Archive de la catégorie «S'instruire avec Labo»

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Adieu pupuce

25 juin 2009

On va commencer par une métaphore évoluée : l’inspiration est comme un large fleuve qui alimente diverses zones du cerveau d’un blogueur, zones généralement vouées à la culture de l’ironie, du sens critique, du facteur grande-gueule et de l’auto attribution du droit sacré de juger bassement son prochain. Voilà. C’est juste pour dire que chez moi, avec l’été, c’est pas vraiment la saison des crues. Oui je sais, vous l’aviez vue venir. Mais je dois confesser que nombre de débuts de billets ont dernièrement rencontré un destin brutal par le biais de la fonction « vider la corbeille » de mon ordinateur au cours de laquelle leurs cris de détresse se sont élevés à l’unisson. Chochottes.

Mais bon, puisqu’on en est là, autant laisser de côté mes sujets habituels (la presse, le boulot, les gens, la presse, le boulot…) et revenir sur un point que j’ai trop longtemps laissé de côté : l’instruction. C’est toujours bien, passe-partout, ça plaît et on peut pas critiquer sans passer pour un plouc. Donc hop, culture !

Je propose que l’on s’intéresse à nouveau à la zoologie ; la dernière fois nous nous étions penchés sur cet admirable ruminant qu’est le phacochère et la connaissance ainsi acquise de ses mœurs et de son mode de vie avait joué un rôle prépondérant dans le rapprochement de nos deux espèces. Aujourd’hui, pour demeurer dans un registre à peu près similaire, je vous propose un exposé sur la puce.

LA PUCE donc 

Sous un nom un peu ridicule, la puce cache une appellation romaine nettement plus classe, à savoir « Siphonaptera », qui conviendrait bien à la méchante d’un film américain sur l’Egypte antique. C’est un petit insecte ectoparasite – donc une bête qui parasite l’ecto, mais pas le verso – dont le mode de vie consiste le plus généralement à se taper l’incruste là où on ne l’a pas invité, ce qui lui réussit bien puisqu’on en a recensé au cours d’études sûrement passionnantes pas moins de 2500 familles à travers le monde. Il faut admettre que l’évolution et la diversité de cette espèce à quelque chose d’étonnant, comme en témoignent ces divers clichés :

Puce standard Puce standard

 

 

 

 

 

Puces sauteusesPuces joueuses

 

 

 

 

 

Puce évoluée Puce évoluée

 

 

 

 

Emplie de courage et animée par une puissante soif genre vendredi soir à l’heure de l’apéro, la puce saute sans crainte sur sa proie pourtant nettement plus grande qu’elle, défait ses affaires et squatte les lieux sans vraiment chercher à se faire trop remarquer. Au cours de son séjour, la puce se nourrit du sang de sa proie qu’on lui souhaite sobre et l’on notera d’ailleurs que cette tendance est particulièrement bien dans le ton « énergies renouvelables » de notre société, en opposition avec le puma, pour ne citer que lui, qui préfère étouffer sa proie pour ensuite l’engloutir en entier, sans rien laisser pour les copains, pratique déjà plus dans le ton « milieu de la finance ».

Pour conclure, on retiendra surtout que la puce est une bébête qui se nourrit du fluide vital d’autrui et reste accrochée à sa proie jusqu’à ce que cette dernière finisse exsangue ou ne prenne les mesures nécessaires pour chasser le parasite. Et puisqu’on est sur le sujet, je tiens à souhaiter une bonne retraite à Pascal Couchepin, ministre de la santé démissionnant devant la situation désastreuse du système de santé après avoir assuré une fortune considérable aux pontes du secteur et aux caisses maladies.

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Quitte à être malade…

8 mai 2009

…autant que ce soit parce qu’on a bien bouffé.

On n’insistera jamais assez sur l’importance d’une alimentation saine, riche en vitamines, fibres et protéines, variée et équilibrée, constituée comme il se doit de cinq fruits et légumes quotidiens, rayon produits frais. C’est d’autant plus important de nos jours où le travailleur, soumis aux cadences infernales du Grand Capital, bosse d’arrache-pied toute la semaine, ne comptant pas les dépenses d’énergie pour tamponner comme il se doit un document ou expliquer les causes de son retard à son chef. Au milieu de l’intense bataille qu’est le travail au quotidien, il convient logiquement d’alimenter comme il se doit le fourneau à grain.

Du reste, lorsque l’on s’abandonne au régime sandwich au thon – portion de frites un peu trop longtemps, on s’aperçoit bien vite que la machine est grippée. Privé de forces, on s’affale mollement dans une inactivité somnolente conduisant à l’embonpoint menaçant notre silhouette de rêve. Ce qui ne doit pas arriver à l’approche de l’été.

Tout ceci m’amène à partager aujourd’hui une recette improvisée, rafraîchissante et fruitée que je vous cède de bonne grâce et qui ira enrichir notre rubrique « gastronomie du gourmet ». Je vous livre l’expérience en bloc, ce qui vous vaudra peut-être de distinguer certain abus qu’il est recommandable d’éviter.

Glace et coulis de framboises :

· Rentrer pompette au terme d’une soirée ligue des champions – pizza – sandwich – cake – bières – chips. Se sentir inexplicablement ballonné et diagnostiquer un besoin de sucre. Regarder dans le frigo et constater qu’on a du rab de framboises.

· Balancer les framboises dans une casserole, les broyer au fouet et y ajouter une tombée de sucre glace, remarquer qu’on n’a plus de sucre glace, du sucre tout court ça ira très bien.

· Rajouter un tout petit peu de flotte et une lichette de kirsch. Chauffer doucement et se rappeler qu’il est minuit passée, se demander quel esprit malade nous possède pour qu’on se retrouve à une heure pareille au fourneau alors qu’il aurait été tellement plus simple – et plus sain – de manger un bol de céréales.

· Verser le coulis une fois chaud sur une portion de glace. Constater qu’on a dix fois trop de coulis et rajouter de la glace. Toujours trop, encore une couche. Bigre, la belle assiette ! L’alcool aidant (ou pas), se dire qu’on va bien réussir à bâfrer tout ça.

· Bâfrer tout ça effectivement, ignorer les semonces du foie. Une fois le repas terminé, bouquiner un moment et constater comme un coup de mou, ce doit être la fatigue. Aller se coucher, se réveiller plus tard avec la vieille tripe qui crie à l’aide. Assumer ses c…

Bon appétit !

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Le guide des parfaits préliminaires

7 avril 2009

…à un entretien d’embauche.

 

Voilà, désolé pour le titre faussement prometteur, mais j’ai postulé à « Le Matin » et ai indiqué le blog dans mon CV (il faut pas dire « curriculum vitae » si on n’a pas fait l’université paraît-il, alors si comme moi vous êtes un pécore pouilleux et navrant d’acculture vous dites juste « cévé »), alors je montre que j’ai bien saisi les ficelles du métier pour capter l’attention du public. Donc aujourd’hui nous allons parler de l’entretien préliminaire.

 

En étudiant scrupuleusement les conseils savamment distillés sur jobs.ch, j’ai repéré quelques petites recommandations simples et concises quant à l’attitude à adopter lors d’une prise de contact. Comme je suis pour le partage et l’échange de connaissances, je vous livre la chose en y ajoutant, dans le but louable d’approfondir la réflexion, mes conseils personnels en italique, conseils que tout bon DRH ne manquera pas d’applaudir en poussant des cris stridents d’approbation.

 

Entretien préliminaire (c’est le titre)

 

L’annonce semble formidable, le poste vacant correspond parfaitement à vos attentes. On essaie de se mettre dans un contexte optimiste, quitte à exagérer un peu. Alors dans cet exemple, le travail de vos rêves existe. Mieux, on veut bien vous payer pour le faire. Pour se situer dans un cadre plus établi et donc plus simple à se représenter, mettons qu’il s’agit d’une annonce de fondeur de cloches. L’unique problème est le suivant : il est précisé que les connaissances en langues étrangères constituent un facteur absolument indispensable pour ce poste (ce qui colle assez bien au fondeur de cloches). Mais il n’est indiqué nulle part de quelles langues il s’agit. D’accord, même les rédacteurs des annonces peuvent oublier certaines choses. Personne n’est infaillible. On se place dans un cadre de plus en plus précis. Aujourd’hui, « comment répondre à une annonce incomplète du job de vos rêves écrite par un rédacteur étourdi ».

 

Si vous avez des questions, il est tout à fait justifié de vous renseigner directement auprès de la personne mentionnée dans l’annonce. Ce faisant, vous pouvez insister sur l’intérêt que vous portez à ce poste (dites : « ‘faut bien bouffer ! »). Si la conversation s’est bien déroulée, il est même possible que la personne se souvienne de vous (si la conversation s’est particulièrement mal déroulée aussi. Ce qui est important, c’est de marquer les esprits). Pour cela, vous devez absolument garder à l’esprit que vous devez faire bonne impression pendant toute la durée de l’entretien. Et là j’aimerais dire au rédacteur de l’article que merci, mais on n’est pas encore complètement à la masse, on devine bien qu’il faut éviter de donner de soi l’image d’un anarchiste sournois et pervers qui branle rien de la journée à part exhiber ses piercings, boire de la bière, chanter des chansons grivoises et insulter ses chefs.

 

La politesse et l’amabilité sont primordiales. Vous devez vous efforcer de parler distinctement (pas trop quand même, c’est pas un chaton non plus) et de formuler vos questions et réponses de façon concise et précise. Ces personnes ont autre chose à faire que de bavarder avec vous. (Merci de nous rappeler qu’on est chômeur.) Si possible, adaptez votre rythme de parole à celui de votre interlocuteur (évitez quand même de trop parler comme lui, il n’est pas garanti qu’il apprécie les imitations, surtout si vous insistez trop sur l’accent, la tonalité, le zézaiement, les toc et les raclements de gorge) et laissez-le toujours s’exprimer. (Quand il commence à vous parler de sa mère d’un ton ému c’est que vous avez gagné sa confiance.)

 

Il est important de mener cette conversation dans une ambiance positive. Vous devez donc vous efforcer de donner une impression d’optimisme et de confiance en vous. (Souriez pour voir…) (Houla, pas tant que ça !) Pendant un entretien, la confiance en soi est généralement mieux perçue que la timidité et l’incertitude (vous aurez au moins appris quelque chose) mais ne vous laissez pas entraîner sur la mauvaise pente et ne faites pas comprendre sans arrêt à votre interlocuteur que vous êtes le mieux qualifié pour ce travail. De toutes façons il sait que c’est du flan et des agités comme vous il en entend du matin au soir, ça fait dix ans qu’il ne peut plus les supporter, vous pensez bien qu’il faut éviter d’aller le chatouiller sous le menton !

 

Cela dit, voilà qui devrait faire une bonne base. Si on résume, donc, en synthèse ça donne ça : soyez poli et confiant.

 

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Monde du travail, me voilà !

30 mars 2009

Chaque seconde qui meurt me rapproche du moment fatidique où je serai mis à la porte à grands cris par le personnel de sécurité qui, sourd à mes pleurs, me traînera jusqu’à la rue pour m’envoyer bouler à coups de pompes dans le train dans le plus proche caniveau sous les quolibets de la foule. J’ai beau retourner le problème dans tous les sens, je ne vois pas vraiment de solutions ; hurler de ma petite voix grêle et affolée en m’accrochant aux meubles et aux portes me paraît aussi hasardeux que néfaste pour ma réputation.

 

Alors soit, optons pour la dignité, le mieux est sûrement de me résigner à affronter les salles d’attente bondées de l’Office Régional de Placement, de remplir comme il faut la grosse centaine de fiches de toutes les couleurs qui me sera remise et de suivre sans rechigner – et pour la troisième fois – la séance informative qu’ils nous collent à chaque fois. Et surtout, bien sûr, il va me falloir un dossier de candidature en béton, beau, propre et clair, actualisé, rénové, soigné, retravaillé, nettoyé, amélioré, lustré, brossé et ripoliné,  appelant d’une voix suave à être consulté puis adopté, incitant à une confiance aveugle et dégageant une délicate fragrance de jasmin et de lavande. Bref, un gros et beau tas de papier qui montre bien à tout le monde comme je suis un bon garçon.

 

Pour ce faire, ce ne sont pas les références qui manquent, il suffit de taper « recherche d’emploi » sur gougueule pour crouler sous les recommandations, les méthodes, les conseils, les démarches et tout le tremblement. Des sites très pros, efficaces et clairs, c’est à se demander comment on a encore des chômeurs. Et puisque la chasse au taf sera mon quotidien avant peu, autant poser par écrit le fruit de mes cogitations et de mes expériences dans ce domaine, ainsi ce blog, déjà une référence culturelle, théologique et mystique, deviendra en plus un vaste portail de l’emploi.

 

Je vous colle ci-après quelques conseils basiques pour monter votre propre dossier, des recommandations préliminaires à appliquer à la lettre pour avoir une chance d’attirer l’œil sec du Directeur en Ressources Humaines (DRH) et de le pousser à consulter votre demande plutôt que de la balancer directement à la corbeille avec un reniflement dédaigneux. Comme on peut déplorer un regrettable manque de rigueur de la part de l’auteur, je me permettrai d’ajouter quelques précisions.

 

CV : pour « Curriculum Vitae » et non pas « Crâne de Varan », on s’est tous fait avoir une fois.

Une photo récente : si possible de vous, même si ce n’est pas précisé. Le DRH se contrefout de votre cochon d’Inde.

Copies des certificats de travail : typiquement le genre de requêtes à formuler avant de quitter la boîte, les démarches ayant tendance à prendre plus de temps une fois que vous avez fait voler en éclats toutes les vitres du bureau des RH en claquant la porte.

Copies des diplômes et des certificats : là aussi, on parle des vôtres.

Liste des références : c’est là que vous mettez les numéros de vos copains (copines si vous vous adressez à une dame), en changeant les noms et les fonctions. L’occasion de se faire un peu mousser à bon compte, par exemple en glissant subrepticement un « Roger Federer » ou « Bob Morane » au sein de vos références. Evitez de citer Madoff.

 Echantillon d’écriture manuscrite (si précisé dans l’annonce) : Ce n’est pas bon signe, mais baste,  il faut s’y plier. Dans ce cas, joindre au dossier de candidature votre dernière liste de commissions. Toutefois, vous êtes bons pour vous dire que votre beau dossier innocent finira entre les mains d’un zélote mystique qui va analyser votre écriture sous tous les angles et déterminer que vous êtes plutôt fermé car vos « o » sont petits et secs, peu ambitieux car vous mettez trop bas la barre aux « t », pas assez appliqué car vos points sont décalés sur les « i » etc. Si vous n’êtes pas engagé, ce n’est pas forcément plus mal.

Lettre d’accompagnement : oui, ils font bien de le préciser ; si vous envoyez votre dossier, il faut quand même prendre en compte le fait que le DRH doit savoir pourquoi. C’est là qu’intervient la lettre d’accompagnement.

 

En plus de tout cela, il convient de connaître un point important, trop souvent négligé d’après mes sources : la présentation. Alors pour ceux qui ne le savent pas, voici en primeur une de ces petites astuces qu’il faut connaître, un tuyau subtil qui, contrairement à ce que l’on pourrait penser, pèse un certain poids dans la balance : un dossier soigné, bien présenté, lisible, aéré et complet sera plus attrayant qu’un gros tas de torchons chiffonnés, à moitié à l’envers, pleins de taches d’encre, de pinard et de café, avec des miettes, des couennes et un cul de joint au fond de l’enveloppe, le tout fleurant bon le tabac froid et l’urine de chat.

 

Autre chose, c’est toujours bien de préciser qu’on parle anglais. Alors let’s call it a day et bonne soirée, on reviendra prochainement sur d’autres questions que se pose cet être énigmatique et peu matinal qu’est le demandeur d’emploi.

 

(Propos ramassés ici : http://www.jobs.ch/fr/tipps/bewerbung/index.php. Je vous donne l’adresse, après vous en faites ce que vous voulez hein !)

 

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Billet treize intéressant

12 mars 2009

trouvez l'erreur A l’heure actuelle, nous essayons tous de paraître indifférents, décontractés et relax, mais nous savons qu’il n’en est rien. L’ombre grandit. D’abord une appréhension, une angoisse sourde qui va s’amplifiant au fur et à mesure que les jours passent, jusqu’à devenir l’intense et oppressante poigne glaciale de cette peur aveugle qui nous étreint : vendredi 13 approche.

 

Ainsi, demain, rien ne sera comme d’habitude. Dès le réveil, ce si caractéristique noeud à l’estomac occupera toutes nos pensées. On fera preuve de toutes les précautions du monde lors de la douche matinale – glisser sur une savonnette est si vite arrivé – et on craindra, en se brossant les dents, outre de s’étouffer, de briser inopinément le miroir. Toute la journée, notre attention sera focalisée sur tout ce qui peut, de près ou de loin, s’avérer dangereux. Pour moi qui travaille dans un bureau, je ne compte plus les risques que j’encours ; par exemple, je pourrais me casser la gueule en me balançant sur ma chaise, m’électrocuter avec mon ordinateur, m’éventrer avec un ouvre lettre, m’ébouillanter avec la cafetière, m’énuquer avec mon dossier, m’étrangler avec le fil du téléphone, la liste est aussi longue que terrifiante !

 

Néanmoins, essayons un instant de dompter notre effroi et de remonter le temps à la recherche d’une éventuelle source de cette malédiction ; après tout, peut-être qu’en apprenant à le connaître on finira par trouver une parade à ce terrifiant vendredi 13 !

 

Alors, que nous dit monsieur Ouiki ? D’abord, que le nombre 13 est un nombre premier jumeau avec 11, un nombre premier cousin avec 17,  un nombre premier sexy avec 19 et 7, que sa notation est DA en base bibi-binaire, que c’est aussi un nombre étoilé et premier super singulier. Ça, c’est fait, c’est toujours bon à savoir.

 

Ah, quand même un petit mot sur la crainte qu’il inspire. Premièrement, sachez que la peur du nombre 13 se nomme « triskaidékaphobie » et que celle du vendredi 13 la « paraskevidékatriaphobie », termes que l’on place rarement plus de deux fois par semaine.

 

Les origines de notre crainte légitime de ce nombre maudit pourraient remonter au temps du Christ, car on considère que Judas était la treizième personne présente à la Sainte Cène, voire même à l’antiquité, lorsque Philippe II de Macédoine, au IVème siècle avant J.C., ajouta sa statue aux douze représentations des Dieux (c’est bien d’être conscient de sa valeur) et fut assassiné peu de temps après. C’est vrai ça : demandez à n’importe quel superstitieux les raisons de ses craintes et il vous sort aussi sec l’histoire complète de Philippe II de Macédoine.

 

En outre, la treizième lettre de l’alphabet hébreu représentait la mort, de même que la treizième carte du tarot, qui montre la Grande Faucheuse en train de bosser. Une autre raison parfois évoquée est la disparition des sociétés mayas et aztèques, dont les calendriers comptaient vingt mois de treize jours. Encore que sur ce dernier point, il n’est pas impossible que ces civilisations soient plus tentées d’accuser les espagnols (ça porte malheur un espagnol, demandez à Federer) plutôt que leur calendrier.

 

Sinon, on estime aussi que Adam et Eve ont croqué dans la pomme un vendredi.

 

Juste avant le week-end ! Faut vraiment pas être con !

 

On remarquera toutefois que malgré la place importante de la superstition dans notre société, personne ne s’est jamais plaint de recevoir un treizième salaire.

 

 

 

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Longue journée

10 mars 2009

woman powaLe 8 mars, sous son aspect débonnaire de paisible journée oscillant entre le soleil printanier et la fraîcheur hivernale, n’est pourtant pas une date comme les autres : c’est la journée des femmes. C’est-à-dire une journée au cours de laquelle il est bon ton de considérer d’un regard critique les inégalités entre les sexes dans le monde, mais par contre où il n’est pas nécessaire d’acheter des fleurs, ça va bien merci, on ne va pas nous refaire le coup de la Saint-Valentin.

 

 

C’est donc une journée au cours de laquelle les femmes en général font passer leurs messages, rappelant que non les copains, la condition féminine n’est pas toute rose dans tous les pays, que leurs droits sont encore bafoués dans bien des lieux sordides et qu’on estime à un milliard le nombre de femmes battues dans le monde (et donc pas mal plus de femmes engueulées), ou une sur cinq, où bien d’autres chiffres, on n’a jamais été tellement d’accord là-dessus, ce à quoi est généralement répondu « une femme battue, c’est déjà trop ». Ce qui n’est pas faux, notez. C’est toujours très désagréable de se le faire rappeler sur un ton aussi sec, certes, mais fallait pas contester ces chiffres aussi, c’était pas malin ça l’ami !

 

Enfin, c’est là journée où glosent les bons machos de la droite dure que l’on entend pérorer dans les micros que « chez nous, c’est toute l’année la journée de la femme », femme qu’on n’a jamais vue, forcément, elle est au fourneau.

 

« Mais pourquoi le huit mars ? » Demanderez-vous avec cette remarquable sagacité qui caractérise la pertinence toujours affûtée de vos interventions édifiantes. Et bien parce que le 8 mars 1917, à Saint-Pétersbourg,  alors capitale de la Russie, les ouvrières défilent pacifiquement pour réclamer du pain et le retour de leurs hommes partis au front. Personne ne se doutait que cela serait le premier jour de la révolution russe, annonciatrice d’une période bien sombre pour ce pays trop grand. Bref, quatre ans plus tard, le 8 mars 1921, Lénine déclare l’avènement de la journée des femmes en souvenir des manifestantes de Saint-Pétersbourg, date qui sera progressivement adoptée dans bien d’autres pays du monde civilisé, jusqu’au nôtre, comme quoi tout arrive. En outre, au début des années 1900, plusieurs manifestations féminines sont recensées en ce même jour, notamment à Oslo ou à New York.

 

Bien que l’on manque de références historiques pour certifier l’origine de la journée des femmes, les points cités ci-dessus ont été préférés à d’autres évènements aussi survenus un huit mars, tels que :

 

1790 : maintien de l’esclavage dans les colonies après une brève remise en question.

1893 : début du procès du Scandale de Panama.

1933 : le ministre de l’intérieur de l’Allemagne nazie, Wilhelm Frick, annonce à la communauté européenne la construction de camps de concentration (en passant, je suppose, certains détails sous silence).

1950 : le maréchal Vorochilov annonce que l’Union Soviétique détient l’arme atomique.

1989 : la loi martiale est décrétée au Tibet par la Chine.

 

Sinon, et bien c’est la fête aux Etienne, aux Humphroy, au Pons et aux Jean.

 

Alors bonne fête les gens !

 

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Dans la famille suidés je demande l’artiodactyle

26 février 2009

phacochere au boulot

« Labo, tu es gentil et drôle – et très beau, avec tes yeux de jade, ton visage d’albâtre et tes cheveux de bronze (c’est vrai que c’est joli, mais c’est un peu lourd quand même) – mais tu ne dois pas oublier que beaucoup de gens viennent ici pour s’instruire, tu as une mission, une charge, un sacerdoce ! »

 

C’est en ces termes que ma tendre Grouchenka Alexandrovna Oligovn-skaya m’a rappelé à mon devoir, ses yeux azur plantés dans les miens. Je me lève, saisi par la sagacité de ses paroles et me rends au balcon, tenant mes draps blancs enroulés à la taille. Laissant le vent matinal mordre mes chairs pour dissiper l’engourdissement nocturne, je projette mon regard vers les étoiles s’estompant doucement à la clarté aurorale.

 

Mes souvenirs m’emmènent loin en arrière, dans le monastère couronnant les cimes enneigées des montagnes du bout du monde. La voix de Kung Liu Po, mon vieux et vénérable maître, (puisse son âme trouver la paix parmi les saints) résonne avec écho dans les méandres de ma mémoire : « le vrai Sage se concentre sur l’essentiel ; chacun de tes actes doit viser à améliorer et harmoniser ta vie de tous les jours ! » Et de m’apprendre ensuite à briser cinq pains de glace avec ma tête.

 

« Vieux maître », me dis-je la larme à l’œil, « vous avez raison. J’enseignerai. J’apprendrai aux gens à améliorer leur quotidien. » Ainsi, joignant le geste à la parole, je vous parlerai aujourd’hui du phacochère.

 

Le phacochère est un aimable mammifère de l’ordre des artiodactyles et de la famille des suidés, vivant dans la savane africaine. Le mâle pèse jusqu’à cent kilos et, bien entendu, nous nous sommes abstenus de poser cette désobligeante question à la femelle. Appelé aussi « porc sauvage », surtout chez les porcs civilisés, il mesure environ 1m40 de long pour 75 cm au goret garrot.

 

Ses prédateurs habituels sont le lion, le léopard, le lycaon, la hyène, le requin blanc et bien sûr l’homme. Pour sa défense, il en porte une paire, de défenses donc, des défenses de phacochères, à ne pas confondre avec des défenses d’éléphants ou des défenses de toucher. Lorsque le danger guette, il peut se lancer dans des charges redoutables pouvant atteindre jusqu’à 55 km/h, pas plus, ce qui lui permet d’éviter de justesse de se prendre une prune au radar.

 

Le temps de gestation de la femelle (appelée « vivipare » ; je vous mets au défi de placer ce mot dans une conversation) est de 175 jours. Elle met généralement bas dans un terrier emprunté à un oryctérope, un animal tout de grâce et de charme, encore que je ne dispose d’aucune précision sur les termes de l’« emprunt ». L’heureuse maman obstrue le terrier au moyen de branchages formant ce que l’on appelle une « porte phacochère » et donne le jour à une jolie portée gazouillante de meugnons bébés phacochère duveteux.

 

Le phacochère a acquis ses lettres de noblesses lorsque l’un d’entre eux décrocha le rôle de « Pumbaa » dans le Roi Lion. Toutefois, on le trouve déjà cité dans plusieurs légendes des temps anciens, notamment dans la mythologie grecque (le Phacochère d’Erymanthe, le Phacochère de Calydon).

 

C’est tout pour aujourd’hui, pour demain vous me faites l’exercice 2 et la semaine prochaine on aura un test sur le phacochère, sa vie, son œuvre.

 

phacochere-au-bistrot

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Saines lectures

10 février 2009

On m’a dit dernièrement que l’on n’avait jamais vendu autant de livres qu’au cours de ces dernières années. Et tout comme vous, je n’y ai pas cru.

 

Parce que si c’est vrai, pourquoi continue-t-on regarder de travers le quidam qui cite un auteur autre que Dan Brown (SAS Jesus Project – In ze shadow of ze Vatican) ou Paolo Coelho (La Littérature pour les Nuls) ? Pourquoi est-ce que « Gogol » évoque davantage un adjectif peu charitable qu’un homme de lettres russe ?

 

Et puis je me suis dit que l’essor de films comme « Le Seigneur des Anneaux », « Harry Potter », « Le Diable s’habille en Prada » ou encore « Mémoires d’une Geisha » devait avoir joué un rôle prépondérant. Il faut dire que les adaptations de livres au cinéma propulsent souvent le roman en question au top des ventes dans les librairies (« j’ai lu tout « Le Nom de la Rose » au cinéma ! ») ; mais j’avais tout faux. Une habitude chez moi.

 

La vérité, qui vient de m’être assénée, est plus triste : le monde du livre profite du succès retentissant des guides de tout poil. Vous savez, ces bouquins du genre « Santé & bien-être », « Combattons le stress par les fruits rouges », « Faire durer son couple grâce à l’aromathérapie » et autres « Modifier son mode de vie en fonction de son travail », ces écrits jouissent en ce moment d’un essor grandissant que je déplore ; mais j’avoue que, perché sur la plus haute branche de mon arbre décharné, je croasse lugubrement : après tout, chacun lit ce qu’il veut.

 

Et pourtant, je parle par expérience, pour une fois ! J’en ai lu un, de ces guides, et pas des moindres : best-seller 2006 au USA, la couverture emplie d’encens élogieuses de critiques avisés, vendu à des millions d’exemplaires, j’ai lu LE guide des guides, loué pour son efficacité et son accessibilité, j’ai nommé : « Qui a piqué mon fromage » !

 

Vous m’excuserez j’espère de tuer le suspense d’entrée : c’est nul. En dessous de tout. Le zéro absolu du domaine de l’écriture. De quoi revoir à la baisse sa définition du mot « mauvais ». « Mais alors pourquoi tu l’as lu, ducon ? » me demanderez-vous non sans sagacité, car c’est une question pertinente, encore que vous auriez pu vous abstenir d’employer un terme blessant. Lors, sachez que ce livre m’avait été imposé par mon chef, lors d’un ancien travail. Là, l’honneur est sauf. Mais au moins, m’étais-je dit, je pourrai juger par moi-même cet écrit loué dans le monde entier.

 

Je vais donc rendre un service public en décrivant ci-après le contenu de ce fichu bouquin. Et essayer d’expliquer pourquoi personne ne devrait en avoir besoin.

 

En gros, ce livre est supposé présenter le changement comme une opportunité et non un problème. C’est aussi et surtout une énorme métaphore : l’histoire se passe dans un labyrinthe symbolisant la vie, on y trouve du fromage, représentant le bonheur, des souris, représentant les animaux dont le raisonnement est simple, ainsi que des « minigus », représentant les hommes et femmes en général, dont le raisonnement est – en théorie – complexe. Voilà, le cadre est posé. Alors tout le monde bouffe du fromage à s’en faire péter la panse et un jour paf, y en n’a plus ! La tuile !

 

Chacun donc va réagir à sa manière, et là est tout le piquant de ce livre : les souris vont partir en quête de nouveau fromage, de même que l’un des deux minigus. L’autre, tout colère, préférera rester attendre que son fromage revienne tout seul. A terme, le zigue qui est parti à la recherche de fromage en a retrouvé, de même que les souris, et pas l’autre qui est bêtement resté en arrière. Bien fait.

 

Moralité : quand ça va pas, faut agir, pas attendre bêtement. Cent pages pour ça, les gars !

 

Le pompon nous attend à la fin du livre, durant les quinze dernières pages : partant du principe qu’un quidam a raconté l’histoire de « Qui a piqué mon fromage » à des amis au cours d’une bouffe, chaque personne, tour à tour, expliquera comment cette comptine lui changera la vie au cours des temps à venir, louant cette morale comme on le ferait dans une publicité, façon « client satisfait » (c’est très américain). Après avoir longuement développé une idée qui tombe sous le sens, l’auteur se passe la pommade en expliquant au lecteur pourquoi c’est génial.

 

Alors bon, sortir un livre pour expliquer une idée aussi simple, à la rigueur pourquoi pas, ça peut rendre service à certains, mais… Best seller ? En fait, des dirigeants d’entreprises – essentiellement au USA, mais pas seulement – s’arrachent ce livre pour l’offrir à leurs cadres, voire employés. Ils pensent que ça va leur changer la vie et les rendre ouverts au changement. Vraiment ? Ils l’ont lu avant de l’acheter par centaines ? Si oui, croient-ils vraiment que ça va leur apprendre quelque chose ?

 

Ça m’échappe. Des livres pareils ne devraient pas avoir de succès, c’est vraiment du vent ; pourtant, ça marche du tonnerre et ça n’a pas fini de m’étonner.

 

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Question zoologie

29 août 2008

Top !

« Je suis un mammifère carnivore et poilu de la famille des félidés élevé au rang de divinité du temps de l’Egypte antique et qui n’a jamais vraiment perdu la grosse tête depuis lors. De nature sauvage et indépendante, j’ai apprivoisé il y a longtemps de cela l’homme que je tolère en mon domicile en échange de bouffe et de gratouilles. Mon nom scientifique est « Felis Silvestris », ce qui n’empêche pas les humains de m’appeler généralement Minet, Minou, Minette, Mistigris, Moustache, Néron, Gilgamesh ou Nabuchodonosor, certes plus rarement toutefois dans ces derniers cas. De toutes façons je m’en fous, je réponds pas. Arrivé dans la vie de l’homme lorsqu’il commença à accumuler du grain, ce qui attira les souris et me fila donc un bon job, j’ai fait copain-copain avec les Romains, les Egyptiens et les Musulmans  mais j’ai eu des mots avec les Chrétiens : m’associant au Diable, ces cons-là ont failli me faire entièrement disparaître d’Europe au début du XIVème siècle, mais je me suis vengé cordialement puisque les rats ont logiquement proliféré et apporté la Grande Peste en 1346 qui, jusqu’à 1352, tua plus de 25 millions de personnes. Faut pas me souffler dans les naseaux non-plus. Si j’ai encore des emmerdes, notamment avec les chinois qui m’exploitent pour ma fourrure, je me la coule généralement plutôt douce et vis en bons termes avec mes serfs humains qui m’apprécient parce que je fais « ronron », bien que je sois par nature peu enclin à faire des concessions. Je suis, je suis… »

Hein ? Ouais bravo, c’est le chat ! T’es trop fort ! T’as gagné le droit de consulter cet éminent exposé sur cet aimable rongeur. Ça s’appelle « Simon’s Cat », son brillant réalisateur en a sorti trois en tout, « Let Me In ! », « Cat Man Do » et « TV Dinner » que tu trouveras facilement sur Youtube ou Dailymotion. Moi j’aime bien !

Mâow.