Le secret d’une société instruite et avisée réside, d’une part, dans l’éducation, mais aussi dans l’information. On l’a dit on le sait, il ne reste plus qu’à en tenir compte.
Sous nos latitudes, l’information est émise par des organes neutres, libres et clairvoyants, entièrement voués à leur sacerdoce auquel ils croient comme à un idéal utopique pour lequel ils seraient prêts à tout. Et c’est tant mieux : qui suit régulièrement l’information depuis quelques années n’aura pas manqué de remarquer cette nette amélioration dont nous bénéficions tous.
On tremble lorsque l’on sait que la presse écrite est aujourd’hui menacée d’extinction. Traquée par l’information gratuite et les multiples médias qui se terrent dans l’horrible web, mais aussi par les journaux gratuits en général, nos feuilles de chou payantes sont de plus en plus boudées par la population. C’est uniquement parce que les gens sont bêtes, ça n’a strictement rien à voir avec l’orientation adoptée par ces journaux qui font notre fierté.
D’ailleurs, à ce sujet, voici une petite liste de quelques manchettes relevées au cours de ces dernières années en Suisse. C’est une courte sélection maison d’une large base de données dénichée sur Facebook, ce site hautement dangereux qui mène nos enfants vers la déprédation. La plupart proviennent du Matin ou des affreux gratuits, mais 24 Heures ou la Tribune de Genève y ont aussi leurs entrées :
Etude : trois cafés par jour et vos seins diminuent
Cet hiver, la grippe va frapper très fort
Un lapin menace les élus à Berne
Le chewing-gum qui fait gonfler les seins débarque
« La police a menacé de kidnapper mon chat »
Non, l’été n’est pas pourri !
Miss Suisse a raté son permis !
La croix suisse fait vendre des slips !
Incroyable : les tracteurs à pédales ont leur championnat !
Trois travestis attaquent Ronaldo
La moitié des chiens ne paient pas leur impôt
La Suisse, royaume du slip
C’est prouvé, les femmes sont nulles en calcul
Elles ont les seins toujours plus gros !
Voilà. Tout ça pour dire que si la presse payante est à l’agonie, on serait bien inspiré de l’achever d’un bon coup de talon sur la nuque. Par miséricorde envers un être souffrant, malade et condamné.
Alors l’actualité d’aujourd’hui, outre le serment d’Obama et le retrait très provisoire des troupes Israéliennes de Gaza, c’est une brillante étude menée par des scientifiques britanniques avançant que les femmes sont plus épanouies sexuellement avec des hommes très riches. Ils auraient pu s’arrêter là, limiter les dégâts, on aurait pouffé et oublié la chose, passé aux pages « sports » pour ne plus y penser, mais non. Forts du résultat de leur enquête, ils persistent et signent en émettant une raison scientifique à cette préférence : c’est parce que dans le cerveau de la femme, l’homme riche a remplacé le chasseur de l’époque des cavernes, l’homme fort et rassurant, meilleur patrimoine génétique possible pour leur descendance. Ainsi, ses craintes quant à l’avenir de sa lignée apaisées, Madame se vautre dans les peaux de mammouth pendant que Monsieur astique sa collection de propulseurs et c’est le bonheur dans la grotte nuptiale.
Donc, résultat logique : la crise financière fait chuter la libido, en plus du pouvoir d’achat. Mais que nous reste-t-il ?
Un sujet sur lequel la presse pourrait aussi se pencher, c’est cette obsession qu’on a de faire graviter tout ce qui existe en ce monde autour du sexe et de l’argent, obsession ayant largement grandi ces dernières années pour finalement étouffer tout le reste. Qui a la nostalgie des cavernes peut se réjouir, on y retourne à grands pas !