Archive de la catégorie «La presse, c'est nul»

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Devinettes et écran plat

26 juillet 2009

Il est évident que le bon peuple est lassé de l’actualité et on le comprend : peu de meurtres gratuits, de viols de mineurs, de cambriolages perpétrés par des ressortissants récidivistes de l’Est, de scabreuses histoires incestueuses ou de passages à tabac futiles, tout au plus quelques incendies qui sont trop récurrents à cette période de l’année pour satisfaire la soif de mort animant la populace qui n’a même plus besoin de se déplacer au Cirque Maxime pour satisfaire à ses besoins.

La grippe A, c’est officiel, tout le monde s’en fout ; parce que si ça ne fait plaisir à personne d’apprendre qu’un type à claqué d’une maladie à l’autre bout du monde, on ne peut pas non plus dire que ça bouleverse fondamentalement notre mode de vie. Et on se dit que depuis le temps que la presse joue les prophètes maudits à hurler à la pandémie mondiale pour définir une maladie qui se soigne au final plutôt bien, semble-t-il, elle a perdu un temps précieux à nous casser les pieds avec son pétard (heureusement) mouillé, temps qu’elle aurait pu mettre à profit pour parler, par exemple, de Michael Jackson.

Ce dernier aussi, on en entend moins parler, il faut dire que le filon s’épuise plutôt vite : à l’heure actuelle, on a déjà crié au meurtre, retourné sa famille dans tous les sens, parlé et reparlé de son héritage, défini que son père était méchant, évoqué l’existence de l’inévitable fils caché et la prochaine révélation choc ne devrait pas tenir sur plus d’un paragraphe dont seuls les gratuits Suisses feront leur première page, sauf s’il grêle le jour d’avant. 

La crise, plus un mot dessus, on comprendra que les pompeux dirigeants des groupes de presse ont vite trouvé lassant de casser du sucre sur leurs propres dos en remettant en cause un système qui a fait leur fortune.

Sinon, il reste le Tour de France, que ses rares spectateurs espèrent cette année propre et sans révélation honteuse, c’est à dire sans que personne n’émette l’idée saugrenue de soumettre quelques-uns de ces moteurs sur jambes à un test anti-dopage.

Bref, c’est l’ennui total. On ne parle même plus de Knut.

Pour rattraper un peu le coup, tout dernièrement, le Matin, quotidien people qui traite aussi des fois d’actualité, tentait de distraire le chaland en proposant un super concours ! Hiii !

Le principe est simple : il fallait deviner le nom du futur enfant de Roger Federer et de sa femme Mirka – vous savez, la précieuse princesse qui tire la gueule dans les tribunes et dont la seule façon d’applaudir évoque quelque ancestrale matrone au port altier dont on peine à croire qu’elle ait un jour joué au tennis, et pourtant – pour gagner une télé. Forcément, quoi d’autre ?

Alors pour la surprise, c’est gagné : alors que le roi et la reine était déjà dévoilés, on apprend que le couple tenait cachée une paire de dames et rafle la mise en bluffant tout le monde. Je serais surpris que beaucoup l’aient vu venir, d’autant plus que pour les noms, il fallait aller chercher « Charlène » et « Myla » ; ce qui, prononcé en Suisse-Allemande, donne quelque chose comme « Schnäprkkrrrr » et « Münschkrrli ». J’espère qu’au Matin, on n’a pas commandé trop de téléviseurs.

Enfin bon, voilà, le couple devient parent d’une paire de jumelles et on espère qu’avec les ronds de papa, on leur achètera un joli étui en cuir. Ceci dit, c’est un coup dur, puisque tout le monde attendait légitimement un héritier mâle. Presque plus personne ne regarde le tennis féminin.

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Le poids de l’information

22 janvier 2009

Le secret d’une société instruite et avisée réside, d’une part, dans l’éducation, mais aussi dans l’information. On l’a dit on le sait, il ne reste plus qu’à en tenir compte.

 

Sous nos latitudes, l’information est émise par des organes neutres, libres et clairvoyants, entièrement voués à leur sacerdoce auquel ils croient comme à un idéal utopique pour lequel ils seraient prêts à tout. Et c’est tant mieux : qui suit régulièrement l’information depuis quelques années n’aura pas manqué de remarquer cette nette amélioration dont nous bénéficions tous.

 

On tremble lorsque l’on sait que la presse écrite est aujourd’hui menacée d’extinction. Traquée par l’information gratuite et les multiples médias qui se terrent dans l’horrible web, mais aussi par les journaux gratuits en général, nos feuilles de chou payantes sont de plus en plus boudées par la population. C’est uniquement parce que les gens sont bêtes, ça n’a strictement rien à voir avec l’orientation adoptée par ces journaux qui font notre fierté.

 

D’ailleurs, à ce sujet, voici une petite liste de quelques manchettes relevées au cours de ces dernières années en Suisse. C’est une courte sélection maison d’une large base de données dénichée sur Facebook, ce site hautement dangereux qui mène nos enfants vers la déprédation. La plupart proviennent du Matin ou des affreux gratuits, mais 24 Heures ou la Tribune de Genève y ont aussi leurs entrées :

 

Etude : trois cafés par jour et vos seins diminuent

Cet hiver, la grippe va frapper très fort

Un lapin menace les élus à Berne

Le chewing-gum qui fait gonfler les seins débarque

 « La police a menacé de kidnapper mon chat »

Non, l’été n’est pas pourri !

Miss Suisse a raté son permis !

La croix suisse fait vendre des slips !

Incroyable : les tracteurs à pédales ont leur championnat !

Trois travestis attaquent Ronaldo

La moitié des chiens ne paient pas leur impôt

La Suisse, royaume du slip

C’est prouvé, les femmes sont nulles en calcul

Elles ont les seins toujours plus gros !

 

Voilà. Tout ça pour dire que si la presse payante est à l’agonie, on serait bien inspiré de l’achever d’un bon coup de talon sur la nuque. Par miséricorde envers un être souffrant, malade et condamné.

 

Alors l’actualité d’aujourd’hui, outre le serment d’Obama et le retrait très provisoire des troupes Israéliennes de Gaza, c’est une brillante étude menée par des scientifiques britanniques avançant que les femmes sont plus épanouies sexuellement avec des hommes très riches. Ils auraient pu s’arrêter là, limiter les dégâts, on aurait pouffé et oublié la chose, passé aux pages « sports » pour ne plus y penser, mais non. Forts du résultat de leur enquête, ils persistent et signent en émettant une raison scientifique à cette préférence : c’est parce que dans le cerveau de la femme, l’homme riche a remplacé le chasseur de l’époque des cavernes, l’homme fort et rassurant, meilleur patrimoine génétique possible pour leur descendance. Ainsi, ses craintes quant à l’avenir de sa lignée apaisées, Madame se vautre dans les peaux de mammouth pendant que Monsieur astique sa collection de propulseurs et c’est le bonheur dans la grotte nuptiale.  

 

Donc, résultat logique : la crise financière fait chuter la libido, en plus du pouvoir d’achat. Mais que nous reste-t-il ?

 

Un sujet sur lequel la presse pourrait aussi se pencher, c’est cette obsession qu’on a de faire graviter tout ce qui existe en ce monde autour du sexe et de l’argent, obsession ayant largement grandi ces dernières années pour finalement étouffer tout le reste. Qui a la nostalgie des cavernes peut se réjouir, on y retourne à grands pas !

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Rationalisme

12 décembre 2008

A lire certains de mes billets, on pourrait être tenté croire que je n’aime pas la presse suisse, en particulier les journaux gratuits. Vous l’aurez compris, c’est naturellement faux ; je voue une amitié franche et cordiale aux représentants de cette noble profession et, comme le dit si justement Giuseppe di Lampedusa, une pointe d’ironie est indispensable à une affection sincère. Donc quand j’écris que les rédacteurs des journaux gratuits forment un gros tas d’idiots du village et de plumitifs médiocres et bêtes à bouffer du foin, chacun saura discerner derrière le masque de la raillerie le respect non feint que je porte à ce corps de métier que j’admire.

 

En effet, au vu du mépris immérité généralement voué par la population à l’ensemble des rédacteurs des gratuits, il faut que chez  ces derniers la passion du métier, l’amour du travail bien fait et le besoin de renseigner et d’instruire prenne le pas sur la peine d’être traîné dans la boue par la société bien pensante.

 

Et leur combat est dur, à ces Cassandres modernes, ils vont chercher jusqu’à l’autre bout du monde des informations pertinentes sur Jessica Alba et Brad Pitt, s’investissent dans l’accroissement de notre culture générale en éditant des quiz sur les séries télévisées, pour ne récolter au final que peu, bien peu d’encouragements !

 

Alors sachons reconnaître le mérite des vrais professionnels, des passionnés, et ensemble applaudissons les efforts quotidiennement fournis pour nous offrir, à nous citoyens suisses, une information concise et édifiante. Comme par exemple un de leurs articles de ce matin, titré « Caserne attaquée ! », faisant état d’un groupe de militaires touchés par une épidémie de gastro-entérite.

 

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Restons calmes

21 novembre 2008

Tiens, ça fait longtemps que je n’ai plus poussé ma beuglante sur la presse ! Il faut dire que, déjà, je ne la lis presque plus et qu’en outre, j’ai beau gueuler, rien à faire, les gratuits sont toujours aussi nuls, c’est à croire qu’ils se fichent de mon avis !

 

Mais là, quand j’ai vu la première page du bleu de ce matin, j’ai senti le coup tordu à plein nez, tel le zébu en pleine chasse percevant les fragrances du phacochère de garenne dont il est si friand : le gros titre clamait en effet d’un ton lugubre aux passants frissonnants qu’un odieux pédophile avait séquestré une adolescente pendant cinq jours.

 

« Ciel ! Que de misère humaine ! » Hurle l’affiche. « Encore une pauvre enfant payant infiniment cher le prix de son innocence, encore un ignoble pervers friand de cris déchirants, de plaintes impuissantes, de suppliques implorantes, de mensonges éhontés, encore une sombre histoire de chaînes et de larmes, de cave glacée, de murs épais, de ruine de l’âme et du corps, encore une manifestation d’une des plus hideuses dérives de l’esprit humain », poursuit-elle inlassablement, « prends-moi et tu sauras tout, lecteur ! »

 

Oui mais. Sourd aux invectives de cet alarmiste crieur publique paranoïaque, Je passe mon chemin, vais me renseigner sur Internet et comme prévu, tombe sur une histoire certes peu joyeuse, mais particulièrement loin du tableau initialement décrit : une adolescente a fugué d’un internat avec la complicité d’un homme au passé pédophile qu’elle a rencontré par le biais du web, sur un chat, et avec qui elle est restée cinq jours, jusqu’à son arrestation. Boum voilà. Relations sexuelles il y a eu, mais avec le consentement de la fille. Pas de séquestration, pas de viol, pas de brutalité. Une gamine naïve, un type pervers et malade qui sera enfermé, une histoire d’abus, point.

 

À force de hurler au loup pour appâter le chaland, personne ne prendra leurs titres au sérieux le jour où il se passera quelque chose de vraiment grave. Mais ça on s’en fout, par contre ce qui me met en rogne, c’est le côté absolument malsain de la démarche : on a déjà entendu parler d’actes pédophiles meurtriers, d’assassinats et de viols de gosses, ce sont des faits choquants qui marquent durablement les esprits et pourtant j’ai l’impression que les gratuits en demandent, un peu comme un dealer cherchant la came qui plaît au client : « j’ai quelque chose qui va t’intéresser, du croustillant comme tu l’aimes… » Mais bon Dieu, qui voudrait des histoires pareilles ?

 

Voilà, c’était le mot joyeux de la fin de semaine, bon week-end bande de gens !

 

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La minute intellectuelle

29 octobre 2008

Tout le monde sait ça, les journaux gratuits sont le fer angulaire de lance des méga corpos fascistes qui veulent asservir le monde et réinstaurer le Capitalisme Absolu des années 1614. Ils abêtissent les gens en écrivant des calembredaines et quand la population est bien abêtie, ils peuvent lui faire acheter n’importe quoi et donc lui prendre son argent. C’est comme ça que ça marche, les lecteurs voient une publicité dans un gratuit pour un détaillant en gros d’articles sportifs et de charcuterie chevaline, ils ont a peine posé le canard que paf, ils courent chez l’autre s’acheter des raquettes de golf, des patins à judo et une panse de jument farcie.

 

Pourtant, un effort visible a été fourni par le matin bleu puisqu’il s’oriente depuis quelques semaines vers un credo beaucoup plus psychologique. J’en veux pour preuve que chaque lundi, il y a le test, ou le quiz.

 

Donc les tests, c’est des trucs comme on faisait dans le super picsou géant quand on était gosse, genre « es-tu sage ? » « aimes-tu partager ? » « es-tu un tapioca ? » etc, mais depuis qu’on a grandi on n’en trouve plus, sauf dans la presse féminine mais moi je suis masculin alors j’ai pas le droit de la lire et du coup je fais plus de test. C’est dommage, parce que c’est tout ça que j’apprends pas sur moi-même. Quant aux quiz, c’est des questions comme dans les jeux TF1 sauf qu’on gagne pas des millions, alors aucun intérêt. Mais on en apprécie la teneur hautement intellectuelle.

 

Alors il faut que la tendance se confirme, parce que ça existe sauf erreur que depuis deux semaines, mais jusqu’à présent on a eu droit au test « quelle star es-tu ? », et là encore on peut déplorer qu’il cible essentiellement un public féminin puisqu’à terme on peut être Angelina Jolie, Paris Hilton ou Amy Winehouse et c’est tout, représentant respectivement la femme bien comme il faut (ça me fait mal), la cochonne et la junkie. Et puis il y a un truc qui est bien pensé, c’est que le test est à la page horoscope, comme ça on peut savoir d’une traite qui on est et ce qu’on va devenir.

 

Quant au quiz, il y a des photos d’abdos et on doit deviner entre plusieurs gars musclés à qui tout ça appartient. Comme ça on peut leur rendre leurs photos.

 

Encore une expérience de laquelle on sort grandi !

 

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Revue de stress

16 octobre 2008

A l’heure où la Nati a créé l’exploit en Grèce, je serais bien sûr tenté de te causer foot, mais comme j’ai déjà abordé le sujet hier je m’abstiendrai pour ne pas te lasser. En fait c’est faux, je vais y revenir, mais pas tout de suite, parce que comme nous sommes entre gens culturés j’estime que la part belle doit être accordée à notre célèbre rubrique Littérature : du coup, j’abats mes cartes en avançant que Miley Cyurs a enfin édité sa biographie. Il était temps, elle a quinze ans.

 

« Mais c’est qui, encore, celle-là ? », demanderas-tu avec un air égaré qui n’est pas sans rappeler la perplexité du congre qui n’a pas compris la blague du radical et du ragondin, et je t’avoue que la question m’a aussi chatouillé le cortex. C’est pourtant bien simple, et notre manque de culture générale est à blâmer, c’est une actrice et chanteuse américaine dont on se fout royalement et dont on n’aurait jamais entendu parler sans les gratuits, bénis soient-ils. Une jeune demoiselle souriante qui a une très jolie signature avec un petit cœur sur le « i ». Alors sans vouloir faire ma mauvaise langue, parce que je sais pas préparer la langue à cause de la sauce gribiche, je me demande quand même si quinze ans, c’est pas un tout petit peu jeune pour une biographie. Parce que niveau expérience de la vie il y a mieux, mais je suppose qu’on pourra quand même en apprendre assez long sur sa famille, ses vacances à la Baule, ses meilleures amies, ses plus grandes boum, l’essor de sa carrière sans passer par le start (mais en passant quand même par la case « papa »), ses classes et peut-être, avec un peu d’audace, un compte rendu de son premier baiser !

 

Bon, changeons de sujet, la culture ça lasse. Donc c’est là que j’en reviens au foot, ou plus précisément aux sifflets qui ont retenti au début du match amical France-Tunisie, durant la Marseillaise, et qui ont plongé le monde entier dans une stupéfaction et une indignation sans borne. De tels événements, bien sûr, font relativiser la crise financière, mais ce que le président Nicolas Sarkosy appelle un scandale, moi j’appelle ça donner le bâton pour se faire battre. Parce que sans entrer dans le débat « qui a raison, qui a tort », il est absolument certain que les sifflets se feront entendre à chaque fois, surtout quand on voit le foin qu’ils en font. Et le président, aidé par François Fillon, de prendre des mesures drastiques : désormais, chaque rencontre durant laquelle la Marseillaise sera sifflée sera immédiatement interrompue (c’est-à-dire en balançant des dizaines de milliers de personnes frustrées à la rue). Ensuite, les personnalités politiques quitteront le stade aussi sec et pour finir Paris n’accueillera plus ces pays au stade de France pour les matchs amicaux. Donc tout ça ressemble à une grosse crise de gosse, puisque les mesures se contredisent : premièrement, si le match est interrompu, on se doute bien que les personnalités politiques quitteront le stade. Ensuite, aucun match ne sera interrompu, la France n’a pas envie de passer pour des ploucs aux yeux du monde ni de foutre la peuf dans une compétition. Et de toutes façons, ils ont déjà décidé que le stade de France n’accueillerait plus ce genre de rencontre amicale, alors pourquoi ces mesures ? Les coupables, trop heureux de voir la tempête qu’ils ont déclenchée, ne se feront pas prier pour réitérer l’odieux méfait à chaque occasion, ne serait-ce que pour voir Sarko se tirer furieux. Auto goal, donc… 

 

Dernier point brûlant du jour, Peter Brabeck, ancien patron de Nestlé, quitte le canton de Vaud pour s’installer en Valais, à Verbier, afin de payer moins d’impôts. Les autorités vaudoises se disent choquées et, personnellement, je ne m’étonne quand même pas trop de sa décision : c’était le patron de Nestlé, multinationale qui n’est pas sans tache, on se doute bien que le vieux Peter, s’il ne mange pas des petits enfants à tous les repas, n’est pas forcément un modèle de générosité et de compassion, qu’espérait-on ? C’est fou ce qu’on s’intéresse aux riches dans la presse, pourtant, Brabeck fait partie des dérives du capitalisme, de ceux qui touchent des fortunes insolentes et qui ne sont pas totalement étrangers à la crise actuelle, n’est-ce pas un peu naïf de penser qu’ils vont payer leurs impôts au prix fort, sans chercher une solution de rechange ?

 

Enfin voilà quoi… Encore une journée riche en péripéties.

 

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Le jeu des deux différences et demie

10 octobre 2008

Tu n’es pas sans savoir, car tu es une personne raffinée et de bon goût, que « le Matin » a sorti une nouvelle formule qu’il se plait à définir comme « Le Matin haut et fort », là où moi je me serais plutôt inspiré de J.J. Goldman « Encore un matin, un matin pour rien », mais c’est personnel.

 

L’affiche est claire : « plus d’information, plus de débat » et ils auraient pu rajouter « plus rien » pour être totalement honnêtes. Le changement principal, outre une légère différence dans la mise en page, réside dans la direction puisque désormais, le canard sera chapeauté par Ariane Dayer, tout droit issue de la Maison Dayer à Yverdon et qui promet d’aider le lecteur, je cite sans rire, à « trouver des repères dans des journées saturées de nouvelles ». En gros, le Matin se propose de dire au lecteur ce qui est important et ce qui ne l’est pas pour pas qu’il ait trop à réfléchir, un peu comme des rires enregistrés d’une série télé indiquent au spectateur ce qui est drôle.

 

L’interrogation première est bien sûr de savoir si ce journal va enfin s’intéresser aux vraies questions existentielles ou demeurer fidèle à la culture people. Interrogée sur ce point, Ariane Dayer a au moins le mérite d’être claire dans sa réponse : « Mais je lis le people ! Mon intention n’est pas de rhabiller les femmes. Nous sommes toutes obsédées, aujourd’hui, par notre sphère intime. Le people nous permet de nous projeter : est-elle mieux foutue que moi ? »

 

Donc pour ceux qui avaient des doutes, Ariane est limpide : le people s’adresse aux femmes. Si j’en étais une, ça me ferait mal de lire ça. Et si j’étais un homme, ça me ferait bien ricaner. Mais là ça va. Ensuite, son argumentation mérite qu’on s’y étende la moindre : « mais je lis le people », s’exclame-t-elle avec véhémence, se posant donc directement en référence, mais c’est sûrement quelqu’un de très modeste. « Le people nous permet de nous projeter » ah bon ? Si jamais, la littérature aussi, même le cinéma ou les romans de gare. Mais c’est comme tout : faut essayer une fois. « Est-elle mieux foutue que moi ? » Question pertinente que mérite de soulever un organe d’information.

 

Bref, le ton est donné. Pour ce qui est du langage, des progrès ont été faits pour que les jeunes puissent bien comprendre tous les mots : fric, planquer, flics, hélico, hosto et j’en passe, tout est mis en oeuvre pour ne surtout rien apprendre à qui que ce soit. Sans compter que ce n’est pas toujours clair : quand ils disent « gagnez un abo gratuit », abo, c’est bien aborigène ?

 

Quant au prix, il est fixé à deux francs vingt, soit vingt centimes de trop pour ce journal à deux balles. Verdict personnel, la presse suisse se meurt et cherche des solutions du mauvais côté. Pour concurrencer les gratuits, elle s’abaisse à leur niveau et joue sur le même terrain, à savoir « l’information divertissante ».  Mais ça reste payant, et ça vaut pas un rond.

 

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Tour d’horizon

2 octobre 2008

Vu qu’il se passe des tas de choses dans le grand méchant monde, j’ai décidé de relayer l’information divulguée par notre presse gratuite pour confirmer l’image éducative que l’on m’attribue, notamment à l’EPFL, au Palais des Sciences et chez Mme la Comtesse de Banthoux.

  

Suisse : c’est important, c’est chez nous. En premier lieu – et première page – il y a un concert de NTM ce soir à Genève. Le Matin Bleu tue le suspense puisqu’il affirme d’ores et déjà : « un show d’enfer », « carrément hallucinant ». Ça n’a pas encore eu lieu, certes, mais si le bleu le dit… Tu sais mieux que le journal, p’t’être ?

Sinon ben y a miss Suisse qui courbe les cours pour ses séances photos, comme quoi on peut être un modèle en mode sans pour autant être un modèle pour ses camarades de classe. Quant aux photos, elle y apparaît toute emmitouflée en montagne, donc si j’ai bien compris le principe, on élit la plus jolie suissesse pour ensuite la photographier avec bonnet, anorak, moufles et bottes. Vivement l’été hein !

 

France : que dalle, à part François Fillon (un poète du XVè siècle je crois, mais c’est pas très clair) qui a failli avoir un accident d’avion. Failli. C’est très français ça, d’ailleurs y a aussi l’OM et Bordeaux qui ont failli ne pas se faire rouler dessus en Ligue des Champions.

 

Italie : rien là non plus mais on s’en fout, les italiens y sont tous chez nous, dedieu ! Enfin il se passe bien deux-trois trucs mineurs, genre opérations à grande échelle contre la mafia ou assassinat froid de clandestins, mais bon, tu fais pas de l’information avec ça, soyeux sérieux !

Sinon quelqu’un a des nouvelles de Monica Bellucci ?

 

Autriche : l’extrême droite bat des records, c’est vraiment affreux, tous tarés ces autrichiens, décidemment y a que chez nous qu’on est serein et mesuré, jamais on se laisserait manipuler par un politicien populiste et xénophobe !

 

Angleterre : sans aucun doute le clou de l’information de ce jour : on a refusé l’entrée dans un pub à Peggy, un cheval pourtant bien comme il faut. C’est la faute à la moquette, elle est toute neuve et du coup les patrons veulent plus servir ce vaillant palmipède de peur qu’il l’abîme. C’est en première page.

 

USA : y a la crise, mais ça on en a marre, c’est pas divertissant, alors ils seraient bien gentils d’arrêter un peu et de passer à autre chose. Par exemple, y a Sharon Stone qui est indisposée par l’odeur des pieds de son fils adoptif.  Je la raconterai à mon cheval, devant une bonne bière !

 

Ailleurs : faut pas y aller. Y a des morts, des tueries, des bandits, des viols, de la drogue et du sang, mais attention, pas à la télé, en vrai ! C’est vraiment des pays barbares !

 

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Sexe, pognon & violence

2 septembre 2008

Journée calme au niveau informations en ce paisible mardi. C’est presque décevant, la presse nous avait promis monts et merveille quant à l’ouragan Gustav et pfft ! Pétard mouillé ! Comme quoi pour tempérer la furie des éléments, la première précaution à prendre consiste à lui attribuer un prénom masculin. En plus un prénom de vieux, tu penses bien qu’il allait pas faire long feu, le typhon !

 

C’est pas grave, le lecteur se consolera avec des nouvelles croustillantes sur une poignée d’autres sujets non moins importants. Notamment, il paraît que Georges Clooney va passer ce soir même à Genève ! Vous vous rendez compte ? Le vrai, celui qui joue dans des séries,  des films et même mieux, des pubs, qui tenait la vedette dans le grand défilé de mode « Ocean 11 » & co et dont toute la nation raffole des affiches Nespresso ! L’image du bon goût et de la classe, la prestance mondaine alliée à l’élégance, le raffinement, bref, en un mot, une vraie star en Suisse, qui nous change radicalement d’Emilie Boiron et autres produits du terroir. Pour les intéressés, les gratuits vous refilent des tuyaux pour aller l’admirer de vos propres yeux, des fois que vous ne l’auriez pas assez vu à la télé. Et que vous n’auriez rien de mieux à foutre ce soir.

 

Les gratuits, c’est quand-même de la masturbation : on parle de cul à la première occasion (ils présentaient un article sur le rapport entre le sexe et le feng-shui hier, no comment), de violence et de thune. On a eu dernièrement droit à la rumeur sur des éventuelles puces magnétiques dans les billets de banque – rumeur ni confirmée ni infirmée, c’était juste pour passer le temps –, sur le nombre d’agressions sexuelles allant croissant dans les écoles (information arbitraire basée sur des statistiques faussées, on aborde d’ailleurs le sujet ici pour ceux qui ça intéresse) et sur les moyens de dépenser la cagnotte de l’Euro million. Dès fois, je sais plus si je lis le journal ou si je regarde la télé.

 

Un truc quand-même : on s’étend aujourd’hui sur un gradé de l’armée qui a été foutu dehors après avoir forcé un pioupiou à se coiffer d’un caleçon. Virer des gradés, c’est très bien, très joli et de bon goût, mais je ne suis pas sûr que l’armée aurait tenu le même discours si elle ne pataugeait pas tant dans la gadoue. Tout le monde les hait, évidemment allez-vous me dire, ils coûtent cher, ils flinguent des citoyens et crèvent leurs recrues, c’est pas bon pour l’image ça ! Mais bon, ils prennent la défense d’un zigue qui a noyé une demi-douzaine de soldats, par contre le coup du caleçon, alors là, c’est la porte direct !

 

Bon, si je bossais un peu moi ?

 

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Revue de presse (selon les gratuits)

26 août 2008

Ce matin, en me rendant au charbon, j’ai remarqué comme tout un chacun que le sujet brûlant du jour est que le sperme de Michael Phelps (triton américain bien connu depuis quinze jours) peut rapporter plein d’oseille, ce qui est bon à savoir si jamais j’en trouve par hasard.

 

Information surtout bien pratique pour qui veut se lancer dans l’élevage de Phelps. Attention tout de même, c’est un investissement conséquent, il faut un gros bassin chloré pour les loger et prendre bien soin de changer l’eau régulièrement.

 

Comme il faut bien évoquer le reste de l’actualité, la presse nous informe aussi que Philippe Senderos (footballeur suisse qui marque de la tête et saigne du nez) pourrait être acheté par l’AC Milan pour une somme de 20 millions d’euros, ce qui nous fait une belle jambe, mais le truc avec les gratuits, c’est qu’ils parlent surtout pognon. Ca prend les gens aux tripes quand tu évoques des grosses sommes, surtout quand ton public cible est essentiellement constitué de gens fauchés qui se rendent chaque matin à leur job alimentaire la mort dans l’âme.

 

Sinon, ben y a Oskar Freysinger, conseiller national UDC valaisan, qui s’est cogné la tête pendant la promenade. Allez dire qu’il se passe jamais rien en Suisse ! Cela dit, fallait bien que ça arrive, c’est chaque fois pareil : il trépigne déjà sur sa banquette arrière quand on arrive sur le site, jaillit de l’habitacle comme une fusée sitôt qu’on rabat le siège pour le laisser sortir et s’en va courir tout joyeux au milieu des arbres et creuser des trous, alors un jour, fatalement, paf ! La tête dans un sapin, l’Oskar ! Quelle tuile ! Mais le véto se veut rassurant. Ça à la tête dure, un UDC pure race !

 

Autrement, on évoque aussi une poignée de banalités qu’on parcourt vite fait : problèmes en Georgie, en Chine, au Tibet… Baste.

 

Quant à la météo, elle indique une chute probable de la luminosité en fin de soirée.

 

Voilà, c’est tout pour les infos. Je me remets au boulot. Et si vous en faisiez autant ?