Il est évident que le bon peuple est lassé de l’actualité et on le comprend : peu de meurtres gratuits, de viols de mineurs, de cambriolages perpétrés par des ressortissants récidivistes de l’Est, de scabreuses histoires incestueuses ou de passages à tabac futiles, tout au plus quelques incendies qui sont trop récurrents à cette période de l’année pour satisfaire la soif de mort animant la populace qui n’a même plus besoin de se déplacer au Cirque Maxime pour satisfaire à ses besoins.
La grippe A, c’est officiel, tout le monde s’en fout ; parce que si ça ne fait plaisir à personne d’apprendre qu’un type à claqué d’une maladie à l’autre bout du monde, on ne peut pas non plus dire que ça bouleverse fondamentalement notre mode de vie. Et on se dit que depuis le temps que la presse joue les prophètes maudits à hurler à la pandémie mondiale pour définir une maladie qui se soigne au final plutôt bien, semble-t-il, elle a perdu un temps précieux à nous casser les pieds avec son pétard (heureusement) mouillé, temps qu’elle aurait pu mettre à profit pour parler, par exemple, de Michael Jackson.
Ce dernier aussi, on en entend moins parler, il faut dire que le filon s’épuise plutôt vite : à l’heure actuelle, on a déjà crié au meurtre, retourné sa famille dans tous les sens, parlé et reparlé de son héritage, défini que son père était méchant, évoqué l’existence de l’inévitable fils caché et la prochaine révélation choc ne devrait pas tenir sur plus d’un paragraphe dont seuls les gratuits Suisses feront leur première page, sauf s’il grêle le jour d’avant.
La crise, plus un mot dessus, on comprendra que les pompeux dirigeants des groupes de presse ont vite trouvé lassant de casser du sucre sur leurs propres dos en remettant en cause un système qui a fait leur fortune.
Sinon, il reste le Tour de France, que ses rares spectateurs espèrent cette année propre et sans révélation honteuse, c’est à dire sans que personne n’émette l’idée saugrenue de soumettre quelques-uns de ces moteurs sur jambes à un test anti-dopage.
Bref, c’est l’ennui total. On ne parle même plus de Knut.
Pour rattraper un peu le coup, tout dernièrement, le Matin, quotidien people qui traite aussi des fois d’actualité, tentait de distraire le chaland en proposant un super concours ! Hiii !
Le principe est simple : il fallait deviner le nom du futur enfant de Roger Federer et de sa femme Mirka – vous savez, la précieuse princesse qui tire la gueule dans les tribunes et dont la seule façon d’applaudir évoque quelque ancestrale matrone au port altier dont on peine à croire qu’elle ait un jour joué au tennis, et pourtant – pour gagner une télé. Forcément, quoi d’autre ?
Alors pour la surprise, c’est gagné : alors que le roi et la reine était déjà dévoilés, on apprend que le couple tenait cachée une paire de dames et rafle la mise en bluffant tout le monde. Je serais surpris que beaucoup l’aient vu venir, d’autant plus que pour les noms, il fallait aller chercher « Charlène » et « Myla » ; ce qui, prononcé en Suisse-Allemande, donne quelque chose comme « Schnäprkkrrrr » et « Münschkrrli ». J’espère qu’au Matin, on n’a pas commandé trop de téléviseurs.
Enfin bon, voilà, le couple devient parent d’une paire de jumelles et on espère qu’avec les ronds de papa, on leur achètera un joli étui en cuir. Ceci dit, c’est un coup dur, puisque tout le monde attendait légitimement un héritier mâle. Presque plus personne ne regarde le tennis féminin.




