Archives pour avril 2009

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L’heure du bilan

30 avril 2009

Aujourd’hui, rien n’est comme d’habitude. Lorsque l’on se rend à son travail pour la dernière fois, on jette un regard nouveau sur ce qui nous a entouré tout du long en nous laissant si parfaitement indifférent, un peu comme on prend une dernière bouffée d’air, vicié ou non, avant le grand plongeon.

 

Je supporte mieux les plaisanteries pas drôles (« tiens, les oiseaux gazouillent, hihihi »), sachant que ce soir elles seront derrière moi, qu’elle s’ajouteront à un gros tas de souvenirs récents à occulter qui rejoindra sans peine le grand dépotoir de ma mémoire, entre les cours de comptabilité avancée, les séances de motivation et Moravagine : toutes ces étapes que je sais derrière moi et qui ont contribué à m’ouvrir les yeux, petit à petit, sur l’importance des mauvaises expériences, qui nous définissent tellement mieux que la monotonie tant recherchée, qui nous offrent des repères, des points de comparaison.

 

Avant quelques heures, cette grisaille maussade qui aura formé durant plusieurs mois mon peu palpitant présent basculera d’un coup dans un passé qui s’estompera aussi vite qu’il s’est imposé, ne laissant comme souvenir dominant que la vacuité palpable qui l’aura défini tout du long. Ainsi en est-il de la mémoire, si nous sommes sculptés par nos propres expériences, nos souvenirs ne demeurent au final que les restes dormants d’une vie révolue, ne se réveillant que sporadiquement, sous quelque impulsion, pour faire ressurgir, l’espace d’un instant, une impression ou une vision. L’essentiel, le principal, ce qui définit le présent, se dissipe rapidement une fois qu’il appartient au passé, comme un vin laissé ouvert se voit privé de son arôme pour ne rester à terme que le souvenir de son goût et de sa couleur ; avec parfois, au fond de la bouteille, une fine couche de lie noircie qui attire le regard.

 

Alors, que va-t-il me rester de cette expérience ? Sans doutes un souvenir bizarre d’une sorte de parenthèse, un pseudo travail qui m’aura occupé pas loin d’une année pour aboutir au seul espoir que le prochain sera mieux. L’essentiel positif du bilan, bien sûr, c’est le blog ; nonante-neuf billets en quelques huit mois, je crois avoir saisi l’unique opportunité qui me fut offerte ici : la possibilité de progresser dans des domaines privés. Un peu paradoxal non ?

 

Bref, depuis ce soir je continue mon chemin et je ne me retournerai pas souvent. Je laisse sans regret un monde superficiel où l’on s’invente des contraintes au nom des sacro-saintes apparences. Et j’ajoute que je rejoins le camp des gentils, ainsi que le témoigne cette perle de la chanson à texte !

 

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Le flip du siècle. Encore.

28 avril 2009

Aujourd’hui, l’information aux relents apocalyptiques répandant la terreur dans le monde au supplice, c’est la grippe porcine. Il y a de quoi notez, on n’en sait pas grand-chose, déjà plus d’une centaine de morts, potentiellement transmissible entre êtres humains, on a fait un pas en avant depuis la grippe aviaire. Lors de la prochaine grande migration de cochons, on va être beau mal je vous dis !

 

C’est donc le moment d’expédier nos politiques en voyage protocolaire au Mexique, avec visite d’exploitations agricoles, d’abattoirs, de centres d’élevage et de porcheries. C’est le moment d’envoyer de ces petits cochons en plastique, jouets pour les gamins, à nos Sarkozy, Couchepin et Berlusconi pour se faire plaisir ; le cochon, symbole du porte-bonheur, apporte au monde un nouvel espoir. C’est le siècle des miracles, la crise met enfin le monde financier à genoux et le porc lui porte le coup de grâce.

 

Je plaisante, bien sûr, ou plutôt je fantasme. Comme avec le reste, ce sont les petits qui trinqueront ; et les entreprises pharmaceutiques, seconde fierté suisse après les banques, se frottent déjà les serres : vous rappelez-vous des dernières mesures adoptées par le Conseil Fédéral lorsque l’on tremblait devant la grippe aviaire ? Premièrement, on avait acheté à prix d’or un stock démesuré de Tamiflu, le fameux médicament que l’on savait inutile, puisque le virus ne pouvait se transmettre d’homme à l’homme qu’à condition de muter, rendant ainsi le précieux remède obsolète. Pas grave, on a de l’argent. Deuxièmement, des avertissements impérieux avaient résonné dans tout le pays à grand renfort d’articles et de pub, annonçant que le Conseil Fédéral recommandait fortement à tout suisse l’achat de masques anti-pollution, alors qu’il était évident que face à un virus, ils ne seraient d’aucune utilité. Imaginons un instant les rentrées pour l’entreprise suisse qui les produit, ses dirigeants et ses actionnaires, lorsque les citoyens terrifiés font la queue devant les pharmacies pour se procurer, sur l’avis de son propre gouvernement, un truc qui ne sert à rien…

 

Bref, la grippe aviaire a rapporté davantage qu’un disc d’or ; dans un pays comme la Suisse, ou la politique dirigeante et le système de santé (troisième fierté nationale, juste avant l’armée) ne cachent même plus qu’ils ne font qu’un, c’est une véritable aubaine. Alors, la grippe porcine, qu’en feront-ils ? Revêtiront-ils la toge de gourou pour aller prêcher la peur de la fin du monde dans les chaumières ? Vont-ils faire miroiter le spectre de la pandémie mondiale dans l’espoir de prélever encore un peu plus d’argent aux innombrables pauvres du pays, argent qui fait tant envie à nos vingt-deux pour cent de millionnaires ?

 

Dans le rôle du garçon qui criait au loup, bien sûr, la presse ; comptons sur elle pour enflammer la chose, semer la confusion, souffler le chaud et le froid sur une population qui, comme elle en prend l’habitude, se référera à Internet pour s’informer. Pour nos journaux, une pandémie c’est comme une actrice qui se marie, un tsunami ou un bébé ours : une occasion de pérorer, après on s’en fout que ça soit fondé ou non. On sait déjà qu’entre le gouvernement et la presse, il ne se trouvera personne pour prendre ce problème – qui a quand même causé des morts – avec le sérieux requis. Par contre ils ne manqueront pas d’engranger du bénéfice !

 

Mais n’empêche, cette grippe, elle sort d’où ? On avait la grippe aviaire, maintenant on passe à la grippe porcine, avant ça il y avait la vache folle, il y a maintenant régulièrement un gros fléau qui nous tombe sur la couenne et fout les boules à tout le monde. Alors ? Complot mondial ? Coïncidence ? Nature excédée par nos frasques ? Châtiment divin ? Mutation ? Expérience secrète foirée ? On peut spéculer, mais ce qui paraît logique, c’est qu’à jouer les apprentis sorciers on finit par s’en ramasser une en retour. Parce que c’est depuis qu’on a jugé rentable de nourrir ces herbivores de farines animales, de les modifier génétiquement, les cloner ou Dieu sait quoi que les catastrophes se font plus fréquentes.

 

Oui, mais entre la mise en danger de milliers de personnes de par le grand méchant monde et la prime de fin d’année de quelques ronds de cuir qui ont le pouvoir décisionnel, qu’est-ce qui va primer, quand on sait que ces derniers se contrefoutent déjà des conditions de vie désastreuses des bêtes qu’ils engraissent ? Non je rigole, c’est pas une vraie question. N’empêche, je pense qu’il appartient à chacun de freiner un peu sa consommation de viande et d’arrêter de filer du saumon frais au chat toutes les semaines, seule la diminution de la demande changera quelque chose, ne comptons pas sur un revirement des mentalités !

 

Ceci dit, puisqu’on cause santé, arrêtons-nous aussi une seconde sur la prochaine augmentation des primes d’assurances maladies, la deuxième depuis que Couchepin avait promis la stabilisation des coûts pour pousser le grouillot à refuser la caisse unique : quatorze pour cent d’augmentation cette année, les copains. Vos salaires ont-ils suivi ? Quatorze pour cent ! L’excellent Couchepin prenant la défense du pauvre, il propose une alternative : l’assuré paye de sa poche trente balles à chaque consultation. Si on accepte, il devrait peut-être pouvoir stabiliser la hausse annuelle à… Dix pour cent, soit déjà environ beaucoup trop. Et il avance ça comme Zorro annonçant son intervention face aux lubies d’un tyran !

 

Mais les coûts de la santé, dedieu, il ne faut pas limiter leur hausse, il faut les diviser par deux, trois, cinq, dix ! Il faut la rendre abordable cette prime ! Seulement voilà, la hausse des cotisations, on la décide au Parlement. Et les membres du Parlement, les deux tiers sont de droite et bon nombre d’entre eux siègent au conseil d’administration des caisses maladies ! Aberrant ? Oui. Anti-démocratique ? Complètement. Le peuple élit ses représentants, lesquels sont rémunérés par des entreprises pour lesquelles ils travaillent, il y a un problème non ?

 

Peut-être que la prochaine fois qu’il faudra se rendre aux urnes pour élire ces singes, ça ne serait pas inutile qu’on soit un peu plus à voter non ? Quoi qu’il en soit, je joins ici-bas le lien pour l’initiative cantonale du Parti Socialiste, visant à limiter la prime maladie mensuelle à dix pour cent du revenu net, un projet destiné, je cite, à « protéger les assurés plutôt que les actionnaires ». Une idée audacieuse pour un pays comme la Suisse. Couchepin osera-t-il avancer encore qu’accepter cette initiative serait un « retour en arrière » ? Et le pays sera-t-il assez idiot pour ne pas comprendre qu’il a besoin de ce retour ?

 

 

L’initiative c’est par là, signez les gens !

 

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La Croix et la Bannière

27 avril 2009

Depuis les quelques mois que je tiens ce blog, vous aurez probablement constaté que je déborde d’optimisme, de foi en l’humanité et de confiance en l’avenir. Et bien aujourd’hui je créerai la sensation en vous apprenant que parfois, il arrive à mon intarissable insouciance de légitimement s’éclipser devant la force irrésistible de mon indomptable franchise : dans certains cas, il peut arriver que nos interlocuteurs ne se montrent pas tout à fait à la hauteur des espoirs candides que l’on place en eux.

 

Par exemple, tout dernièrement, j’ai reçu une lettre d’une assurance. Une lettre normale, tout ce qu’il y a de plus standard, classique voire limite banale, c’est-à-dire absolument incompréhensible, rédigée automatiquement par une machine qui me donne du « Mademoiselle » long comme le bras, imprimée en même temps que des dizaines de milliers d’autres et emplies de chiffres, de formules juridiques, d’articles de lois abrégés et de quelques mots qui se courent après sans vraiment qu’on puisse y trouver un sens.

 

Et bien cette lettre me fut apportée par mon frère Guislain, comme durant ces trois dernières années, car tout courrier que cette assurance m’adresse arrive invariablement chez lui. A mon nom, certes, mais chez lui.

 

Naïvement, je pensais que si quelqu’un cherchait à m’envoyer un courrier, il prendrait la peine de vérifier mon adresse sous mon prénom, Eusèbe, et dès lors le ferait parvenir comme il se doit à l’Avenue de Pripiat. Mais non, ces procédés sont manifestement vétustes et obsolètes au sein de grandes firmes dont le prestige le dispute au modernisme ; il en résulte qu’après trois années consécutives et bien des efforts vains, mon courrier arrive toujours chez Guislain, rue Tomas de Torquemada.

 

Normalement, lorsqu’on a un problème aussi simple, on téléphone gentiment en disant « bonjour, j’ai changé d’adresse » et notre interlocuteur répond « voilà, j’ai pris note, merci et bonne journée », ou quelque chose allant dans ce sens, et le problème est réglé. Mais pas là, donc. Moi, j’ai déjà téléphoné trois fois, envoyé une demi-douzaine d’E-mails, deux lettres et deux recommandés, rien n’y fait. Après la dernière, où je me suis permis d’être acide et ironique à souhait, un responsable m’a téléphoné et, d’une voix sûre, m’a promis que tout rentrerait dans l’ordre, qu’il était désolé, qu’il me remerciait de ma patience et qu’il espérait que Dieu m’ait en sa sainte garde. Mais malgré tout, le courrier continue à arriver à la mauvaise adresse.

 

J’ai renoncé. Comme on dit, il n’est pas pire sourd que l’âne qui n’a pas soif. Quant au problème, somme toute banal, j’y vois deux explications, certes peu plausibles, mais imaginables : d’une part, je suis peut-être tombé sur l’idiot du village, ce qui est possible (observez les secrétaires quand vous en voyez, une sur deux parle toute seule en travaillant, si ça c’est pas un signe que bosser dans les bureaux peut rendre sénile !). Autre éventualité, leur programme est tellement compliqué qu’un simple changement d’adresse est entré dans le domaine de l’utopie ; il en va ainsi des logiciels de l’employé de commerce moderne : il peut imprimer mille lettres en un seul clic de souris, mais pour en modifier une seule il lui faut entrer mille commandes. Et il n’a pas le temps.

 

A force de tout automatiser et de remplacer les travailleurs par des machines qui font bip, il n’est plus possible de répondre à une demande simple. C’est aussi pour ça que je ne recevais pas mes factures pour mon loyer, par exemple. Ce genre de cas devenant de plus en plus courant, je me demande si un jour il ne sera pas bon ton de rengager un ou deux être humains dans les entreprises de service public, ne serait-ce que pour répondre au téléphone…

 

Mais bon, faut les payer…

 

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Ka boom !

24 avril 2009

C’est marrant parfois les annonces sur lesquelles on tombe en cherchant du boulot ; par exemple, que veut dire « cherche assistantes sympathiques et fidèles » ? Est-ce que certaines personnes n’ont toujours pas réalisé que si leurs employés ne restent pas, elles n’y sont peut-être pas étrangères ? Dans quelques cas aussi, les annonces sont fausses et leurs liens renvoient sur des sites publicitaires, comme si les chômeurs avaient du blé à dépenser. Déjà qu’un travailleur au bas de l’échelle n’a aucun pouvoir d’achat, pourquoi cibler les demandeurs d’emploi ? Enfin, il n’y a pas de petits profits. Je suppose que la leçon à en retenir est que même dans le cadre des recherches de travail, il vaut mieux réfléchir à deux fois avant de laisser son e-mail, c’est la porte ouverte aux spam.

 

Mais bon, laissons ce sujet de côté, si je tapote sur mon clavier aujourd’hui c’est pour relater une anecdote illustrant le fait que lorsque je suis concentré sur un truc, je deviens hermétique au reste, comme beaucoup de monde (et c’est là que les dames arguent que les hommes ne peuvent pas faire deux choses à la fois. Lâchez-vous les amies, c’est là pour ça !). Le ciel pourrait virer au vert que je ne le remarquerais même pas. Hier soir, donc, rentrant chez moi au terme d’une dure journée de labeur, grisé par la fierté du sacerdoce dûment mené à bien, les écouteurs dans les oreilles, toutes mes pensées étaient tournées vers mon avenir direct, effectuant divers calculs à court terme, bref, répondant aux préoccupations classiques d’un chômeur.

 

Tout à mes réflexions, je contourne le fourgon stationné devant l’entrée de mon immeuble, passe la porte exceptionnellement ouverte, salue le flic qui déambule dans le hall d’entrée et m’attaque aux étages. Arrivé au troisième, juste en dessous de mon appartement, j’enjambe un seau empli de gravats, remarque que mes pas, sous lesquels crisse du verre brisé, laissent des empreintes distinctes dans la poussière épaisse qui recouvre jusqu’aux murs, je salue négligemment un pompier et un policier en pleine conversation, ignore la forte odeur de fumée, jette un œil sans y penser au gouffre noir marquant l’ancien emplacement de la porte d’entrée de mon voisin du dessous, constate que ladite porte, noircie et violemment arrachée à ses gonds, gît misérablement plus loin au milieu des débris, et commence à grimper le dernier éta…

 

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Je me retourne et contemple le navrant spectacle, réalisant seulement là que non, ce n’est ni des travaux de routine, ni un déménagement, c’est carrément une attaque des Russes (ou des Libyens), ou quelque chose comme ça ! J’entends un agent parler d’explosion au téléphone et alpague un policier pour le soumettre à la Question. Mais gentiment.

 

-                     Ouais, y a eu une pétée, c’est vous qui habitez au dessus ?

-                     Ben oui… Je peux entrer chez moi où j’ai plus de plancher ?

-                     Non c’est tout bon, pas de problèmes, ne vous inquiétez pas… Euh, y a quoi de ce côté-là (je vous épargne la gestuelle, pas indispensable pour vous représenter vaguement la scène) ?

-                     C’est ma chambre à coucher là-bas.

-                     Alors évitez d’y entrer, même si ça devrait être bon, on viendra vérifier dans la soirée si y a pas de dangers. Ça vous pose un problème ?

-                     Non, je ne comptais pas me coucher tout de suite… Y a eu des blessés ?

-                     Non, il n’y avait personne au moment de l’explosion.

 

Bon, bref. Ils ne sont pas repassés pour finir, tant mieux, comme ça ils n’ont pas vu les trois familles de Chinois en que j’héberge en situation irrégulière, ni leur local de machines à coudre. C’est le concierge qui a fini par m’indiquer que tout était rentré dans l’ordre. Lui ne sait pas non plus ce qui a pété, d’ailleurs ses yeux trahissent sa curiosité dévorante. Par la fenêtre de mon bureau, je vois mon jeune voisin du dessous affronter ses noires pensées, assis avec un ami à lui sur un muret, le regard cloué au sol. Pauvre bougre. Je vais le chercher ou bien ?

 

-                     Regarde-le, il est triste, il est désemparé, tu vas pas le laisser comme ça, si ?

-                     Oui, mais s’il recommence à faire péter des appartements alors qu’il est chez moi, hein ?

-                     Et quoi, tu vas le laisser pourrir dehors ? Si ça se trouve il a la dalle !

-                     Je sais, mais moi, dans son cas, je ne me verrais pas crécher chez un voisin que je ne connais presque pas, j’irais plutôt chez des amis… D’ailleurs il attend sûrement quelqu’un !

-                     Mais justement, il y a toutes les chances pour qu’il décline, ou alors il passe un petit moment pour décompresser, ça te laisse l’occasion de te montrer fraternel à bon compte ! Et même s’il dit non ça lui fera plaisir, mets-toi à sa place !

-                     Bon, si dans cinq minutes il est encore là j’y vais…

 

Attendre cinq minutes ? C’est quoi ce raisonnement de con ? Entre temps, une voiture s’arrête et l’embarque, me laissant avec l’impression d’avoir été un peu salaud. Pour ne pas arranger ma piètre estime de moi dans cette affaire, j’en viens à déplorer que la déflagration n’ait pas eu lieu encore un étage en dessous, histoire de satelliser les deux affreux molosses bruyants.

 

Mais ça me servira de leçon : la prochaine fois qu’un appartement explose dans mon immeuble, je me montrerai plus disponible !

 

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Coupez-lui les zèles !

22 avril 2009

Je ne sais pas si j’ai déjà eu l’occasion de le relater, mais il se trouve que je n’ai pas énormément de travail à faire ces temps-ci ; j’expérimente en fait une sorte de chômage technique qui se transformera en authentique chômage pur pedigree dans moins de deux semaines, lorsque je serai livré à moi-même, abandonné lâchement au fond d’une ruelle sordide, laissé seul et sans espoir dans la nuit froide et que, soumis à la cinglante flagellation d’une pluie glaciale, je lèverai des yeux impuissants et larmoyants vers le Ciel qui m’a oublié.

 

Le seul défi que je puisse me lancer durant mes heures de travail, c’est de meubler au mieux mes journées pour ne pas trop m’ennuyer ; ah, il est loin le temps où on me jurait un « tsunami de travail » et des « océans de paperasse » alors que l’on m’engageait pour ma résistance au stress et ma faculté de travailler rapidement (et hop, un peu de pommade pour mézigue, voilà comment on glisse une petite note à l’attention d’éventuels DRH, n’oublions pas que j’ai envoyé plein de dossiers ces derniers jours). Pour me montrer concret, pour une fois, disons que si je m’active à fond les ballons, je liquide mon travail quotidien avant la pause café.

 

Inutile de dire qu’essayer d’étaler mes tâches sur toute une journée revient à répartir une de ces mini portions individuelles de confiture sur deux kilos de pain et que lorsque l’on reçoit au bureau un gros carton plein de boulot, on est plus excité encore que des gosses une nuit de Noël devant un paquet cadeau étiqueté à leurs noms qui les dépasse en taille. Pour revenir aux exemples concrets, à l’heure où j’écris cette ligne-là (11h27, si j’en crois mon ordinateur), il me reste une pile d’un centimètre de haut de feuilles A4 déjà traitées, n’attendant plus que d’êtres pliées en deux et rangées.

 

Mais ce matin, le destin a voulu qu’un rayon de soleil éclaire cette journée. C’est très aimable à lui, d’autant plus que ça avait plutôt mal débuté, avec un fourbe mal de plot qui m’est bassement tombé dessus au réveil. Je roulais donc des yeux surpris lorsque le facteur déposa lourdement deux grosses enveloppes bourrées de papiers divers qui, répartis entre ma collègue et moi, devrait nous occuper à peu près toute la matinée pour peu que l’on ne se rue pas dessus comme une marée de crapauds en rut.

 

Très bien donc, une nouvelle positive en ce début de mercredi. Dans l’immédiat je laisse tout ça de côté, je m’y attellerai en milieu de matinée. Là, mon mal de crâne me tue, chaque battement de cœur m’arrache une grimace (donc je grimace en permanence, sinon ça fait bizarre), j’appuie mes petits doigts contre ma boîte crânienne dans l’espoir de soulager la douleur, c’est affreux, vous voyez comme je souffre hein ! Mais je fais comme Rambo (encore un point commun) : j’ignore la douleur. Vexée, elle finit par passer et va chercher quelqu’un d’autre à embêter. Il est à peu près dix heures et demie, me voilà frais comme un gardon, au boulot donc !

 

Et là, stupeur : plus de papiers, plus de courrier, plus d’enveloppes, plus de boulot, plus rien ! Je tourne la tête dans tous les sens, incrédule, pour admettre à terme la triste vérité : ma collègue a tout bouclé. En moins de trois heures. Bigre, elle est rapide quand elle s’y met ! Et c’est vrai que j’aurais dû le sentir, alors que je luttais contre ces stupides nains qui s’amusaient à faire résonner des cloches depuis l’intérieur de mon crâne, je voyais bien qu’elle bossait à tout rompre, je devinais une agitation intense et fébrile, un empressement peu commun qui aurait dû me mettre la puce à l’oreille, mais je n’ai même pas raisonné jusque là, tout occupé que j’étais à faire ma sucrée.

 

Mon regard hébété se pose sur la coupable ; dans ses yeux, quelque chose n’est pas comme d’habitude : une sorte de calme, un apaisement, une paix physique et morale que je ne lui ai pratiquement jamais vue, traduisant sa satisfaction d’avoir répondu à son besoin presque addictif de travailler à fond. Je n’ignore pas le soin très particulier qu’elle met à bosser vite, tout le temps, sans la moindre pause, elle est une de ces employées rêvées par beaucoup, qui ne compte pas ses heures et place la vie professionnelle avant tout, même si elle déteste son boulot et ses supérieurs, même si elle se sent méprisée, ce qui est le cas ici. J’hésite entre stupeur et pitié. Et opte à terme pour le second.

 

Je vais plier une petite feuille, tiens !

 

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Quoi de neuf dans le préau ?

20 avril 2009

Je n’ignore pas que ce matin, beaucoup d’entre vous se sont vus arrachés à l’insouciance d’un sommeil bienheureux par une sonnerie que vous aviez pu, l’espace de quelques jours, oublier. C’est une douloureuse épreuve au sujet de laquelle je tiens à vous faire part de ma sollicitude.

 

Parce que c’est toujours difficile la rentrée. Les oreilles résonnant encore des chants du club méd’, vous arrivez au turbin avec la tête de vos grands jours et plantez vos yeux de cocker dans ceux de vos collègues ; ils ne se rendent pas compte du mal qu’ils vous font en vous demandant de raconter vos vacances, ce d’autant plus que vous savez qu’ils s’en tamponnent, ils demandent pour être polis. D’ailleurs vous faites pareil, lorsque vous croisez le regard d’un collègue au bord des larmes car de retour des îles, pour marquer le coup, vous vous sentez obligé de dire quelque chose de gentil avant d’embrayer sur les derniers résultats statistiques des relances pour les contentieux 2007-2008. Alors vous lui demandez « ça a été, ces vacances ? », comme tout le monde, même si vous vous en foutez.

 

Mais bon, c’est humain, c’est un peu le nectar du fruit de votre labeur, il faut apprendre à apprécier ces petits aspects sociaux du monde du travail, ça fait partie de votre quotidien, ça et les blagues nulles que vous entendez toute la journée. Tenez, moi par exemple, actuellement, ma collègue tourne avec insistance sa cuiller dans sa tasse à café, ça fait « dingueling » et, selon ses propres paroles, ça lui rappelle les vaches, ce qui la fait hurler de rire, littéralement. Et bien je suis un mauvais exemple : je ne supporte pas ça et c’est tant pis pour ma gueule, je ne peux pas non plus lui répondre de la boucler, même si ça me ferait du bien.

 

Enfin, pour bien commencer la semaine, je vous propose un petit tour d’horizon médiatique, pour voir ce que vous avez raté pendant que vous creusiez des puits dans le désert de Gobi. Et bien rassurez-vous, trois fois rien. Soulevons deux petits points tout de même : d’une part, une bataille de boules de neige fait rage au sein du gouvernement français, entre Ségolène Royal, qui met les pieds où elle ne devrait peut-être pas, et Nicolas Sarkozy, qui pourrait peut-être apprendre à fermer un peu sa gueule si son ego ne le portait pas loin au-delà de toute possibilité de remise en question. Il en ressort que l’UMP traite joyeusement Dame Royal de « spécialiste de la manipulation », ce qui n’est pas tout faux mais, venant d’eux, fait quand même marrer. De notre côté, notre bien aimé président Hans-Rudolf Merz a rencontré le président Iranien Mahmoud Ahmadinejad dans le cadre de la conférence de l’ONU contre le racisme pour papoter. En réaction à cet acte horrible, l’état d’Israël, que l’on sait mesuré et posé, a immédiatement rappelé son ambassadeur en Suisse pour « montrer son mécontentement ». En effet, le président israélien Benjamin Netanyahu affirme qu’Ahmadinejad est raciste. Il ressort de ces petits exemples que le terrain politique mondial ressemble de plus en plus à une cour de récré où l’on se tire les cheveux, se menace, se pousse et s’accuse mutuellement de défauts que l’on partage allégrement.

 

Un autre point que l’on peut soulever est que d’après un sondage très sérieux, la majorité des suisses serait favorables au retour de l’ours dans le pays ; l’occasion de rappeler que l’ours est un charmant plantigrade pouvant peser jusqu’à 700 kilos, mesurer dans les trois mètres de haut et courir jusqu’à 56 km/h. Omnivore, il a besoin d’une quantité colossale de bouffe pour s’alimenter, de place pour s’établir et d’une grotte pour y hiberner. Dans ce dernier cas, il lui faut du calme, sans quoi il sort pas content de sa planque pour gueuler sur ces trucs bruyants qui l’empêchent de ronquer tranquille, comme par exemple des skieurs lancés en pleine trombe qui ne s’attendent pas à déboucher sur plusieurs quintaux de muscle et de mauvaise humeur au détour d’un virage. Bref, un animal certes très charmant, mais qui n’a peut-être pas sa place dans un tout petit pays où toutes les communes sont rapprochées.

 

Les suisses sont de grands enfants qui devraient peut-être quitter la Bibliothèque Verte ; parce qu’à s’imaginer vivre au milieu des lynx, des loups et des ours, en paix et en harmonie avec Dame Nature, on en vient peut-être à oublier que ces animaux, certes admirables, ont besoin d’un espace que je ne crois pas qu’on ait. Forcément, ça serait sympa de pouvoir leur offrir un abri, mais lorsque ces bêtes commenceront à taper dans les moutons et les chats pour se nourrir, parce qu’il faut bien qu’elles vivent, les montagnards n’attendront pas d’hypothétiques indemnisations de l’Etat pendant des années avant de se défendre.

 

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Scie, sexe & seune

15 avril 2009

C’est dur les vacances pour le blogueur moyen (ça existe ce mot, « blogueur » ?), enfin, lorsque ledit blogueur n’est lui-même pas en congé s’entend, évidemment, vous m’aurez compris. Le problème avec les vacances, c’est que les gens en profitent souvent pour lâchement déconnecter avec tout, alors que justement leurs patrons et collègues auraient tant besoin d’eux ! Et forcément, ils vont moins sur les blogs et c’est pas bon pour les stats. Et toute personne travaillant comme moi dans les bureaux vous le dira, c’est très important, les statistiques !

 

Et là donc, j’ai considérablement moins de visites que d’habitude depuis le début de la quinzaine, mon ego démesuré s’en ressent. Ça me manque, les chiffres hallucinants, les commentaires de journalistes du Figaro, les mails privés de politiciens du monde me demandant conseil, tout ça…

 

C’est à croire que lorsque vous partez parcourir le Tibet, explorer l’embouchure de l’Amazone, traverser les steppes de Mongolie à cheval ou encore découvrir les fonds marins en Micronésie, vous ne vous inquiétez pas de savoir si votre hôtel, péniche ou yourte sera pourvu d’une connexion wi-fi. On aura tout vu.

 

Enfin bon, tant pis pour ma fierté, j’en profiterai pour la revoir un peu à la baisse, par exemple en abandonnant ma chaise à porteur. Et puis je ne suis pas payé pour tenir ce blog de toutes façons (quoi que…) et moi aussi, lorsque je suis en vacances, j’ai autre chose à foutre que glander sur la blogosphère, comme glander tout court, par exemple.

 

Alors voilà, les vacances sont au blogueur ce que le désert d’Uyuni est à la Bolivie : un désert (je suis trop fort en comparaisons). D’ailleurs, j’ai de la famille et des amis dans l’enseignement (que celui qui a dit « ça se voit pas » se dénonce !), des proches qui sont partis à l’étranger, bref, plein de connaissances qui goûtent en ce moment aux joies du farniente et je leur souhaite bien du plaisir, malgré la jalousie qui me ronge.

 

Et je n’ignore pas que lorsque leurs vacances seront derrière eux, lorsqu’ils auront repris leur travail épanouissant et enrichissant, ils passeront, entre autres, chez bibi voir si il y a du nouveau. Et c’est là que j’en profite pour lâchement leur souhaiter de bonnes vacances !

 muhaha

 

Quoi, elles sont déjà finies ? Oooooooooh !

 

Alors bonne rentrée !

 

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Seconde couche

14 avril 2009

Et ben ça y est, le week-end est fini. Quatre jours, qu’y disaient, ça passe vite quand même. Sachant que plusieurs d’entre vous, amis lecteurs que je salue au passage d’un grommellement peu éveillé, sont encore en vacances, je serais bien tenté de vous exprimer ma pensée, mais je musellerai comme je peux ma mauvaise humeur, pour une fois.

 

Et vu que je ne sais pas quoi vous dire aujourd’hui, je vais zoomer sur une petite info concernant nos potes français d’à côté, ceux-là qui sont mal barrés avec Sarko et tout : leur fameux projet de loi « Hadopi ».

 

Hadopi, c’est un truc un peu louche, un projet de loi sifflant et sournois qui se cache derrière un petit nom sympathique, évoquant plus un paquet de céréales ou un héros toutou de dessin animé qu’une nouvelle restriction signée le nain qui divise même au sein de l’UMP, c’est tout dire. En gros, Hadopi vise à renforcer considérablement les moyens contre le piratage et les téléchargements illégaux ; bref, un truc qui va nous sauver la baraque.

 

Je n’ai pas tellement de précisions, je ne me suis pas vraiment penché sur la chose ; il faut dire que mes recherches d’emploi, la mise à jour de mon dossier de candidature et le peu de travail que j’ai mord déjà considérablement sur mon précieux temps de glandage, ce n’est pas le moment de commencer à vérifier mes sources. Non, ce qu’il faut en retenir, c’est que ce projet, considéré comme trop restrictif, n’a pas passé le cap de l’assemblée nationale ; il fut rejeté par 21 voix contre 14, à la surprise générale.

 

Bon. C’est rare, mais ça arrive. Peu importe, le Petit Nicolas, qui en a vu d’autres, refera voter son truc en temps voulu. Du côté de l’opposition à cette loi, on espère juste qu’il en profitera pour l’assouplir un peu. On ne manque pas d’optimisme, c’est bien, par les temps qui courent.

 

Parce que bon, c’était sans compter sur le fait que le vieux Sarkozy, en voyant qu’on avait refusé son beau projet de loi, il a fait colère tout rouge ! D’après Roger Karoutchi, un type que je ne connais pas non plus mais qui est de l’exécutif, les méchants socialistes se seraient cachés dans les toilettes ou derrière les plantes vertes et les rideaux, ou se seraient déguisés un UMP, allez savoir, pour faire croire qu’ils étaient peu nombreux et désorganisés, courant l’assemblée comme un poulet sans tête, avant de créer le surnombre à la dernière minute et de faire capoter le vote. Un véritable coup de hyène, un truc qui fait relativiser la trahison de Brutus.

 

Réaction, il faut refaire voter ! Sans rien toucher évidemment, en se démerdant juste pour qu’il y ait plus de partisans à cette loi au cours du prochain vote, à savoir les députés bling bling qui se doraient la pilule à Bora Bora durant la session au cours de laquelle Hadopi se cassa les dents. Le tout le plus vite possible, quitte à jouer des coudes sur le calendrier.

 

Du coup, un autre projet de loi, visant, lui, à renforcer la défense de victimes d’inceste, a passé par-dessus bord pour faire de la place à M. Hadopi. Comme quoi, on ne perd pas le sens des priorités. Alors on est d’accord ou pas avec Hadopi, mais je trouve que l’histoire illustre bien l’état d’esprit répandu par Sarkozy : les mineurs abusés par des proches – la définition même de la victime impuissante – ils sont bien gentils, mais ils attendent. Y a une croissance à relancer là, et puis aussi des potes du MEDEF qui en ont marre de paumer du bénéfice à cause de ces sales jeunes archi-fauchés qui téléchargent des MP3 au lieu de faire gentiment la queue à la FNAC.

 

Du côté de l’opposition, on ne cache pas sa déception, affirmant que cette décision est une atteinte à la démocratie. Mais moi je croyais que la crise actuelle avait clairement démontré que notre démocratie, c’est un doux euphémisme pour « oligarchie »… Apparemment on garde le sens de la mascarade. Mais quand même, privilégier la répression des téléchargements illégaux par rapport aux victimes d’inceste, on a beau être habitué au cynisme de notre société, c’est carrément glacial !

 

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Neige ou soleil ?

9 avril 2009

Pour le vaillant prolétaire déjà épuisé par quatre dures journées de labeur, le week-end s’apprête à frapper tout sourire et avant l’heure à la porte du bureau, ou du garage, ou du commerce, ou de tout ce que vous voulez qui soit susceptible de renfermer un vaillant prolétaire. Eh oui, demain, c’est férié.

 

C’est férié, car on fête joyeusement la douloureuse mise à mort d’une des nombreuses personnes à avoir payé de sa vie le fait d’avoir délivré un message de paix (comment ça je fais des raccourcis ?). Parce que ça fait un peu plus de deux mille ans que Lionel le Messie a gravi le mont Golgotha affublé d’une couronne d’épines et en traînant une lourde croix pour y trouver la douleur et la mort, évènement que l’on célèbre en mangeant des lapins en chocolat et des œufs aux couleurs bigarrées.

 

Et justement, puisqu’on parle du Dieu d’Amour, du sacrifice de son fils et de son message de paix, arrêtons nous quelques instants sur une récente nouvelle concernant le représentant de la Sainte Eglise Catholique, le très respecté Saint Père Benoît XVI : un député autrichien est tombé dernièrement sur un article véhément écrit par un certain cardinal Ratzinger et publié en 1998 avec le consentement de son auteur dans la revue « Dia Aula », un magazine d’extrême droite.

 

Du côté de l’Eglise, on a bien tenté de monter un gros mensonge pour botter en touche, mais sans succès. Personnellement je ne comprends pas pourquoi : après des siècles d’obscurantisme, de chasse aux sorcières et de mises à mort arbitraires, après avoir cautionné les génocides dans le Nouveau Monde, brûlé des millions de chats sur un gros bad trip et du coup déclenché la grande peste, créé la Sainte Inquisition, torturé et mutilé des innocents pour affirmer son pouvoir, amassé des richesses incomparables sur le dos des fidèles qui craignaient pour leurs âmes, après avoir cautionné le sida en Afrique, fermé sa gueule pendant la seconde guerre mondiale, nié les maux qu’elle a causé dans le monde entier au cours des siècles et abusé de milliers d’enfants, je ne vois vraiment pas pourquoi l’Eglise s’emmerde à essayer de faire croire qu’elle est une institution ouverte et opposée à l’extrémisme.

 

Enfin bon, cela ne doit pas nous détourner d’un des derniers bienfaits qu’apporte la religion chrétienne : le week-end de Pâques et ses quatre jours de glande. Alors, que faire de cette fin de semaine bien méritée ? Personnellement, je compte me tourner les pouces et rien foutre.

 

Mais beaucoup choisiront le dépaysement : en effet, le week-end de Pâques est la jointure entre deux évènements capitaux, à savoir les dernières neiges et les premiers jours de beau. Alors les amis, pour quoi allez-vous opter ? La neige pâteuse et semi liquide cédant sous les assauts d’un soleil de plomb et qui, en cas de chute, vous trempera plus encore qu’un plongeon dans la piscine municipale du coin ? Ou le barbecue sous un soleil radieux faisant oublier que le fond de l’air glacé se fera une joie de vous prendre en traître et de vous renvoyer au charbon grippé et enroué ?

 

Dans tous les cas, armez-vous de patience, quelle que soit la destination sur laquelle s’est porté votre choix, plein de salauds d’automobilistes vous ont piqué sans vergogne votre idée pourtant brillante. Donc des bouchons sont annoncés sur à peu près toutes les routes du pays. Alors plutôt que vous énerver au volant, restez zen et ayez une petite pensée  pour les bougres qui continuent à assumer leur foi en un dieu qui se voit continuellement traîné dans la boue par ceux qui prétendent parler en son nom.

 

Et puis surtout, joyeuses Pâques, mes lapins !

 

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La grande classe

8 avril 2009

Je commence à croire que j’ai un sens de l’esthétique très discutable, je remarque régulièrement que l’on ne partage pas toujours mes goûts raffinés pour tout ce qui est visuel. Je dois voir les formes différemment des autres, où quelque chose comme ça. Un bon exemple est le Centre Pompidou à Paris, pour moi c’est un… Un… « Truc » bizarre qui trône aux Halles de la capitale, là où la plupart de mes amis, des gens pourtant très biens, apprécient « l’architecture audacieuse et esthétique » de ce centre d’expositions.

 

Ensuite il y a les effets de mode, auxquels je suis généralement étranger. En ce moment par exemple, de nombreuses demoiselles, fort charmantes au demeurant, s’arrangent pour que leurs bottes recouvrent leurs pantalons jusqu’aux genoux, un peu comme des chaussons d’alpiniste. C’est la mode, laquelle régit jusqu’aux pointes de vos chaussures, aux boutons de vos pantalons côtelés, aux lanières de vos bretelles, aux jabots de vos chemises. Alors bien sûr, dans ce cas là, je conçois que c’est quand même beaucoup plus rentable de vendre le plus cher possible une paire de grolles ou un futal qui devra être remplacé dans les six mois sous peine de passer pour un gros péon ignorant plutôt qu’un truc universel qui dure toute la vie. Et puis il y a des avantages à ce que ces tendances soient éphémères : un jour, fatalement, la mode du gloss ultra-brillant, par exemple (et c’est un très bon exemple), finira au fond des chiottes. Et faites-moi confiance pour tirer la chasse.

 

Par contre, ce que je ne m’explique vraiment pas, c’est les clébards. C’est sympa un chien, fidèle, affectueux, expressif, marrant, joueur et tout, le meilleur ami de l’homme. Et en plus certains peuvent être beaux. Mais pas toujours… Alors bon, on dira « chacun ses goûts » pour approfondir le débat, c’est vrai, chacun fait ce qu’il veut, mais quand même, il y a des limites à la bienséance !

 

Et justement, bien au-delà de ces limites, il y a les petits monstres forts répandus aujourd’hui, bouledogues, pitbulls et autres vilaines choses sinistres et courtes sur pattes. On les voit généralement par paires, le plus souvent promenés par de jeunes couples pimpants et fringués bien comme il faut. Et le cliché se répand jusqu’à devenir un standard, j’ai même vu des publicités pour des services divers mettre en scène des jeunes amoureux jouant avec leurs petits monstres baveux… Une sorte de sournois effet de mode qui petit à petit se répand dans les mœurs, on aura bientôt tous dans notre immeuble au moins un jeune couple branché qui traîne deux affreux petits rats-molosses musclés jusqu’aux poils. (Qu’ils ont ras, en plus. Pouah.)

 

Je n’arrête pas de me dire des belles phrases comme « tous les goûts sont dans la nature », « les goûts et les couleurs blabla » et tout ça, mais rien n’y fait, je ne comprends pas l’avantage d’avoir ça chez soi, à moins d’être parano. Et aujourd’hui, ces races me semblent beaucoup plus répandues que les autres, j’en vois tellement que j’en ai mal aux yeux. Sans doutes peuvent-il être tout gentils et bien dressés, comme tous les chiens, mais ils n’en demeurent pas moins affreusement laids, grotesques et souvent puants. En plus, de nos jours, on a tellement peur des chiens que même un bébé labrador aux yeux encore fermés est considéré par certains comme plus dangereux qu’une grenade incendiaire, je n’ose pas imaginer ce que doivent endurer les propriétaires de ces choses. (Enfin bon, ils assument hein !)

 

Enfin, tout ça pour dire que j’en ai encore croisé à midi, que je n’arrive pas à m’y habituer tellement c’est vilain, que je ne comprends vraiment pas ce qui peut pousser un esprit malade à en adopter un et que ça m’a au moins fait une idée de billet. (Et le premier type fâché avec le second degré qui me reproche mon manque d’ouverture, je lui lâche mon caïman.)