
« Labo, tu es gentil et drôle – et très beau, avec tes yeux de jade, ton visage d’albâtre et tes cheveux de bronze (c’est vrai que c’est joli, mais c’est un peu lourd quand même) – mais tu ne dois pas oublier que beaucoup de gens viennent ici pour s’instruire, tu as une mission, une charge, un sacerdoce ! »
C’est en ces termes que ma tendre Grouchenka Alexandrovna Oligovn-skaya m’a rappelé à mon devoir, ses yeux azur plantés dans les miens. Je me lève, saisi par la sagacité de ses paroles et me rends au balcon, tenant mes draps blancs enroulés à la taille. Laissant le vent matinal mordre mes chairs pour dissiper l’engourdissement nocturne, je projette mon regard vers les étoiles s’estompant doucement à la clarté aurorale.
Mes souvenirs m’emmènent loin en arrière, dans le monastère couronnant les cimes enneigées des montagnes du bout du monde. La voix de Kung Liu Po, mon vieux et vénérable maître, (puisse son âme trouver la paix parmi les saints) résonne avec écho dans les méandres de ma mémoire : « le vrai Sage se concentre sur l’essentiel ; chacun de tes actes doit viser à améliorer et harmoniser ta vie de tous les jours ! » Et de m’apprendre ensuite à briser cinq pains de glace avec ma tête.
« Vieux maître », me dis-je la larme à l’œil, « vous avez raison. J’enseignerai. J’apprendrai aux gens à améliorer leur quotidien. » Ainsi, joignant le geste à la parole, je vous parlerai aujourd’hui du phacochère.
Le phacochère est un aimable mammifère de l’ordre des artiodactyles et de la famille des suidés, vivant dans la savane africaine. Le mâle pèse jusqu’à cent kilos et, bien entendu, nous nous sommes abstenus de poser cette désobligeante question à la femelle. Appelé aussi « porc sauvage », surtout chez les porcs civilisés, il mesure environ 1m40 de long pour 75 cm au goret garrot.
Ses prédateurs habituels sont le lion, le léopard, le lycaon, la hyène, le requin blanc et bien sûr l’homme. Pour sa défense, il en porte une paire, de défenses donc, des défenses de phacochères, à ne pas confondre avec des défenses d’éléphants ou des défenses de toucher. Lorsque le danger guette, il peut se lancer dans des charges redoutables pouvant atteindre jusqu’à 55 km/h, pas plus, ce qui lui permet d’éviter de justesse de se prendre une prune au radar.
Le temps de gestation de la femelle (appelée « vivipare » ; je vous mets au défi de placer ce mot dans une conversation) est de 175 jours. Elle met généralement bas dans un terrier emprunté à un oryctérope, un animal tout de grâce et de charme, encore que je ne dispose d’aucune précision sur les termes de l’« emprunt ». L’heureuse maman obstrue le terrier au moyen de branchages formant ce que l’on appelle une « porte phacochère » et donne le jour à une jolie portée gazouillante de meugnons bébés phacochère duveteux.
Le phacochère a acquis ses lettres de noblesses lorsque l’un d’entre eux décrocha le rôle de « Pumbaa » dans le Roi Lion. Toutefois, on le trouve déjà cité dans plusieurs légendes des temps anciens, notamment dans la mythologie grecque (le Phacochère d’Erymanthe, le Phacochère de Calydon).
C’est tout pour aujourd’hui, pour demain vous me faites l’exercice 2 et la semaine prochaine on aura un test sur le phacochère, sa vie, son œuvre.




