Archive de la catégorie «Et si on disait du mal ?»

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Same player shoot again

12 juillet 2009

Bon, on va faire dans la continuité, histoire de laisser une impression de suivi ; la dernière fois que l’on a papoté ensemble, on avait évoqué le sujet des séances de prières par lesquelles les Picsou en herbe espèrent retrouver la stabilité économique. Intéressons-nous maintenant à un autre moyen du même tonneau que ces lascars ont déniché pour maximiser encore leurs chances : la LUNE.

Eh oui. Alors que certains affirment avoir retrouvé la foi et demandent au Très Haut son secours dans leur détresse (nul n’est athée dans les tranchées), d’autres se tournent vers les divinités obscures et les superstitions désuètes des croyances héritées de l’antiquité. La lune donc ; un bout de caillou mort gravitant autours de la Terre, à jamais condamné à la nuit et au vide. Une masse de roche froide et desséchée, une étendue sphérique de désert infini qui, il faut l’admettre, représente assez bien les pratiques de la haute finance. Bref, l’influence de la lune sur la bourse serait un moyen de prévoir les coups durs. C’est en tout cas ce que l’on apprend en feuilletant distraitement quelque feuille de chou gratuite Suisse dans laquelle s’épanche un astrofinancier qui, grâce à l’appui silencieux de sœur-lune, s’est toujours arrangé pour ne pas perdre d’argent.

Je sais, beaucoup affirment que la lune a une influence directe sur le comportement des simiesques pantins qui s’ébattent sur Terre, on n’a pas encore percé tous les mystères de la nature, chacun a le droit de croire en ce qu’il veut et, surtout, le ridicule ne tue pas. Je ne les blâme pas. Au contraire même, pour une fois que les boursicoteurs s’ouvrent un peu à autre chose qu’à l’offre et la demande je ne vais pas leur faire de reproche. J’irai même jusqu’à proposer d’autres méthodes auxquelles ils n’ont manifestement pas encore pensé et qui mériteraient pourtant d’être étudiées. Exemples :

  • Sacrifier un cabri nain à l’ouverture des marchés.
  • Pratiquer une offrande de riz cuit lors de moments clés.
  • Effectuer des danses rituelles et des transes mystiques les nuits de pleine lune.
  • Demander à un marabout de sanctifier les milieux boursiers.
  • Se rendre au milieu du désert et appeler l’esprit de Shai-Hulud.
  • Offrir des grands vins et de l’huile d’olive à Jupiter.
  • Se tourner vers les enseignements de Nyarlathotep.
  • Sacrifier une vierge à Quetzalcoatl.
  • Appeler à une nouvelle éthique dans les quarante jours, faute de quoi Ninive sera anéantie.
  • Instaurer des périodes de jeûne.

Voilà. Si avec tout ça ils n’arrivent pas à se tirer d’affaire je ne peux plus rien pour eux !

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Le retour des brebis égarées

3 juillet 2009

Qui est accoutumé à observer un tantinet ses frères et sœurs humain(e)s n’aura pas manqué de constater à plusieurs reprises à quel point l’homo sapiens sapiens est parfois un individu terriblement niais, affublé d’une naïveté presque condamnable. Par exemple, on s’étend aujourd’hui dans nos feuilles de chou sur l’instauration de cercles de prière dans les milieux boursiers.

C’est vrai que pour rattraper les cafouillages des nuisibles pontes de la finance qui, à force de se rincer comme des nababs en condamnant des peuples entiers à la misère, sont à l’origine de cette crise qui avait déjà vaporisé plus de 20′000 milliards d’Euros au début de l’année (pour comparer, on peut par exemple se rappeler que l’ouragan Katrina avait engendré pour 125 milliards de dégâts), il faut savoir mettre toutes les chances de son côté.

Donc, en Suisse comme ailleurs, des cercles de prière se forment de-ci de-là dans le milieu de la finance pour appeler le Tout Puissant à les aider à retrouver les chiffres verts. Amen. On espère avec foi dans un émouvant rassemblement de fidèles aux grands cœurs que Dieu, dans son infinie mansuétude, relancera l’économie planétaire et permettra aux puissants de ce monde de retrouver leur quiétude à la table du Festin. On prie au retour de la stabilité et de la sécurité de la place financière et du diktat cupide qui régit le monde.

Bon, ne soyons pas trop de mauvaise foi, cette pratique démontre quelque chose de positif : en bas de l’échelle, on voudrait bien changer deux ou trois choses (mais on se sent un peu impuissant). Il paraîtrait même qu’il est demandé à Dieu de « guider les directeurs de la finance vers une nouvelle éthique dans leur façon de diriger ». D’accord, ça sonne bien, on apprécie le geste. Mais quand même, si le Créateur devait quitter de son royaume céleste pour descendre dans un rai de lumière dorée régler tous les déficits des entreprises cotées en bourse dans un concert de chants divins, j’avoue que mes convictions chrétiennes en ressortiraient quelque peu ébranlées. Parce que j’imagine que depuis de nombreuses années, des centaines de millions de voix s’élèvent dans bien pays pour demander à Dieu son céleste secours dans leur misère, laquelle est provoquée en grande partie par les pratiques aveugles de ce système financier immoral qui profite tant à ces fervents zélotes qui se rassemblent dans la prière avant de rejoindre les bureaux en BMW climatisées.

Alors les gars, la prière c’est bien, au moins vous vous êtes sortis les pouces pour joindre les mains, mais après va aussi falloir vous creuser un peu le bonnet. Parce que sur ce coup je ne suis pas sûr que vous aurez votre miracle.

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La politique de Joseph Curwen

27 mai 2009

(Une mousse à celui qui comprend le pourquoi de ce titre incompréhensible)

La fin du mois de mai est toujours un moment intense pour les amateurs de sensations : on établit des pronostics en vue de la finale de la Ligue des Champions, on s’avachit des heures durant devant Roland Garros, on contemple avec extase diverses icônes bling bling se pavaner dans leurs costumes de luxe au Festival de Cannes et les organisateurs du Grand Prix on fait le plein de mousseux en vue de ventiler tout ça depuis le podium. Bref, l’été arrive, le soleil, le ciel bleu, les horizons dégagés, la lumière chaleureuse et intense, tous ces signes longtemps attendus nous annoncent une saison idyllique propice aux grandes compétitions sportives et aux rassemblements divers qu’on ne manquera pas de suivre avec délectation depuis notre salon. En baissant les stores, quand même, parce que le reflet du soleil est fichu de nous gâcher le spectacle. Et en fermant les fenêtres aussi, histoire de ne pas être importuné par ces maudits hurlements d’oiseaux. On est fin prêt, tout est réglé comme sur du papier à musique. Y a des bières au frigo, les pizzas s’entassent dans le bac à glaçons du frigidaire, les chips sont disposées sur la table. Mais qu’on est bien ! Cigarette ?

Toutefois, tous ces évènements majeurs ne sont rien cette année comparés à l’amplitude qu’atteint la rude course à l’idée fantasque qui se déroule en ce moment aux quatre coins du globe ; en France, on instaure des lois de bourrins contre les téléchargements illégaux. En Italie, on botte en touche les questions embarrassantes posées à un petit vieux local concernant certaine jeunette. En Suisse, on parle d’enseigner la self-défense aux écoliers et d’acheter des n’avions de guerre, et j’en passe ! Une compétition d’excellent cru, une épreuve acharnée que se disputent les grands professionnels de notre temps. Et dans le peloton de tête, là où l’on joue des coudes et où l’on redouble d’inventivité pour s’arroger la victoire, une percée exceptionnelle d’un coureur a attiré nombres d’exclamations de surprise : Frédéric Lefebvre, député français, a proposé de mettre en place une loi visant à « permettre aux employés de continuer à travailler durant certaines périodes de congés », à savoir en cas de maladies, d’accidents ou, pourquoi pas, de maternité. Et de renforcer du coup son statut d’un des favoris de la compétition.

Une petite précision, pour cerner plus concrètement le sujet : l’employeur ne pourra pas s’opposer à cette demande (sic). Lefebvre fait fort et frappe là où ça fait mal : dans l’orgueil des patrons, qui ne pourront que se soumettre aux velléités de leurs employés zélés.

-         « Boss, j’ai une nécropneumonie, je file à l’hosto. Au fait, j’embarque le dossier Radiguet, je plancherai entre deux op’. »

-         « Ah mais non ! Reposez-vous bon sang ! »

-         « Tututu, on me la fait pas à moi ! J’emporte le boulot, point barre ! »

-         « God damn it ! »

L’idée a cependant été fraîchement reçue. Lefebvre est un chevalier moderne, qui se bat pour des causes nobles et incomprises. Il s’explique pourtant clairement : « Il y a des salariés qui subissent un arrêt maladie, qui sont immobilisés chez eux deux mois, mais qui ont les facultés intellectuelles pour travailler. » C’est vrai, les pauvres, ils ont une jambe cassée en trois, la grippe okapienne ou pire, un enfant, et ils n’auraient pas le droit d’avancer un peu le boulot ? Et quoi, on ne va pas dire qu’ils n’ont pas le temps de passer un petit coup de fil ou de mettre à jour des statistiques entre deux quintes de toux, si ? Quelques petits spasmes douloureux de temps à autres n’influenceront, à terme, en aucune façon le résultat d’une étude de marché, pas vrai ? Et ce n’est pas une malheureuse rotule cassée qui empêche de pianoter gaiement sur un clavier !

Le texte a été repoussé en commission, mais le député ne baisse pas les bras. Il n’oublie pas qu’avant lui, Anaxagore, philosophe grec, avait été condamné à mort puis gracié pour avoir avancé que le soleil était une masse incandescente et non le chariot d’Hélios. Son idée lui attire la colère de la foule et l’ire des salariés, mais Émile Zola, lui aussi incompris, avait de même déclenché le courroux des mineurs à la sortie de « Germinal », avec Renaud et Gérard Depardieu. Sûr de son droit, beau dans sa peine, blessé par les critiques de ceux à qui il tend la main mais ivre de liberté malgré tout, il promet de défendre son texte et portera sa croix jusqu’au sommet.

Sarkozy sera fier de lui. Il accouche dans la douleur d’un concept nouveau (quoi que…), qui offre à un salarié un droit qui profite à son employeur ; voilà qui donnera lieu à de jolies scènes de chantage. Et il est vrai que dans la situation actuelle du monde du travail, il est primordial de décourager l’octroi d’emplois temporaires à des chômeurs en manque d’expérience. Toutefois, on notera que la Suisse et la France, avec respectivement leurs politiques de la santé et du travail, arrivent à une idée de base identique : quand on est malade, on assume jusqu’au bout.

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La Croix et la Bannière

27 avril 2009

Depuis les quelques mois que je tiens ce blog, vous aurez probablement constaté que je déborde d’optimisme, de foi en l’humanité et de confiance en l’avenir. Et bien aujourd’hui je créerai la sensation en vous apprenant que parfois, il arrive à mon intarissable insouciance de légitimement s’éclipser devant la force irrésistible de mon indomptable franchise : dans certains cas, il peut arriver que nos interlocuteurs ne se montrent pas tout à fait à la hauteur des espoirs candides que l’on place en eux.

 

Par exemple, tout dernièrement, j’ai reçu une lettre d’une assurance. Une lettre normale, tout ce qu’il y a de plus standard, classique voire limite banale, c’est-à-dire absolument incompréhensible, rédigée automatiquement par une machine qui me donne du « Mademoiselle » long comme le bras, imprimée en même temps que des dizaines de milliers d’autres et emplies de chiffres, de formules juridiques, d’articles de lois abrégés et de quelques mots qui se courent après sans vraiment qu’on puisse y trouver un sens.

 

Et bien cette lettre me fut apportée par mon frère Guislain, comme durant ces trois dernières années, car tout courrier que cette assurance m’adresse arrive invariablement chez lui. A mon nom, certes, mais chez lui.

 

Naïvement, je pensais que si quelqu’un cherchait à m’envoyer un courrier, il prendrait la peine de vérifier mon adresse sous mon prénom, Eusèbe, et dès lors le ferait parvenir comme il se doit à l’Avenue de Pripiat. Mais non, ces procédés sont manifestement vétustes et obsolètes au sein de grandes firmes dont le prestige le dispute au modernisme ; il en résulte qu’après trois années consécutives et bien des efforts vains, mon courrier arrive toujours chez Guislain, rue Tomas de Torquemada.

 

Normalement, lorsqu’on a un problème aussi simple, on téléphone gentiment en disant « bonjour, j’ai changé d’adresse » et notre interlocuteur répond « voilà, j’ai pris note, merci et bonne journée », ou quelque chose allant dans ce sens, et le problème est réglé. Mais pas là, donc. Moi, j’ai déjà téléphoné trois fois, envoyé une demi-douzaine d’E-mails, deux lettres et deux recommandés, rien n’y fait. Après la dernière, où je me suis permis d’être acide et ironique à souhait, un responsable m’a téléphoné et, d’une voix sûre, m’a promis que tout rentrerait dans l’ordre, qu’il était désolé, qu’il me remerciait de ma patience et qu’il espérait que Dieu m’ait en sa sainte garde. Mais malgré tout, le courrier continue à arriver à la mauvaise adresse.

 

J’ai renoncé. Comme on dit, il n’est pas pire sourd que l’âne qui n’a pas soif. Quant au problème, somme toute banal, j’y vois deux explications, certes peu plausibles, mais imaginables : d’une part, je suis peut-être tombé sur l’idiot du village, ce qui est possible (observez les secrétaires quand vous en voyez, une sur deux parle toute seule en travaillant, si ça c’est pas un signe que bosser dans les bureaux peut rendre sénile !). Autre éventualité, leur programme est tellement compliqué qu’un simple changement d’adresse est entré dans le domaine de l’utopie ; il en va ainsi des logiciels de l’employé de commerce moderne : il peut imprimer mille lettres en un seul clic de souris, mais pour en modifier une seule il lui faut entrer mille commandes. Et il n’a pas le temps.

 

A force de tout automatiser et de remplacer les travailleurs par des machines qui font bip, il n’est plus possible de répondre à une demande simple. C’est aussi pour ça que je ne recevais pas mes factures pour mon loyer, par exemple. Ce genre de cas devenant de plus en plus courant, je me demande si un jour il ne sera pas bon ton de rengager un ou deux être humains dans les entreprises de service public, ne serait-ce que pour répondre au téléphone…

 

Mais bon, faut les payer…

 

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La grande classe

8 avril 2009

Je commence à croire que j’ai un sens de l’esthétique très discutable, je remarque régulièrement que l’on ne partage pas toujours mes goûts raffinés pour tout ce qui est visuel. Je dois voir les formes différemment des autres, où quelque chose comme ça. Un bon exemple est le Centre Pompidou à Paris, pour moi c’est un… Un… « Truc » bizarre qui trône aux Halles de la capitale, là où la plupart de mes amis, des gens pourtant très biens, apprécient « l’architecture audacieuse et esthétique » de ce centre d’expositions.

 

Ensuite il y a les effets de mode, auxquels je suis généralement étranger. En ce moment par exemple, de nombreuses demoiselles, fort charmantes au demeurant, s’arrangent pour que leurs bottes recouvrent leurs pantalons jusqu’aux genoux, un peu comme des chaussons d’alpiniste. C’est la mode, laquelle régit jusqu’aux pointes de vos chaussures, aux boutons de vos pantalons côtelés, aux lanières de vos bretelles, aux jabots de vos chemises. Alors bien sûr, dans ce cas là, je conçois que c’est quand même beaucoup plus rentable de vendre le plus cher possible une paire de grolles ou un futal qui devra être remplacé dans les six mois sous peine de passer pour un gros péon ignorant plutôt qu’un truc universel qui dure toute la vie. Et puis il y a des avantages à ce que ces tendances soient éphémères : un jour, fatalement, la mode du gloss ultra-brillant, par exemple (et c’est un très bon exemple), finira au fond des chiottes. Et faites-moi confiance pour tirer la chasse.

 

Par contre, ce que je ne m’explique vraiment pas, c’est les clébards. C’est sympa un chien, fidèle, affectueux, expressif, marrant, joueur et tout, le meilleur ami de l’homme. Et en plus certains peuvent être beaux. Mais pas toujours… Alors bon, on dira « chacun ses goûts » pour approfondir le débat, c’est vrai, chacun fait ce qu’il veut, mais quand même, il y a des limites à la bienséance !

 

Et justement, bien au-delà de ces limites, il y a les petits monstres forts répandus aujourd’hui, bouledogues, pitbulls et autres vilaines choses sinistres et courtes sur pattes. On les voit généralement par paires, le plus souvent promenés par de jeunes couples pimpants et fringués bien comme il faut. Et le cliché se répand jusqu’à devenir un standard, j’ai même vu des publicités pour des services divers mettre en scène des jeunes amoureux jouant avec leurs petits monstres baveux… Une sorte de sournois effet de mode qui petit à petit se répand dans les mœurs, on aura bientôt tous dans notre immeuble au moins un jeune couple branché qui traîne deux affreux petits rats-molosses musclés jusqu’aux poils. (Qu’ils ont ras, en plus. Pouah.)

 

Je n’arrête pas de me dire des belles phrases comme « tous les goûts sont dans la nature », « les goûts et les couleurs blabla » et tout ça, mais rien n’y fait, je ne comprends pas l’avantage d’avoir ça chez soi, à moins d’être parano. Et aujourd’hui, ces races me semblent beaucoup plus répandues que les autres, j’en vois tellement que j’en ai mal aux yeux. Sans doutes peuvent-il être tout gentils et bien dressés, comme tous les chiens, mais ils n’en demeurent pas moins affreusement laids, grotesques et souvent puants. En plus, de nos jours, on a tellement peur des chiens que même un bébé labrador aux yeux encore fermés est considéré par certains comme plus dangereux qu’une grenade incendiaire, je n’ose pas imaginer ce que doivent endurer les propriétaires de ces choses. (Enfin bon, ils assument hein !)

 

Enfin, tout ça pour dire que j’en ai encore croisé à midi, que je n’arrive pas à m’y habituer tellement c’est vilain, que je ne comprends vraiment pas ce qui peut pousser un esprit malade à en adopter un et que ça m’a au moins fait une idée de billet. (Et le premier type fâché avec le second degré qui me reproche mon manque d’ouverture, je lui lâche mon caïman.)

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Ho ! Ho ! Ho !

3 avril 2009

Ach, c’est beau cette euphorie qui règne dans la place financière depuis le G20 ! Dans les pays concernés, la presse déborde d’enthousiasme, les dirigeants s’envoient des grandes claques dans le dos en clamant à qui mieux mieux que tout est en bonne voie, youpie, on est bientôt sorti de la galère, les chiffres de la bourse retrouvent le vert, dansons tous en rond, on décrète l’avènement d’une ère nouvelle, on a trop assuré, faites péter le champagne.

 

En bonne voie, donc. Vraiment ?

 

Parce que moi, j’ai entendu parler de quelques bonnes mesures, mais rien de franchement transcendant. Des mesures qui visent à ramener notre économie « comme c’était avant », alors qu’on est quand même un certain nombre à trouver que justement, avant, c’était déjà pas terrible.

 

Par contre, à ma connaissance, pas un mot n’a été dit sur les salaires démesurés, les parachutes dorés, les bonus qui se chiffrent en millions, l’exploitation, la totale liberté des actionnaires et leur soif de profits, l’influence des lobbies sur les politiques, les salaires minimum ridicules, la liberté des banques, la dette publique, la diminution de la main d’œuvres, la course effrénée au profit, la délocalisation, le principe de solidarité bafoué, l’imposition démente de la classe moyenne, la société à deux vitesses, les hedge funds, bref, tous les problèmes qui découlent d’un seul et même fait : entre les banques, les patrons véreux et les politiques qui ont déclenché la crise, on se tamponne complètement de ses conséquences, tant qu’on peut retrouver la sacro-sainte croissance.

 

En clair, rien n’a été dit qui laisserait sous-entendre un retour de l’oligarchie à la démocratie.

 

Mais en fait, tant qu’on n’a pas de précisions sur les mesures adoptées, je m’abstiendrai de faire mon fataliste au cas où j’aurais tort, j’aime pas passer pour un con trop souvent. J’éviterai aussi de critiquer trop vertement tous ces salauds de patrons, de banquiers et de politiciens qui veulent nous affamer, nous faire travailler plus, nous taxer plus, ces sales riches nazis, sataniques et terroristes qui affament la planète et jouent à des jeux vidéos violents.

 

Non, je me contenterai de dire une seule petite chose, non pas pour dénoncer ce qu’ils ont dit, mais plutôt ce qu’ils auraient dû dire, ce qu’on n’a pas entendu et qui aurait été pourtant bienvenu, d’ailleurs ça n’aurait même pas coûté un rond de le dire. Un minuscule petit mot gentil qui pourrait même apaiser un peu les tensions : désolé.

 

Désolés d’avoir consciencieusement merdé notre politique et de vous avoir plongé dans la panade.

Désolés de nous être aplatis devant les lobbies immoraux qui nous ont imposé des mesures qui vous pénalisent.

Désolés de vous avoir fait croire que ce qui est bon pour nous l’est aussi pour vous.

Désolés de ne pas avoir su endiguer la course au pognon lancée par les divers spéculateurs, boursicoteurs ou autres actionnaires en puissance qui se foutent des conséquences de leurs actes.

Désolés d’avoir pratiqué la politique des petits copains et de après-moi-le-déluge depuis des décennies.

 

Mais bon, la dernière fois qu’un politicien s’est excusé, c’était quand déjà ?

 

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D’un monde à l’autre

18 mars 2009

Eh les copines ! Vous connaissez la dernière ? Madonna va adopter un deuxième enfant Malawite ! Hiiiii !

 

Qu’est-ce qu’elle sont gentilles les superstars américaines, déjà qu’elles n’hésitent pas à investir une partie de leurs millions dans des œuvres humanitaires, maintenant elles sauvent en plus des n’enfants de la crasse dans laquelle ils macèrent dans ces affreux pays pleins d’étrangers !

 

Interrogée à ce sujet, la star explique ses motivations : « Beaucoup de gens, spécialement des amis Malawites (ça s’y connaît super bien en bébés Malawites ces gens-là), me disent que David devrait avoir un petit frère ou une petite sœur Malawite. » C’est un peu comme les gerbilles, il faut en prendre plusieurs sinon ça s’ennuie.

 

Encore un enfant qui va passer de la misère la plus abyssale au luxe le plus indécent. Toutefois, on aurait tort de craindre que sous la férule de la bimbo multimillionnaire l’enfant oublie ses racines, comme l’explique l’heureuse môman : « c’est une priorité pour moi d’ouvrir mon fils sur le monde (ça veut dire quelque chose, ça, « ouvrir mon fils sur le monde » ?), mais je veux aussi lui permettre de rester connecté à sa culture Malawite. Il a une grande carte de l’Afrique dans sa chambre avec tout plein de flèches pointées sur son pays. » La culture, on en parlait dans un dernier billet, peut revêtir bien des formes. Par exemple, tracez une petite flèche qui indique un pays sur une carte et tac, vous ne faites plus qu’un avec la culture séculaire de la nation en question.

 

J’ai une carte du monde dans chez moi, sitôt rentré je vais m’initier à la culture laponne, demain ça sera tadjik, il ne faut jamais perdre une occasion de s’instruire !

 

Quoi qu’il en soit, c’est au moins un môme qui échappera à la misère, à qui a été offert un avenir. Un gamin qui a troqué sans le savoir une vie de pauvreté au sein d’une famille, d’une culture et d’êtres humains contre une existence dans le milieu irréel de la société jet-set, largement au dessus du besoin, parmi les amis requins milliardaires de la maman de soixante ans, laquelle, entre deux tournées mondiales, trouvera peut-être le temps de lui signer le bulletin de notes qu’il ramènera de son école privée sous les crépitements des flashes.

 

Evidemment, il reste les rumeurs affirmant que si les superstars, Angelina Jolie et Madonna en tête, adoptent des enfants comme si c’était des chatons, c’est avant tout pour se faire mousser. C’est faux. Si si, je le pense vraiment, malgré le ton de ce billet, malgré l’affection que je porte aux deux potiches citées plus haut, je doute que le but de leurs démarches soit de se faire leur pub.

 

Je pense qu’au contraire, elles y croient profondément, elles agissent ainsi dans un but avoué d’humanisme, la fibre maternelle vibrant à tout rompre, conscientes du fait qu’il appartient aux très riches d’aider les très pauvres. Et elles s’en jettent des fleurs. Elles qui sont les avatars du succès prouvent à la face du monde ébaudit qu’elles ont en plus un cœur en or, gros comme le Kilimandjaro, qui bat très fort pour les malheureux qui n’ont pas eu leur chance. Et les mômes, extirpés de la misère pour être largués dans l’extravagance d’une fortune démesurée, sont allés d’un extrême à un autre sans passer par la case départ. Et ne manqueront pas d’être redevables envers leur star de mère qu’ils ne verront pas si souvent.

 

Et je doute sincèrement qu’un enfant puisse se développer sainement dans un climat voulant qu’il demeure redevable envers un parent qui ne l’a pas adopté par besoin, comme c’est normalement le cas dans les familles d’adoption, mais par générosité.

 

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Les arts de la table

3 mars 2009

En ce monde gris et surpeuplé, dévolu au stress et au travail acharné, il est important de définir un sens à son existence, faute de se voir condamné à traverser jour après jour une vie creuse et pâle jusqu’à la mort, ou la libération, tel un spectre de chagrin et d’amertume attendant les yeux bandés que s’0uvrent pour lui les portes de l’Enfer. (Je me sens l’âme enjouée aujourd’hui)

 

A chacun sa méthode : devenir artiste, fonder une famille, regarder le foot à la télé, jouer du cornet à pistons, amasser plein de pognon, la liste est potentiellement aussi longue qu’il y a de personnes qui s’entassent sur Terre.

 

Pour Salim Haini, surnommé « El Akoul » (le mangeur), la décision est arrêtée : il fera son entrée triomphante dans le Guiness des Records et gravera son nom en lettres d’or dans le marbre éternel des âmes célestes ayant atteint le firmament de la gloire. Comment ? En mangeant, pardi !

 

Car cet algérien de 25 ans a les crocs ! Il  a remarqué au cours d’un ramadan il y a quelques années qu’un repas normal ne lui suffisait pas ; de fait, si l’on en croit ses dires, il aurait un jour avalé d’un trait deux barils d’huile d’olive, 40 pains, 75 bols de soupe algérienne, une autre fois un agneau rôti de 35 kilos, bref, c’est un ogre. Qui affirme dans la foulée être capable de d’avaler mille œufs à la coque, ce qui lui doit lui faire une belle jambe à l’épicerie de son bled (« bonjour, j’aimerais mille œufs, s’il vous plaît ! »).

 

Bref, à terme, Salim espère établir un nouveau record et devenir ainsi « le premier algérien à obtenir un prix gros mangeur » (il s’est même mis dernièrement à manger des clous, de la sciure et autres bons petits plats du genre). C’est donc tout un peuple qui vibre pour un seul homme prêt à mettre à profit les dons incroyables que lui a offert Dame Nature pour octroyer à sa nation un éternel halo de gloire, un peuple qui, les yeux plantés dans les étoiles, accompagne son héros de ses prières et lui adresse en un vibrant « bon appétit » son incommensurable soutien.

 

La route vers la gloire sera néanmoins longue et sinueuse ; en effet, pour arriver à ses fins, El Akoul devra surpasser M. Mangetout, un français qui, durant toute sa vie, à déjà avalé cent vingt-huit vélos, deux lits, six chandeliers, quinze chariots de supermarchés et un paire de skis.

 

Malgré l’inutilité absolue d’un « don » permettant à quelqu’un d’avaler pour un pâle et piteux renom des kilos de nourriture que des millions de crève-la-faim dans le monde seraient contents d’ajouter à leurs menus (sauf les skis, les chariots et tout), on aurait tort de trop se moquer d’eux, même si c’est tentant, voire légitime ; on devrait même les encourager, ou carrément en faire un élevage : en effet, je n’imagine aucun traitement des déchets plus bio et naturel que ça !

 

 

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Ère de la communication

20 janvier 2009

mix & remixOn ne le répètera jamais assez, nous vivons à l’ère de la communication. D’où le titre. Entre Internet et la téléphonie, celui qui souhaite demeurer quelques temps inatteignable pour quelque raison que ça soit, par exemple pour peindre un Messerschmid, mais pas seulement, s’expose à des problèmes incongrus.

 

Parce que pendant ce temps, quelque part pas très loin, des amis à lui spéculent sur les raisons de son silence. Ils lui ont laissé un message – d’ailleurs bien marrant – sur sa boîte vocale il y a plus d’une heure pour l’inviter à une réunion tupperware et attendent toujours une réponse, ce qui est inhabituel. Au même moment, la dame de ses pensées tourne en rond : pleine de bonnes intentions, elle lui a envoyé un gentil SMS et attend bien naturellement un doux poème en retour, comme celui de l’autre jour, qui parlait de muguet, de brise printanière et de gavials. De même, ses parents lui ont fait parvenir un e-mail dans l’après-midi, l’invitant dimanche à la maison, il y aura de la poule au riz et tante Claude. Mais là aussi, nulle réponse ne point à l’horizon et les pauvres vieilles gens, devant l’implacable silence, ressentent l’étouffante angoisse des parents de marins qui parcourent la grève en quête de l’esquif de leur enfant disparu.

 

Et c’est ainsi que, de fil en aiguille, le héros de notre histoire, qui n’a pas de nom mais qui croît en sympathie de ligne en ligne dans nos esprits, va recevoir tour à tour les visites surprises de copains hilares, de beau-frère envoyé par la sœur elle-même contactée par les parents et d’une sémillante demoiselle courroucée.

 

Mais la communication, c’est aussi la signalétique. Il est important que des consignes, modes d’emploi ou panneaux routiers, par exemple, soient lisibles par toutes les personnes susceptibles d’en avoir besoin ; dans le cas de produits d’importation, les écrits de base apparaissent généralement en anglais, mais sont vite traduits dans la langue nationale du pays en question. On fait appel pour cela à des traducteurs professionnels. Ou pas.

 

Parce que parfois, pour économiser des sousous, on préférera employer un traducteur automatique et surtout éviter de vérifier que le sens initial ait été conservé. Voici en vrac quelques exemples trouvables de-ci de-là (généralement aux USA) :

 

- Sur l’étiquette d’une chemise, pour « Gentle cycle » : aimable bicyclette.

- Sur l’étiquette d’une cravate, pour « 100% silk ties » : 100% la soie attache.

- Vu sur un programme informatique, pour « loading please wait » : chargement s’il vous plaît dans l’attente.

- Sur l’étiquette d’une bombe aérosol, pour « Ozone Safe » : coffre fort d’Ozone.

 

Et la liste est longue. Dans des pays comme la Suisse, il convient de traduire chaque remarque importante dans toutes les langues nationales, ce qui n’est généralement pas un problème. Mais on n’est jamais à l’abri de certaines confusions, comme par exemple ce petit couac survenu au Pays de Galles, charmant patelin de druides dirigé par Arthur et Merlin et où l’on parle l’anglais et le gallois :

 

 

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Traduction à la va-vite du texte anglais : « entrée interdite aux véhicules de livraison. Site résidentiel uniquement ». En dessous, le texte en gallois donne « je ne suis pas au bureau actuellement, envoyez-moi vos travaux pour traduction ». Les pauvres bougres ont envoyé le texte à une entreprise et ont reçu un message automatique en gallois, les prévenant que le traducteur était momentanément absent. Le prenant pour la réponse à leur requête, ils l’ont placé tel quel sur le panneau. (Source)

 

 

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13 chats noirs sous une échelle…

8 janvier 2009

ça fait peur hein ?Tout le monde est relativement familier avec le concept du spam : une publicité, et qui me connaît n’ignore pas mon amour insensé pour la publicité, qui déboule sans crier tambour ni trompette sur votre boîte E-mail, vous vantant les qualités de quelque produit ou service que je tairai ici pour ne pas choquer mes jeunes lectrices de la Très Sainte Ecole Catholique de la Juste Parole du Christ, que je salue au passage d’un sourire salace avec haleine de bière.

 

Pour sa légitime défense, l’internaute moderne dispose d’antispams performants limitant au maximum ce genre d’intrusions irritantes ; mais c’est sans compter sur certaines de vos connaissances qui, ayant leurs entrées dans votre fichier d’adresses, ont, elles, toute latitude pour vous faire parvenir des beaux courriers bien ridicules, parfum espoir naïf avec éclats de superstition candide dedans : je veux parler des fameuses comptines, morales, anecdotes et autres gros flans qu’il faut s’empresser de faire suivre à tout son répertoire, faute de quoi le malheur s’abattra sur votre vilaine tête.

 

Ça m’afflige !

 

En 1300, on brûlait les chats que l’on considérait comme avatars du Malin. Aujourd’hui, on s’envoie des mails promettant récompenses ou punitions à qui joue ou non le jeu. Subite réapparition de la Magie dans notre monde moderne, on est passé de la boule de feu au courriel mystique.

 

Or donc, ce matin, j’ai reçu un récit épouvantable que je m’en vais vous résumer, attention donc, à partir de maintenant ça fait peur, prière aux enfants de ne pas lire la suite.

 

On vous aura prévenu !

 

Alors c’est l’histoire d’un mec, il se fait prendre en photo tout sourire, droit après il tombe dans le coma et pouf, deux jours après, il meurt !

 

« Non ? »

« Si ! »

 

Ses potes ont alors une réaction logique : ils font développer la photo. Et qu’est-ce qu’il y a sur ladite photo ? Un fantôôôme !! Juste à côté de la pauvre victime, posant avec elle, vêtu d’un joli halo vert ! Les uns après les autres, les amis du malheureux défunt sombrent dans la folie et se font interner ; puis survient la révélation : la photo est maudite (tadaaaaa) ! Le temps de s’en rendre compte, il était hélas trop tard : jointe à un mail, elle faisait déjà le tour du monde. (Aux dernières nouvelles, elle circulerait actuellement du côté de la Bande de Gaza.)

 

Du coup c’est la poisse : qui reçoit ce mail tombe sous le coup de la malédiction ! (Et j’en profite pour dire que certaines personnes ont un peu abusé du roman japonais – d’ailleurs la victime est japonaise – « The Ring »). Mal barré hein ? Heureusement, il y a une échappatoire : il suffit renvoyer ledit mail à 13 personnes. Ouf !

 

Après, il y a les exemples : d’abord un marin qui aurait été promu droit après avoir renvoyé la photo à plein de potes, ce qui prouve que le fantôme est plutôt sympa, il veut juste faire sa star. D’un autre côté, un méchant patron a jeté le mail avec un petit rire sec et son entreprise a fait faillite.

 

J’aimerais bien illustrer mon billet à l’aide de la photo en question, mais j’avoue l’avoir directement balancée à la poubelle sous le coup d’une intense terreur d’un courroux légitime.

 

Par contre, je m’adresse maintenant à celles et ceux qui m’ont un jour envoyé un de ces messages, les mettant en garde : je viens de vous lancer le Mauvais Œil, ha ha ! Un seul moyen d’y réchapper : d’abord, recommander ce blog à cinquante personnes, puis sortir dans la rue et faire vingt fois le tour du cinquième plus proche lampadaire à cloche-pied et enfin asperger sa porte de sang de mouton et de sperme de bélouga, trouvable en pharmacie. Si si, suffit d’en demander au comptoir, essayez !

 

Pour conclure : comme on dit, il ne faut pas être superstitieux, ça porte malheur. Et puis eh, pour faire suivre un mail pareil, il faut avoir encore plus peur de représailles surnaturelles que du ridicule ; et ça, franchement, ça me dépasse !