Archive de la catégorie «Elan de patriotisme»

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Pas de crise pour l’armement

13 mai 2009

Lu aujourd’hui sur le site de la TSR : la Suisse, pour s’aligner aux exigences de Schengen, a renforcé sa loi sur les armes et le Conseil Fédéral prévoit « un fichier informatique dans lequel les acquisitions d’armes seront enregistres ».

C’est marrant, moi je croyais que c’était déjà le cas et je suis sûr que je n’étais pas le seul… Si je vais acheter maintenant un 9mm pour me sentir bien mâle, qui sera au courant ? Ce n’est pas bien clair et je n’ai pas envie de me farcir le code pour avoir des précisions, mais j’imagine déjà les montées au créneau des ayatollahs de la poudre noire réclamant je ne sais quelle obscure protection des données. Parce que niveau flingues, la Suisse n’est pas très loin des Etats Unis.

Enfin, au moins ça nous fait un secteur qui marche : la société suisse RUAG Holding, principal fabricant d’armes du pays, qui se réclame écologique puisqu’elle a supprimé le plomb de ses balles, a déjà exporté pour 137 millions de francs de matériel de guerre vers 54 pays en 2009, soit une augmentation de 18% par rapport à 2008, année déjà record.

Quoi de plus beau, pour un pays neutre, que de vendre des pétoires à l’étranger ? Et ces acquéreurs, qu’en feront-ils de nos flingues ? Qui tueront-ils avec ? Ceux qui contestent le pouvoir en place ? Qui vénèrent un dieu différent ? Ou tout simplement le voisin qui ne pense pas comme eux ? Ce n’est pas notre problème : on est neutre.

RUAG Holding, donc, société propre appartenant à 100% à la Confédération, générant des milliards, dirigée par des Ueli Maurer, ne connaît pas la crise. La course à l’armement est un remède efficace contre la stagnation économique, un moyen aisé de relancer un peu la machine. Pour peu qu’on ait un retour sur investissement je suppose. Et un retour sur investissement dans les armes, ça donne quoi ?

Evidemment qu’elle est à l’abri de la crise : alors qu’on cherche à tout prix à faire des économies, qu’on a sorti des milliards de francs de caisses vides pour sauver nos Banques, on continue à lui faire les yeux doux et à lui passer tous ses caprices, comme à un enfant râleur, obèse et gâté dès sa naissance, jouissant d’un obscur privilège qu’on ne s’expliquera jamais. Une entreprise à l’image de la future acquisition d’avions de combat : inutile, vide de sens, coûteuse et inappropriée.

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Ça va piquer un peu

12 mai 2009

Quand on réfléchit deux secondes, on se demande pourquoi les gens trouvent toujours à gueuler. Par exemple, lorsque l’on va faire un billard ou un bowling, quand on s’offre une journée de piscine ou une visite au musée, on paye, quoi de plus logique ? Alors pourquoi ne paierait-on pas lorsque l’on va chez le médecin ?

Parce qu’une visite chez le docteur, c’est rafraîchissant et vivifiant comme une brise printanière ; une tonifiante conversation avec un être dynamique et cultivé, un moment de détente où l’on pense enfin à soi. Lorsque l’on approche de la porte ornée d’une plaque reluisante « Dr. Wilhelm Estutweh – vous qui sonnez et entrez ici, abandonnez l’espoir », un émoustillant frisson d’excitation nous parcourt l’échine. Ouvert aux merveilles inconnues comme un enfant dans un parc d’attraction, on pénètre lestement dans les locaux tempérés et immédiatement le sourire franc et cordial de la jolie réceptionniste nous dit « entre, bienvenue, je sais que t’es là pour ta dépression, heureux sacripant » et d’une voix feutrée elle nous prie de prendre place à la salle d’attente.

Dans cette pièce lumineuse aux douces fragrances de désinfectants et du faux cuir des sièges, on parcourt le Géo, qu’on aura préféré à France Dimanche et à Gala, avec pour nous tenir compagnie la présence muette d’un retraité épuisé par ses nuits d’angoisse et de douleur, attendant ici que lui soit délivré le verdict tant craint et attendu avec ce le courage qu’il arrive encore à trouver.

Au terme de l’entretien, après s’être ouvert de ses peurs et de ses maux au Docteur qui sait, après avoir entendu des diagnostics, des conseils, après avoir donné de son sang, lorsque l’on ressort les mains moites, il est normal qu’on les mette à la poche, après tout, si l’on n’a pas la constitution d’un Phelps, y a qu’à payer.

Bref, applaudissons des deux mains cette nouvelle mesure prévue pour réduire les coûts de la santé (payer plus, donc). Et tout à notre joie, accueillons dans un concert d’acclamations hystériques les autres innovations que notre bien aimé ministre de la santé nous propose dans sa grande mansuétude, car non, il ne s’est pas arrêté là, il n’a pas édicté vite fait sa taxe à la con pour aller écluser des bocks au rince-pintes du coin, nenni, il a encore proposé bien d’autres mesures, comme par exemple celle de repousser à deux ans au lieu d’un la franchise à options, parce que Couchepin en a marre que les gens choisissent une franchise élevée lorsqu’ils se portent bien et la baissent lâchement si ils se découvrent un truc grave. C’est pas du jeu.

Personnellement, je trouve déplorable qu’un homme comme lui soit voué à l’oubli au fil des siècles ; et j’espère qu’à sa mort on aura le bon sens de taxer les classes pauvres et moyennes pour lui ériger un mausolée.

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Mesures vides

17 mars 2009

Alors qu’une initiative populaire demandant le retrait de son arme d’assaut à ce grand gamin attardé qu’est le suisse a été déposée a Berne et qu’une initiative parlementaire sur le même sujet a été écartée par le National, le débat s’enflamme et la Confédération y répond par du vent. Beaucoup.

 

Les traditions, c’est sacré. C’est pour ça qu’on doit garder notre fusil d’assaut, même si il cause des meurtres et des suicides, même si il dessert le pays, même s’il crée une affliction immense, même si le peuple n’en veut plus, même s’il ne sert à rien, même si la société rend cette pratique périlleuse. C’est aussi par tradition que l’on excise, lapide, viole et tue des femmes dans bien des pays, que l’on torture et abat des taureaux dans des arènes, que l’on chasse des baleines, des tigres… Ah non, dans ces derniers cas il y a aussi le profit qui entre en compte.

 

La tradition, donc. Même pas l’excuse des lobbies, des pots-de-vin ou du profit, non, rien d’autre que la fierté et la bêtise gratuite et aveugle de quelques vieux demeurés au pouvoir, trop âgés et formatés pour être en mesure de saisir la société actuelle dans son ensemble, ainsi que la stupidité atterrante et assumée de quelques jeunes nazillons suisses se proclamant d’extrême droite pour se donner un genre.

 

Et donc, alors qu’il semble sûr que le peuple devra trancher, le Conseil Fédéral, terrifié à l’idée que les citoyens puissent perdre le droit sacré de détention de leur arme et ainsi soumettre le pays à la menace d’une invasion du Mordor, a proposé diverses mesures et demandé à Ueli Maurer de se pencher sur la question. On est entre de bonnes mains. Echantillon des solutions envisageables :

 

Proposer des arsenaux dans tout le pays pour que les soldats qui le souhaitent puissent déposer leurs flingues. C’était pas déjà le cas ? Seulement certains cantons, ah bon ! Bon exemple de mesure qui veut paraître correcte en proposant un faux consensus mais qui n’en est pas moins inepte : est-ce qu’un cinglé qui veut faire un carton va laisser son arme à l’arsenal ? Est-ce qu’un type suffisamment sensé pour ne pas garder un flingue chez lui sera un danger pour les autres s’il se voit obligé de le conserver ? Nul.

 

Mieux évaluer si un soldat est apte ou non à détenir une arme. Proposée par les partis bourgeois, cette proposition puante définit la mentalité des partisans au maintien de l’arme à domicile : yaka faire ci, yaka faire ça. Pourtant il est très difficile de déceler le danger chez une personne, d’autant plus que beaucoup des soldats qui ont pété les plombs étaient très appréciés par l’armée qui ne se voyait pas les forcer à laisser leurs armes bien aimées à l’arsenal et encore moins leur expliquer qu’ils avaient été étiquetés comme potentiellement dangereux.

 

Ne pas laisser d’armes aux soldats qui ont un casier. Ah oui, très bien ! Et on en a beaucoup, des soldats déjà condamnés pour meurtre ? L’écrasante majorité des pioupious qui n’ont pas un casier vierge ont enfreint la loi pour consommation de cannabis ou excès de vitesse, cette mesure ferait rire si le sujet n’était pas sérieux.

 

Bien entendu, le débat a suscité avant tout un intense dialogue de sourds dont je vous offre en exclusivité quelques perles :

 

Andrea Geissbühler, UDC : « c’est l’homme le danger, pas l’arme ! » Lapalisse aurait été fier de lui. Laissons l’homme à l’arsenal !

 

Yvan Perrin, UDC : « nous vivons dans un monde où tous les citoyens ne sont plus dignes de la confiance que l’Etat leur accorde en leur confiant une arme ». C’est jute, tout à fait juste. On vit aussi dans un monde où l’on a inventé le téléphone ainsi qu’une curieuse machine ailée qui vole.

 

Theophil Pfister, UDC (je fais pas exprès) : « Il est inimaginable qu’un pays comme la Suisse renonce à la légère à sa culture. » Notre culture, c’est la désalpe, la poya, le combat de reines, la lutte suisse, le paléo, le Grütli, la fête des vignerons, tout ce que vous voulez, mais appeler l’arme à domicile de la « culture », c’est euh, c’est très UDC.

 

Ueli Maurer, UDC : « J’ai choisi la continuité et le retour au calme. » Moi, j’ai choisi de ne pas travailler et de gagner beaucoup d’argent.

 

Bref, la question est loin d’être réglée. En outre, poussé par un élan pessimiste, je deviens dubitatif quant à cette réforme réclamée à cors et à cris par le peuple souverain. J’ai le pressentiment qu’elle passera à la trappe, d’une manière ou d’une autre. Et si tel est le cas et qu’un nouveau massacre se produit, s’il doit toucher l’un des responsables du maintien de cette tradition débile, je jure que je serai le dernier à le plaindre.

 

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Sale journée pour les cow-boys

24 février 2009

Ah, qu’il est loin, le temps de la toute puissance et de la grande splendeur helvétique ! Qui ne sent pas monter en lui une délicieuse bouffée de fierté nationale en repensant à la bataille de Morgarten ou à la guerre menée contre Charles le Téméraire, ces immortelles victoires qui sont, d’ailleurs, les derniers grands exploits de l’armée suisse ?

 

Mais c’était aussi une sombre époque durant laquelle le suisse, caché dans les profondeurs obscures de ses forêts, vallées et montagnes, écoutait hurler les vents furieux en serrant tout contre lui sa famille et sa morgenstern. Les périls de ces temps obscurs étaient nombreux, la vie rude et les ennemis nombreux. Outre l’odieux gypaète et l’abominable loup qui engloutissaient les moutons par troupeaux entiers – juste avant la tonte, pour emmerder – l’helvète devait être prêt à toute heure à prendre les armes et se dresser contre ses innombrables ennemis jaloux de sa suprématie, parmi eux les belliqueux francs, austro-hongrois, teutons, gaulois, milanais, mérovingiens, romains, égyptiens, turcs, mongoles, timourides, babyloniens, perses, atlantes (qu’est-ce qu’on leur a mis à ceux-là !) et autres incas.

 

Sans compter les prédateurs naturels de cette époque révolue : vouivres, morts-vivants, uruk-hai, bien des monstruosités peuplaient alors la table des rencontres aléatoires. (Gag de rôliste. Désolé.) Forcément, au vu des dangers inhérents à cette époque, il était alors naturel de conserver hallebarde, pique, morgenstern et arbalète à portée de main.

 

Et puis, au fil des années, la civilisation suisse gagnait en modernité et en sagesse (coïncidant avec l’apparition des premiers cantons francophones au sein de la nation) et, à terme, la volonté, les concessions et le dur labeur de nos ancêtres surent faire de ce pays ce paradis aujourd’hui convoité par tant de méchants immigrants étrangers qui viennent jusque dans nos bras égorger le pain des suisses.

 

Toutefois, et malgré ce dernier point préoccupant, il faut se rendre à l’évidence : l’époque des joyeuses bastons conviviales à coup de hallebardes et de masses d’armes est derrière nous, le temps du hérisson est révolu. Nos voisins sont peut-être un peu bizarres, mais pas méchants, ça non. Ils ne risquent pas trop de venir nous envahir tout prochainement pour s’accaparer nos montagnes, notre Grütli, notre épluche-légumes et Pascal Zuberbühler.

 

Par conséquent, on peut songer à se débarrasser de ces vilaines armes d’assaut qui encombrent la chambre des gamins, entre la scie sauteuse, la pâte de fruits et l’alcool à brûler.

 

Et c’est un peu (complètement même) dans ce but que l’initiative populaire pour le retrait des armes militaires des foyers suisses a été déposée hier à Berne, après avoir recueilli les signatures requises. Evidemment, ce n’est pas gagné : la chose devra être soumise au peuple – ce qui devrait aller, mais sait-on jamais – mais devra encore tenir le coup jusque là, et même après. On se souvient par exemple qu’à Genève, une initiative anti-fumée largement approuvée puis votée s’était vue sèchement annulée par le Tribunal Fédéral pour quelque raison un peu euh, fumeuse, justement.

 

Alors bon, on attend de voir. Et on prie pour que la volonté du peuple soit d’une part sensée et ensuite respectée. Parce que bon, les meurtres et les suicides à l’arme de service c’est marrant un moment, mais à la longue ça soûle. Je n’aimerais pas savoir la dernière chose qui soit passée par la tête de l’apprentie coiffeuse froidement descendue par une recrue qui voulait « faire un carton », pas plus que j’aimerais être à la place de son ami qui l’a retenue dans sa chute. Je n’envie pas le sort des familles décimées au fusil d’assaut ni celui de la personne qui entend un coup de feu fatal claquer dans la chambre de son mari, fils, père etc.

 

Tout ça pour dire que les armes, c’est pas bien, la guerre c’est moche et tout. Et que franchement, lorsque j’entends un défenseur de l’arme à domicile s’exclamer que sans cette tradition « rassurante », les entreprises étrangères investiraient moins en Suisse, je regrette de ne pas avoir conservé la morgenstern à domicile !

 

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Fallen Angel

19 février 2009

???

!!!

 

Et ben ! On en apprend des choses dans la presse ! C’est un peu facile ça, à peine j’ai le dos tourné que mon pays en profite pour faire n’importe quoi ! Alors là, après un début de semaine tranquille au cours duquel je me suis soigneusement tenu à l’écart de l’information et de la presse (c’est bon pour mes nerfs), j’apprends, en y revenant à pas timides et incertains, que notre UBS a levé le secret bancaire (et sa jupe) et communiqué des données confidentielles aux Etats-Unis.

 

Tout ça parce qu’elle a malencontreusement incité, dans un moment d’égarement, des clients américains à flouer le fisc de leur pays. Non mais je vous jure !

 

Pour mes chers compatriotes (et pour moi aussi, bien sûr) c’est évidemment une tragédie. Chaque suisse se sent blessé en son âme et en son cœur par cette hideuse torsion de nos lois les plus sacrées qui vient frapper lourdement un symbole dont nous sommes fiers, l’UBS. Supprimez encore le fusil d’assaut à domicile et on n’aura plus d’identité.

 

En outre, ces fourbes d’américains, pour mieux pousser au cul, n’ont pas suivi la « voie de service » habituelle, ainsi que le déplore Pierre Mirabaud, patron de l’association suisse des banquiers, ce qui leur aurait peut-être permis de botter en touche la demande des USA, comme on le fait avec les pays de l’Union Européenne.

 

Mais là donc, cassé. On entend presque les rires stridents des nations voisines. Mais au fait, on est bien l’un des derniers pays à maintenir ce secret bancaire non ? Si on le supprime, qu’est-ce que ça va changer, à part compliquer passablement les magouilles de quelques richissimes crapuleux du vaste monde ?

 

Bref, ça ressemble au début d’un gros changement qui va probablement s’imposer ces prochaines années. Parce que l’Union Européenne, qui en a sérieusement marre du secret bancaire Suisse, ne manquera pas de retenir la leçon : l’UBS cède au chantage. Je suis curieux de voir la suite de l’histoire !

 

Sinon, autre sujet à la mode : des mômes de 13 et 15 ans sont devenus parents en Angleterre, reflétant paraît-il un problème récurrent en Albion : on y compte beaucoup de parents trop jeunes, ce qui fait les affaires de la presse, puisqu’on a depuis quelques mois une obsession malsaine pour les relations sexuelles entre adolescents.

 

Apparemment, les autorités anglaises espèrent rectifier le tir en « réaffirmant l’importance de la vie de couple et du mariage » (pas sic). Tout va bien donc, pour régler un gros problème d’une société qui évolue beaucoup trop vite, on essaie d’aller puiser septante ans en arrière des solutions obsolètes enrobées de paroles creuses de pères la vertu estampillés « vieux cons » aux yeux des jeunes, qui n’ont pas l’intention d’attendre d’être mariés pour mettre les mains dans le cambouis. ‘Sont pas sortis des bois, les pauvres !

 

M’est avis qu’avant de privilégier la prévention désuète et les longs discours, il faudrait peut-être revoir un poil à la baisse l’importance que la société en général, par le biais des clips, des pubs ou autres, donne au cul aux yeux des mineurs, non ? Et tant qu’à faire, si on leur redonnait un peu d’espoir quant à leur avenir, si la plupart d’entre eux n’étaient pas promis au chômage, aux jobs alimentaires, au désoeuvrement et à l’exploitation, si on avait gardé quelques valeurs et privilégié la collectivité plutôt que la réussite personnelle, on n’en serait peut-être pas là…

 

 

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Regain de forme

27 janvier 2009

Il y a peu, le suisse s’inquiétait de la santé incertaine de sa banque préférée, la gentille UBS. Avec la vilaine crise, faute aux non moins vilains américains, on était en droit de trembler pour son avenir et sa stabilité.

 

Son discours se voulait rassurant, mais ne l’a pas empêché à terme de pleurnicher dans les jupes du Conseil Fédéral pour quémander une montagne de pognon, au cas où. Généreux et attentionné, notre gouvernement, qui n’a jamais renâclé à faire ripper la thune lorsqu’on le lui demande gentiment, a donc aligné six milliards en même temps qu’un sourire bienveillant.

 

Et puis, au fil des semaines qui ont suivi, une question est venue de plus en plus souvent sur les lèvres : serait-il possible que, par hasard, les établissements bancaires ne soient pas totalement étrangers à la mauvaise répartition des richesses, avec leur manie d’attribuer à leurs cadres des sommes plus que conséquentes à tout bout de champ ? Sous le silence gêné des conseils d’administration des banques, un tumulte est allé grandissant : y en a marre des salaires ahurissants et des bonus bien gras attribués à des richissimes qui, lorsque ça commence à sentir le sapin, en appellent au gouvernement.

 

Parce que bon, l’argent que possède l’Etat, c’est dans les poches des citoyens qu’il l’a taxé, en leur faisant en plus remplir une compliquée déclaration d’impôt, par sadisme. Ce n’est donc pas donné de gaieté de cœur et le bon peuple, empli de sentiments nobles, espère voir cet argent servir une juste cause, par exemple l’achat d’avions de combat. Mais si c’est pour le filer à des banques, autant ne pas payer d’impôts, garder son argent et partir en vacances à la Baule, pas vrai ?

 

Pour éviter les abus, une commission chargée de surveiller les décisions des banques a été mise sur pieds, la Finma. Je ne sais pas ce que ça veut dire, je n’ai pas envie de me renseigner, mais en gros, elle est là pour taper sur les doigts des boss lorsqu’ils émettent des idées un peu trop rock&roll. En fonction depuis le début de l’année, la Finma est essentiellement constituée d’anciens cadres des banques et des assurances, ce qui n’est pas pour nous rassurer.

 

Et donc, la nouvelle vient de tomber : l’UBS attribuera à ses cadres des bonus pour l’année 2008, à hauteur de deux milliards. Soit un tiers de ce que la Confédération lui a versé, prouvant par là même la parfaite inutilité de la Finma. Alors si on continue à schématiser, j’aime bien ça moi, on peut dire que la banque verse des bonus avec l’argent prélevé aux suisses. Donc que moi, là, j’ai payé une partie du bonus d’un cadre aux dents longues qui méprise probablement les gens comme moi, si ça se trouve déjà plein aux as et est assurément mieux barré que moi question avenir professionnel direct. Et je précise que pour payer mes impôts, j’ai renoncé à un voyage à Berlin moi, tudieu !

 

Si il y a une justice, j’espère que le type qui va recevoir mon argent à moi ira fêter ça dans un grand restaurant et s’étouffera avec l’olive de son martini. Et je profite de cette dernière ligne pour déverser à grand bruit trois tonnes de mépris dans le jardin de la Confédération, de la Finma et de l’UBS.

 

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Fous le camp, on te regrettera !

16 décembre 2008

Il y a peu, le nom de Samuel Schmid évoquait un politicien abandonné de tous, un peu largué par les évènements, décrié et chahuté et l’on spéculait sur le temps qu’il resterait au Conseil Fédéral avant de nous faire une crise. Mais le vieux Sam en avait vu d’autres et c’est finalement des problèmes de santé qui l’ont poussé vers la sortie. Et chacun de s’exclamer : « j’avais bien dit qu’il était au bout du rouleau, bon débarras ! »

 

Parce qu’il faut dire qu’il traînait quelques casseroles, le bougre. D’une part suite au scandale de l’ex chef de l’armée aux mœurs douteuses (plus d’information sur le site officiel de l’armée www.swissarmy-domina/gangbang-check-my-big-gun.ch) et surtout à cause de gradés imbéciles en manque d’action et de neurones qui causèrent la mort d’une douzaine de soldats en haute montagne ou au fond des flots.

 

Mais on n’avait pas pensé à un détail d’importance, c’est qu’il allait falloir le remplacer, le vieux Schmid ! Et sans vouloir faire dans le débat, comme chef de l’armée, il n’était pas forcément plus con qu’un autre ; maintenant on connaît son successeur : Ueli Maurer, grand pote à Christoph Blocher avec qui il joue à « effrayer le bourgeois » depuis bien longtemps et ce n’est pas une bonne nouvelle, même si ça paraissait couru d’avance.

 

Qu’un benêt arriéré, raciste et archi conservateur arrive à la tête de l’armée n’a rien de surprenant, mais ce n’en est pas moins un malheureux bond en arrière à l’heure où la grande muette serait bien inspirée d’évoluer un peu. Mais ce ne sera pas pour cette fois.

 

C’est fort dommage : au vu de la période plutôt sombre du point de vue économique, il serait judicieux de récupérer des ronds là où il y en a, à savoir dans l’armée. Tant pis pour les joyeuses journées durant lesquelles les recrues défouraillent dans le vide pour justifier le budget, autant pour la fierté d’être le premier pays au monde – autant que je sache – a se porter acquéreur du coûteux eurofighter sans avoir participé à son élaboration, on dit à tous ces cons de se serrer la ceinture – de toutes façons ils ne servent à rien – et on investit l’argent ainsi gagné là où il est utile, à savoir à peu près partout ailleurs.

 

Mais les prêtres auront le droit au mariage bien avant que la Suisse ne revoie à la baisse le budget de son armée. Avec Maurer à sa tête, autant dire qu’on ne va pas changer le fusil d’épaule, on connaît le style du parti : l’arme au réduit, la femme à la maison, l’étranger à l’étranger. C’est si simple, la politique, quand on ne regarde pas plus l’avenir que le présent.

 

Alors pour souhaiter bienvenue à Ueli Maurer, je mets en lien ici bas les initiatives s’opposant aux avions comme aux armes à domicile en invitant chaque personne qui se sent l’âme de contrarier notre fière milice à les signer avant février 2009. Et j’ajoute une petite pensée pour Samuel Schmid, qui n’avait rien d’exceptionnel et c’était déjà ça de gagné sur Maurer.

 

http://www.keine-kampfflugzeuge.ch/cms/fr/

http://www.protection-armes.ch/

 

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La fête qui fait peur

31 octobre 2008

Donc ce soir, si tu prévois de rester tranquille dans tes pantoufles à regarder un reportage sur les lémuriens, il te faudra compter avec en tous cas une visite de petits monstres qui te brailleront un truc pas très intelligible parce qu’ils parlent tous à la fois, certains en français, d’autres en imitation d’anglais, en agitant des sacs : pas de panique, c’est pas des vrais, va pas commencer à cramer tout ça c’est juste Halloween. Les monstres en question, c’est les gosses de l’immeuble (non, je veux dire des gosses qui habitent dans l’immeuble). Déguisés.

 

Mais si, regarde bien : le vampire avec l’appareil dentaire c’est le petiot du troisième, les deux sorcières qui se ressemblent, les frangines d’en dessous qui s’engueulent tout le temps, le fantôme avec des lunettes c’est l’hyperactif du dernier et le petit, euh, truc, là, avec la moustache, c’est le fils du concierge.

 

Là je parle pour toi parce qu’en ce qui me concerne, j’aurai sûrement une paix royale : je vis dans un immeuble comptant dix appartements avec des couples qui se foutent sur la gueule, des glandeurs comme moi, des fans de tuning, mais pas le moindre gosse. Et comme on y compte au minimum cinq molosses hideux, répugnants et nerveux, si des mômes s’aventurent dans la bâtisse, il y a peu de chances qu’ils arrivent entiers jusqu’à mon palier. Ou alors en criant à l’aide.

 

Ça vaut d’ailleurs mieux pour eux, parce que je suis toujours fauché et s’il s’en trouve des suffisamment courageux pour braver les dangers et les étages et venir sonner à ma porte, ils en seront pour leurs frais, parce que bibi il a pas grand-chose à leur filer, à part éventuellement du sucre brun, des oignons et un peu de levure. Alors à la rigueur je leur offre un verre de sirop, parce que quand même, quatre étages, mais après c’est marre hein ! Pis s’ils sont pas contents, y peuvent toujours brandir leurs baguettes à la con, ‘toutes façons elles sont en toc et moi j’y fous des mandales ! Trop fort !

 

Bref, bonne chance. Surtout qu’en général, ils peuvent pas s’arranger pour former un groupe complet, non, ils s’assemblent en plusieurs petites bandes qui passent tour à tour, alors au début tu t’écries « comme c’est mignon ! » et tu les fais crouler sous les branches de choc achetées exprès, ensuite tu fais « ah, encore ! » et tu leur lâches deux ou trois friandises et un paquet de biscuits qui te restait parce que tu as tout filé les bons trucs aux autres, tu t’attendais pas à une deuxième couche, puis à la troisième fois tu es un peu emprunté, pour bien faire tu leur files un bout de sauciflard ou un pot de cantadou mais bon, tu vas pas leur ouvrir une bouteille non plus, et du coup ils ont l’air tout malheureux. Et toi aussi.

 

Ceci dit, je me réjouis de voir que cette année, la fièvre Halloween a été plus que mesurée. D’ordinaire, il n’y avait pas une vitrine qui n’était pas envahie de citrouilles en plastique, de toiles d’araignées d’un blanc nacré hyper réalistes, de balais et de kitcheries vraiment beauf. Depuis une demi-douzaine d’années où l’on a décidé de fêter Halloween pour bien faire comme les ricains y disent, c’est peut-être la première fois qu’ils n’en font pas trop, et c’est une bouffée d’air frais !

 

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Madame Suisse

29 septembre 2008

Eh bé, il s’est passé plein de choses, ce week-end ! Pendant que moi je regardais bêtement batman au ciné, Whitney Toyloy (prononcez… Je sais pas en fait !) héritait du titre de Miss Suisse, en français « la Suisse me manque », ou « Madame Suisse », plus probablement. Beaucoup d’émotion. Et j’ajouterai que sa soirée était plus remplie que la mienne.

 

Cette jeune femme ne manque pas d’atouts. Premièrement, elle a un prénom vraiment charmant la prédestinant à la vie de star, genre « Begnins-sur-Atlanta ». Et puis elle est métisse : elle a du sang américain dans les veines. Elle est donc fière de représenter la « Suisse Multiculturelle », à savoir, en l’occurrence, un mélange entre la Suisse et les USA, ce qui en fait une ambassadrice idéale pour représenter les communautés africaines, orientales ou latines qui fleurissent par chez nous. Donc ok, on n’a pas élu une noire, mais vous voyez qu’on fait des efforts, quand même !

 

La reine de beauté nous vient d’Yverdon, ce qui ravit son syndic qui s’empresse de souligner que cette commune est très engagée sur la formation de la jeunesse. Donc on parle bien de ce bled où des mômes s’entassent sur la place de la gare pour se camphrer bruyamment la ruche à grand coups d’alcopops achetés au « coop pronto » du coin et passant de ci de là des types à tabac, parce que bon, quand même, y-z-ont qu’à être ailleurs.

 

La bonne nouvelle, c’est que les manchettes nous apprennent qu’elle vit un merveilleux roman d’amour avec Karim, son chéri, comme quoi les reines de beauté suisses ne sont pas soumises à l’étouffante pression de la solitude, ouf ! Et puis son jules a l’air très gentil, notamment quand il dit qu’il n’aurait jamais imaginé vivre un truc pareil avant d’enchaîner en affirmant qu’à aucun moment il n’a douté du succès de Whitney.

 

La presse s’étend de long en large sur l’évènement, précisant que la famille de la reine est bien contente. Sa sœur aurait même déclaré non sans audace « elle est belle », affirmation certes plutôt vraie. Ça tombe bien, c’est Miss Suisse quand même !

 

Donc maintenant, Whitney Toyloy est ambassadrice du pays. J’ai un peu de peine à réaliser le changement, comme souvent avec les grands évènements chocs, désormais cette sémillante jeune femme apparaîtra sur des publicités ou inaugurera des supermarchés en précisant que la guerre et la faim dans le monde, c’est pas bien. J’ai vraiment l’impression que le pays a fait un grand pas en avant. Et surtout, surtout, la presse pipole (la presse, quoi) nous pondra à chaque occasion des articles à grand renfort de rien du tout sur tous ses faits et gestes. Me réjouis, moi !

 

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Chômeurs, fini de glander !

4 septembre 2008

Alors, tas de branleurs, ça rigole moins hein ? Avec les mesures en passe d’être adoptées pour redresser l’assurance chômage, les innombrables suisses qui se la coulent douce et vivent confortablement sur les prestations royales qui leurs sont versées à gros goulot vont devoir très vite rentrer des Maldives et se remettre à bosser, muhaha !

 

Au menu : augmentation des cotisations et du délai pour profiter des prestations, diminution du temps de bénéfice des rentes, voilà qui me fait relativiser le tartare indigeste de l’autre jour. Le but de la manœuvre, compenser le déficit de l’AC et préparer un fond pour les crises à venir ; ce dernier point m’inspire une réflexion très simple : l’expansion démographique est ahurissante depuis quelques dizaines d’années et aux réfugiés politiques s’ajouteront bientôt les réfugiés climatiques, qui se chiffreront en centaines de millions de personnes. La Suisse, comme tous les pays, n’échappera pas au principe des vases communicants et verra sa population s’accroître à grande vitesse, malgré toute la bonne volonté de certains partis du pays que je ne nommerai pas pour ne pas faire crisser les ciseaux de la censure. D’un autre côté, l’employé lambda se voit de plus en plus souvent remplacé par des machines qui font « bip » dans tous les secteurs de travail grâce aux progrès de la mécanique, de l’informatique, de l’électronique, de la robotique et de la cybernétique (ouais, je vois loin là…). La loi de la libre entreprise n’ayant rien à envier à celle de la jungle, les firmes s’adaptent ou crèvent. Tout ça pour dire que les prochaines années verront inévitablement une énorme augmentation de gens inactifs. La réponse de la société au manque de places de travail, à savoir le chômage, sera bientôt totalement désuète, inadaptée. Dans ces conditions, les mesures préconisées pour renflouer le chômage m’évoquent la construction d’une digue en bois fixée avec trois clous et deux planches (en plus cher) pour compenser une énorme montée des eaux. Il est plus que temps de commencer à buller sur le problème, la société va devoir radicalement changer de cap pour continuer à nourrir toute cette bande de ploucs qui s’ébat joyeusement sur ce bout de caillou !

 

Oh pis eh, totalement hors sujet, t’as vu le matin bleu aujourd’hui ? Les deux premières pages sont entièrement dévolues à la publicité, sûrement un contrat juteux, c’était assez prévisible et franchement j’aime bien : ça indique les priorités sans fioritures. N’importe quel canard place en première page l’évènement primordial du jour, ben pour les gratuits c’est la pub. La marchandise c’est le lecteur, le client la firme qui diffuse son message. En poussant un chouïa plus en avant, on pourrait encore imaginer des slogans bien connus en guise de gros titres et de manchettes et la boucle serait bouclée.