Archive de la catégorie «Souk universel»

h1

Où est Labo ?

8 novembre 2009

*Ahem* Bonsoiiiiir…

Je sais, oui. Je ne suis pas fier. J’aimerais qu’il en soit autrement. Le sort s’acharne sur moi, ce qui retombe sur vous, chers mais néanmoins négligés lecteurs ; à chaque fois que je trouve enfin un peu de temps dans ma trépidante vie d’aventurier pour écrire quelques lignes, il se trouve qu’un malencontreux coup de destin veut que j’aie envie de faire autre chose. C’est une difficile situation et je vous remercie de tout cœur pour votre compassion.

Lorsque j’ai commencé ce blog, il y a très très longtemps, soit un peu plus d’un an, j’étais alors jeune et plein d’énergie. L’avenir m’apparaissait comme une spacieuse voie ensoleillée me menant d’un sommet de la gloire à un autre en limousine de luxe avec minibar. C’est à dire que j’avais un job qui consistait à rien foutre, la planque du siècle qui me laissait suffisamment de temps pour alimenter ces lieux en niaiseries pleines de phrases. Il en va aujourd’hui autrement. Rattrapé par une cruelle réalité, j’ai été forcé de trouver un autre travail, un vrai, et de me consacrer à mon blog durant mon temps libre, triste situation dans laquelle aucun blogueur sain d’esprit ne souhaite tomber.

Aujourd’hui, le sort veut que je rattrape toutes les heures de glandage de mon ancien taf ; accablé par un retard dément, mon service – et donc moi avec – enchaîne les heures supplémentaires, bosse le samedi et lorsqu’il m’est donné de prendre du repos et que l’on détache mes chaînes pour une nuit de répit, je rentre instinctivement chez moi dans une sorte d’état second plus propice à rester avachi devant la télé en bavant (ce qui tombe encore plutôt bien, il y a la ligue des champions) qu’à instruire le vaste monde par la magie du web.

J’aurais bien d’autres mauvaises excuses à avancer, mais je ne vais pas m’étaler là-dessus ; concrètement, il en ressort que je ne trouve pas le temps de me consacrer à ce blog, et encore moins l’inspiration. L’idée m’a traversé l’esprit de boucler les lieux, mais le fait est que j’ai toujours envie d’écrire et que je peine à renoncer à la gloire, l’honneur et le pognon du blogueur. Donc voilà, mon « break d’été » s’imposera finalement en nouveau rythme dont vous me voyez attristé, mais j’ai comme promis expié ma faute, non pas, comme énoncé précédemment, par le biais d’une séance d’auto-flagellation aux orties, mais en me cognant le genou contre un bureau l’autre jour, ce qui fait mal aussi. Et j’en profite pour glisser un « merci de me lire », parce que malgré le vacuum qui règne dans le bled j’ai toujours de la visite et c’est bon pour mon égo.

 

h1

Courez, pauvres fous, courez !

17 septembre 2009

La question récurrente, ces jours-ci, concerne bien sûr la grippe A. Nous sommes dans l’attente d’un verdict, une attente insidieuse et tourmentante qui torture bien des esprits : dangereuse ou pas ? L’humanité est-elle condamnée à court terme ou dispose-t-elle encore de quelques semaines de bon ? Doit-on donner nos fortunes aux sectes pour sauver nos âmes ou peut-on encore dépenser notre argent dans la relance de l’économie ? La tension est palpable. On ne peut même plus tousser sans déclencher une vague d’angoisse et s’attirer des regards emplis de méfiance et de suspicion. Un avantage à en retirer étant qu’on peut avoir la paix rien qu’en simulant une bonne quinte de toux.

Mais que faire alors ? Parce qu’on a les jetons nous ! A force de lire qu’on va tous y passer, ça pèse un peu sur les nerfs et comme les renseignements distillées au compte-goutte par les feuilles de chou nous abreuvent d’informations contradictoires, on ne sait plus trop comment agir face à ce terrible fléau qui encore dernièrement a fait une victime en Nouvelle Calédonie voisine. Ah, l’étouffante et glaciale poigne de la peur !

Du calme, camarades. Respirez. C’est pas si grave, la grippe c’est pas marrant mais on s’en remet, au pire on passe une semaine au plumard à vomir ses tripes, à suer sang et eau, on a mal partout, des fois on meurt, mais sinon ça va. Pas de panique donc. Intéressons-nous de plus près à ce vilain virus, observons-le attentivement, regardons-le bien dans les yeux, étudions l’ennemi.

Les rares fois que l’on veut bien se montrer pragmatique en évoquant le sujet, on nous parle des symptômes : maux de gorge, toux, fièvre, douleurs aux articulations. La grippe, quoi. Alors si l’on s’en réfère au comique Suisse (un comique Suisse est un type pas très drôle qui généralement se déguise en femme) Marie-Thérèse Porchet mandaté par l’Office Fédéral de la Santé Publique pour distiller son message d’angoisse au Suisse tremblant devant son écran, lorsque l’on ressent ces effets, il convient de s’empresser de s’enfermer à double tour pendant des semaines chez soi en ne voyant personne sauf le prêtre et le médecin, ne jamais sortir, ou alors en groupes de malades agitant des clochettes pour tenir la foule éloignée, de porter un masque et de prier avec ferveur.

Pourtant, on l’a déjà dit, la grippe A n’est au final pas plus dangereuse qu’une grippe saisonnière. Il est gentiment admis par la population que les groupes « pharma » et autres spéculateurs du domaine de la santé ne voient pas d’un mauvais œil qu’un petit coup de parano vienne booster leurs ventes et le raisonnement est à peu près semblable du côté de la presse. Le gros danger est économique, une épidémie pouvant clouer pas mal de monde au lit, mais bon, à côté de la crise ça fait un peu poids plume quand même.

Ce qui est regrettable, c’est qu’à force de sauter d’un pied sur l’autre, on oublie un détail d’importance : l’origine du virus. Autant la grippe porcine que sa copine aviaire on pour origine très probable l’élevage industriel et curieusement, on évite soigneusement de trop s’étendre là-dessus.

Mais bon, ça aussi c’est rentable…

h1

La roue tourne

10 août 2009

Amis lecteurs, je vous dois des excuses pour le vacuum qui règne depuis quelque temps sur ces pages. Alors que vous venez nombreux céans étancher à la source votre soif de connaissances, d’érudition, d’instructions, de conseils, de philosophie, de sages doctrines et de profondes pensées spirituelles, vous repartez déçus, une petite larme à l’œil, de ces lieux déserts où s’engouffrent par les carreaux brisés un vent gémissant faisant sinistrement claquer des volets grinçants.

On pourrait croire à un manque d’intérêt ou d’inspiration, mais il n’en est est rien pour une fois. Simplement, la roue tourne ; la vie se charge parfois d’établir des priorités, offre des opportunités et là, vous l’aurez compris, mon attention est accaparée ailleurs. Donc voilà, break d’été.

Pourtant, quand je regarde un peu autour de moi, je constate que j’aurais bien de quoi jacter ; un bref coup d’œil sur les sites d’actualité nous informe par exemple qu’alors que la crise connaît un moment de calme, les salaires et les bonus des cadres de la finance ont déjà explosé, ou que Federer occupe encore plus la presse depuis qu’il est père qu’après avoir remporté ses derniers titres, qu’on parle tellement de la grippe A que mon boulot ressemble à un immense poulailler où flotterait l’odeur d’une meute de loups en maraude, que les prénoms les plus communément attribués aux nouveaux nés ces dernières années sont « Nathan » et « Emma » et qu’on s’en fout mais alors complètement, ou encore que je n’ai jamais vu autant de gens avoir peur de prendre l’avion que maintenant. Ce dont je déduis que la presse, moins on la lit, mieux on se porte.

Enfin voilà quoi. Je me repens de mon silence et organiserai une séance publique d’auto-flagellation aux orties pour me châtier dignement (mais le lieu reste à définir, probablement un endroit difficile d’accès quand même), mais je ne vous ai pas oublié. Je reviendrai très vite avec un captivant billet sur le lama zébré des landes Marathes.

Et puis bon, eh, je parie que la plupart d’entre vous êtes en vacances, ou reviennent de vacances, où s’apprêtent à partir en vacances, bref, vous m’avez compris, alors que bibi n’a pas quitté le bureau de l’été, brandissant au cœur de la fournaise estivale l’étendard du sacerdoce dûment rempli, du délai tenu, de l’ordre acquitté et du supérieur hiérarchique vénéré. Alors je conclurai avec une pensée pour tous les travailleurs enchaînés à leurs bancs tout l’été durant.

 

h1

On est mal !

19 juillet 2009

Amis Suisses, nous vivons des heures sombres, l’horizon se charge de nuages menaçants et l’obscurité envahit le ciel. Le monde tourne vers nous ses yeux chargés de haine et de jalousie et s’apprête à frapper : le dirigeant Libyen, le très respectable colonel Muammar Kadafi, a dénoncé la Suisse comme étant le centre du terrorisme mondial et propose son démantèlement.

C’est au G8 que le dictateur a décrit notre beau pays de montagnes comme étant un état mafieux, ce qui n’est pas sans ironie puisque le G8, rappelons-le, se déroule en Italie ; et d’ajouter que nos banques – qui font la fierté de tout citoyen – abritent dans leurs coffres les sousous d’Al Qaida. Ce qui n’est pas tout faux, pour peu qu’ils n’aient pas encore transféré tout ça aux Îles Caïman.

Plein de bon sens et de piété, le pacifiste dirigeant demande pourquoi, alors que le Grand Ennemi est en Suisse, on va bombarder des bergers afghans qui n’ont rien fait. Il n’a pas tort, notez : on admettra bien volontiers que pour traquer le terroriste international bardé de bombes et de dynamite, il est un peu réducteur de s’en prendre à ce bonhomme-là :

Berger afghan qui n'a rien fait

 Par contre, on doutera quand même que l’on marquera un réel progrès en s’en prenant plutôt à ceux-ci :

 Véritable ennemi

Néanmoins, le démantèlement de la Suisse a de quoi faire frissonner. Le territoire serait partagé entre la France, l’Italie et l’Allemagne, selon la langue en vigueur dans la région, et l’identité du citoyen helvète tiraillée entre ces trois puissances. La fondue au fromage traditionnelle deviendrait, selon les lieux, la fondue Lombarde, Bavaroise ou Savoyarde. On vanterait l’horlogerie Allemande, le chocolat Italien et les Bouchons Français. L’Humagne et le Syrah deviendraient de bons vins Français, comme s’ils n’en avaient pas déjà assez. Federer serait teuton, Fabian Cancellara Italien et nos pauvres voisins du bout du lac hériteraient de Couchepin. Et moi même obtiendrais la nationalité tricolore, là où nos amis Français vivent sous Sarkozy et que Zidane a pris sa retraite. Mauvais calcul. Et que deviendraient Johnny Hallyday, Michael Schumacher, Phil Collins, Shania Twain ou encore Ingvar Kamprad, fondateur d’Ikea, tous venus en Suisse pour profiter du bon air de ses montagnes et de la forte identité de son peuple accueillant ?

Evidemment, on serait tenté de demander si par hasard la salve haineuse dont est victime notre petit pays neutre ne serait pas motivée par l’arrestation musclée, il y a un an, du fils du dictateur en question, venu zoner en Suisse parce qu’il apprécie le Mont-sur-Rolle en oubliant que ça ne se fait pas de taper sur ses domestiques sous nos latitudes. Mais ne sombrons pas dans la mauvaise foi, un dirigeant militaire, rancunier et mégalomane, ça n’existe pas !

En tous cas, moi, si ça part en vrille, je me tire en Suisse-Allemande !

h1

Mi-temps

30 juin 2009

Ça y est, c’est enfin le break de l’été. Dans tous les sens du terme. D’un côté, les vacances approchent, bientôt d’inquiétants groupes d’écoliers à casquettes arpenteront nos rues en y semant la discorde au lieu de fréquenter assidûment leurs classes pour y apprendre l’orthographe et l’hymne national tandis que les autoroutes s’empliront de joyeuses familles roulant au pas jusqu’en Italie. D’autre part, le fait qu’un certain roi de la pop aurait dernièrement cassé sa pipe étouffe l’actualité sous un torrent d’articles, d’éloges, de témoignages, de rétrospectives, de cancans et de rumeurs allant jusqu’à oblitérer complètement l’espace dévolu à l’information importante comme Wimbledon. On à un peu l’impression de vivre hors du temps. Et j’ajouterai qu’il y fait fichtrement chaud.

En somme, l’heure est à la détente, à la passivité, au barbecue, à la bière et au soleil. Alors bonnes vacances à ceux qui ont la chance de partir, qu’ils aient une petite pensée pour les victimes écrasées du système qui siègeront avec courage et dignité devant leurs postes de travail dont la monotone litanie du ventilateur sera le seul substitut au bruit des vagues, et qui devront lever leur regard vide vers la fenêtre et écarter de la main les lamelles des stores pour entrevoir ne serait-ce qu’un futile instant ce soleil resplendissant sous lequel vous vous étendrez comme des larves molles sur les plages d’Ibiza. Vous l’aurez compris, pas de vacances pour Labo.

Mais surtout profitez-en, ne vous laissez pas distraire l’esprit par ces ineptes soucis qui vous attendront à votre retour, comme par exemple le fait que des hausses musclées des prix et des taxes aient été annoncées à peu près dans tous les domaines (sauf les salaires, faut pas déconner) pour combler les déficits engendrés par les cafouillages de divers spéculateurs qui s’augmentent en douce.

Ou au siphon qui engloutit goulûment le monde du travail et aux nombreux licenciements annoncés, y-compris dans des entreprises terminant l’exercice avec leurs bénéfices en hausse, qui contribueront à nous faire passer la barre des deux cent mille chômeurs l’an prochain.

Ou au fait qu’en haut lieu on investisse des sommes rondelettes pour pouvoir signer le début d’une hypothétique reprise, c’est-à-dire la reprise de la course au pognon débridée ambiance Mad Max dans les milieux boursiers.

Ou encore au reste. Le mieux, en fait, c’est encore de ne pas penser du tout. Un peu comme vous faites au boulot en somme. Ça vaut bien la peine de partir hein !

Mais non, soyons optimistes pour une fois : après tout, on a entendu dernièrement Nicolas Sarkozy dire, je cite : « on ne réglera rien, si on ne règle pas d’abord la question du capitalisme financier qui impose à l’économie et à la société son propre système et ses propres normes ».

Ce qui est rigoureusement exact. Sarko 1, les autres 0. Début de la manche en janvier. Pour rappel, les dernières s’étaient soldées sur un score nul et vierge. Ça fait plaisir de voir qu’on va de l’avant !

Bonnes vacances, tas de gens !

h1

Weedstock

13 juin 2009

Yo Rasta ! T’as lu les journaux dernièrement man ? La police Vaudoise a saisi en l’espace de quelques mois la bagatelle de huit mille trois cents plantes de cannabis, des productions industrielles qui, attention, n’étaient pas destinées à la fumette, mais bien à répondre à l’énorme demande en Suisse des consommateurs qui apprécient tant mettre une petite pincée de Marijuana dans leurs bains ou s’en faire d’innocentes tisanes contre l’insomnie. Un véritable génocide végétal !

Huit mille trois cents plantes arrachées à leur environnement naturel de tubes néons, d’arroseurs automatisés et de murs isolés, c’est une injustice criante, Rasta ! ça fait une sacrée forêt, tout un écosystème abritant d’innombrables vies animales, des cours d’eau sauvages, des recoins inexplorés, des tribus primitives, le rêve de tout reggae-man explorateur ! Tout ça parce que c’est illégal. Allons allons, un peu de bon sens, comment un jeune peut-il tenir le coup durant les quinze semaines de l’école de recrue s’il ne s’arrange pas pour être stone le plus souvent possible ? Et si tous ces silencieux et paisibles groupes de fumeurs avachis dans leurs canapés s’extirpent de leurs salons enfumés et vont chercher une compensation dans les bars, ça va encore faire du raffut dans les rues !

En se creusant un peu le bonnet, on doit bien pouvoir trouver des usages à toute cette verdoyante nature. Par exemple, on pourrait vendre tout ça aux Pays-Bas, ça renflouerait les caisses de l’Etat et on verserait les recettes à l’aide sociale pour être en mesure de continuer à offrir sa pitance au pauvre zigue qui doit bien se payer son packs et entretenir ses dreadlocks. Parce que si on lui sucre ses indemnités, le jeune, il va chercher du taf, c’est logique : essayez seulement de glander plusieurs années sans fumette, c’est d’un ennui total (d’où l’expression « long comme un jour sans joint »). Il faut s’occuper, sinon c’est un coup à perdre la boule. Et si tout ce monde se met à vouloir travailler, vous imaginez l’explosion de demandeurs d’emploi ? En temps de crise en plus ! Quelle inconséquence !

Ou alors, pourquoi n’utiliserions-nous pas ce stock pour remplacer les antidépresseurs dont tant de Suisses sont friands en cette période de stabilité économique et sociale ? Voilà qui diminuerait les coûts de la santé tout en remettant les dépressifs sur les rails. Parce qu’on n’a pas fini de découvrir les effets secondaires des antidépresseurs, sans compter la dépendance, facteur absent de la consommation de cannabis, c’est vrai, tout fumeur le dira : il arrête quand il veut. Et puis si on consomme toute une boîte de médicaments, on n’aura plus jamais l’occasion de déprimer, alors que la Marijuana n’a jamais tué personne. Des fois on dirait, on arrive chez des potes, y a un type tout blanc qui bouge pas dans un fauteuil, on croit qu’il a crevé mais non, il est en pleine forme, avant peu il sera debout, avec une puissante fringale de lion et il vous descendra tout le frigo ! Et ça, si c’est pas un signe de bonne santé, je ne sais pas ce que c’est !

Mais non, poussés par notre tendance autodestructrice on va foutre le feu à tout ça, impitoyablement. En espérant que le système de ventilation de l’incinérateur ne batte pas de l’aile, sinon c’est tout le canton qui va partir en bad trip. Bob Marley doit se retourner dans sa tombe. C’est déprimant tout ça, je vais aller me faire une tisane.

Pour conclure, une vidéo de vacances hors-sujet d’un monsieur qui ne fume pas : http://www.youtube.com/watch?v=5MeiwLLZjDo

One Love Rasta !

h1

Sirènes hurlantes

30 mai 2009

Tous les deux ans, lors d’un championnat d’Europe ou d’un Mondial de foot, on a pris l’habitude d’assister après chaque match au navrant cortège des supporters avinés de l’équipe victorieuse, bloquant et empestant les axes routiers des heures durant au volant de leurs bagnoles au milieu des paisibles agglomérations généralement endormies, roulant au ralenti tout en envoyant à coups de trompes raisonner leur allégresse agressive aux oreilles des habitants du coin. C’est la grosse tuile des championnats et j’ai beau regarder volontiers des gens taper dans des balles, ces processions braillardes de crétins bruyants me tapent sur les nerfs.

Oui, c’est encore une résurgence mon côté vieux con, que j’affûte comme une hache de bataille à chaque occasion que j’ai de faire un peu mon pénible. Mais j’ai la prétention de croire que c’est toujours moins ballot qu’aller faire résonner tout ce que je peux avoir de bruyant au milieu de gens qui ne m’ont rien fait. Certes, ces évènements sont rares, ça anime les rues, ça rapproche les gens qui oublient leur peur des diverses variantes de la grippe bestiale, ça change du quotidien, tout ça. C’est ce que j’avançais moi-même crânement il y a quelques années aux autres vieux cons qui levaient le poing vers ces processions tonitruantes. Qu’on veuille bien considérer cette bienveillante tolérance et cette largesse d’esprit comme une erreur de jeunesse, merci, je promets de travailler dur pour rectifier le tir.

Parce que ça, c’était avant. Ça veut dire avant que tout le monde s’y mette, à tel point qu’après chaque match on ait droit à des heures d’éclats de trompes hystériques (« Fichtre, tu savais qu’il y avait autant d’équatoriens à Lausanne ? »). Avant que la durée de ces festivités ne s’allonge démesurément, passant d’une heure à deux, trois plombes à bouffer de l’essence en roulant au pas au milieu de supporters déchaînés. Bref, c’était lorsque les zigues prenaient la voiture pour se rendre du point « A » (pour « Allez les gars, on va faire la noce ! ») au point « B » (Pour « Bistrot ». Ou « Bar ». Mais certainement pas « Bibliothèque, rayon Arthur Rimbaud »). Dès lors, affichant fièrement le maillot de l’équipe élue (voire des vaincus (généralement en rouge et blanc), pour montrer qu’on est beau dans la défaite), arborant drapeaux et fanions, bonnets et écharpes, chaussettes et strings girafes, les heureux fêtards généralement bien entamés à la Kro s’en allaient se camphrer la ruche au troquet du coin, en faisant raisonner les klaxons de la victoire durant le trajet. Ça durait une petite heure, point. Généralement, l’animation dans les rues venait essentiellement de piétons. C’était le bon temps j’vous dis.

Donc maintenant, quelle que soit l’équipe gagnante, ça fait péter les décibels jusqu’à pas d’heure. Si c’est l’Italie ou la France (improbable), c’est trois plombes minimum. L’Espagne, la Hollande ou le Portugal, c’est l’hystérie et on ne parle que de ça dans les journaux. La Corée ou le Japon, les rues sont envahies d’une minorité d’asiatiques submergés par des fans de Manga. La Turquie, la fête dure toute la nuit et le Suisse se terre chez lui, terrifié. L’Allemagne, pas un bruit (c’est l’exception qui confirme à la règle, manifestement. Du coup, hop Mannschaft !). La Suisse, je sais pas.

Bref, si je viens sur le sujet (pas tout à fait d’actualité, je vous le concède), c’est parce que cette semaine a eu lieu la tant attendue finale de la Ligue des Champions, une vraie finale, c’est à dire crispée et assez ennuyeuse. Une finale qui, comme il se doit, à vu un vainqueur. En l’occurrence, Barcelone l’a emporté sur Manchester, mais ça on s’en fout (enfin, vous vous en foutez, moi ça me fait beaucoup de peine). Or, tard dans la soirée, alors que j’arpentais les rues pour rentrer chez moi, croisant ça et là les supporters du Barça tout sourire, les klaxons ont commencé à retentir dans les avenues principales de la ville. Trois voitures isolées faisaient retentir les sirènes du triomphe et éructaient leur joie à la face de la population indifférente. Trois pauvres bagnoles, une demi-douzaine de personnes à tout casser qui brandissaient leurs fanions dans l’habitacle, qui donnaient vraiment l’impression d’être en retard d’une année.

Pauvres fanatiques déments, vous étiez pétés comme des hélices, à tel point que le navrant ridicule de votre situation ne pouvait pas vous atteindre. Éructant de triomphe, à aucun moment vous n’avez réalisé à quel point vous étiez seuls, décalés et emmerdants, aussi déplacés qu’une père-noël sur les plages au mois d’août. Et qu’aviez-vous fait pour vous laisser ainsi transporter par votre joie puérile ? Rien, sinon rester assis dans vos canapés à vous gaver de San-Miguel et de nachos, pour finalement surgir de vos appartements à onze heures passées, un soir de semaine, pour vous engoncer dans vos tires et faire péter les klaxons dans le centre-ville, pour bien faire comprendre au plus de monde possible que vous étiez contents. Parce que c’est le foot, on peut. On a le droit. Êtes-vous allés faire la fête au moins ? J’en doute. L’important, c’est d’être bruyants, je suppose donc que, fidèles aux traditions qui se sont développées ces dernières années, vous vous êtes contentés de faire quelques fois le tour des mêmes quartiers avant de retourner chez vous emmerder vos voisins.

Vous allez voir, à la prochaine victoire de Federer sur un hispanique, je vais faire péter toutes les sirènes possibles dans les quartiers espagnols, on verra qui est content !

Ouais, c’est peut-être pas une bonne idée en fait…

h1

Quoi de neuf dans le préau ?

20 avril 2009

Je n’ignore pas que ce matin, beaucoup d’entre vous se sont vus arrachés à l’insouciance d’un sommeil bienheureux par une sonnerie que vous aviez pu, l’espace de quelques jours, oublier. C’est une douloureuse épreuve au sujet de laquelle je tiens à vous faire part de ma sollicitude.

 

Parce que c’est toujours difficile la rentrée. Les oreilles résonnant encore des chants du club méd’, vous arrivez au turbin avec la tête de vos grands jours et plantez vos yeux de cocker dans ceux de vos collègues ; ils ne se rendent pas compte du mal qu’ils vous font en vous demandant de raconter vos vacances, ce d’autant plus que vous savez qu’ils s’en tamponnent, ils demandent pour être polis. D’ailleurs vous faites pareil, lorsque vous croisez le regard d’un collègue au bord des larmes car de retour des îles, pour marquer le coup, vous vous sentez obligé de dire quelque chose de gentil avant d’embrayer sur les derniers résultats statistiques des relances pour les contentieux 2007-2008. Alors vous lui demandez « ça a été, ces vacances ? », comme tout le monde, même si vous vous en foutez.

 

Mais bon, c’est humain, c’est un peu le nectar du fruit de votre labeur, il faut apprendre à apprécier ces petits aspects sociaux du monde du travail, ça fait partie de votre quotidien, ça et les blagues nulles que vous entendez toute la journée. Tenez, moi par exemple, actuellement, ma collègue tourne avec insistance sa cuiller dans sa tasse à café, ça fait « dingueling » et, selon ses propres paroles, ça lui rappelle les vaches, ce qui la fait hurler de rire, littéralement. Et bien je suis un mauvais exemple : je ne supporte pas ça et c’est tant pis pour ma gueule, je ne peux pas non plus lui répondre de la boucler, même si ça me ferait du bien.

 

Enfin, pour bien commencer la semaine, je vous propose un petit tour d’horizon médiatique, pour voir ce que vous avez raté pendant que vous creusiez des puits dans le désert de Gobi. Et bien rassurez-vous, trois fois rien. Soulevons deux petits points tout de même : d’une part, une bataille de boules de neige fait rage au sein du gouvernement français, entre Ségolène Royal, qui met les pieds où elle ne devrait peut-être pas, et Nicolas Sarkozy, qui pourrait peut-être apprendre à fermer un peu sa gueule si son ego ne le portait pas loin au-delà de toute possibilité de remise en question. Il en ressort que l’UMP traite joyeusement Dame Royal de « spécialiste de la manipulation », ce qui n’est pas tout faux mais, venant d’eux, fait quand même marrer. De notre côté, notre bien aimé président Hans-Rudolf Merz a rencontré le président Iranien Mahmoud Ahmadinejad dans le cadre de la conférence de l’ONU contre le racisme pour papoter. En réaction à cet acte horrible, l’état d’Israël, que l’on sait mesuré et posé, a immédiatement rappelé son ambassadeur en Suisse pour « montrer son mécontentement ». En effet, le président israélien Benjamin Netanyahu affirme qu’Ahmadinejad est raciste. Il ressort de ces petits exemples que le terrain politique mondial ressemble de plus en plus à une cour de récré où l’on se tire les cheveux, se menace, se pousse et s’accuse mutuellement de défauts que l’on partage allégrement.

 

Un autre point que l’on peut soulever est que d’après un sondage très sérieux, la majorité des suisses serait favorables au retour de l’ours dans le pays ; l’occasion de rappeler que l’ours est un charmant plantigrade pouvant peser jusqu’à 700 kilos, mesurer dans les trois mètres de haut et courir jusqu’à 56 km/h. Omnivore, il a besoin d’une quantité colossale de bouffe pour s’alimenter, de place pour s’établir et d’une grotte pour y hiberner. Dans ce dernier cas, il lui faut du calme, sans quoi il sort pas content de sa planque pour gueuler sur ces trucs bruyants qui l’empêchent de ronquer tranquille, comme par exemple des skieurs lancés en pleine trombe qui ne s’attendent pas à déboucher sur plusieurs quintaux de muscle et de mauvaise humeur au détour d’un virage. Bref, un animal certes très charmant, mais qui n’a peut-être pas sa place dans un tout petit pays où toutes les communes sont rapprochées.

 

Les suisses sont de grands enfants qui devraient peut-être quitter la Bibliothèque Verte ; parce qu’à s’imaginer vivre au milieu des lynx, des loups et des ours, en paix et en harmonie avec Dame Nature, on en vient peut-être à oublier que ces animaux, certes admirables, ont besoin d’un espace que je ne crois pas qu’on ait. Forcément, ça serait sympa de pouvoir leur offrir un abri, mais lorsque ces bêtes commenceront à taper dans les moutons et les chats pour se nourrir, parce qu’il faut bien qu’elles vivent, les montagnards n’attendront pas d’hypothétiques indemnisations de l’Etat pendant des années avant de se défendre.

 

h1

Scie, sexe & seune

15 avril 2009

C’est dur les vacances pour le blogueur moyen (ça existe ce mot, « blogueur » ?), enfin, lorsque ledit blogueur n’est lui-même pas en congé s’entend, évidemment, vous m’aurez compris. Le problème avec les vacances, c’est que les gens en profitent souvent pour lâchement déconnecter avec tout, alors que justement leurs patrons et collègues auraient tant besoin d’eux ! Et forcément, ils vont moins sur les blogs et c’est pas bon pour les stats. Et toute personne travaillant comme moi dans les bureaux vous le dira, c’est très important, les statistiques !

 

Et là donc, j’ai considérablement moins de visites que d’habitude depuis le début de la quinzaine, mon ego démesuré s’en ressent. Ça me manque, les chiffres hallucinants, les commentaires de journalistes du Figaro, les mails privés de politiciens du monde me demandant conseil, tout ça…

 

C’est à croire que lorsque vous partez parcourir le Tibet, explorer l’embouchure de l’Amazone, traverser les steppes de Mongolie à cheval ou encore découvrir les fonds marins en Micronésie, vous ne vous inquiétez pas de savoir si votre hôtel, péniche ou yourte sera pourvu d’une connexion wi-fi. On aura tout vu.

 

Enfin bon, tant pis pour ma fierté, j’en profiterai pour la revoir un peu à la baisse, par exemple en abandonnant ma chaise à porteur. Et puis je ne suis pas payé pour tenir ce blog de toutes façons (quoi que…) et moi aussi, lorsque je suis en vacances, j’ai autre chose à foutre que glander sur la blogosphère, comme glander tout court, par exemple.

 

Alors voilà, les vacances sont au blogueur ce que le désert d’Uyuni est à la Bolivie : un désert (je suis trop fort en comparaisons). D’ailleurs, j’ai de la famille et des amis dans l’enseignement (que celui qui a dit « ça se voit pas » se dénonce !), des proches qui sont partis à l’étranger, bref, plein de connaissances qui goûtent en ce moment aux joies du farniente et je leur souhaite bien du plaisir, malgré la jalousie qui me ronge.

 

Et je n’ignore pas que lorsque leurs vacances seront derrière eux, lorsqu’ils auront repris leur travail épanouissant et enrichissant, ils passeront, entre autres, chez bibi voir si il y a du nouveau. Et c’est là que j’en profite pour lâchement leur souhaiter de bonnes vacances !

 muhaha

 

Quoi, elles sont déjà finies ? Oooooooooh !

 

Alors bonne rentrée !

 

h1

Peau neuve

5 mars 2009

toutou

Tiens, il me semble que mon blog aurait besoin d’un p’tit lifting

 

Tout ça pour dire que Labo entre en chrysalide et espère en ressortir tout beau tout neuf. Parce que j’ai envie de remplir ces larges marges vides.

 

Donc si vous constatez des trucs bizarres, des accès foireux et des bugs, c’est normal : je suis foncièrement incapable d’entreprendre un quelconque projet ayant trait à l’informatique et de le mener à bien sans déclencher une catastrophe.

 

Par exemple, la dernière fois que j’ai voulu remplacer une cartouche de mon imprimante, c’était à Pompéi.

 

Allez hop, je chausse mes bottes et mes gants, me couvre de mon casque, passe ma combinaison et au boulot !

 

*                                          *                                          *

 

(pose ses outils, retire le bleu de travail et le marcel, se vautre dans le canapé avec une bière et contemple le résultat.)

 

Ben ça a l’air sympa… Non ? On sait plus trop où on est, c’est plus noté Labo, mais je pourrai bidouiller la bannière, à loisir… Celle-là, c’est pas qu’elle soit pas sympa, elle a son charme, mais… c’est quoi ?

 

Je pourrai toujours m’en faire une personnalisée lorsque j’aurai le temps, voire me faire abattre le boulot par un pote sympa et doué en dessin… Hem… (A qui pourrais-je demander ça, voyons voyons… )

 

Comme vous pouvez le constater les marges sont toujours là,  mais moins grandes. Et j’ai ajouté des tas de trucs chouettes, notamment un calendrier, comme ça lorsque vous saurez pas quel jour on est hop, vous pourrez venir vous renseigner chez Labo. J’ai aussi et enfin la possibilité d’ajouter une liste – appelée à grandir – de liens, lesquels vous donneront une idée des sites sur lesquels j’aime aller perdre mon temps. Ils sont tous très bien, des perles du ouaib, c’est bon, c’est sain, mangez-en !