Archives pour novembre 2008

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Une journée sur mon banc de galère

27 novembre 2008

Dernièrement, au boulot, j’ai vécu une expérience des plus enrichissantes, pas du point de vue professionnel, loin s’en faut, mais plutôt sur le plan humain. Tout avait commencé par un coup de fil de ma cheffe : « salut ça va ? Tu peux passer au bureau, j’ai des documents pour toi, hihihi ! »

 

Et en effet, dans son antre m’attendent trois cartons énormes, limite obèses, dont le fond peine à supporter le poids incalculable des innombrables enveloppes qui y grouillent. Hop, deux pour bibi et le plus léger pour l’apprentie qui me suit péniblement. « Rhaaa-humpf ! » La trotte jusqu’au bâtiment voisin où j’ai mes quartiers vaut bien deux ou trois marathons. Nous y arrivons rouges comme des pivoines, le souffle court, les muscles à l’agonie, mais vivants.

 

Une fois remis de mes émotions, j’explique la chose à mes collègues :

 

« Alors voilà, ils ont envoyé un courrier récemment à toutes les associations avec qui ils ont travaillé, ce qui en fait des tas, mais comme leur liste d’adresse n’est plus à jour depuis la prise de Carthage ils ont tout ramassé en retour. C’est là qu’on intervient en réactualisant le fichier d’adresse, on en a pour un siècle et demi mais bon… »

 

Ramassant une enveloppe au hasard, je constate qu’effectivement, les adresses ne paraissent pas tout à fait correctes. Exemple (fictif) :

 

Association des amis du rire

Monsieur Béatrice Chautard Président

Rue de la Gare

Présidente

Rue de la Gare

1277 Les Bouses

 

Sur une autre enveloppe, il était écrit, en rouge et en très gros : « Pour la dernière fois, veuillez prendre note que mon mari M. Brunner est décédé depuis 4 ans !!! »

 

Au boulot donc. On va pas chômer, je n’ai jamais vu un fichier si pourri : la plupart des associations sont notées à double, voire davantage, les données sont enregistrées sous les mauvaises colonnes, tout est mélangé et constellé de fautes d’orthographe, bref, ce simple tableau Excel a muté en un foutoir qui défie l’imagination à force d’être consulté et modifié par des manches.

 

Evidemment, le propre des associations, c’est de changer constamment de membres, dans le meilleur des cas, voire de crever purement et simplement. Je vous passe donc la semaine de recherches épiques et acharnées durant laquelle, explorateurs du web, nous parcourûmes la Grande Toile à la recherche d’adresses actuelles et me rends directement au terme de notre travail, lorsque nous contemplions, émus, le fruit de notre labeur : un tableau jeune et sain, beau et clair, précis, simple et nettoyé de toute impureté. Nous sommes très fiers de nous. Si je n’étais pas si repoussant, je m’embrasserais !

 

Ah, gratifiante satisfaction du devoir accompli !

 

Hop, retour à l’expéditeur, ça tombe bien, ils devaient renvoyer un mailing. Le lendemain, d’innombrables lettres partaient, cette fois-ci aux bonnes adresses. Depuis, plus de nouvelles.

 

Jusqu’à la semaine passée. Téléphone, cheffe.

 

« Salut, tu peux passer au bureau, il y a des retours à venir chercher, hihihi ! »

 

C’était inévitable, mais au moins j’échapperai aux trois cartons et à l’hernie. Je m’y rends gaillardement… pour trouver, m’attendant sagement sur le bureau, trois cartons remplis à ras bord d’enveloppes aux adresses aussi foireuses que les précédentes.

 

« Mais… »

 

La cheffe ayant judicieusement déserté les lieux, je n’ai pas pu lui poser de questions ni la défenestrer. Je ne m’arrête pas à ça, je veux savoir ce qui s’est passé. L’inspecteur Labo mène l’enquête ! verdict : ma cheffe, une véritable maniaque, ne supporte pas avoir à s’en remettre aux autres pour quelque tâche que ce soit. Carriériste excentrique et hystérique, elle doit absolument contrôler tout ce qui se passe dans son service sans quoi elle ne dort pas la nuit. Seulement dans le cas présent, le contrôle était impossible, tant le boulot était énorme.

 

Elle a donc préféré s’en tenir à l’ancienne liste, avant modifications.

 

Et foutre la nôtre à la poubelle, tant qu’à faire.

 

Et aujourd’hui même, appel d’un autre service : il faut réactualiser le fichier d’adresse. Si possible avant la fin de la journée.

 

M’en fous : ils brûleront en enfer.

 

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Web c’est bien

25 novembre 2008

Internet, c’est quand même formidable. Ça a bouleversé nos vies et nos habitudes en mettant à disposition de chacun un puits sans fond de connaissances et de données dans lequel il n’y a qu’à plonger pour en ressortir plus instruit.

 

Que ce soit pour approfondir ses connaissances en divinités de l’Olympe, pour accroître sa culture générale en zoologie ou simplement pour se détendre devant les performances de grands humoristes, Internet rend toute information accessible par un simple clic.

 

Toutefois, on reconnaîtra qu’il n’est pas forcément évident de tomber sur l’information souhaitée. Parfois, on est même surpris de voir où une innocente recherche peut nous amener, un peu comme quand je suis tombé sur des photos de japonaises sur des toilettes alors que je cherchais un site dédié aux petits elfes dans les bois (authentique)(évidemment)(sinon ça rimerait à quoi, hein ?).

 

Et à l’inverse, on peut être aussi très surpris de voir quel genre de requête a amené des internautes sur ce blog, probablement un jour où leur moteur de recherche avait eu la main un peu lourde à l’apéro. Je vous en donne un ou deux exemples en vrac, recopiés fidèlement :

 

« Miss suisse  2008 merde multiculturelle »

(Comme quoi la dernière lauréate en date de notre combat de reines de beauté ne fait pas que des heureux.)

« Rayon frais saucisses pour salopes »

(Requête soulevant à juste titre le fait que l’on ne trouve pas encore de tout dans nos supermarchés.)

« Laboratoir pour billet noir suisse »

(Là je vois vraiment pas.)

 

Et encore, il y en a d’autres. Par exemple, un internaute est un jour arrivé ici en ayant bêtement rentré « Barnetta » dans son moteur de recherches et je me demande combien de milliers de pages ont défilé avant qu’il ne soit aiguillé ici. Parce que bon, le brave Barnie il est bien sympa, mais je n’aborde pas très souvent le sujet non plus…

 

M’enfin, tout ça pour dire que si ce genre de recherches un peu bizarres vous fait sourire, sachez qu’un blog répertorie toutes les requêtes de ce genre. Ça se passe sur http://follesrequetes.canalblog.com/ et c’est plutôt marrant.

 

(Sinon ça va, mais le concierge continue à me gaver en gazouillant dans les couloirs. Jamais imaginé qu’on puisse faire autant de boucan en sifflant, dedieu ! Je vais lâcher un gros matou dans la cage d’escalier, tu vas voir, y aura un méchant raffut paniqué et il va me le ramener tout dépiauté, ce con de piaf !)

 

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Restons calmes

21 novembre 2008

Tiens, ça fait longtemps que je n’ai plus poussé ma beuglante sur la presse ! Il faut dire que, déjà, je ne la lis presque plus et qu’en outre, j’ai beau gueuler, rien à faire, les gratuits sont toujours aussi nuls, c’est à croire qu’ils se fichent de mon avis !

 

Mais là, quand j’ai vu la première page du bleu de ce matin, j’ai senti le coup tordu à plein nez, tel le zébu en pleine chasse percevant les fragrances du phacochère de garenne dont il est si friand : le gros titre clamait en effet d’un ton lugubre aux passants frissonnants qu’un odieux pédophile avait séquestré une adolescente pendant cinq jours.

 

« Ciel ! Que de misère humaine ! » Hurle l’affiche. « Encore une pauvre enfant payant infiniment cher le prix de son innocence, encore un ignoble pervers friand de cris déchirants, de plaintes impuissantes, de suppliques implorantes, de mensonges éhontés, encore une sombre histoire de chaînes et de larmes, de cave glacée, de murs épais, de ruine de l’âme et du corps, encore une manifestation d’une des plus hideuses dérives de l’esprit humain », poursuit-elle inlassablement, « prends-moi et tu sauras tout, lecteur ! »

 

Oui mais. Sourd aux invectives de cet alarmiste crieur publique paranoïaque, Je passe mon chemin, vais me renseigner sur Internet et comme prévu, tombe sur une histoire certes peu joyeuse, mais particulièrement loin du tableau initialement décrit : une adolescente a fugué d’un internat avec la complicité d’un homme au passé pédophile qu’elle a rencontré par le biais du web, sur un chat, et avec qui elle est restée cinq jours, jusqu’à son arrestation. Boum voilà. Relations sexuelles il y a eu, mais avec le consentement de la fille. Pas de séquestration, pas de viol, pas de brutalité. Une gamine naïve, un type pervers et malade qui sera enfermé, une histoire d’abus, point.

 

À force de hurler au loup pour appâter le chaland, personne ne prendra leurs titres au sérieux le jour où il se passera quelque chose de vraiment grave. Mais ça on s’en fout, par contre ce qui me met en rogne, c’est le côté absolument malsain de la démarche : on a déjà entendu parler d’actes pédophiles meurtriers, d’assassinats et de viols de gosses, ce sont des faits choquants qui marquent durablement les esprits et pourtant j’ai l’impression que les gratuits en demandent, un peu comme un dealer cherchant la came qui plaît au client : « j’ai quelque chose qui va t’intéresser, du croustillant comme tu l’aimes… » Mais bon Dieu, qui voudrait des histoires pareilles ?

 

Voilà, c’était le mot joyeux de la fin de semaine, bon week-end bande de gens !

 

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Les aventures du blog qui sauva Noël

20 novembre 2008

Esprit de Noël J’ai entrevu hier un article soulignant un point désolant : les suisses manquent d’imagination pour les cadeaux de Noël, à tel point que 40% des jolis paquets brillants posés sous le sapin renferment des livres. Vous vous rendez compte un peu ? Des livres !

 

J’ai eu l’insigne honneur de travailler pour un intellectuel qui me disait « moi je lis des mails toute la journée au boulot, en rentrant le soir j’ai pas la force de lire des livres. » Ce qui prouve que la lecture, c’est pour les glandeurs.

 

Alors les amis, un peu de bon sens que diable, laissez tous ces ennuyeux écrits pleins de lettres aux ploucs et creusez-vous un peu les méninges, ce ne sont pas les idées originales qui manquent, si ? Quoi, des exemples ? Ah, mais que vous êtes ballots !

 

Bon allez, je prends sur moi et vous livre ci-après des concepts tout chauds qui, par leur extrême originalité, traduisent à la fois le temps que vous y avez consacré et votre connaissance profonde des goûts de vos proches, lesquels ne manqueront pas de remarquer vos efforts touchants et vous discernerez sans peine leur sincère reconnaissance dans les poignées de mains émues qu’ils échangeront avec vous, la voix emplie de sanglots à peine refoulés.

 

Pour Monsieur : s’il travaille, une cravate. Sinon, du fric, il en a besoin.

Pour Madame : si elle a des enfants, un tablier « maman chérie est la meilleure au fourneau ». C’est misogyne à souhait mais lorsque ses enfants, tout innocemment, reprendront le « maman chérie » en cœur, elle n’osera pas la ramener, ha ha ! (Par contre, quand ils seront couchés…) Si elle n’a pas d’enfants, un abonnement à Marie-Claire ira très bien, et puis c’est marre.

Pour fiston : une playstation 3. De toutes façons ça fait des mois qu’il vous meule avec ça, si vous lui offrez quoi que ce soit d’autre ça va encore faire des histoires. Comme ça vous pourrez casquer pour un écran plat HD à son anniversaire !

Pour fifille : un disque de la Nouvelle Star. C’est sûr que ça fait moins cher que la console du gamin, mais bon, après vous allez l’entendre à longueur de journée et je vous souhaite bonne chance ! A la rigueur, vous pouvez toujours faire insonoriser sa chambre.

Pour des enfants d’autres parents : un tambour, une trompette ou quelque autre passe-temps bruyant fera très bien l’affaire.

 

Voilà déjà une bonne base. Sinon il y a les classiques, par exemple la bouteille, très bien pour l’ami qui vous invite souvent à manger.

 

Mais Noël, pour beaucoup, c’est aussi la tristesse, la solitude et la pauvreté. Notamment pour les gens tristes, seuls et pauvres. Et pour leurs enfants. Ceux-ci se lèvent la nuit de Noël, quittent leurs chambres glacées pour venir se réchauffer au poêle où se consument quelques livres du Noël dernier et, sous le sapin sec et mort depuis deux ans aucun cadeau n’incite à la fête, à part peut-être un traité sur les logarithmes emballé dans du papier journal (secteur offres d’emploi). Et encore.

 

C’est pour ces gens-là que des bonnes âmes se mobilisent, en ce moment même, crayon et fusain à la main, pour donner naissance à un site bien sympathique qui propose de nous faire sourire tout en faisant plaisir à plein de n’enfants.

 

C’est bien sympa et c’est ici : http://www.monbeausapin.org/

 

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Le Retour des Damnés

19 novembre 2008

 galere

 

- Driiiiiiing !

- Hein ?

- Debout !!

- Quoi ? Hein ? *Bâââille !*

- Allez allez, c’est l’heure, ton bus passe dans vingt minutes ! Tiens non, quinze !

- Nan, ‘doit y avoir erreur, ‘suis en vacances là. À Paris. Je suis à l’appartement et je ne me lève pas avant neuf heures. Aujourd’hui on ira boire un café au bar d’en bas, après on fera les magasins, un bon p’tit resto à midi, ensuite on traînera à Montmartre et ce soir y a un concert au Zénith.

- Tout à fait ! Et Blocher a annoncé son retrait du monde de la politique, Federer a remporté le tournoi de Shanghai et Charlize Theron a encore appelé pour te proposer de venir tester son nouveau jacuzzi !

 

Eh oui, ainsi va la vie et, à l’instar de ma conversation matinale avec mon réveil, tout est là aujourd’hui pour me rappeler que les meilleures choses ont une fin, elles. Les machines de chantier s’égosillent, le bus était à la bourre et donc moi aussi et ma supérieure nous a emmêlé les pinceaux en tentant de vérifier notre boulot. Pas de doutes, j’ai remis les pieds sur terre. Mais j’aurais dû mieux regarder où je les posais.

 

C’est reparti donc. Mais je suis quand même content de vous revoir, j’ai ramené deux photos floues, quelques fringues, un peu de musique, un bouquin et plein de bons souvenirs.

 

Mais j’ai dû oublier ma motivation là-bas.

 

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Besoin de vacances

13 novembre 2008

Si vous me cherchez ces prochains jours je serai là :

 

Photo du Popocatepetl de nuit vu du ciel

 

 

C’est-à-dire à Paris, sympathique bourgade française réputée pour ses musées, ses monuments et son club de foot.

 

Au menu : ski, baignade, base-jump, karaoké, 110 mètres nage libre, peinture sur tasse, culture du chou et surtout déconne. Beaucoup.

 

Prends garde, Paris : on arrive, et on ne va pas rehausser le niveau !

 

De retour mardi avec des tas d’histoires passionnantes à partager avec vous !

 

Ou pas.

 

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Morning Blues

11 novembre 2008

morning-palMatin. Pas réveillé. Du tout. Moi, quand je n’ai pas mes quatorze heures de sommeil, je suis un ours. Un ours fatigué. Je laisse l’habitude me guider jusqu’au bureau où m’attend mon apostolat quotidien, encore. Sitôt la porte franchie, les éclats de voix d’une vive discussion entre collègues parviennent jusqu’à mes oreilles, m’enfonçant dans une aigreur indéfendable : j’aime pas les gens qui parlent trop le matin.

 

Surtout qu’il existe une tendance dans les bureaux, probablement supposée détendre l’atmosphère, qui pousse certaines personnes à rire un mot sur deux. Même si c’est pas drôle. « Je vais commencer par un café, hihihi » « il fait froid hihihi » « j’ai pas envie de travailler, hihihi » « c’est dur le matin, hihihi » « t’as imprimé l’adresse ? Hihihi » etc. C’est une situation difficile, parce que pour répondre de façon amicale, il faut rire jaune aussi, sans quoi on passe pour un butor.

 

Alors bon, je me fends d’un sourire, éventuellement d’une sorte d’expiration pouffante que l’on interprétera, l’imagination aidant, comme un rire franc et cordial et, si je suis très inspiré, réponds sur le même ton, pour bien faire. « Ah oui, c’est important le café, le matin, hihihi ». Et ça m’écorche le museau à chaque fois parce que je n’aime pas ce petit jeu, surtout quand je suis d’une humeur de coyote !

 

Mais là, je dois prendre sur moi : c’est l’ambiance bureau, faut faire avec. Typiquement, ce matin, une collègue était de retour d’un week-end prolongé, il fallait bien marquer le coup : « ça c’est bien passé ton week-end ? » avais-je demandé tout en nourissant l’espoir fou qu’elle se contente d’un laconique “oui” et, évidemment, elle a répondu. Longuement. Ça posait problème, parce que si, objectivement, je me contrefoutais de son week-end, j’étais quand même obligé de me taper la petite histoire jusqu’au bout et de me montrer au moins un tant soit peu concerné, j’ai posé la question, à moi d’assumer ! Au moins, lorsque dans ce genre de cas la conversation devient vraiment trop saoulante, je peux toujours m’expatrier à la cuisine pour me tirer un café. Ce que j’ai fait.

 

Or, c’est dans ce lieu qu’un détail m’a frappé l’esprit, alors que j’observais – je ne sais pas exactement pourquoi –un sachet de décoction en poudre mystérieuse rappelant vaguement un goût proche du café : un petit dessin se cachait dans un coin, schématisé et simplifié à l’extrême, représentant une tasse avec du café dedans. Au dessus de l’œuvre, trois mots concis, limpides : « suggestion de préparation ».

 

Alors je tiens à remercier la société Nestlé pour la foi inébranlable qu’elle place en sa clientèle dont elle doute de la capacité à comprendre d’elle-même l’attitude à adopter en présence d’un sachet de boisson lyophilisée. Sans doutes est-ce une façon de se protéger, des fois que, n’ayant pas bien deviné le concept, je voudrais leur intenter un procès après avoir manqué de m’étouffer en avalant le sachet. Mais quand même, parfois même moi j’ai envie de dire que les gens ne sont pas si cons !

 

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Renouveau

5 novembre 2008

Beaucoup disaient que ça n’arriverait jamais ; certains même se fendaient d’un sourire ironique voire émettaient un rire narquois. Et pourtant.

 

La plupart arguaient qu’ils n’étaient pas prêts, que les mentalités feraient la différence, qu’ils auraient peur.

 

On pensait qu’ils seraient impressionnés, naïfs ; que le manque d’expérience jouerait un rôle prépondérant lors de la décision finale et qu’à terme il ne resterait que des cendres des valeurs tant mises en avant. Et souvent résonnait le même argument : « souviens-toi ce qui s’est passé la dernière fois ! »

 

Pourtant, l’espoir était là, c’est indéniable ; malgré les travers du passé, une nette tendance à regarder vers l’avenir, à garder la tête haute et à revendiquer le changement tant souhaité s’était manifestée. Et pas seulement parmi les partisans, mais aussi au sein de toute une nation qui, ce soir-là, n’avait d’yeux que pour cette confrontation historique.

 

Surtout, après les troubles de ces derniers temps, le combat qui se jouait ce soir était capital : on se battait en effet pour l’image, pour l’identité culturelle, pour l’honneur, pour l’avenir.

 

Si on se laissait rattraper par le pessimisme, les raisons de ne pas y croire ne manquaient pas. L’histoire sur ce point est évocatrice et les coups de théâtre plutôt rares en ce milieu. Surtout, en face, il y avait une machine bien huilée qui n’avait plus besoin de faire ses preuves. Mais encore une fois, les déceptions passées avaient un rôle à jouer.

 

Quoi qu’il en soit, il a été démontré que rien n’est jamais gagné avant la fin. Et au terme d’un duel épique quoi que correct, le résultat est tombé comme la foudre et a donné tort aux spéculations : Bâle a su faire match nul face au FC Barcelone.

 

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Dernière ligne droite

4 novembre 2008

Ces prochains temps, des signes vont se multiplier pour annoncer l’inéluctable : la fin de l’année approche. Ça paraît impossible, 2008 ayant à peine commencé, et pourtant !

 

- à la radio et à la télé, les interminables pages de pubs vont bientôt graviter avec une force irrésistible autour d’un seul thème : les cadeaux.

 

- Des prospectus publicitaires et catalogues de jouets étoufferont votre boîte aux lettres.

 

- Des bulletins de versements pour des œuvres humanitaires vous rappelleront que vous n’êtes pas le seul à avoir besoin de pognon.

 

- Des assurances vous enverront des lettres du genre « Cher Monsieur, gnagna, Noël, famille, tout ça, sympa, blabla truc MAIS attention, le sapin crame, le pinard est renversé sur le tapis, le cadeau est foireux, blabla, heureusement plein de nouveaux produits pour sauver votre Noël ». (Donc en synthèse « Les aventures de l’assurance qui sauva Noël », un classique).

 

- Sur le même ton, votre banque, attentionnée et proche de vous, vous enverra une jolie carte avec un dessin de petit n’enfant dessus et un texte très personnel style « Mademoiselle, (si vous êtes un homme, sinon inversez) Noël, fin de l’année, philosophie à deux sous, gnagna, confiance, merci, blabla, petit poème, tout ça, c’est pourquoi nous vous souhaitons etc. »

 

- Votre agenda se remplira à la vitesse d’un émeu au galop. Fêtes de famille, certes, mais aussi souper de boîte, sortie des collaborateurs, apéro du service, cocktails de clients ou de fournisseurs, conférences diverses, « events », plus vous êtes haut dans la hiérarchie, plus on va vous gaver de petits fours sans vous demander votre avis.

 

Et au milieu de tout ce fatras chaotique et stressant, on ne manquera pas de se dire « cette année, juré, je ne vais pas acheter mes cadeaux à la dernière, comme l’autre fois ! », ce qui est touchant de naïveté.

 

Car peine perdue, on le sait ! Comme chaque année, c’est avec résignation que l’on finira par se joindre à la cohorte stressée de pauvres hères bravant à la dernière minute le froid mordant à la recherche de quelque chose de pas trop nul à glisser sous le sapin, le tout en maudissant comme tout le monde le système perfide qui veut que l’on se fasse des cadeaux à Noël. Parce que la fin de l’année, avant tout, c’est une période de clôture et de remise des compteurs à zéro qu’un malade mental a voulu faire coïncider avec des fêtes, par sadisme. Une période où on n’a pas une minute à soi, où il faut courir les magasins et les restaurants alors qu’en plus il fait un froid à ne pas mettre un vendeur de marrons dehors !