Archives pour janvier 2009

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Fromage et désert

30 janvier 2009

Ben alors, y se passe plus grand-chose ici, y s’est taillé le gars, là, toujours en train d’écrire des conneries ?

 

Hein ? Non mais l’autre eh, n’importe quoi d’abord ! Ecrire, j’arrête pas. Mais c’est pas pour ici.

 

Il se trouve que je redécouvre une sensation qui m’avait manqué : j’ai beaucoup de trucs à faire. Au boulot d’une part, un peu, mais ça ne saurait durer. Mais aussi pour des tâches annexes. Car le Labo déborde de projets ambitieux qui ne sauraient se passer de lui sans se voir promis au néant. C’est ça mon problème : je me suis rendu indispensable pour trop de gens.

 

Déjà il y a Orc’idée, convention de jeux de rôles lausannoise reconnue et appréciée jusqu’au Bhoutan, dont le projet d’affiche doit partir avant peu chez l’imprimeur, mais qui attend des textes de bibi. Je pense qu’avant peu notre graphiste m’enverra des gros bras pour me menacer si je ne m’active pas un peu. Et puis il y a Georges, le magazine qui rend soyeux, dont les dessinateurs attendent de moi que j’amène de l’eau à leur moulin. Comme il se trouve qu’en plus le graphiste d’Orc’idée et l’un des dessinateurs de Georges ne font qu’un, je me vois mal lui dire que je n’ai pas le temps de bosser tout en postant moult niaiseries ici.

 

Mais comme j’ai la plume qui démange un peu et que de toutes façons, les textes Orc’idée sont presque finis, hop, j’en place une petite vite fait, entre la poire et le fromage, et joins en prime une très belle photo d’une gracieuse gazelle bondissant dans la savane.

 

Bon ouikende !

 

Gazelle du Colorado à poil laineux

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Regain de forme

27 janvier 2009

Il y a peu, le suisse s’inquiétait de la santé incertaine de sa banque préférée, la gentille UBS. Avec la vilaine crise, faute aux non moins vilains américains, on était en droit de trembler pour son avenir et sa stabilité.

 

Son discours se voulait rassurant, mais ne l’a pas empêché à terme de pleurnicher dans les jupes du Conseil Fédéral pour quémander une montagne de pognon, au cas où. Généreux et attentionné, notre gouvernement, qui n’a jamais renâclé à faire ripper la thune lorsqu’on le lui demande gentiment, a donc aligné six milliards en même temps qu’un sourire bienveillant.

 

Et puis, au fil des semaines qui ont suivi, une question est venue de plus en plus souvent sur les lèvres : serait-il possible que, par hasard, les établissements bancaires ne soient pas totalement étrangers à la mauvaise répartition des richesses, avec leur manie d’attribuer à leurs cadres des sommes plus que conséquentes à tout bout de champ ? Sous le silence gêné des conseils d’administration des banques, un tumulte est allé grandissant : y en a marre des salaires ahurissants et des bonus bien gras attribués à des richissimes qui, lorsque ça commence à sentir le sapin, en appellent au gouvernement.

 

Parce que bon, l’argent que possède l’Etat, c’est dans les poches des citoyens qu’il l’a taxé, en leur faisant en plus remplir une compliquée déclaration d’impôt, par sadisme. Ce n’est donc pas donné de gaieté de cœur et le bon peuple, empli de sentiments nobles, espère voir cet argent servir une juste cause, par exemple l’achat d’avions de combat. Mais si c’est pour le filer à des banques, autant ne pas payer d’impôts, garder son argent et partir en vacances à la Baule, pas vrai ?

 

Pour éviter les abus, une commission chargée de surveiller les décisions des banques a été mise sur pieds, la Finma. Je ne sais pas ce que ça veut dire, je n’ai pas envie de me renseigner, mais en gros, elle est là pour taper sur les doigts des boss lorsqu’ils émettent des idées un peu trop rock&roll. En fonction depuis le début de l’année, la Finma est essentiellement constituée d’anciens cadres des banques et des assurances, ce qui n’est pas pour nous rassurer.

 

Et donc, la nouvelle vient de tomber : l’UBS attribuera à ses cadres des bonus pour l’année 2008, à hauteur de deux milliards. Soit un tiers de ce que la Confédération lui a versé, prouvant par là même la parfaite inutilité de la Finma. Alors si on continue à schématiser, j’aime bien ça moi, on peut dire que la banque verse des bonus avec l’argent prélevé aux suisses. Donc que moi, là, j’ai payé une partie du bonus d’un cadre aux dents longues qui méprise probablement les gens comme moi, si ça se trouve déjà plein aux as et est assurément mieux barré que moi question avenir professionnel direct. Et je précise que pour payer mes impôts, j’ai renoncé à un voyage à Berlin moi, tudieu !

 

Si il y a une justice, j’espère que le type qui va recevoir mon argent à moi ira fêter ça dans un grand restaurant et s’étouffera avec l’olive de son martini. Et je profite de cette dernière ligne pour déverser à grand bruit trois tonnes de mépris dans le jardin de la Confédération, de la Finma et de l’UBS.

 

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Merveilles du 7ème Art

26 janvier 2009

Beaucoup d’entre vous connaissent mon immense érudition dans le domaine du cinéma. C’est un secteur plein d’avenir nous prouvant année après année que le meilleur reste à venir. Plusieurs grands noms ont déjà brillé au firmament des superstars du cinéma, chacune ajoutant sa modeste goutte à cet océan de talent.

 

Nombreux sont les films à avoir marqué durablement l’histoire du cinéma. Si les frères Lumière avaient pu prévoir que leur invention donnerait à terme naissance à des titres comme « Terre champ de bataille » ou « Tomb Raider », il n’est pas impossible qu’ils eussent délaissé ce secteur pour former un duo de trombonistes, mais là n’est pas la question. Au sommet des films adulés figurent de nombreux noms que nul n’oubliera jamais, comme par exemple :

 

Brice de Nice : un surfer attend une grosse vague en lançant des vannes à ses copains et ça fait mystérieusement rire des ados.

Independance Day : des extra-terrestres débarquent sur Terre pour se payer le Service Pack 2 de Windows XP et, dans la foulée, envahir la planète. Comme ils ont dû virer leur Firewall pour faire du World of Warcraft en ligne, ils prennent un gros virus en téléchargeant des fichiers douteux sur E-mule et ça finit mal pour eux.

Star Wars : fort d’un succès passé, un réalisateur remet l’ouvrage sur le métier mais oublie d’ajouter un scénario, ce qui nous donne un truc confus et très ennuyeux.

Anaconda : en constatant que Jennifer Lopez fait partie d’une expédition sur l’Amazone, un brave serpent de grande taille entreprend de rendre un service durable à l’humanité, mais échoue près du but.

 

Enfin, si je vous ennuie avec tout ça, c’est parce que je souhaite aujourd’hui vous faire part de mon extrême impatience devant l’arrivée proche sur nos écrans d’un chef-d’œuvre à venir, dont les premiers trailers nous sont parvenus récemment. Véritable perle du cinéma indien, trop souvent supplanté de façon injuste par la machine à fric du cinéma américain, ce film abordera des thèmes à la fois simples et profonds, désireux d’apporter une nouvelle ligne de réflexion au spectateur.

 

J’en suis béat d’admiration et, incapable de garder pour moi ces débordements de joie frénétique, je joins ici même un premier lancement, et un deuxième juste là.

 

Je vous laisse boire à petites gorgées ce nectar du 7ème art.

 

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Le poids de l’information

22 janvier 2009

Le secret d’une société instruite et avisée réside, d’une part, dans l’éducation, mais aussi dans l’information. On l’a dit on le sait, il ne reste plus qu’à en tenir compte.

 

Sous nos latitudes, l’information est émise par des organes neutres, libres et clairvoyants, entièrement voués à leur sacerdoce auquel ils croient comme à un idéal utopique pour lequel ils seraient prêts à tout. Et c’est tant mieux : qui suit régulièrement l’information depuis quelques années n’aura pas manqué de remarquer cette nette amélioration dont nous bénéficions tous.

 

On tremble lorsque l’on sait que la presse écrite est aujourd’hui menacée d’extinction. Traquée par l’information gratuite et les multiples médias qui se terrent dans l’horrible web, mais aussi par les journaux gratuits en général, nos feuilles de chou payantes sont de plus en plus boudées par la population. C’est uniquement parce que les gens sont bêtes, ça n’a strictement rien à voir avec l’orientation adoptée par ces journaux qui font notre fierté.

 

D’ailleurs, à ce sujet, voici une petite liste de quelques manchettes relevées au cours de ces dernières années en Suisse. C’est une courte sélection maison d’une large base de données dénichée sur Facebook, ce site hautement dangereux qui mène nos enfants vers la déprédation. La plupart proviennent du Matin ou des affreux gratuits, mais 24 Heures ou la Tribune de Genève y ont aussi leurs entrées :

 

Etude : trois cafés par jour et vos seins diminuent

Cet hiver, la grippe va frapper très fort

Un lapin menace les élus à Berne

Le chewing-gum qui fait gonfler les seins débarque

 « La police a menacé de kidnapper mon chat »

Non, l’été n’est pas pourri !

Miss Suisse a raté son permis !

La croix suisse fait vendre des slips !

Incroyable : les tracteurs à pédales ont leur championnat !

Trois travestis attaquent Ronaldo

La moitié des chiens ne paient pas leur impôt

La Suisse, royaume du slip

C’est prouvé, les femmes sont nulles en calcul

Elles ont les seins toujours plus gros !

 

Voilà. Tout ça pour dire que si la presse payante est à l’agonie, on serait bien inspiré de l’achever d’un bon coup de talon sur la nuque. Par miséricorde envers un être souffrant, malade et condamné.

 

Alors l’actualité d’aujourd’hui, outre le serment d’Obama et le retrait très provisoire des troupes Israéliennes de Gaza, c’est une brillante étude menée par des scientifiques britanniques avançant que les femmes sont plus épanouies sexuellement avec des hommes très riches. Ils auraient pu s’arrêter là, limiter les dégâts, on aurait pouffé et oublié la chose, passé aux pages « sports » pour ne plus y penser, mais non. Forts du résultat de leur enquête, ils persistent et signent en émettant une raison scientifique à cette préférence : c’est parce que dans le cerveau de la femme, l’homme riche a remplacé le chasseur de l’époque des cavernes, l’homme fort et rassurant, meilleur patrimoine génétique possible pour leur descendance. Ainsi, ses craintes quant à l’avenir de sa lignée apaisées, Madame se vautre dans les peaux de mammouth pendant que Monsieur astique sa collection de propulseurs et c’est le bonheur dans la grotte nuptiale.  

 

Donc, résultat logique : la crise financière fait chuter la libido, en plus du pouvoir d’achat. Mais que nous reste-t-il ?

 

Un sujet sur lequel la presse pourrait aussi se pencher, c’est cette obsession qu’on a de faire graviter tout ce qui existe en ce monde autour du sexe et de l’argent, obsession ayant largement grandi ces dernières années pour finalement étouffer tout le reste. Qui a la nostalgie des cavernes peut se réjouir, on y retourne à grands pas !

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Ère de la communication

20 janvier 2009

mix & remixOn ne le répètera jamais assez, nous vivons à l’ère de la communication. D’où le titre. Entre Internet et la téléphonie, celui qui souhaite demeurer quelques temps inatteignable pour quelque raison que ça soit, par exemple pour peindre un Messerschmid, mais pas seulement, s’expose à des problèmes incongrus.

 

Parce que pendant ce temps, quelque part pas très loin, des amis à lui spéculent sur les raisons de son silence. Ils lui ont laissé un message – d’ailleurs bien marrant – sur sa boîte vocale il y a plus d’une heure pour l’inviter à une réunion tupperware et attendent toujours une réponse, ce qui est inhabituel. Au même moment, la dame de ses pensées tourne en rond : pleine de bonnes intentions, elle lui a envoyé un gentil SMS et attend bien naturellement un doux poème en retour, comme celui de l’autre jour, qui parlait de muguet, de brise printanière et de gavials. De même, ses parents lui ont fait parvenir un e-mail dans l’après-midi, l’invitant dimanche à la maison, il y aura de la poule au riz et tante Claude. Mais là aussi, nulle réponse ne point à l’horizon et les pauvres vieilles gens, devant l’implacable silence, ressentent l’étouffante angoisse des parents de marins qui parcourent la grève en quête de l’esquif de leur enfant disparu.

 

Et c’est ainsi que, de fil en aiguille, le héros de notre histoire, qui n’a pas de nom mais qui croît en sympathie de ligne en ligne dans nos esprits, va recevoir tour à tour les visites surprises de copains hilares, de beau-frère envoyé par la sœur elle-même contactée par les parents et d’une sémillante demoiselle courroucée.

 

Mais la communication, c’est aussi la signalétique. Il est important que des consignes, modes d’emploi ou panneaux routiers, par exemple, soient lisibles par toutes les personnes susceptibles d’en avoir besoin ; dans le cas de produits d’importation, les écrits de base apparaissent généralement en anglais, mais sont vite traduits dans la langue nationale du pays en question. On fait appel pour cela à des traducteurs professionnels. Ou pas.

 

Parce que parfois, pour économiser des sousous, on préférera employer un traducteur automatique et surtout éviter de vérifier que le sens initial ait été conservé. Voici en vrac quelques exemples trouvables de-ci de-là (généralement aux USA) :

 

- Sur l’étiquette d’une chemise, pour « Gentle cycle » : aimable bicyclette.

- Sur l’étiquette d’une cravate, pour « 100% silk ties » : 100% la soie attache.

- Vu sur un programme informatique, pour « loading please wait » : chargement s’il vous plaît dans l’attente.

- Sur l’étiquette d’une bombe aérosol, pour « Ozone Safe » : coffre fort d’Ozone.

 

Et la liste est longue. Dans des pays comme la Suisse, il convient de traduire chaque remarque importante dans toutes les langues nationales, ce qui n’est généralement pas un problème. Mais on n’est jamais à l’abri de certaines confusions, comme par exemple ce petit couac survenu au Pays de Galles, charmant patelin de druides dirigé par Arthur et Merlin et où l’on parle l’anglais et le gallois :

 

 

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Traduction à la va-vite du texte anglais : « entrée interdite aux véhicules de livraison. Site résidentiel uniquement ». En dessous, le texte en gallois donne « je ne suis pas au bureau actuellement, envoyez-moi vos travaux pour traduction ». Les pauvres bougres ont envoyé le texte à une entreprise et ont reçu un message automatique en gallois, les prévenant que le traducteur était momentanément absent. Le prenant pour la réponse à leur requête, ils l’ont placé tel quel sur le panneau. (Source)

 

 

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A la recherche de la Muse perdue

16 janvier 2009

J’aurais souhaité écrire un billet hilarant, débordant d’un humour désopilant et d’une finesse d’esprit rare, en racontant par exemple la blague des trois chameaux.

 

Ou alors lancer un de ces débats piquants emprunts de sagesse et de bon sens, dont l’humanité sort grandie.

 

De même, nous aurions pu évoquer ensemble diverses possibilités d’avenir pour notre monde, chercher des solutions, nous promettre un jour nouveau.

 

A l’inverse, j’aurais pu plonger dans le passé, participer à notre édification par le biais d’un brillant exposé historique, en rappelant par exemple qu’aujourd’hui, 16 janvier 2009, nous fêtons à grand bruit le 1080ème anniversaire de la nomination de Abd al-Rahman III en tant que calife de Cordoue.

 

Mais force est de se rendre à l’évidence : aujourd’hui, la page blanche me guette. L’inspiration m’a déserté, me laissant indécis et dubitatif.

 

J’ai parcouru la blogosphère à la recherche de l’étincelle, cherchant parmi les billets des nombreux auteurs de talent un bon texte que j’aurais pu m’arroger par un vil « copier – coller » et en récolter les lauriers, mais à terme je vais opter pour la simplicité et me contenter de vous souhaiter un bon week-end. Et de vous faire un gros bisou.

 

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Silence on bosse !

14 janvier 2009

La première contrariété de la journée, c’est généralement la sonnerie du réveil. Malgré tous les efforts louables des ingénieurs en conception de radioréveils, le moyen de nous tirer frais et pimpant des plumes n’a pas encore été trouvé. Pour ma part, lorsque retentit le charmant « bibip » matinal, c’est invariablement pour m’arracher à un rêve doux et ouaté, constellé de chatons et de bébés phoques, où je réalise mes fantasmes les plus fous avec Charlize Theron ; et c’est lorsque enfin je mets sa tour en échec avec mon cavalier que mon esprit est appelé à rejoindre le quotidien.

 

C’est dur, mais baste ; on va pas se laisser démoraliser par un stupide réveil, il attend que ça et je n’aime pas entrer dans le jeu de ceux qui me cherchent des noises. J’opte comme d’habitude pour un mépris hautain et vais me réveiller avec une douche et un café. La journée peut commencer.

 

J’arrive au bureau avec des croissants, me tire un deuxième café, allume mon ordinateur qui cache mal sa joie de me revoir et en avant la musique. On va commencer par le courrier, c’est sûrement des bonnes nouvelles !

 

Tiens, un petit mot du cabinet du vétérinaire, juste au dessus du bureau ! C’est probablement pour nous dire qu’ils nous aiment bien !

 

Tiens non, en fait ils s’excusent très courtoisement pour le bruit qu’ils risquent de produire ces deux prochaines journées, leurs locaux étant en réfection. Mais comment donc, c’est gentil de prévenir !

 

Et c’est au cours de journées comme celle-ci que l’on se rend compte combien les nuisances sonores peuvent modifier votre perception d’évènements anodins. Lorsque plusieurs heures durant résonnent sans discontinuer plusieurs foreuses et autres machines infernales du même tonneau, on donne des noms différents aux choses, par exemple :

 

« Tiens, téléphone ! » Devient « Rhôôô, ‘z’ont rien d’autre à foutre qu’à nous emmerder, tous ces cons ? »

« Ah, la photocopieuse à un problème ! » devient « ‘Tain, c’est quoi son problème encore, à celle-là ? Saloperie va ! *VLABONG* !!! »

« On a reçu un mail du boss » = « Tiens, l’intellectuel a quelque chose à braire ! »

 

Ça va aller, j’encaisse ! Je serre mes petits poings, prends mon mal en patience et tâche de rester stoïque. Et je me réserve une jolie petite cellule capitonnée pour ce soir.

 

Ci-après : « Labo en train de bosser », illustration de Loggy que je remercie et salue au passage d’une joyeuse  bourrade dans les lombaires.

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Hommage

12 janvier 2009

Le post pas drôle

 

Ce week-end s’est déroulée la cérémonie que je sais pas comment elle s’appelle où l’on distribue les « Golden Globe », qui sont un peu des oscars, en moins prestigieux mais chut !

 

L’idée est de regrouper dans un luxueux hôtel hollywoodien tous les acteurs et les actrices qui ont crevé l’écran l’année écoulée, ainsi que les réalisateurs des films en question, et de les faire défiler sous les crépitements des photographes (ou plus exactement de leurs appareils photos). On obtient ainsi de quoi alimenter les gazettes à cancans pendant quelques semaines, surtout si Jennifer Aniston a mis une robe rouge.

 

Comme ça serait réducteur de s’en tenir à ça, on (mais je ne sais pas qui est on) décerne dans la foulée une poignée de prix récompensant les meilleures prestations. Les lauréats ont ainsi leur photo exposée à côté de celle du patron un beau globe doré à ramener à la maison, qu’ils pourront exposer entre le ficus et le buffet à vaisselle.

 

Sauf s’ils sont morts.

 

Et hop, cette dernière remarque me permet d’enchaîner discrètement et avec beaucoup de subtilité sur le sujet du jour : l’acteur australien Heath Ledger (Brokeback Mountain, Chevalier, The Patriot) a touché à titre posthume le globe du meilleur second rôle pour sa prestation du Joker dans « The Dark Knight ». Et si je peux me permettre, il ne l’a pas volé.

 

N’empêche qu’il me manquera le bougre, déjà qu’on ne croule pas sous les jeunes acteurs talentueux, s’ils se mettent à partir aussi tôt… Il avait mon âge !

 

Et c’est là que j’enchaîne avec une bonne grosse banalité, c’est toujours bien les banalités : comme nous l’ont confirmé le décès de Jacques Villeret et la survie d’Angelina Jolie, « c’est toujours les meilleurs qui s’en vont ! »

 

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13 chats noirs sous une échelle…

8 janvier 2009

ça fait peur hein ?Tout le monde est relativement familier avec le concept du spam : une publicité, et qui me connaît n’ignore pas mon amour insensé pour la publicité, qui déboule sans crier tambour ni trompette sur votre boîte E-mail, vous vantant les qualités de quelque produit ou service que je tairai ici pour ne pas choquer mes jeunes lectrices de la Très Sainte Ecole Catholique de la Juste Parole du Christ, que je salue au passage d’un sourire salace avec haleine de bière.

 

Pour sa légitime défense, l’internaute moderne dispose d’antispams performants limitant au maximum ce genre d’intrusions irritantes ; mais c’est sans compter sur certaines de vos connaissances qui, ayant leurs entrées dans votre fichier d’adresses, ont, elles, toute latitude pour vous faire parvenir des beaux courriers bien ridicules, parfum espoir naïf avec éclats de superstition candide dedans : je veux parler des fameuses comptines, morales, anecdotes et autres gros flans qu’il faut s’empresser de faire suivre à tout son répertoire, faute de quoi le malheur s’abattra sur votre vilaine tête.

 

Ça m’afflige !

 

En 1300, on brûlait les chats que l’on considérait comme avatars du Malin. Aujourd’hui, on s’envoie des mails promettant récompenses ou punitions à qui joue ou non le jeu. Subite réapparition de la Magie dans notre monde moderne, on est passé de la boule de feu au courriel mystique.

 

Or donc, ce matin, j’ai reçu un récit épouvantable que je m’en vais vous résumer, attention donc, à partir de maintenant ça fait peur, prière aux enfants de ne pas lire la suite.

 

On vous aura prévenu !

 

Alors c’est l’histoire d’un mec, il se fait prendre en photo tout sourire, droit après il tombe dans le coma et pouf, deux jours après, il meurt !

 

« Non ? »

« Si ! »

 

Ses potes ont alors une réaction logique : ils font développer la photo. Et qu’est-ce qu’il y a sur ladite photo ? Un fantôôôme !! Juste à côté de la pauvre victime, posant avec elle, vêtu d’un joli halo vert ! Les uns après les autres, les amis du malheureux défunt sombrent dans la folie et se font interner ; puis survient la révélation : la photo est maudite (tadaaaaa) ! Le temps de s’en rendre compte, il était hélas trop tard : jointe à un mail, elle faisait déjà le tour du monde. (Aux dernières nouvelles, elle circulerait actuellement du côté de la Bande de Gaza.)

 

Du coup c’est la poisse : qui reçoit ce mail tombe sous le coup de la malédiction ! (Et j’en profite pour dire que certaines personnes ont un peu abusé du roman japonais – d’ailleurs la victime est japonaise – « The Ring »). Mal barré hein ? Heureusement, il y a une échappatoire : il suffit renvoyer ledit mail à 13 personnes. Ouf !

 

Après, il y a les exemples : d’abord un marin qui aurait été promu droit après avoir renvoyé la photo à plein de potes, ce qui prouve que le fantôme est plutôt sympa, il veut juste faire sa star. D’un autre côté, un méchant patron a jeté le mail avec un petit rire sec et son entreprise a fait faillite.

 

J’aimerais bien illustrer mon billet à l’aide de la photo en question, mais j’avoue l’avoir directement balancée à la poubelle sous le coup d’une intense terreur d’un courroux légitime.

 

Par contre, je m’adresse maintenant à celles et ceux qui m’ont un jour envoyé un de ces messages, les mettant en garde : je viens de vous lancer le Mauvais Œil, ha ha ! Un seul moyen d’y réchapper : d’abord, recommander ce blog à cinquante personnes, puis sortir dans la rue et faire vingt fois le tour du cinquième plus proche lampadaire à cloche-pied et enfin asperger sa porte de sang de mouton et de sperme de bélouga, trouvable en pharmacie. Si si, suffit d’en demander au comptoir, essayez !

 

Pour conclure : comme on dit, il ne faut pas être superstitieux, ça porte malheur. Et puis eh, pour faire suivre un mail pareil, il faut avoir encore plus peur de représailles surnaturelles que du ridicule ; et ça, franchement, ça me dépasse !

 

 

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Bon, ça vient, ce réchauffement climatique ?

7 janvier 2009

Non mais quel temps, mes cannetons ! Chaque année c’est pareil : avec la fin des fêtes revient le Grand Froid, l’eau gèle dans les tuyaux, le givre recouvre les pare-brise, la neige nappe les plaines, les loups sortent en hurlant du bois et les yetis foisonnent dans nos campagnes alors que les baraques d’hivers et vendeurs de marrons ont tous fermé boutique, nous privant ainsi du recours salvateur au vin chaud. On se fait tout le temps avoir.

 

Ah, j’étais mieux hier, tiens, tremblant, fiévreux, transi de froid, cloîtré dans ma chambre, aspirant péniblement dans un sifflement maladif l’air empli d’affreux microbes dans lequel je macérais depuis la veille au soir ! Qu’est-ce qui m’a pris, en me levant ce matin, d’aller bosser ?

 

Je l’affirme froidement, il faut être givré pour sortir par un temps pareil et, à côté de ma fenêtre mal isolée, je m’enflamme pour un rien. C’est la faute à l’hiver, ça me met d’une humeur de chien (de traîneau) et j’incendie tout ceux qui me contrarient. Comme il ne faut pas se laisser abattre, je prends le yack par les cornes et, à la pause de midi, prépare une expédition polaire : déplacement au milieu des bourrasques et des congères jusqu’au plus proche supermarché (cinquante mètres, fichtre !) pour faire le plein de café, entre autres.

 

Comme c’est la rentrée, les lieux sont envahis de jeunes élèves bruyants, éructant leur joie de vivre à grands cris enjoués entrecoupés d’éclats de rires, tas de cons, non mais ça se croit où ! Je n’y prête pas garde, avance en grognant, montrant mes crocs aux mâles qui croisent ma route, prêt à défendre mon territoire, mets la main sur la manne tant recherchée et me rends à la caisse. M’y attend, outre la caissière, une dame d’une autre époque, aux cheveux de neige et à la peau fripée, déposant avec une lenteur toute calculée ses innombrables marchandises sur le tapis.

 

Encore un ancêtre faisant ses courses à midi, heure que les vaillants prolétaires se doivent de mettre à profit pour se sustenter, faire le plein de forces pour travailler d’arrache-pied l’après-midi et ainsi faire gagner plein de sous à leurs patrons ! Ah, la sorcière, que Dante n’a-t-il pas prévu pour elle et ses semblables un cercle spécial en Enfer, tiens, en plus elle me regarde, elle s’apprête à me parler, soit, j’enlève mes écouteurs…

 

« …Vous n’avez que ça monsieur ? Oh mais je vous en prie, passez devant, allons, c’est normal ! Mais bien sûr ! Oh, mais il n’y a pas de quoi, c’est naturel, au revoir monsieur, bonne journée à vous aussi, et bonne année ! »

 

Je l’ai toujours dit, ces petits vieux, ils sont adorables !

 

Eh, mais avec tout ça, c’est l’heure du café didon !

 

 

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