation en Bougnoulie pour se passer les nerfs, et ceux qui ricanèrent du sort de ces méchants américains, même que c’est bien fait, et pis z’ont qu’à crever. Tout dans la mesure.

 

Par contre, on n’est pas près de savoir ce qui s’est réellement passé. Un peu comme la balle magique de Kennedy…

 

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Justice canine

10 septembre 2008

C’est une première : un juge a appelé un chien à la barre dans une affaire de meurtre. Genre « accusé, levez-vous. Témoin, terre ! ». C’est nouveau, c’est avant-gardiste, c’est frais et surtout très utile. Et ça s’est passé en en en… France. Ha ha ! T’aurais dit Amérique hein ? Comme un connard ? Ouais, moi aussi…

 

Sordide affaire : une femme avait été retrouvée pendue chez elle ; sa famille criait au meurtre, la police au suicide. Pour mettre tout le monde d’accord, on a donc fait appel au toutou de la défunte, lequel avait été présent dans le salon à l’heure du drame. En présence d’un greffier, du juge et d’un vétérinaire comportementaliste, on a fait entrer le clébard dans la pièce où s’était déroulé le drame et où il fut confronté au principal suspect de l’affaire. Là, le chien a fait « ouaf » et tout le monde s’est retourné vers le vétérinaire avec des regards interrogatifs. 

 

Et c’est là le hic : ce clébard n’a pas vraiment été limpide et c’est déplorable. Pourtant, il a parlé ! Il convient maintenant à la justice de saisir la baballe au bond et de déterminer ce que le témoin entendait par « ouaf » ! Et on ne rit pas, ça ne s’annonce pas simple ! Allez savoir, ça n’avait pas l’air péremptoire ni même franchement assuré, sans compter qu’on connaît pas le caractère de la bête, si ça se trouve c’était même à prendre au second degré !

 

Cela dit, voilà qui pourrait clore le débat sur les avocats pour animaux. Parce qu’une fois qu’on aura pris le pli, ils pourront se défendre eux même devant une cour ! Et peut-être même nous enfler encore, allez savoir !