Archive de la catégorie «Le monde selon Labo»

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J’ai une question

3 juin 2009

On me fait signe dans le fond que je m’encroûte un peu. C’est vrai, d’ailleurs ma mauvaise conscience me guette tandis que je me vide l’esprit au soleil dans les parcs du coin (c’est une image) et son regard en dit long. Mais bon, le nouveau taf, le tennis, le beau temps, tout cela expliquera bien assez mes égarements et manques d’inspiration actuels que vous voudrez bien pardonner, avec au fond de vos yeux cet inaltérable éclat de bienveillante compréhension emprunte de sollicitude, lequel d’ailleurs vous rend superbe.

En fait il se trouve qu’aujourd’hui une question me taraude, d’ailleurs vous vous en serez peut-être doutés si vous avez lu le titre attentivement et y avez décelé son subtil premier degré délicatement souligné, octroyant par ailleurs un charme sobre mais profond à la tournure de la phrase, je pense que c’est un de mes meilleurs titres. Une question toute simple qui me vient à l’esprit suite à la lecture d’un article qu’on m’a désigné en ricanant, dévoilant, dans sa plus dure vérité, que Mister Suisse est blonde presque illettré.

Bon, selon l’article, c’est un problème limite fonctionnel qui peut arriver à tout le monde, voilà, pas de bol. Par contre, plus loin, on apprend que 500′000 personnes seraient (toujours privilégier l’usage du conditionnel lorsque l’on se réfère aux gratuits romands) dans le même cas en Suisse. Ce qui exclut le problème fonctionnel, je pense.

Ben oui, on connaît le langage SMS et l’étrange jargon du web, les mômes ne sont plus légion à s’arracher les dicos à la bibliothèque, on ne se bat plus trop pour les prix de français à l’école, ça fait peur. Quand on pense à quel point on était appliqué en classe quand on avait leur âge, et fiers de réciter sans un accroc nos leçons durement apprises, ça fait froid dans le dos ! Le monde que l’on s’échine à bâtir, si pimpant, si frais, si prometteur, ils vont tout nous le foutre par terre !

Mais je dis, ne nous emballons pas ! Je pense qu’on devrait dédramatiser, rassurer la population inquiète par la recrudescence de barbares en nos terres ; certes, lorsque l’on observe les jeunes sortant de l’école, on a envie d’affirmer qu’ils ne croulent pas tous sous la culture générale. Et puis ils ont quelque chose d’indéfinissable, avec leurs regards veules et leurs voix rauques, leurs soupirs inquiétants et leurs ricanements secs qui s’élèvent dans la Pampa. Mais ils ne sont pas si méchants. Je l’affirme par expérience, je côtoie des vrais apprentis au boulot, et je ne m’en sors pas si mal. Il y en a même à qui j’ai parlé, parfois autours d’un café, amicalement, presque à égal ! J’ai échangé des points de vue, j’ai collaboré avec, je les ai écouté ! Je leur ai serré la main, sereinement, sans faire d’histoires !

Et bien je maintiens, ils sont braves, ces petits ! Ils parlent correctement, se tiennent à l’écart des persiflages de couloirs, discutent de foot, travaillent bien, s’investissent, ils sont gentils, propres, ne mordent pas, ne coupent pas leur salade avec un couteau et ne mettent pas les coudes sur la table en mangeant. Certes, ils ne se lancent que rarement dans d’interminables échanges d’interprétations des préceptes de Zarathoustra, mais ils ont la vie devant eux pour réparer les graves carences de leur culture.

Mais bon, si j’en crois ce que je lis sur le degré d’analphabétisme en Suisse, observe à la dérobée ses sales jeunes à casquettes, écoute les conversations des sages personnes d’expérience qui parlent si bien du bon vieux temps, ressasse mes propres souvenirs et surtout, généralise comme on sait si bien le faire, je constate qu’apparemment :

ils ne savent pas écrire, (« tu peux me relire stp ? » « Bien-sûr, donne… Alors… Non, y a… euh… Ouais, c’est complètement faux en fait. »)

Ils sont un peu fâchés avec l’histoire (« eh non, la guerre de Cent Ans c’était pas aux Etats-Unis… Hein ? Ouais si tu veux, on parie ! »)

Ils sont pires que moi en calcul (« - 5% de 200, ça fait combien ? » « Euuuh *pianote pianote*… » « Non, tu touches pas cette calculette, donne-moi ça ! Je répète : 5% de 200, ça fait combien ? » « Euuuhhh… *panique* » « Concentre-toi… »)

Ils sont zéro en allemand (« *panique (mêlée d’espoir, après-tout il ne me connaît pas)* J’ai un gus de Lucerne au téléphone, tu parles allemand toi ? » « Non. ») 

Du coup toutes ces profondes réflexions m’amènent à la question précitée : si on en croit tout ça, elle sert à quoi l’école aujourd’hui ?

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Relativisons un peu

7 mai 2009

J’ai en ce moment l’insouciance de me considérer plus en vacances qu’au chômage ; c’est le charme de la première semaine, on décompresse, on veut faire plein de trucs, à tel point que les heures défilent et que tout à coup, diantre, déjà trois heures et demie du matin ; et l’épreuve consiste à ne pas se lever trop tard. Le spectre de l’insomnie guette, tapi dans l’ombre, empli de haine, ricanant sous cape, guettant le moment où je reprendrai un rythme complètement décalé pour me bondir dessus en exultant de triomphe.

Mais ce matin j’ai été quelque peu aidé. Comme je l’ai souligné tantôt, un incident domestique a eu dernièrement la fâcheuse répercussion de ventiler complètement l’appartement sous le mien, abattant quelques murs porteurs dans la foulée, ce qui fit intervenir des experts soucieux pour ma sécurité six jours après. C’est bon de se sentir en sûreté. Quoi qu’il en soit, les locataires du dessous ainsi que quelques professionnels se retrouvent avec un travail considérable sur les bras, ambiance loft.

Ça commence à huit heures et la fête est rythmée d’un concerto pour foreuse en scie à béton majeure, avec accompagnement au marteau façon Forges de Vulcain. Une perle de Trash-Home-Metal qui ne laisse personne indifférent, souvent accompagné de l’envol massif de toute bête à plumes à cinq lieues à la ronde.

Et sans vouloir me comparer aux volatiles susnommés, l’effet engendré par ce réveil inattendu – sans évoquer certaines considérations verbales que je garderai pour moi – m’a incliné à adopter une réaction plus ou moins similaire : l’exode. L’occasion pour moi de visiter cette Suisse qui se lève tôt dont je ne fais plus partie ; de boire un café en terrasse en regardant tous ces braves travailleurs se dépêcher d’aller cotiser pour que je puisse palper de la thune sans avoir à me lever pour d’autres raisons que les foreuses.

En outre, cela me donne aussi l’occasion de relativiser, lorsqu’en rentrant chez moi je m’arrête au commerce du coin, ouvert sept sur sept jusqu’à vingt-deux heures et que je discute avec le sympathique gérant qui, avec un accent prononcé de l’est, me raconte ses journées de onze heures et ses rares congés durant lesquels il doit quand même venir faire la caisse.

Et je me dis qu’on s’éloigne de plus en plus de tout concept d’égalité.

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L’heure du bilan

30 avril 2009

Aujourd’hui, rien n’est comme d’habitude. Lorsque l’on se rend à son travail pour la dernière fois, on jette un regard nouveau sur ce qui nous a entouré tout du long en nous laissant si parfaitement indifférent, un peu comme on prend une dernière bouffée d’air, vicié ou non, avant le grand plongeon.

 

Je supporte mieux les plaisanteries pas drôles (« tiens, les oiseaux gazouillent, hihihi »), sachant que ce soir elles seront derrière moi, qu’elle s’ajouteront à un gros tas de souvenirs récents à occulter qui rejoindra sans peine le grand dépotoir de ma mémoire, entre les cours de comptabilité avancée, les séances de motivation et Moravagine : toutes ces étapes que je sais derrière moi et qui ont contribué à m’ouvrir les yeux, petit à petit, sur l’importance des mauvaises expériences, qui nous définissent tellement mieux que la monotonie tant recherchée, qui nous offrent des repères, des points de comparaison.

 

Avant quelques heures, cette grisaille maussade qui aura formé durant plusieurs mois mon peu palpitant présent basculera d’un coup dans un passé qui s’estompera aussi vite qu’il s’est imposé, ne laissant comme souvenir dominant que la vacuité palpable qui l’aura défini tout du long. Ainsi en est-il de la mémoire, si nous sommes sculptés par nos propres expériences, nos souvenirs ne demeurent au final que les restes dormants d’une vie révolue, ne se réveillant que sporadiquement, sous quelque impulsion, pour faire ressurgir, l’espace d’un instant, une impression ou une vision. L’essentiel, le principal, ce qui définit le présent, se dissipe rapidement une fois qu’il appartient au passé, comme un vin laissé ouvert se voit privé de son arôme pour ne rester à terme que le souvenir de son goût et de sa couleur ; avec parfois, au fond de la bouteille, une fine couche de lie noircie qui attire le regard.

 

Alors, que va-t-il me rester de cette expérience ? Sans doutes un souvenir bizarre d’une sorte de parenthèse, un pseudo travail qui m’aura occupé pas loin d’une année pour aboutir au seul espoir que le prochain sera mieux. L’essentiel positif du bilan, bien sûr, c’est le blog ; nonante-neuf billets en quelques huit mois, je crois avoir saisi l’unique opportunité qui me fut offerte ici : la possibilité de progresser dans des domaines privés. Un peu paradoxal non ?

 

Bref, depuis ce soir je continue mon chemin et je ne me retournerai pas souvent. Je laisse sans regret un monde superficiel où l’on s’invente des contraintes au nom des sacro-saintes apparences. Et j’ajoute que je rejoins le camp des gentils, ainsi que le témoigne cette perle de la chanson à texte !

 

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Le flip du siècle. Encore.

28 avril 2009

Aujourd’hui, l’information aux relents apocalyptiques répandant la terreur dans le monde au supplice, c’est la grippe porcine. Il y a de quoi notez, on n’en sait pas grand-chose, déjà plus d’une centaine de morts, potentiellement transmissible entre êtres humains, on a fait un pas en avant depuis la grippe aviaire. Lors de la prochaine grande migration de cochons, on va être beau mal je vous dis !

 

C’est donc le moment d’expédier nos politiques en voyage protocolaire au Mexique, avec visite d’exploitations agricoles, d’abattoirs, de centres d’élevage et de porcheries. C’est le moment d’envoyer de ces petits cochons en plastique, jouets pour les gamins, à nos Sarkozy, Couchepin et Berlusconi pour se faire plaisir ; le cochon, symbole du porte-bonheur, apporte au monde un nouvel espoir. C’est le siècle des miracles, la crise met enfin le monde financier à genoux et le porc lui porte le coup de grâce.

 

Je plaisante, bien sûr, ou plutôt je fantasme. Comme avec le reste, ce sont les petits qui trinqueront ; et les entreprises pharmaceutiques, seconde fierté suisse après les banques, se frottent déjà les serres : vous rappelez-vous des dernières mesures adoptées par le Conseil Fédéral lorsque l’on tremblait devant la grippe aviaire ? Premièrement, on avait acheté à prix d’or un stock démesuré de Tamiflu, le fameux médicament que l’on savait inutile, puisque le virus ne pouvait se transmettre d’homme à l’homme qu’à condition de muter, rendant ainsi le précieux remède obsolète. Pas grave, on a de l’argent. Deuxièmement, des avertissements impérieux avaient résonné dans tout le pays à grand renfort d’articles et de pub, annonçant que le Conseil Fédéral recommandait fortement à tout suisse l’achat de masques anti-pollution, alors qu’il était évident que face à un virus, ils ne seraient d’aucune utilité. Imaginons un instant les rentrées pour l’entreprise suisse qui les produit, ses dirigeants et ses actionnaires, lorsque les citoyens terrifiés font la queue devant les pharmacies pour se procurer, sur l’avis de son propre gouvernement, un truc qui ne sert à rien…

 

Bref, la grippe aviaire a rapporté davantage qu’un disc d’or ; dans un pays comme la Suisse, ou la politique dirigeante et le système de santé (troisième fierté nationale, juste avant l’armée) ne cachent même plus qu’ils ne font qu’un, c’est une véritable aubaine. Alors, la grippe porcine, qu’en feront-ils ? Revêtiront-ils la toge de gourou pour aller prêcher la peur de la fin du monde dans les chaumières ? Vont-ils faire miroiter le spectre de la pandémie mondiale dans l’espoir de prélever encore un peu plus d’argent aux innombrables pauvres du pays, argent qui fait tant envie à nos vingt-deux pour cent de millionnaires ?

 

Dans le rôle du garçon qui criait au loup, bien sûr, la presse ; comptons sur elle pour enflammer la chose, semer la confusion, souffler le chaud et le froid sur une population qui, comme elle en prend l’habitude, se référera à Internet pour s’informer. Pour nos journaux, une pandémie c’est comme une actrice qui se marie, un tsunami ou un bébé ours : une occasion de pérorer, après on s’en fout que ça soit fondé ou non. On sait déjà qu’entre le gouvernement et la presse, il ne se trouvera personne pour prendre ce problème – qui a quand même causé des morts – avec le sérieux requis. Par contre ils ne manqueront pas d’engranger du bénéfice !

 

Mais n’empêche, cette grippe, elle sort d’où ? On avait la grippe aviaire, maintenant on passe à la grippe porcine, avant ça il y avait la vache folle, il y a maintenant régulièrement un gros fléau qui nous tombe sur la couenne et fout les boules à tout le monde. Alors ? Complot mondial ? Coïncidence ? Nature excédée par nos frasques ? Châtiment divin ? Mutation ? Expérience secrète foirée ? On peut spéculer, mais ce qui paraît logique, c’est qu’à jouer les apprentis sorciers on finit par s’en ramasser une en retour. Parce que c’est depuis qu’on a jugé rentable de nourrir ces herbivores de farines animales, de les modifier génétiquement, les cloner ou Dieu sait quoi que les catastrophes se font plus fréquentes.

 

Oui, mais entre la mise en danger de milliers de personnes de par le grand méchant monde et la prime de fin d’année de quelques ronds de cuir qui ont le pouvoir décisionnel, qu’est-ce qui va primer, quand on sait que ces derniers se contrefoutent déjà des conditions de vie désastreuses des bêtes qu’ils engraissent ? Non je rigole, c’est pas une vraie question. N’empêche, je pense qu’il appartient à chacun de freiner un peu sa consommation de viande et d’arrêter de filer du saumon frais au chat toutes les semaines, seule la diminution de la demande changera quelque chose, ne comptons pas sur un revirement des mentalités !

 

Ceci dit, puisqu’on cause santé, arrêtons-nous aussi une seconde sur la prochaine augmentation des primes d’assurances maladies, la deuxième depuis que Couchepin avait promis la stabilisation des coûts pour pousser le grouillot à refuser la caisse unique : quatorze pour cent d’augmentation cette année, les copains. Vos salaires ont-ils suivi ? Quatorze pour cent ! L’excellent Couchepin prenant la défense du pauvre, il propose une alternative : l’assuré paye de sa poche trente balles à chaque consultation. Si on accepte, il devrait peut-être pouvoir stabiliser la hausse annuelle à… Dix pour cent, soit déjà environ beaucoup trop. Et il avance ça comme Zorro annonçant son intervention face aux lubies d’un tyran !

 

Mais les coûts de la santé, dedieu, il ne faut pas limiter leur hausse, il faut les diviser par deux, trois, cinq, dix ! Il faut la rendre abordable cette prime ! Seulement voilà, la hausse des cotisations, on la décide au Parlement. Et les membres du Parlement, les deux tiers sont de droite et bon nombre d’entre eux siègent au conseil d’administration des caisses maladies ! Aberrant ? Oui. Anti-démocratique ? Complètement. Le peuple élit ses représentants, lesquels sont rémunérés par des entreprises pour lesquelles ils travaillent, il y a un problème non ?

 

Peut-être que la prochaine fois qu’il faudra se rendre aux urnes pour élire ces singes, ça ne serait pas inutile qu’on soit un peu plus à voter non ? Quoi qu’il en soit, je joins ici-bas le lien pour l’initiative cantonale du Parti Socialiste, visant à limiter la prime maladie mensuelle à dix pour cent du revenu net, un projet destiné, je cite, à « protéger les assurés plutôt que les actionnaires ». Une idée audacieuse pour un pays comme la Suisse. Couchepin osera-t-il avancer encore qu’accepter cette initiative serait un « retour en arrière » ? Et le pays sera-t-il assez idiot pour ne pas comprendre qu’il a besoin de ce retour ?

 

 

L’initiative c’est par là, signez les gens !

 

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Seconde couche

14 avril 2009

Et ben ça y est, le week-end est fini. Quatre jours, qu’y disaient, ça passe vite quand même. Sachant que plusieurs d’entre vous, amis lecteurs que je salue au passage d’un grommellement peu éveillé, sont encore en vacances, je serais bien tenté de vous exprimer ma pensée, mais je musellerai comme je peux ma mauvaise humeur, pour une fois.

 

Et vu que je ne sais pas quoi vous dire aujourd’hui, je vais zoomer sur une petite info concernant nos potes français d’à côté, ceux-là qui sont mal barrés avec Sarko et tout : leur fameux projet de loi « Hadopi ».

 

Hadopi, c’est un truc un peu louche, un projet de loi sifflant et sournois qui se cache derrière un petit nom sympathique, évoquant plus un paquet de céréales ou un héros toutou de dessin animé qu’une nouvelle restriction signée le nain qui divise même au sein de l’UMP, c’est tout dire. En gros, Hadopi vise à renforcer considérablement les moyens contre le piratage et les téléchargements illégaux ; bref, un truc qui va nous sauver la baraque.

 

Je n’ai pas tellement de précisions, je ne me suis pas vraiment penché sur la chose ; il faut dire que mes recherches d’emploi, la mise à jour de mon dossier de candidature et le peu de travail que j’ai mord déjà considérablement sur mon précieux temps de glandage, ce n’est pas le moment de commencer à vérifier mes sources. Non, ce qu’il faut en retenir, c’est que ce projet, considéré comme trop restrictif, n’a pas passé le cap de l’assemblée nationale ; il fut rejeté par 21 voix contre 14, à la surprise générale.

 

Bon. C’est rare, mais ça arrive. Peu importe, le Petit Nicolas, qui en a vu d’autres, refera voter son truc en temps voulu. Du côté de l’opposition à cette loi, on espère juste qu’il en profitera pour l’assouplir un peu. On ne manque pas d’optimisme, c’est bien, par les temps qui courent.

 

Parce que bon, c’était sans compter sur le fait que le vieux Sarkozy, en voyant qu’on avait refusé son beau projet de loi, il a fait colère tout rouge ! D’après Roger Karoutchi, un type que je ne connais pas non plus mais qui est de l’exécutif, les méchants socialistes se seraient cachés dans les toilettes ou derrière les plantes vertes et les rideaux, ou se seraient déguisés un UMP, allez savoir, pour faire croire qu’ils étaient peu nombreux et désorganisés, courant l’assemblée comme un poulet sans tête, avant de créer le surnombre à la dernière minute et de faire capoter le vote. Un véritable coup de hyène, un truc qui fait relativiser la trahison de Brutus.

 

Réaction, il faut refaire voter ! Sans rien toucher évidemment, en se démerdant juste pour qu’il y ait plus de partisans à cette loi au cours du prochain vote, à savoir les députés bling bling qui se doraient la pilule à Bora Bora durant la session au cours de laquelle Hadopi se cassa les dents. Le tout le plus vite possible, quitte à jouer des coudes sur le calendrier.

 

Du coup, un autre projet de loi, visant, lui, à renforcer la défense de victimes d’inceste, a passé par-dessus bord pour faire de la place à M. Hadopi. Comme quoi, on ne perd pas le sens des priorités. Alors on est d’accord ou pas avec Hadopi, mais je trouve que l’histoire illustre bien l’état d’esprit répandu par Sarkozy : les mineurs abusés par des proches – la définition même de la victime impuissante – ils sont bien gentils, mais ils attendent. Y a une croissance à relancer là, et puis aussi des potes du MEDEF qui en ont marre de paumer du bénéfice à cause de ces sales jeunes archi-fauchés qui téléchargent des MP3 au lieu de faire gentiment la queue à la FNAC.

 

Du côté de l’opposition, on ne cache pas sa déception, affirmant que cette décision est une atteinte à la démocratie. Mais moi je croyais que la crise actuelle avait clairement démontré que notre démocratie, c’est un doux euphémisme pour « oligarchie »… Apparemment on garde le sens de la mascarade. Mais quand même, privilégier la répression des téléchargements illégaux par rapport aux victimes d’inceste, on a beau être habitué au cynisme de notre société, c’est carrément glacial !

 

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Neige ou soleil ?

9 avril 2009

Pour le vaillant prolétaire déjà épuisé par quatre dures journées de labeur, le week-end s’apprête à frapper tout sourire et avant l’heure à la porte du bureau, ou du garage, ou du commerce, ou de tout ce que vous voulez qui soit susceptible de renfermer un vaillant prolétaire. Eh oui, demain, c’est férié.

 

C’est férié, car on fête joyeusement la douloureuse mise à mort d’une des nombreuses personnes à avoir payé de sa vie le fait d’avoir délivré un message de paix (comment ça je fais des raccourcis ?). Parce que ça fait un peu plus de deux mille ans que Lionel le Messie a gravi le mont Golgotha affublé d’une couronne d’épines et en traînant une lourde croix pour y trouver la douleur et la mort, évènement que l’on célèbre en mangeant des lapins en chocolat et des œufs aux couleurs bigarrées.

 

Et justement, puisqu’on parle du Dieu d’Amour, du sacrifice de son fils et de son message de paix, arrêtons nous quelques instants sur une récente nouvelle concernant le représentant de la Sainte Eglise Catholique, le très respecté Saint Père Benoît XVI : un député autrichien est tombé dernièrement sur un article véhément écrit par un certain cardinal Ratzinger et publié en 1998 avec le consentement de son auteur dans la revue « Dia Aula », un magazine d’extrême droite.

 

Du côté de l’Eglise, on a bien tenté de monter un gros mensonge pour botter en touche, mais sans succès. Personnellement je ne comprends pas pourquoi : après des siècles d’obscurantisme, de chasse aux sorcières et de mises à mort arbitraires, après avoir cautionné les génocides dans le Nouveau Monde, brûlé des millions de chats sur un gros bad trip et du coup déclenché la grande peste, créé la Sainte Inquisition, torturé et mutilé des innocents pour affirmer son pouvoir, amassé des richesses incomparables sur le dos des fidèles qui craignaient pour leurs âmes, après avoir cautionné le sida en Afrique, fermé sa gueule pendant la seconde guerre mondiale, nié les maux qu’elle a causé dans le monde entier au cours des siècles et abusé de milliers d’enfants, je ne vois vraiment pas pourquoi l’Eglise s’emmerde à essayer de faire croire qu’elle est une institution ouverte et opposée à l’extrémisme.

 

Enfin bon, cela ne doit pas nous détourner d’un des derniers bienfaits qu’apporte la religion chrétienne : le week-end de Pâques et ses quatre jours de glande. Alors, que faire de cette fin de semaine bien méritée ? Personnellement, je compte me tourner les pouces et rien foutre.

 

Mais beaucoup choisiront le dépaysement : en effet, le week-end de Pâques est la jointure entre deux évènements capitaux, à savoir les dernières neiges et les premiers jours de beau. Alors les amis, pour quoi allez-vous opter ? La neige pâteuse et semi liquide cédant sous les assauts d’un soleil de plomb et qui, en cas de chute, vous trempera plus encore qu’un plongeon dans la piscine municipale du coin ? Ou le barbecue sous un soleil radieux faisant oublier que le fond de l’air glacé se fera une joie de vous prendre en traître et de vous renvoyer au charbon grippé et enroué ?

 

Dans tous les cas, armez-vous de patience, quelle que soit la destination sur laquelle s’est porté votre choix, plein de salauds d’automobilistes vous ont piqué sans vergogne votre idée pourtant brillante. Donc des bouchons sont annoncés sur à peu près toutes les routes du pays. Alors plutôt que vous énerver au volant, restez zen et ayez une petite pensée  pour les bougres qui continuent à assumer leur foi en un dieu qui se voit continuellement traîné dans la boue par ceux qui prétendent parler en son nom.

 

Et puis surtout, joyeuses Pâques, mes lapins !

 

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Bouffée d’optimisme

27 mars 2009

Juste un petit mot vite fait avant le week-end pour souligner un fait qui me remplit de joie et d’optimisme, qui me redonne foi en l’avenir et en l’être humain : un pas déterminant a été accompli en direction de la victoire sur la crise.

 

Et c’est vrai. Alors qu’on pourrait craindre l’énorme récession mondiale qui nous pend au nez, alors qu’on pourrait se lamenter de voir que l’argent de notre pays endetté a servi à payer les bonus des cadres richissimes de l’UBS, alors qu’on serait légitimement en droit de se demander où va ce capitalisme qui se casse la gueule dans le monde entier sans qu’aucune ébauche de solution ne se dessine, alors que le nombre de sans emplois va exploser ces prochains mois, alors que l’on estime dans certains milieux que la crise pourrait durer plus de 20 ans, alors que les responsables de la situation continuent à amasser des fortunes insolentes…

 

…On peut enfin assister ces jours-ci à une prise de décision digne de ce nom : on ne parle plus de récession, mais de « croissance négative ». Ouf.

 

Depuis des mois qu’on planche là-dessus, on a fini par inventer un nouveau concept pour définir ce naufrage sans trop heurter les sensibilités.

 

Tout va bien donc, nous pouvons retourner à nos emplois précaires et nos horizons opaques, le problème est entre de bonnes mains, à savoir celles qui nous ont plongé dans la gadoue.

L’esprit libre et serein, nous pouvons rajouter de l’argent aux quelques 2300 milliards d’euros qui ont déjà été versés par les états occidentaux depuis le début de la crise pour sauver ce système dont seule une restructuration complète, voire la chute, offrira des perspectives d’avenir à la majorité des habitants de la planète bleue.

Nous pouvons sauter dans nos bagnoles et les bourrer d’essence hors de prix pour rejoindre, le temps d’aller bosser, les quelques 800 millions de véhicules qui circulent quotidiennement dans nos villes et nos campagnes et promettent aux futures générations déjà à genoux financièrement un cauchemar écologique, social et climatique.

Nous pouvons continuer à nous offusquer du tort causé au secret bancaire, lequel, déjà à la fin des années 80, offrait un abri sûr aux quelques 500 milliards de dollars que rapportait le juteux business de la drogue dans le monde.

Nous pouvons retourner à nos légitimes inquiétudes, par exemple espérer que le naufrage de l’industrie automobile et les dizaines de milliers de postes supprimés n’affecteront ni le salon de l’Auto, ni les quelques 21′000 euros touchés à l’heure par le président de Porsche.

Nous pouvons continuer à protéger nos intérêts et faire en sorte qu’aucune des 960 millions de personnes souffrant de faim chronique dans le monde ne vienne manger NOTRE  pain dans NOTRE pays.

 

Bref, nous pouvons faire pleinement confiance aux responsables de la crise pour réparer les pots cassés et retrouver rapidement les quelques 20′000 milliards d’euros partis en fumée en quelques mois, ainsi qu’aux partis politiques qui rampent à leurs bottes. Et surtout, on ne s’inquiétera pas de savoir que nos avenirs sont entre leurs mains, eux qui déjà maintiennent le niveau de vie de populations entières au plus bas pour maximiser leurs primes de fin d’année. Et souhaitons que cette solution vienne au plus vite sauver cette société qui prône ouvertement l’inégalité, l’exploitation et la manipulation.

 

Comme quoi, il serait temps de faire quelque chose pour river le caquet à tous ces pessimistes qui nous gonflent avec leurs mauvaises nouvelles ! Et dans l’attente des très prochains jours meilleurs, je vous souhaite un bon week-end !

 

(Chiffres cueillis ici et là sur les blogs de la RSR – Radio Suisse Romande pour nos amis gaulois – et plus particulièrement dans les articles d’Eric Grosjean.)

 

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Blancs comme neige

9 décembre 2008

Pour schématiser à l’extrême, on peut dire que dans notre mode de vie communautaire, on compte deux façons distinctes d’affronter les affres de l’existence, à savoir en couple ou en semi-couple. Sans entrer dans les détails, on notera juste que chaque style de vie à ses avantages et inconvénients et que, dans le cadre de la vie en couple, on déplore parfois des confrontations entre hommes et femmes.

 

Evidemment, direz-vous, la femme est si souvent vile, veule et sournoise, mais à cela cette dernière répondra – pas tout à fait à tort en plus – que c’est tout de même un argument un peu simple (et souvenons-nous que la femme aime compliquer les choses).

 

Bons joueurs, les hommes voudront bien admettre ne pas toujours être complètement étrangers aux ridicules rixes qui leur sont continuellement cherchées. Mais dernièrement, un groupe de scientifiques suédois a mené une étude avançant qu’un gène masculin ne serait pas étranger aux crises de couple.

 

Alors mesdames, s’il vous plaît, vous voyez bien qu’on fait des efforts, mais vous comprenez, c’est dans nos gènes ! On n’y peut rien au final, nous aimerions tant nous façonner à votre image pour vous plaire, mais hélas ! La nature elle-même se met sur notre chemin !

 

Songez-y la prochaine fois que votre partenaire bourré vous traite de cruche et se comporte en wisigoth, le pauvre hère n’y peut rien, plus tard il le regrettera, c’est la nature qui s’exprime, mais ça lui passera, tout ce qu’il vous faut c’est un soupçon de patience ! (D’ailleurs, il y a fort à parier que cette petite crise temporaire et malheureuse arrivera plus vite à terme avec une bière bien fraîche et quelques mots doux.)

 

C’est dur d’être un homme !

 

Merci à TT02 pour le lien !

 

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Web c’est bien

25 novembre 2008

Internet, c’est quand même formidable. Ça a bouleversé nos vies et nos habitudes en mettant à disposition de chacun un puits sans fond de connaissances et de données dans lequel il n’y a qu’à plonger pour en ressortir plus instruit.

 

Que ce soit pour approfondir ses connaissances en divinités de l’Olympe, pour accroître sa culture générale en zoologie ou simplement pour se détendre devant les performances de grands humoristes, Internet rend toute information accessible par un simple clic.

 

Toutefois, on reconnaîtra qu’il n’est pas forcément évident de tomber sur l’information souhaitée. Parfois, on est même surpris de voir où une innocente recherche peut nous amener, un peu comme quand je suis tombé sur des photos de japonaises sur des toilettes alors que je cherchais un site dédié aux petits elfes dans les bois (authentique)(évidemment)(sinon ça rimerait à quoi, hein ?).

 

Et à l’inverse, on peut être aussi très surpris de voir quel genre de requête a amené des internautes sur ce blog, probablement un jour où leur moteur de recherche avait eu la main un peu lourde à l’apéro. Je vous en donne un ou deux exemples en vrac, recopiés fidèlement :

 

« Miss suisse  2008 merde multiculturelle »

(Comme quoi la dernière lauréate en date de notre combat de reines de beauté ne fait pas que des heureux.)

« Rayon frais saucisses pour salopes »

(Requête soulevant à juste titre le fait que l’on ne trouve pas encore de tout dans nos supermarchés.)

« Laboratoir pour billet noir suisse »

(Là je vois vraiment pas.)

 

Et encore, il y en a d’autres. Par exemple, un internaute est un jour arrivé ici en ayant bêtement rentré « Barnetta » dans son moteur de recherches et je me demande combien de milliers de pages ont défilé avant qu’il ne soit aiguillé ici. Parce que bon, le brave Barnie il est bien sympa, mais je n’aborde pas très souvent le sujet non plus…

 

M’enfin, tout ça pour dire que si ce genre de recherches un peu bizarres vous fait sourire, sachez qu’un blog répertorie toutes les requêtes de ce genre. Ça se passe sur http://follesrequetes.canalblog.com/ et c’est plutôt marrant.

 

(Sinon ça va, mais le concierge continue à me gaver en gazouillant dans les couloirs. Jamais imaginé qu’on puisse faire autant de boucan en sifflant, dedieu ! Je vais lâcher un gros matou dans la cage d’escalier, tu vas voir, y aura un méchant raffut paniqué et il va me le ramener tout dépiauté, ce con de piaf !)

 

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Renouveau

5 novembre 2008

Beaucoup disaient que ça n’arriverait jamais ; certains même se fendaient d’un sourire ironique voire émettaient un rire narquois. Et pourtant.

 

La plupart arguaient qu’ils n’étaient pas prêts, que les mentalités feraient la différence, qu’ils auraient peur.

 

On pensait qu’ils seraient impressionnés, naïfs ; que le manque d’expérience jouerait un rôle prépondérant lors de la décision finale et qu’à terme il ne resterait que des cendres des valeurs tant mises en avant. Et souvent résonnait le même argument : « souviens-toi ce qui s’est passé la dernière fois ! »

 

Pourtant, l’espoir était là, c’est indéniable ; malgré les travers du passé, une nette tendance à regarder vers l’avenir, à garder la tête haute et à revendiquer le changement tant souhaité s’était manifestée. Et pas seulement parmi les partisans, mais aussi au sein de toute une nation qui, ce soir-là, n’avait d’yeux que pour cette confrontation historique.

 

Surtout, après les troubles de ces derniers temps, le combat qui se jouait ce soir était capital : on se battait en effet pour l’image, pour l’identité culturelle, pour l’honneur, pour l’avenir.

 

Si on se laissait rattraper par le pessimisme, les raisons de ne pas y croire ne manquaient pas. L’histoire sur ce point est évocatrice et les coups de théâtre plutôt rares en ce milieu. Surtout, en face, il y avait une machine bien huilée qui n’avait plus besoin de faire ses preuves. Mais encore une fois, les déceptions passées avaient un rôle à jouer.

 

Quoi qu’il en soit, il a été démontré que rien n’est jamais gagné avant la fin. Et au terme d’un duel épique quoi que correct, le résultat est tombé comme la foudre et a donné tort aux spéculations : Bâle a su faire match nul face au FC Barcelone.