Archives pour décembre 2008

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Musique d’avenir

30 décembre 2008

Bon. C’est la crise, j’approche pas à pas de la trentaine, je ne jouis d’aucune stabilité professionnelle, niveau vie sentimentale ça galère un peu, il est temps de me rendre à l’évidence : pour redresser le tir, il va me falloir bien plus que des bonnes résolutions ! A certains moments, il convient de regarder vers l’avenir sans trembler, bien dans les yeux, les mains sur les hanches, prêt à en découdre ; la peur, le doute, la colère sont autant d’embûches sur le chemin de l’ataraxie, laquelle, sûrement, me tendra les bras à la fin de l’année si je trouve en moi la force de la dompter. Du coup, pour mettre toutes les chances de mon côté, je suis allé consulter les astres afin de cerner le destin qui sera mien cette année 2009.

 

Le texte en italique est le roscope tel que trouvé ici même, version « copier-coller ». A noter qu’ils ont quand même eu la gentillesse de le mettre en ligne gratuitement, ce qui n’est pas le cas de tous. Après on pourra accepter ou non d’aligner des ronds pour influer le destin d’une année entière en s’offrant un horoscope payant, mais c’est là un autre débat. Je me permettrai parfois de faire des commentaires, lesquels apparaîtront en corps de texte normal, c’est-à-dire pas en italique, afin de garder un semblant de clarté. Mais je m’embrouille déjà non ?

 

CAPRICORNE  (pas de décan. C’est comme ça, des fois y a, des fois y a pas. Là y a pas.)

1er trimestre

Avec le passage du Soleil dans votre secteur de couple, c’est l’une des meilleures périodes de l’année, sur le plan sentimental, qui s’annonce. (En tous cas ça commence bien) Si vous vivez seul, les configurations ont de fortes chances de se traduire par une rencontre importante. (Genre la petite fille du Soleil, vu que son grand-père sera de passage dans mon secteur de couple.) Si vous êtes déjà lié, vos relations avec votre partenaire seront placées sous le signe du bonheur et de la complicité. Seul cas de figure un peu plus difficile à vivre : celui des natifs qui traversent depuis plusieurs mois une crise sentimentale. Dans ce cas, le Soleil pourra leur donner envie de clarifier les choses, ce qui, pour certains, pourra carrément se concrétiser par une rupture.

À froid, je dirais que les options sont nombreuses. En synthétisant au maximum, on arrive à résumer par : « si vous êtes en couple et que tout va bien, pendant un certain temps ça pourrait encore mieux aller. Si au contraire votre couple bat de l’aile depuis des mois, une éventuelle rupture n’est pas à exclure. » Ça va, j’avais un peu peur qu’ils soient vagues.

2e trimestre

Risques de perturbations dans votre vie sentimentale en raison des interférences de Jupiter mal aspecté.

Les gens grossiers ont tendance à qualifier une personne déplaisante de « mal embouchée » ou « mal baisée », pour les dieux romains on dit « mal aspecté ». N’empêche, c’est quand même pas de bol de voir Zeus venir empiéter sur sa vie de couple, c’est un peu un chaud lapin le bonhomme. Vous pouvez prévenir sa femme, ça fera de la baston, mais ne venez pas vous plaindre si après votre partenaire finit métamorphosée en vache.

Mais il ne s’agira (et là on passe en métaphore météo, pour ajouter une emprunte littéraire à la chose) que d’un orage d’été : les intempéries seront passagères, et le soleil reviendra aussitôt. Si vous êtes solitaire, il vous arrivera probablement de faire des projets très sérieux pour votre avenir sentimental, mais la proche famille pourrait s’y opposer.

Que… Quoi ? Ça va pas ??? Famille, je vous préviens : je ne vous laisserai pas vous mettre en travers de la route qui nous mènera au bonheur, Grouchenka Alexandrovna Oligovnskaya et moi ! (Oui parce que je voudrais bien que ma prochaine conquête s’appelle Grouchenka Alexandrovna Oligovnskaya, c’est un nom plein de grâce.)(En passant, on a donc la preuve que Roméo (ou Juliette) était Capricorne !)

Ce sera le moment de faire preuve de tout le tact dont vous êtes capable au lieu de penser à couper les ponts. (Donc pas comme Roméo.) Mais vous devrez également bien réfléchir avant de vous engager définitivement, car votre caractère sera plutôt changeant en cette période.

Sans vouloir la ramener, on attend peut-être d’un « engagement définitif » qu’il ne soit pas trop souvent remis en question par un « caractère changeant » provisoire ! Mais je m’égare. (Et ne voudrais surtout pas lancer le débat là-dessus !)

3e trimestre

Votre vie amoureuse (et là j’aimerais prendre une seconde pour préciser que j’étais sous l’onglet « général » de l’horoscope 2009, sinon il y avait aussi « vie amoureuse », mais c’eût sans doutes été plus axé sur le côté sentimental) bénéficiera du puissant souffle de la planète Jupiter bien aspectée. Inhibitions, tabous, blocages… tout sera balayé d’un coup de vent quasi magique !

Tu penses, avec Zeus (surtout s’il est bien aspecté) les tabous doivent pas faire long feu !

Profitez bien de cette situation, sans hésitation ni peur. Si vous vivez seul, des personnes nettement plus jeunes que vous vous attireront irrésistiblement. (Et là, t’entends quoi par « nettement plus jeunes » ? Non parce que bon…) Et il semble qu’elles vous conviendront bien mieux que les personnes mûres (c’est moi où ça devient malsain ?), car votre instinct de protection sera décuplé par les influx de Pluton (Donc le sinistre et terrifiant dieu de la Mort va accroître mon instinct de protection, ça va mal finir !). Assurez-vous tout de même que vos partenaires vous aiment pour vous-même et non pour l’aisance matérielle ou la position sociale enviable dont vous jouissez. Ouais ouais, je ferai attention, mais sur ce point ça devrait aller.

4e trimestre

Le bonheur continue. (Rivalité avec Jupiter, confrontation familiale, engagement constamment remis en question par un caractère changeant, que du bonheur !) Après une période très protégée sur le plan sentimental, (je comprends rien moi !) vous allez avoir droit, ces jours-ci, au soutien d’une configuration céleste exceptionnelle. Vont en effet se rejoindre dans votre secteur d’amour  (métaphore pour « lit » je suppose ?) Jupiter, le maître de la chance, (encore lui ?) Vénus, la déesse de l’amour, (ah… Là forcément c’est tentant !) et la Tête du Dragon, qui représente le destin.  (Donc tout ça dans mon lit ?) Une telle figure se reproduit très rarement (tu m’étonnes ! Et puis on décapite pas un dragon tous les jours !), et vous serez aux premières loges pour en profiter. (Promis, je filme la scène et à moi les Caraïbes ! Je vous poste la vidéo sur un site idoine, tags : hardcore, gang-bang, 3some, Olympian-Gods, Dragon-Head, Grouchenka.) Au programme (non, s’il te plaît, non !) : un bonheur serein et authentique si vous vivez en couple (serein, ça reste à voir…) ; et, si vous vivez seul, une rencontre sensationnelle  (J’ai peur là…) Si vous croisez l’âme soeur, ne la laissez surtout pas repartir loin de vous sans réagir ! (Ah oui mais là faut se mettre dans le contexte : je sais franchement pas comment je réagirai à tout ça !)

Voilà. Donc ça, ça sera 2009 (dans les grandes lignes). Première constatation, ça va considérablement changer de 2008. Devant ce déferlement très inattendu je ne vois d’autre réaction à adopter que de prendre les choses comme elles viennent et de traiter tout ce bazar au jour le jour. Du coup ça valait bien la peine de connaître l’avenir, tiens…

 

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Dépression post-sapin

29 décembre 2008

Donc voilà, Noël c’est fini pour un an et une seconde (car oui, c’était écrit dans la presse : 2009 comptera une seconde de plus que les autres années, j’espère qu’ils la mettront en été). Le sapin est en sursis, ses aiguilles commencent à tomber, les bouteilles vides et les papiers cadeaux chiffonnés encombrent les poubelles, le foie à eu son compte : ça sent la fin des fêtes à plein nez et beaucoup aspirent maintenant à un peu de calme, tout simplement. Dont moi.

 

Evidemment, à mes yeux Noël a énormément changé ces dernières années ; non, ce n’est pas plus commercial qu’avant, ni plus médiatisé. J’ai grandi, c’est tout. Autrefois, j’attendais ce jour comme le messie, le mois de décembre était effroyablement long et chaque journée s’étirait interminablement jusqu’aux vacances. Le jour J, je guettais en trépignant la venue de la famille ; ils arrivaient tout sourires à la nuit tombée, c’étaient des géants avec des voix tonnantes et grondantes mais gentilles quand même ; et nulle houri lascive aux yeux de biche, vêtue de soieries diaphanes, allongées langoureusement sur des coussins de velours, ne saurait m’être aujourd’hui plus engageante que ne l’était alors un simple paquet cadeau couché sous le sapin.

 

A table, les géants parlaient de sujets graves avec leurs grosses voix, moi je n’y comprenais rien mais comme ils avaient parfois l’air de se crêper le chignon, même si c’était pour de faux, j’en concluais qu’ils discutaient de cet étrange sujet appelé « politique », qui divise si souvent les Grands. Ils buvaient du vin et du vrai champagne, pas le même que le mien, un autre, avec du vrai alcool dedans !

 

Ensuite il y avait les cadeaux ! Ta-daaa ! Du jouet qui fait de la lumière au chouette légo en passant par les chaussettes en laine, on croulait sous le bonheur et en étions quitte pour quelques bisous par paires de joues. Et quand, regardant autour de nous, on constatait qu’on recevait quand même vachement plus de cadeaux que les Grands et que l’on s’enquerrait de la raison, on se voyait gentiment répondre que Noël c’est un peu ça, c’est surtout la fête aux enfants ; et là on s’écriait que non, il n’y a pas de raisons, c’est la fête à tout le monde, non mais !

 

Et puis, un jour, on repense à tout ça en se grattant la barbe, le regard porté sur le sapin qui maintenant nous arrive aux épaules, on se dit que ouais, Noël c’est effectivement la fête aux enfants. Et sans eux, ce n’est quand même plus la même chose. Parce que lorsqu’il n’y a personne pour réciter des poèmes, plus rien ne nous empêche de nous mettre à parler d’insécurité, de jeunesse, d’immigration, d’éducation, de politique et de criminalité.

 

Sainte nuit ! Sinon bonnes fêtes bande de gens, j’espère que vous avez passé de chouettes moments et qu’on vous a offert une jolie vanne de chauffe-bain !

 

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Les vœux sont faits (rien ne va plus)

23 décembre 2008

« Oh c’est sympa, il va nous souhaiter de bonnes fêtes et tout ! »

 

Non non, pas du tout.

 

En fait, exceptionnellement, je ne m’adresse pas directement à vous, amis lecteurs. Le billet de ce jour est en effet destiné au Père Noël, lequel, vous l’aurez remarqué, encourage les enfants à lui écrire tout en prenant garde à ce que son adresse demeure secrète, ce qui est un peu facile. Il ne faut pas qu’il vienne pleurer si après les gens ne croient plus en lui. Donc la suite ne vous concerne plus, vous pouvez retourner sur grues-de-chantiers.com.

 

Cher Père Noël,

 

Tu l’auras constaté, j’ai été très sage cette année, et ce en dépit de tous mes efforts. Alors que les numérologues, astrologues et autres marabouts, chamans et rebouteux l’annonçaient comme l’année de toutes les promesses, 2008 s’est révélée décevante, presque autant que les autres.

 

Pourtant, je ne peux pas t’accuser d’y mettre de la mauvaise volonté : à l’occasion de Noël 2006, je t’avais demandé pour l’année à venir un signe de paix et de justice et quelques temps après, paf, Blocher était évincé. En 2007 aussi, tu avais honoré ma demande – que je garderai pour moi car plus personnelle et il se pourrait que des gens lisent ce courrier quand bien même ne leur est-il pas adressé, mais quel sans gêne – avec une célérité remarquable. Je serais donc bien sot de rejoindre le cortège bêlant des peine-à-jouir blasés et désillusionnés prétendant que tu n’existes pas et t’adresse, avec plein de poutous que je joins en annexe, mes souhaits pour cette année.

 

Je pourrais te demander des trucs super chouettes, comme un vélo, un poster de dauphin, un cheval ou un paquet de gitanes papier de maïs sans filtre, mais je pense que je vais m’abstenir ; je dois confesser que je ne trouverais que peu de joie à m’enrichir alors que le monde qui m’entoure s’effondre, c’est dire si je suis un gentil garçon, d’autant plus que je me contrefous des chevaux et des dauphins et que je ne fais pas de vélo à cause des montées.

 

Pour faire dans l’utilité publique, je pourrais également te demander l’abolition des journaux gratuits, c’est là un souhait altruiste dont les générations futures me seraient redevables, mais je crois que l’interdiction n’est pas trop dans l’esprit de Noël, tant pis, je demanderai ça pour mon anniversaire. N’empêche qu’hier encore, ces comiques avaient édité un article minable intitulé « penser au sexe fait éternuer ». Outre la débilité du sujet, je te laisse imaginer les gags nuls et lourds que j’endure au boulot, sachant que je suis enrhumé.

 

Mais au final, je crois que je ferai dans le standard, le classique, le sans surprise. Tu t’y attends, pour toi c’en est même presque barbant tellement c’est couru d’avance, mais voilà, moi aussi j’ai parfois des souhaits simples. De fait, j’ai surtout besoin de deux choses : d’une part, il me faut une nouvelle chaise de bureau ; d’autre part, il m’arrive de trouver que mon logement ne démontre pas assez mon amour des animaux, ni celui du sport. Je pense qu’avec une décoration appropriée, je serai plus à même d’offrir à mes invités une vue rassurante de moi-même, témoignant à la fois de mes goûts simples et de mon raffinement d’ordre général.

 

D’avance merci, Cher Père Noël, joyeuses fêtes à toi, à tes rennes, à tes elfes et à ton renne des elfes, qui s’appelle Galadriel. (Désolé)

 

 

PS : Si tu ne m’offres pas de cadeau, je tue un bébé lapin.

 

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À vot’bon cœur !

18 décembre 2008

Quand je ne suis pas trop fauché, j’ai tendance à lâcher facilement une piécette ou deux lorsqu’on fait appel à ma sollicitude à grand renfort d’yeux de cocker. Je suis comme ça moi, d’une générosité qui force l’admiration, j’aspire à aider mon prochain dans la limite de mes moyens, Dieu me le rendra en espèces sonnantes et trébuchantes et avec cette somme je m’achèterai un cheval sautoir.

 

Il y en a certains que j’aime bien en plus, ils donnent un peu de vie à la ville et quand on prend le temps de les connaître, on se rend compte qu’ils ont souvent plein de trucs à dire et ont vu du pays. Et puis il y en a des marrants : par exemple on voit de temps en temps un duo de jeunes musiciens, certes talentueux, mais qui s’interrompent au milieu de certaines chansons, se regardent et disent « ouais désolé, on sait plus la suite. On enchaîne avec une autre, mais on vous prévient, on la connaît qu’à moitié aussi ! »

 

Evidemment, comme partout, il y en a qui abusent, ce n’est pas neuf. Par exemple les types qui vous font le coup du billet de train, prétextant qu’ils sont venus de Martigny avec un pote, que les flics (sujet rassembleur) leur ont cherché des noises, que le pote en question est reparti pendant ce temps et qu’ils ont maintenant besoin de trente balles pour se payer le train. Ou bien sûr les bandes organisées, notamment ces musulmanes soufflant tristement dans des harmonicas et que j’imagine le soir venu, rassemblées autour du noyau dur du groupe (un homme, ben tiens), s’en prenant plein le museau si elles n’ont pas ramené assez. Et dans ces moments-là, boudiou, j’avoue que j’attraperais bien le type au collet pour lui mettre une bonne agnafe bien de chez nous, mais comme je suis lent et lourd c’est sûrement moi qui finirais au tapis, d’autant que le gars est peut-être vétéran des guerres d’Afghanistan, du genre qui t’éventre un char russe a cimeterre ou te caillasse la tête d’une femme en pleine course à cent mètres. Alors je ne fais rien, mais n’en pense pas moins.

 

Enfin, tout ça pour dire que tout dernièrement encore, j’ai lâché une petite pièce a deux pauvres bougres dont la détresse m’avait ému : tristement assis contre un mur, ils faisaient appel à la générosité d’autrui par le biais d’un panneau sur lequel était écrit « SVP, un ou deux francs pour picoler ».

 

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Fous le camp, on te regrettera !

16 décembre 2008

Il y a peu, le nom de Samuel Schmid évoquait un politicien abandonné de tous, un peu largué par les évènements, décrié et chahuté et l’on spéculait sur le temps qu’il resterait au Conseil Fédéral avant de nous faire une crise. Mais le vieux Sam en avait vu d’autres et c’est finalement des problèmes de santé qui l’ont poussé vers la sortie. Et chacun de s’exclamer : « j’avais bien dit qu’il était au bout du rouleau, bon débarras ! »

 

Parce qu’il faut dire qu’il traînait quelques casseroles, le bougre. D’une part suite au scandale de l’ex chef de l’armée aux mœurs douteuses (plus d’information sur le site officiel de l’armée www.swissarmy-domina/gangbang-check-my-big-gun.ch) et surtout à cause de gradés imbéciles en manque d’action et de neurones qui causèrent la mort d’une douzaine de soldats en haute montagne ou au fond des flots.

 

Mais on n’avait pas pensé à un détail d’importance, c’est qu’il allait falloir le remplacer, le vieux Schmid ! Et sans vouloir faire dans le débat, comme chef de l’armée, il n’était pas forcément plus con qu’un autre ; maintenant on connaît son successeur : Ueli Maurer, grand pote à Christoph Blocher avec qui il joue à « effrayer le bourgeois » depuis bien longtemps et ce n’est pas une bonne nouvelle, même si ça paraissait couru d’avance.

 

Qu’un benêt arriéré, raciste et archi conservateur arrive à la tête de l’armée n’a rien de surprenant, mais ce n’en est pas moins un malheureux bond en arrière à l’heure où la grande muette serait bien inspirée d’évoluer un peu. Mais ce ne sera pas pour cette fois.

 

C’est fort dommage : au vu de la période plutôt sombre du point de vue économique, il serait judicieux de récupérer des ronds là où il y en a, à savoir dans l’armée. Tant pis pour les joyeuses journées durant lesquelles les recrues défouraillent dans le vide pour justifier le budget, autant pour la fierté d’être le premier pays au monde – autant que je sache – a se porter acquéreur du coûteux eurofighter sans avoir participé à son élaboration, on dit à tous ces cons de se serrer la ceinture – de toutes façons ils ne servent à rien – et on investit l’argent ainsi gagné là où il est utile, à savoir à peu près partout ailleurs.

 

Mais les prêtres auront le droit au mariage bien avant que la Suisse ne revoie à la baisse le budget de son armée. Avec Maurer à sa tête, autant dire qu’on ne va pas changer le fusil d’épaule, on connaît le style du parti : l’arme au réduit, la femme à la maison, l’étranger à l’étranger. C’est si simple, la politique, quand on ne regarde pas plus l’avenir que le présent.

 

Alors pour souhaiter bienvenue à Ueli Maurer, je mets en lien ici bas les initiatives s’opposant aux avions comme aux armes à domicile en invitant chaque personne qui se sent l’âme de contrarier notre fière milice à les signer avant février 2009. Et j’ajoute une petite pensée pour Samuel Schmid, qui n’avait rien d’exceptionnel et c’était déjà ça de gagné sur Maurer.

 

http://www.keine-kampfflugzeuge.ch/cms/fr/

http://www.protection-armes.ch/

 

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Rationalisme

12 décembre 2008

A lire certains de mes billets, on pourrait être tenté croire que je n’aime pas la presse suisse, en particulier les journaux gratuits. Vous l’aurez compris, c’est naturellement faux ; je voue une amitié franche et cordiale aux représentants de cette noble profession et, comme le dit si justement Giuseppe di Lampedusa, une pointe d’ironie est indispensable à une affection sincère. Donc quand j’écris que les rédacteurs des journaux gratuits forment un gros tas d’idiots du village et de plumitifs médiocres et bêtes à bouffer du foin, chacun saura discerner derrière le masque de la raillerie le respect non feint que je porte à ce corps de métier que j’admire.

 

En effet, au vu du mépris immérité généralement voué par la population à l’ensemble des rédacteurs des gratuits, il faut que chez  ces derniers la passion du métier, l’amour du travail bien fait et le besoin de renseigner et d’instruire prenne le pas sur la peine d’être traîné dans la boue par la société bien pensante.

 

Et leur combat est dur, à ces Cassandres modernes, ils vont chercher jusqu’à l’autre bout du monde des informations pertinentes sur Jessica Alba et Brad Pitt, s’investissent dans l’accroissement de notre culture générale en éditant des quiz sur les séries télévisées, pour ne récolter au final que peu, bien peu d’encouragements !

 

Alors sachons reconnaître le mérite des vrais professionnels, des passionnés, et ensemble applaudissons les efforts quotidiennement fournis pour nous offrir, à nous citoyens suisses, une information concise et édifiante. Comme par exemple un de leurs articles de ce matin, titré « Caserne attaquée ! », faisant état d’un groupe de militaires touchés par une épidémie de gastro-entérite.

 

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Jours creux

11 décembre 2008

Question pertinente : comment meubler une journée de travail durant laquelle on n’a rien à faire ? En effet, à l’heure où j’écris ces lignes, l’ennui s’est abattu sur tout le bureau comme une lourde chape d’apathie et l’on cherche bien entendu à s’occuper intelligemment. Ou pas. (Là n’est pas la question). C’est paradoxal, mais dans mon boulot, sans entrer dans les détails balourds, plus la période est stressante, moins on a de travail. Les gens ont d’autres chats à fouetter et avant janvier ça va être très tranquille. Bref.

 

Evidemment, le mieux c’est encore de bosser. Le temps passe plus vite et on se sent un peu moins inutile. Alors on peaufine les détails, vérifie, classe, range, revérifie puis, lorsque vraiment on sèche, on finit par se tourner vers les supérieurs qui, eux, sont complètement à la bourre et geignent – par principe – sur le stress de fin d’année. « Nous on glande là, on peut pas vous aider ? » « Ah mais non, surtout pas, et puis il n’y a jamais rien à faire, qui veut peut, un peu de bonne volonté » etc. Seulement ils sont bien gentils, mais on ne va pas faire les papiers peints non plus.

 

Donc voilà, ça zone. Chacun s’occupe comme il peut : une jeune collègue écume les sites Internet à la recherche de séries télé qu’elle regarde probablement pour la quinzième fois. Une autre, pourtant zélée à fond les ballons, écrit ses cartes de vœux (et si elle ne travaille pas, c’est qu’il n’y a rien, mais alors vraiment rien à faire !) Quant à moi je suis dépité et oscille entre une résignation passive et une irritation croissante : ma cheffe est débordée, pourquoi ne délègue-t-elle pas ? Ah oui c’est vrai, elle n’a pas confiance ! Bedoume, va !

 

Bref, on s’arrange avec les moyens du bord et j’ai jusqu’ici recensé plusieurs façons de tuer le temps :

 

-                     Regarder tomber la neige : moui, pourquoi pas, ça a quelque chose de relaxant. Mais avec les ersatz de flocons qui volettent timidement sans jamais toucher le sol, j’ai un peu de mal à me sentir en station de ski. J’aimerais bien revoir un de ces bons vieux hivers, où la neige formait des montagnes blanches sur les routes et les trottoirs (m’en fous, je suis piéton), mais le jour où Lausanne est dans cet état, c’est que le reste du monde a déjà disparu sous les congères !

-                     Surfer sur la grande toile : c’est sympa un moment mais à la longue, ça saoule. J’ai déjà dû faire deux fois le tour de la blogosphère, je lis et relis les sites d’information et constate que la tendance people, cancans et émissions nunuche est encore plus forte sur Internet que dans la presse, ce qui n’a rien de surprenant. Par exemple, dans les dix recherches les plus courantes de l’année sur yahoo.fr, on trouve en vrac Star Academy, Secret Story, la Nouvelle Star, Carla Bruni et Rihanna. Même pas Steven Gerrard. Les gens sont nuls.

-                     Ecrire des conneries pour le blog : très bien, mais comme on dit, moins on en fout, moins on a envie d’en foutre ; je manque d’inspiration et la page blanche me guette.

-                     Lire un livre : ça parait une très bonne idée, mais c’est là que l’on constate à quel point les loisirs n’ont pas la même saveur au boulot qu’à la maison, bien au chaud dans ses pantoufles.

-                     Chercher un boulot moins con ailleurs : ah oui, excellent ! Durant la période de Noël je peux toujours me gratter, mais pour moi, les sites d’offre d’emploi ne sont pas très loin de ceux des agences de voyage : il y a du rêve on-line, c’est rafraîchissant !

 

Sur ce je vous souhaite une bonne journée, je vais aller épurer un classeur un peu trop plein. Yeepeekaï !

 

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Blancs comme neige

9 décembre 2008

Pour schématiser à l’extrême, on peut dire que dans notre mode de vie communautaire, on compte deux façons distinctes d’affronter les affres de l’existence, à savoir en couple ou en semi-couple. Sans entrer dans les détails, on notera juste que chaque style de vie à ses avantages et inconvénients et que, dans le cadre de la vie en couple, on déplore parfois des confrontations entre hommes et femmes.

 

Evidemment, direz-vous, la femme est si souvent vile, veule et sournoise, mais à cela cette dernière répondra – pas tout à fait à tort en plus – que c’est tout de même un argument un peu simple (et souvenons-nous que la femme aime compliquer les choses).

 

Bons joueurs, les hommes voudront bien admettre ne pas toujours être complètement étrangers aux ridicules rixes qui leur sont continuellement cherchées. Mais dernièrement, un groupe de scientifiques suédois a mené une étude avançant qu’un gène masculin ne serait pas étranger aux crises de couple.

 

Alors mesdames, s’il vous plaît, vous voyez bien qu’on fait des efforts, mais vous comprenez, c’est dans nos gènes ! On n’y peut rien au final, nous aimerions tant nous façonner à votre image pour vous plaire, mais hélas ! La nature elle-même se met sur notre chemin !

 

Songez-y la prochaine fois que votre partenaire bourré vous traite de cruche et se comporte en wisigoth, le pauvre hère n’y peut rien, plus tard il le regrettera, c’est la nature qui s’exprime, mais ça lui passera, tout ce qu’il vous faut c’est un soupçon de patience ! (D’ailleurs, il y a fort à parier que cette petite crise temporaire et malheureuse arrivera plus vite à terme avec une bière bien fraîche et quelques mots doux.)

 

C’est dur d’être un homme !

 

Merci à TT02 pour le lien !

 

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Mise à l’épreuve

5 décembre 2008

J’ai beau être un vrai, un dur, un tatoué, il m’est arrivé, du temps de mon enfance, de connaître la peur.

 

J’en ai honte, mais c’est ainsi, on ne peut changer le passé et encore moins le renier, sans quoi on se condamne à répéter encore et encore les mêmes erreurs.

 

Donc c’est ainsi, c’est avéré : enfant, j’étais arachnophobe. La simple vue d’une de ces pauvres bêtes à huit pattes faisait naître en moi des frissons d’horreur et des crises de tremblements allant de pair avec de grands cris paniqués voire des pleurs enfantins, jusqu’à ce que le chat, quand même vachement moins chochotte, vienne transformer ma terreur en stupeur dégoûtée en dévorant le monstre avant de venir ronronner vers moi tout fier.

 

Je repense parfois à ces temps révolus et ris au souvenir du petit être que j’étais, apeuré devant ces pauvres créatures du bon dieu. Evidemment, aujourd’hui, tout ceci est derrière moi et je sais garder un flegme impérial lorsque d’aventure mes pas croisent ceux d’une arachnoïde.

 

Et je l’ai prouvé tout dernièrement encore : en entrant dans ma cuisine en quête de pitance, mon regard est attiré par une tache sombre se détachant du mur blanc. Et là, devant mes yeux, parfaitement immobile, que vois-je ? Diantre ! Une monstruosité shub-nigurathienne, abomination des profondeurs de bien cinq centimètres, oui, cinq centimètres de diamètre ! Et je n’ai pas de chat !

 

Loin de m’en laisser compter, je reprends peu à peu le contrôle de mes membres glacés et ordonne à mon corps de se remettre à bouger. Je saisis d’une main presque pas tremblante un grand verre et cherche des yeux un carton rigide que je finis par aller prendre au salon. Revenant à la cuisine à pas de loup, je pénètre prudemment dans la tanière de la Bête, constatant avec soulagement que cette dernière n’a pas bougé. Je traverse la pièce sur la pointe de pieds et ouvre la fenêtre, non sans m’assurer que le rebord n’est pas envahi d’araignées poilues prêtes à se ruer à l’intérieur en sonnant la charge.

 

Et là, minute de vérité : après m’être assuré encore une fois que non, il n’y avait pas d’autre moyens de régler l’affaire, je m’approche de la chose immobile en recommandant mon âme à Dieu et, serrant les dents, entreprend d’enfermer l’intrus dans le verre, posant sur l’ouverture de ce dernier le carton susnommé. L’animal devait être un peu pompette, parce qu’il a vraiment mis un moment à comprendre ce qui lui arrivait.

 

Victoire, l’ennemi est maté ! Ha ha, regardez-le chercher une issue à sa prison de verre… J’ai quand même l’impression, à le fixer, d’en avoir plein de semblables sur moi, en train de courir dans mes cheveux et mes vêtements !

 

Opération fenêtre : chose, je n’ai jamais tué un de tes pairs – probablement par peur de représailles – mais tu vas voler. Avant peu, tu t’offriras quatre étages de vol plané par grand vent glacé et je te souhaite bien du plaisir !

 

HOP !

 

Vite, fermer la fenêtre ! Vérifier que le monstre n’a pas réintégré la pièce, qu’il a bien déserté le verre – que j’ai failli lâcher au passage – et qu’il n’est pas stupidement resté accroché au carton… Non, ça à l’air d’aller. Enfin seul !

 

En allant me coucher, je n’ai fait que deux fois le tour de ma chambre à la recherche d’une éventuelle araignée.

 

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Guide de survie à l’usage des utilisateurs des transports publics

4 décembre 2008

Aussi loin que je me souvienne, je n’ai jamais rencontré qui que ce soit qui apprécie les déplacements en ville au moyen des transports publics. C’est logique en un sens, ce n’est pas franchement ludique comme activité et en plus des petits lapins se font parfois pincer très fort. Alors quand j’ai lu sur les publicités des transports lausannois (TL) « vous allez aimer vos déplacements », je me suis dit « bigre, qu’ont-ils trouvé comme moyen révolutionnaire de rendre attrayants les trajets en bus ? Les engins sont-ils maintenant pourvus de flippers, de minibars et de juke-box, ont-ils fait appel à des clowns, des call-girls et des chippendales, diffusent-ils des Charlie Chaplin sur écran géant ? » Mais rien de tout ça. Je ne suis pas loin de croire qu’il s’agit là d’un vulgaire slogan flirtant avec la limite de l’inadéquat.

 

Pourtant, avec un soupçon de culot et de sens commun, on peut tout à fait survivre à un trajet en bus, même à Lausanne, quand bien même cette ville, malgré sa petite taille, peut se targuer d’être la plus nulle du système solaire au niveau de la fluidité de la circulation. Mais pour ce faire il convient d’observer certaines règles salutaires pour la santé mentale.

 

Premièrement, en arrivant à l’arrêt, il ne faut pas regarder le panneau indiquant le temps à attendre avant le prochain bus, mais s’asseoir bien sagement en pensant à autre chose (par exemple à une cigogne). Le fait est que les transports publics ne sont pas forcément très ponctuels et, une fois qu’on a pris le coup (c’est-à-dire lorsqu’on a attendu quelques fois pendant une demie heure un bus qui n’est jamais venu), on contemple presque avec pitié les gens qui trépignent, postés au bord du trottoir, le regard rivé sur l’horizon, fixant la route qui grisoie et les voitures qui passoient, certains de voir poindre le bus tant attendu d’un instant à l’autre. Les naïfs.

 

Ensuite, une fois le bus arrivé, il ne faut pas se laisser impressionner par la masse compacte de chair humaine s’agglutinant misérablement autour des portes, mais bien prendre un peu d’élan et foncer dans le tas sans égards aucun. Il faut dire que les passagers se collent tous près des ouvertures, peut-être ont-ils peur, allez savoir, tant de choses horribles peuvent arriver dans un bus qu’il faut être placé stratégiquement pour pouvoir se ruer hors du véhicule à la moindre alerte. Allez-y carrément, ne prêtez pas attention aux yeux de cocker des passagers qui vous fixent à l’ouverture des portes, vous disant silencieusement « non, y a plus de place, faut pas monter ! ». De la place on en trouve, pour peu qu’on en fasse.

 

Sachant que les bus lausannois ne sont pas bien rapides (dans la majorité des cas un trajet à pied prend moins de temps), autant vous dégotter une place assise. Allez-y, ce n’est pas ça qui manque : la plupart du temps, les passagers préfèrent rester debout plutôt que s’asseoir à côté d’un inconnu, d’autant plus que ce dernier, pour décourager toute velléité de lui prendre une de ses deux places, s’assied invariablement côté couloir ; pour faire sisite sur le siège voisin, il est nécessaire de se glisser devant lui en lui offrant un gros plan de vos fesses (au mieux). Ça lui apprendra à ne pas se décaler, tiens ! Et s’il trouve à râler, rien ne vous empêche de lâcher une caisse au passage.

 

En cas de contrôle, si vous n’avez pas de billet, levez-vous, rendez-vous pacifiquement aux brigades de la mort faisant office de contrôleurs TL et ôtez vos lunettes : y a du passage à tabac dans l’air, c’est inéluctable.

 

Quant aux passagers que vous pouvez être amenés à côtoyer lors de vos trajets, ne leur prêtez pas attention s’ils parlent tout seuls, ont des tics, chantent des trucs incompréhensibles, rient spontanément sans raison ou parlent très fort. Il y a beaucoup de gens bizarres dans les bus, mais ne soyez pas trop prompts à les montrer du doigt : s’ils prennent tous les jours les transports publics depuis vingt ans, il n’y a pas de quoi s’étonner à ce qu’ils aient perdu la boule ; et on finira probablement comme eux.