Au vu de l’actualité récente, quand quelqu’un nous dit qu’une tempête se lève, on ne sait plus s’il faut prendre ça au propre ou au figuré. Malgré le consensus scientifique, nombreux sont ceux qui doutent encore de l’impact de notre espèce sur les dérèglements climatiques et le fait que notre société traverse une sorte de phase de déni des faits n’a rien de prometteur. Reste à savoir si Trump niera l’existence de ces tempêtes de la même manière qu’il a nié la pluie le jour de son investiture. Tout est possible.

International

Si Emmanuel Macron, président à seulement 39 ans, veut éviter de se coller une étiquette de gamin, il faut que sa maman lui dise que ce n’est pas en faisant la gueule parce qu’on veut le prendre en photo qu’il va arranger quoi que ce soit.

Allez Manu, le paparazzi, il faisait son boulot ! C’est pas si souvent, en France, à ce qu’on dit (en Suisse). Et puis on ne peut pas vouloir réformer le code du travail et punir les dernières personnes qui montrent encore du zèle au boulot !

Sans compter qu’un paparazzi, c’est juste un type qui enfreint certaines règles pour maximiser les rentrées, ça devrait lui parler.

Aux États-Unis, maintenant qu’on sait qu’il a fallu insister pour que Donald Trump porte ses lunettes de protection pour regarder l’éclipse, la Maison Blanche doit revoir ses priorités en matière de sécurité. Certes, éviter micros et bombes reste important, mais pas plus que cacher les allumettes et tourner les casseroles de manière à ce que leurs poignées ne dépassent pas du rebord de la cuisinière.

« Lots of pussies to grab in kitchens, folks. »

Et puisque de plus en plus de maisons américaines sont ornées de croix gammées, l’Allemagne doit réaliser qu’il y aura un coup à jouer pour prendre une revanche que personne n’aura vue venir, en portant secours au Mexique lorsque les USA passeront à l’attaque pour se ménager un corridor sur le Golfe de Tehuantepec.

Ça sera une bonne façon de boucler la boucle, et de rendre justice aux soldats américains d’antan, qui ne sont pas venus mourir en Europe pour voir la croix gammée flotter outre Atlantique 70 ans plus tard.

Signalons aussi que la tempête Harvey ravageant le Texas à l’heure où j’écris ces lignes offre un nouveau défi au président américain, en lui proposant son premier désastre qu’il n’a pas causé lui-même. Nul doute que le leader saura réagir, en commençant par dénoncer les violences exercées dans les deux camps.

De son côté, la Corée du Nord a beau être devenue une puissance nucléaire, Kim Jong Un doit accepter que pour être vraiment pris au sérieux, il lui faut encore faire quelque chose à propos de ses cheveux.

Et arrêter de s’épiler les sourcils.

On peut comprendre que la plus haute autorité d’un régime totalitaire doive s’assurer d’être entouré d’hommes fiables et qu’à ce titre, les mettre au défi de garder leur sérieux devant ses provocations capillaires est un bon moyen de les tester. Mais à l’international, ça ne marche pas comme ça. Le peuple qu’il cherche à impressionner est conditionné par des décennies de culture populaire à voir en une tête comme la sienne le potentiel comique de Laurel et Hardy, il est dans une impasse.

National

Le remplacement récent de l’huile de palme dans le fourrage pour vaches par de l’huile de colza aura permis de soulever une question intéressante : ah bon, il y a de l’huile de palme dans le fourrage ?

On sait que l’usage excessif d’huile de palme cause de sérieux problèmes écologiques, mais évidemment, si on en met jusque dans le fourrage, on peut commencer à se demander si c’est pas fait exprès ; du reste, l’article signale que le surcoût est assumé par les fabricants. De quoi nous rassurer sur le fait que cette décision écologique favorisant la production nationale ne va pas impacter le prix du lait. Parce qu’on veut bien faire des efforts, mais il ne faut pas exagérer, quand même.

Spiritualité

Après que la chute d’un arbre ait provoqué la mort de douze personnes durant une fête religieuse au Portugal, il faut demander leur avis aux fondamentalistes qui pensent que rien n’arrive par hasard ; parce que s’ils nous disent que Dieu a été impitoyable en Égypte, redoutable à Sodome, féroce à Babylone et terrible durant le Déluge, ils doivent admettre qu’à Madère, il a surtout été un peu salaud.

Remarquez, ils nous répondront probablement que ça n’a pas d’importance, parce que le monde touche à sa fin. Car être religieux ouvre à l’humilité, et rien ne vous rendra plus humble que la certitude que la Création n’aura plus de raison d’être après votre passage sur Terre.

« Vous trouvez que la vie éternelle c’est long ? Attendez qu’on soit entouré de fondamentalistes ! »

Communication

Les étonnamment nombreux amoureux de l’accent circonflexe peuvent se rassurer : le petit chapeau préféré de la langue française n’est pas menacé d’extinction. Certes, une réforme de l’orthographe envisage d’assouplir un peu son usage, mais il n’a jamais été question de le bannir comme un malpropre.

Allez, je pense que s’il est décidé de le virer de « fenêtre », par exemple, on devrait pouvoir l’accepter. Il a admirablement rempli son rôle, nous a permis de tourner la page « fenestre » sans trop de chagrin, maintenant, s’il doit poursuivre son voyage ailleurs, il est de notre devoir de le laisser continuer sa route.

La bonne nouvelle, c’est qu’on peut arrêter de partager la blague « ça sert à rien – t’es sur ? – Ben une chaise, pourquoi ? » sur les réseaux sociaux, dialogue tellement improbable qu’il devient presque un argument en faveur du bannissement total de l’accent.

Société

Dentistes, il faut arrêter de nous poser des questions pendant que vous travaillez. Ce n’est pas qu’on ne veut pas répondre, c’est juste qu’on ne peut pas : on a la moitié de vos outils de travail dans la bouche.

On pensait que vous l’auriez remarqué.

Après, je ne doute pas que certaines questions soient importantes – notamment la fois où l’un d’entre vous m’a demandé si je suivais la coupe du monde – mais dans tous les cas, la seule réponse que vous obtiendrez de moi sera un enchaînement incohérent de voyelles ponctué du cliquetis de mes dents sur votre montre.

Sinon, une question pour les amateurs de « crime et châtiment » : lorsqu’un type, travaillant dans le pétrole et chassant des éléphants durant ses loisirs, se fait connement écraser par le pachyderme qu’il traquait au cours d’une excursion en Namibie, on a le droit d’en rire ou pas ?

C’est le triste sort d’un Argentin de 46 ans. Alors qu’il pistait sa proie avec un groupe de chasseurs, la bête a soudainement sonné la charge et s’est ruée sur le malheureux, le piétinant à mort en dépit de son permis de chasse pourtant en règle. L’article stipule que ses comparses n’ont pas eu le temps de réagir, et j’ai beau imaginer que ce n’est pas lorsqu’un éléphant nous arrive dessus en trombe qu’on est le plus lucide, j’aimerais quand même qu’ils expliquent comment une bête de cette taille s’y est prise pour les surprendre alors qu’ils la traquaient.

Nature

Vite fait, un petit message aux amis de la nature : lorsque vous vous déshabillez pour nous sensibiliser au sort des tigres, ce n’est pas aux tigres que je pense en voyant les photos. Cela n’en reste pas moins une charmante initiative prise par le personnel du zoo de Londres, qui vous propose chaque année de joindre la course pour les tigres, durant laquelle vous courez dévêtus pour lever des fonds en faveur de ces aimables félins.

Bon, il y en a clairement un qui triche.

Un geste symbolique fort qui nous renvoie directement à nos lointains ancêtres, dont les courses profitaient également aux tigres, en ce qu’ils couraient pour leur échapper et qu’un tigre va plus vite qu’un homme.

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Dites, ça a été pas trop mal reçu mon petit contour, là. Donc on continue, si l’inspiration suit, les revues s’enchaîneront, une dynamique nouvelle surgira et le monde entrera dans une nouvelle ère !

International

Il est important que le président chinois Xi Jinping soit conscient du fait que maintenant qu’il a fait censurer l’image de Winnie l’ourson, qu’il accuse de le caricaturer, toute la partie rationnelle de la race humaine, qui était à des parsecs de tracer un parallèle aussi invraisemblable, va réagir en disant « tiens, mais c’est vrai ça ! On dirait Winnie l’ourson ! »

Saurez-vous faire la différence ?

Tout de même, M. Xi, quelle belle occasion gâchée ! À une heure où un politicien ne peut plus aligner trois mots sans qu’on le compare à Hitler, le président chinois botte en touche une occasion en or de se faire appeler Winnie, chose qui l’aurait renvoyé à l’un des êtres les plus fondamentalement gentils de la culture occidentale. Il fallait saisir la balle au bond !

Tel le saumon !

C’est d’autant plus dommage que la Chine bénéficie de cette sorte de popularité nouvelle dans nos médias, due notamment à ses progrès en matière d’écologie, alors même que ledit progrès a dernièrement perdu un continent entier ; avec ce sentiment d’urgence sur la question climatique, tout le monde est soulagé de voir un leader d’un pays fort se dresser de tout son haut, tel l’ours puissant, pour se faire le porte-parole de la planète.

En plus, les Chinois sont bien placés pour faire savoir aux USA qu’un mur, tout gigantesque soit-il, n’empêche pas d’être envahi.

Mais quand même, qu’est-ce qui se passe avec les leaders, ces temps ? Entre celui qui n’aime pas son surnom, celui qui n’a pas besoin d’un surnom parce qu’il s’appelle déjà Donald mais qui ne peut pas s’empêcher de répondre à chaque provocation, ou encore celui qui exigera mon extradition pour être jugé à Ankara pour peu que cet article lui parvienne, on peut craindre qu’il devienne bientôt impossible de ratifier le moindre accord international, faute de dirigeants capables de tenir toute une conférence sans quitter la salle en larmes.

Autre sujet : maintenant que le Sénat américain a fait passer de justesse une motion visant à ouvrir le débat sur l’abrogation d’Obamacare, il faut que Donald Trump m’explique une chose : tous ces derniers mois, lorsque les sénateurs débattaient à bâtons rompus de l’abrogation d’Obamacare, ils appelaient ça comment ?

National

Mes concitoyens vivant dans le canton de Schaffhouse peuvent se rassurer : le fou furieux qui a blessé 2 personnes à la tronçonneuse n’a pas agi dans un but terroriste. C’est juste un désaxé ultra-violent et imprévisible muni d’une tronçonneuse, ouf !

C’est d’autant plus rassurant qu’on ne l’a toujours pas retrouvé à l’heure où j’écris ces lignes. Il n’empêche que cet incident donne une bonne idée du cauchemar des Américains, démontrant ce qui arrivera lorsque les terroristes islamiques auront fusionné avec les sans-papiers mexicains et que ces derniers passeront à l’attaque avec leurs outils pour tailler les haies.

Toujours au national, et ce quelques jours après les paragraphes ci-dessus : maintenant que le type à la tronçonneuse a été arrêté, et qu’on a appris qu’il s’agissait d’un citoyen suisse bizarre mais sans passé criminel qui avait pété les plombs contre son assurance maladie, les lobbyistes de la santé doivent reconnaître qu’à tout prendre, ils auraient préféré que l’agresseur soit bel et bien terroriste.

Parce qu’un fou furieux que tout le monde blâme, c’est préférable à un fou furieux que tout le monde blâme tout en se demandant « mais au fait, ils lui ont fait quoi ? »

Parlons maintenant larmes et conflits : Ada Marra, la socialiste qui a déclenché un tollé en évoquant un tabou (la Suisse) le jour de la fête nationale, doit nous promettre que la prochaine fois qu’elle célébrera un premier août en s’offrant une Fatwa, ça sera via un texte un peu moins étouffant (et je m’y connais en textes étouffants).

Parce qu’elle a beau dénoncer des réactions sexistes et racistes, chose probablement vraie parce que Internet, elle n’en demeure pas moins la seule à blâmer si tous ces sexistes et ces racistes se sont ennuyés pendant la lecture.

Et tant qu’à faire, elle nous précisera aussi si elle n’avait vraiment pas anticipé une telle réaction à un texte commençant par « LA Suisse n’existe pas », une phrase qui passait déjà mal quand Khadhafi la prononçait.

Enfin, lorsqu’on s’exerce à la plume, il est important de comprendre qu’aux yeux des lecteurs, ironiquement, les choix de déterminants ne sont pas si déterminants.

Économie

Lorsque la Banque Nationale Suisse déclare ne pas vouloir commenter ses investissements dans la société Nevsun Ressources, embourbée dans un vaste scandale de travail forcé en Érythrée, avant d’ajouter que son intérêt est « purement financier » et qu’elle ne s’intéresse pas aux « affaires courantes » des entreprises, pour finalement préciser appliquer des critères d’exclusion en cas de « violation massive des droits humains fondamentaux »… Est-ce qu’il ne vaudrait pas mieux pour tout le monde qu’elle ne fasse vraiment pas de commentaire ?

Culture

La saison des festivals m’a évoqué la question suivante : faut-il dire à la presse que ça ne sert à rien d’écrire un article sur un concert ? Surtout pas malheureux, me diront les amateurs, dont l’avis compte autant que le mien, donc d’accord ; mais qu’on s’entende : on est déjà soûlé avant la mi-juillet des tonnes de photos de « t’as vu ? Je suis au festival ! » qui s’empilent sur les réseaux sociaux, cela ne s’arrangera pas avec un long reportage sur une bande de potes restés plantés toute la journée en plein cagniard à attendre le concert de 23h30 pour avoir des places aux premiers rangs, même qu’il faisait super chaud, mais ça allait, ils se ravitaillaient aux stands en se gardant les places, et puis ils ont rencontré des gens, c’était sympa. Déjà on s’en fout, mais surtout on bosse, nous !

Quant à l’article sur le concert en lui-même, bon, chacun est juge… Mais là encore, c’est un concert, ce n’est pas comme s’il y avait un score à la fin… C’était quand la dernière fois qu’un groupe passait pas loin de chez vous, et que vous vous êtes dit « bof, je lirai le résumé » ?

Société

à l’attention des supermarchés : lorsque je fais mes courses, j’ai toujours cette question qui me hante après avoir rempli mon caddie, l’avoir acheminé à la caisse, interagi avec l’interface du programme, scanné mes articles, payé, emballé mes achats et ramené mon caddie : est-ce que je peux faire autre chose pour vous avant de partir ?

Sinon, une bonne nouvelle pour les amis des bêtes : grâce à PetChatz, vous avez maintenant la possibilité de hautement perturber votre animal de compagnie à distance, en vous manifestant-mais-pas-vraiment par le biais d’un astucieux système de webcam.

C’est la version animale du chat de Schrödinger, où l’humain est à la fois présent et absent.

L’avantage, c’est que vous pourrez contacter votre chat pour lui demander de vous prêter une de ses neuf vies, comme ça vous en aurez au moins une.

Sports

En football, lorsque les sommes investies dans les transferts des joueurs estomaquent plus le public que n’importe quoi qui puisse arriver sur le terrain, je pense qu’on peut en conclure qu’on a franchi un point de non-retour.

Oubliez la compétition, maintenant le spectacle est sur les marchés. Qui, par exemple, aurait imaginé qu’il entendrait un jour la ligue espagnole se plaindre de non respect du fair-play financier de la part de la ligue française ?

Et pour finir, Roger Federer doit réaliser que maintenant qu’il en est à dix-neuf titres en Grand Chelem, tout le monde va attendre le vingtième. Alors qu’on lui foutait une paix royale avec ça il y a moins d’un an encore.

Mais bon, il fallait y penser avant, maintenant il va falloir assumer Rodge ! C’est ça de vouloir faire des come-back, gros malin !

Rance Info

Publié: 15 juillet 2017 dans Revue de presse

Bon, vu qu’il m’est devenu vraiment très difficile de poursuivre la rédaction de billets sur l’Histoire, je vais faire plus ou moins le contraire et parler d’actu pendant quelque temps. Déjà parce que c’est un concept révolutionnaire, mais aussi parce que j’ai besoin de changer d’air.

Oh, et quand je dis « actu », ça veut surtout dire « à peu près n’importe quoi tant que je n’ai pas besoin de creuser et vérifier chaque source pendant des heures ».

Donc je change mon fusil d’épaule et on verra où ça me mène. N’attendez pas pour autant un gros regain question rythme de publications, je n’ai plus autant de temps qu’avant. Je suis sûr que vous ne l’aviez pas remarqué.

Alors quoi de neuf ? Pour commencer, une bonne nouvelle : aucun taureau n’a été pendu en Espagne, cœurs tendres. Vous pouvez recommencer à vous réjouir de la mort du matador !

L’information vit le jour sur le site parodique nordpresse.be, par le biais d’un article expliquant que comme le voulait la coutume, la bête qui avait tué dans l’arène le matador Ivan Fandino avait été pendue, devant une centaine de spectateurs enthousiastes réunis sur la place centrale de la ville d’Irun. En guise de preuve fut avancée la photo ci-dessous, établissant une corrélation peu évidente entre, à gauche, un matador en train de réaliser qu’il allait mourir flou et, à droite, allez savoir quel événement se déroulant quelque part en Chine, impliquant un taureau certes pas forcément très bien traité, mais en tous cas pas pendu au sens où on l’entend.

Signalons aussi que la place centrale d’une ville espagnole ne ressemble pas du tout à ça.

Bien entendu, la nouvelle fut promptement relayée sur les réseaux sociaux à grands renforts de Caps Lock, générant de longues et indignées diatribes pourvues de beaucoup trop de points d’exclamation. Elle retomba toutefois comme un soufflé penaud lorsqu’elle fut démentie par à peu près tous les sites d’information crédibles.

L’anecdote pourrait nous en apprendre beaucoup sur notre façon d’appréhender l’information, si elle comportait quoi que ce soit qui n’avait pas déjà été dit cent fois ; dans la tauromachie comme partout ailleurs, quand vous entendez une histoire qui paraît trop invraisemblable pour être vraie, c’est probablement qu’elle est trop invraisemblable pour être vraie. Je suis tout pour trouver des raisons de jeter des pierres aux matadors, mais ces gens-là nous en fournissent déjà bien assez sans qu’on aille encore leur en inventer.

D’ailleurs, les Espagnols : comment ça se fait que la tauromachie existe encore ? Vous nous direz que c’est une tradition, mais évidemment que c’est une tradition, on a bien compris que vous ne pratiquez pas ça juste pour emmerder les taureaux ! Il n’empêche que par le passé, on vous a connu plus frileux que ça avec les traditions impliquant des mises à mort ; ce qui devrait d’ailleurs vous faire réaliser que ce qu’on reproche à vos corridas, c’est moins à chercher du côté de la tradition et plus du côté des taureaux.

Mais bon, vous nous direz que finalement, la mise à mort cruelle d’animaux, c’est un peu comme la confection de meubles ou de vêtements : ça fait un bon moment que la pratique s’est industrialisée sur tout le continent, mais certains préféreront toujours que ça soit fait à la main.

Autre chose : vous savez que vous devenez vieux lorsque vous prenez conscience que le machin que vous avez vaguement vu du coin de l’œil une ou deux fois est LE truc à la mode qui fait fureur sur toute la planète, surtout auprès des plus jeunes :

C’est tellement mieux qu’une toupie !

Le fidget spinner, ou hand spinner, est un machin que vous faites tourner dans votre main et merveilles s’en suivent. Les vertus de la pratique sont nombreuses, allant de la gestion du stress au traitement de l’autisme en passant par l’accroissement de la concentration, du moins selon les commerçants. Selon les professionnels des domaines précités, c’est avant tout un truc qui tourne.

Ce qui ne veut pas dire que c’est inutile ; parce que si les jeunes se passionnent pour une mécanique qui tourne en rond sans jamais aller nulle part, c’est qu’ils sont prêts à intégrer le débat politique.

En parlant de politique, signalons qu’en Suisse, nous avons voté dernièrement sur un sujet qu’on n’a pas forcément bien compris mais auquel on a totalement dit oui, et je m’inclus dans le tas, parce qu’il nous engage notamment à sortir du nucléaire d’ici à l’an 2050.

Pour un pays habitué à voter sur des sujets visant à rester dans le présent ou retourner dans le passé, l’idée d’un débat sur l’avenir était tellement novatrice qu’elle ne pouvait que séduire. Toutefois, maintenant qu’on est majoritairement d’accord pour se passer de l’énergie nucléaire, il va falloir trouver comment compenser tout ça, parce qu’il est impossible de planter la moindre éolienne en Suisse sans déclencher un tonnerre d’oppositions scandalisées.

Des piquiers bloquent l’accès aux sites où on veut les bâtir.

Bien sûr, l’énergie éolienne a encore des progrès à faire avant de devenir vraiment intéressante, mais si les constructions sont systématiquement contestées, c’est avant tout pour des considérations esthétiques. Et la bonne nouvelle, c’est que la Chine vient de prouver qu’il est possible de combiner énergie renouvelable et esthétique :

Surtout aux yeux des oiseaux.

Ceci est la centrale solaire du panda, une construction alimentant environ 50’000 foyers et projetant de doubler sa production à l’avenir par l’adjonction d’un deuxième panda, vous savez, pour pouvoir ensuite faire un élevage ; l’idée est aussi de sensibiliser la population, notamment les plus jeunes, au fait que le tournant énergétique est important pour la vie sauvage.

Et c’est une bien belle idée, encore que normalement, ce ne sont pas tellement les jeunes qu’il faut convaincre d’abandonner leurs parts et intérêts dans les énergies fossiles. Alors certes, en Suisse, on n’a pas le même territoire, mais notre faune est aussi menacée, les rainettes par exemple… On devrait bien pouvoir trouver un petit coin pour une rainette solaire, non ?

Maintenant, gastronomie : si vous avez l’intention de commercialiser des biscuits diététiques au blé et que vous ne savez pas comment les nommer, j’ai le regret de vous annoncer que « Gerblé » est déjà pris :

Il y a beaucoup de choses à connaître pour être à même de donner à un produit un nom approprié, le français étant l’une d’entre elles.

Mais franchement les gars : ça vous donne pas envie de Gerblé ça ? Je ne connaissais pas du tout ce produit et j’imagine que l’on se gausse de son nom depuis des éons, mais je n’ai pas peur de piquer l’idée à qui que ce soit : le concepteur lui-même a dû voler ce nom à un humoriste.

Gastronomie toujours, les amateurs de cuisine française seront ravis d’apprendre qu’il existe désormais une adresse pour déguster un steak tartare 24 heures sur 24 dans la région lausannoise : la gare de Prilly. Et attention, pas le Buffet de la Gare hein, juste la gare :

Drôle d’évolution pour un produit qu’on est habitué à voir préparé devant soi.

Exactement ce qui me manque lorsque j’attends mon train du matin avec juste un café dans le ventre : un bon gros bloc de viande crue. Au rayon des probabilités d’exister un jour, je situais personnellement le distributeur de steaks tartare quelque part entre le distributeur de spectres et le distributeur de concepts, mais que voulez-vous, il faut bien faire quelque chose de toute cette viande de taureaux pendus. Un collègue à moi qui a trouvé je ne sais où le courage de le tester m’a confié avoir été déçu, mais j’avoue ne pas trop comprendre comment on peut être déçu d’un steak tartare acheté au distributeur.

Passons au sports : maintenant que la télévision suisse va perdre les droits de diffuser la Ligue des Champions, je vais intégrer de plein pied la horde de ceux qui se demandent s’il est raisonnable de payer si cher une redevance TV quand on ne regarde pas la TV. Certes, ils conserveront les droits de diffuser certains matchs, notamment ceux impliquant des clubs suisses, mais si on s’intéresse à la C1, c’est pour des Real Madrid – Manchester United, pas pour des FC Bâle – Ludogorets Razgrad.

Tout ça pour dire que j’ai beau vivre dans un pays qui n’a aucune chance de gagner la Ligue des Champions, ça fait quand même mal de la perdre.

Sports toujours, si on veut : est-ce que quelqu’un pourrait demander à la presse d’arrêter d’interviewer Sepp Blatter s’il vous plaît ? Qu’est-ce qu’on l’entend, celui-là, depuis qu’il s’est vautré ! Toujours à s’exprimer sur l’éthique dans le sport, le rôle des arbitres, l’attribution de la coupe du monde au Qatar, l’argent dans le foot, des sujets certes intéressants… pour peu qu’on veuille bien se donner la peine de demander l’avis de personnes que l’on ne sait pas être personnellement impliquées dans tout ce qui y va de travers.

Alors soit, on sait que la sentence maximale qu’encourt un Blatter pour ses combines dans le foot consiste en un froncement de sourcils appuyé (mais pas trop) de la justice ; il ne risque pas de finir tout maigre au fond d’un cachot, perdu dans les plis de ses guenilles et de sa barbe, avec pour seuls amis une cruche d’eau et une puce de lit, qu’il aura appelée « Lionel » avant d’oublier pourquoi. Et ça me convient très bien comme ça, après tout pourquoi vouloir le pilori ? Mais au moins, admettons qu’il est fini au lieu de continuer à l’écouter ; on le connaît, son avis sur la morale dans le sport, il a eu toute sa carrière pour l’exprimer. Garde tes réponses à ces questions pour le juge, Sepp !

Space facts !

Publié: 26 avril 2017 dans Physique

Je l’avoue très humblement, je suis un amoureux des étoiles. C’est pourquoi, une fois la nuit tombée, vous me verrez souvent, pèlerin céleste en quête de contact avec l’infini, assis devant mon ordinateur à regarder des reportages sur Youtube.

Qui a besoin de promenades nocturnes alors qu’on a Neil deGrasse Tyson à portée de clic ?

Ce que le sujet a de rassurant, c’est qu’on a beau ne rien comprendre, on sait que c’est normal. Après tout, l’astrophysique est une science qui consiste essentiellement à réaliser des découvertes qui anéantissent ce qu’on a laborieusement déduit des précédentes. Une façon comme une autre pour l’Univers de nous rappeler que nous ne sommes pas grand chose.

L’Univers a son propre langage, parfois assez cash.

Car oui, dans le mot astrophysique, la partie « physique » fait autant référence aux lois de l’Univers qu’à la bonne constitution qu’entretiennent les chercheurs en portant régulièrement leurs données et leurs théories jusqu’à la broyeuse à papier à chaque fois qu’un de ces événements incompréhensibles, appelés « spacefucks » par la communauté scientifique – pour peu qu’elle accepte ma suggestion – se déroule quelque part dans l’espace.

SN 1987A, l’étoile disparue

à quelques 163’000 années-lumière de notre Voie Lactée se trouve une galaxie naine connue sous le nom de « Large Magellanic Cloud ».

Appelée ainsi à cause des gigantesques lettres qui flottent mystérieusement dans l’espace proche.

Comme la recherche ne fait pas dans les bonnes manières, elle braque régulièrement ses télescopes sur notre petite voisine afin d’en percer les secrets. Ce qui lui valut, en 1987, d’y découvrir une étoile en train d’entrer en supernova, qu’ils baptisèrent « SN 1987A » parce que ces gens sont des poètes. Pour rappel, une supernova, c’est ce qui arrive lorsqu’une étoile en fin de vie ne trouve plus assez de trucs à fusionner, alors que les étoiles adorent fusionner des trucs, s’énerve et envoie littéralement tout péter. Ensuite de quoi, selon sa taille, sa composition et la vitesse du vent, elle devient généralement une naine blanche, un trou noir ou une étoile à neutrons.

Et c’est justement en étoile à neutrons que SN 1987A est supposée se transformer. Pour la recherche, habituée à devoir observer les supernovas aux confins de l’Univers pour peu qu’elle les détecte à temps, en repérer une sur le point de se produire dans une galaxie voisine est un peu comme assister à un striptease en live après des années de calendriers Pirelli et le jour J, tout le monde est prêt, stylo et calepin à la main, arborant des t-shirts « SN 1987A rocks ! ».

Ainsi, sous les yeux émerveillés des scientifiques, l’étoile à l’agonie entame sont chant du cygne. L’espace d’une fraction de seconde, la lumière qu’elle émet éclipse le reste de la galaxie tandis qu’elle éjecte au loin la matière qui compose sa structure externe à des milliers de kilomètres par secondes. Puis, rien.

Mais vraiment rien du tout : pas d’étoile à neutrons, pas de trou noir, pas de naine blanche, même pas un petit mot d’explication. Que pouic. Si les chercheurs avaient ignoré la supernova et observé la galaxie du jour au lendemain, ils auraient tout simplement remarqué qu’une étoile n’était plus là, comme si elle avait été absorbée par un Super Mario stellaire.

Théorie renforcée par l’absence de Goombas dans les environs.

Or, une étoile, ce n’est normalement pas quelque chose qui se perd comme une chaussette après une lessive, on leur connaît même une tendance plutôt tenace à rester là où elles sont ; évidemment, une supernova redistribue certaines cartes, mais quoi qu’il en résulte, il n’y a pas de raison qu’on ne le retrouve pas à l’endroit où se tenait l’astre.

Alors certes, les chercheurs ont bien quelques idées. Certains avancent que SN 1987A aurait pu se transformer en étoile à quarks, qui serait, pour faire court, comme une étoile à neutrons, mais plus dense et plus petite, ce qui la rendrait inobservable (et rendrait les étoiles à neutrons moins badass, nous ne voulons pas ça). D’autres pensent qu’étoile à neutrons il y a, mais qu’on ne peut pas encore la voir à cause d’un dense nuage moléculaire, rémanent de la supernova, entourant l’astre. Une troisième hypothèse envisage l’option d’un petit trou noir, qu’on n’apercevrait pas parce qu’il n’aurait pas de matière proche à absorber, condition nécessaire pour qu’il émette la lumière requise pour qu’on repère ce type d’objets.

Pour résumer : soit c’est une étoile qu’on ne voit pas parce qu’il y a trop de trucs autour, soit c’est un trou noir qu’on ne voit pas parce qu’il n’y a pas assez de trucs autour.

Dans tous les cas, le fait que la supernova la plus proche jamais observée avec des moyens modernes soit aussi celle dont on ait le moins appris n’en demeure pas moins une solide tape sur le museau de la recherche.

On a vu un trou blanc (et ça n’existe certainement pas)

On s’est demandé un temps si les trous noirs n’étaient pas reliés à des trous blancs par ce qu’on appellerait des trous de vers, absorbant goulûment la matière dans un coin de l’Univers pour la recracher dans un autre, la plus grande raison allant dans ce sens étant, je cite, « pourquoi pas ? »

à l’image : le directeur du département de la recherche sur les trous blancs, présentant ses théories à la conférence annuelle des astrophysiciens.

Aujourd’hui toutefois, au grand désespoir des auteurs de SF, on doute sérieusement de cette idée, premièrement parce qu’elle n’a aucun sens et ensuite parce que l’existence même des trous blancs serait un bras d’honneur aux lois de la physique telles qu’on les connaît.

Après, je vous avoue que je n’ai pas parfaitement compris pourquoi on a inventé le concept du trou blanc si l’on est à ce point convaincu qu’il n’existe rien de tel, mais je crois que ça a quelque chose à voir avec la théorie de la relativité, qui indique qu’un truc qui va dans un sens peut aller dans un autre, comme par exemple une balançoire, et que si on on applique le principe de la balançoire dans l’espace, ça donne un trou blanc.

N’est-ce pas, Science ?

Le vrai problème avec les trous blancs, c’est que, comme vous l’avez instinctivement deviné, une singularité émettant constamment de la matière dans l’espace contreviendrait au deuxième principe de la thermodynamique, selon lequel l’entropie globale de l’Univers ne peut que demeurer identique ou augmenter, sinon ça ne va pas du tout. Or, un trou blanc serait grosso modo une machine à diminuer l’entropie. Ça serait comme avoir une broyeuse à bois inversée, dans laquelle vous mettriez des copeaux pour obtenir un arbre.

Ce qui serait chouette, mais ça ne peut pas marcher, à cause de l’Univers.

Donc pour faire court, ça n’existe certainement pas. Ce qui pose un autre problème : à partir du moment où ça n’existe pas, on n’a absolument aucune idée de ce qu’on a détecté le 14 juin 2006, lorsque le satellite Swift de la NASA capta aux confins de l’espace un gigantesque rayon gamma qui n’avait rien à faire là.

Baptisé GRB060614, l’événement dura 102 secondes et se déroula à 1.6 milliards d’années-lumière d’ici, dans la constellation de l’Indien, appelée ainsi pour des raisons qui vont vous sauter aux yeux :

On dirait qu’il va se mettre à parler !

Et à l’heure actuelle, on ne sait toujours pas ce qui a déclenché l’explosion initiale. Or, on parle quand même d’une quantité d’énergie équivalant à un milliard de milliards de fois celle émise par notre bon vieux Soleil, on peut donc supposer que ça n’est pas arrivé tout seul.

Évidemment, l’explication la plus logique impliquerait une supernova, mais aucun événement de la sorte n’a été décelé dans les environs et, si on rejette un œil à la constellation de l’Indien, on soupçonne que si une étoile venait à y manquer, les chercheurs le remarqueraient.

C’est ainsi que la constellation de l’Indien devint la constellation de l’Angle.

D’autres hypothèses accourent en renfort à grands coups d’étoiles à neutrons, comme toujours lorsque les chercheurs sèchent, impliquant qu’un tel objet aurait pu être absorbé par un trou noir, ou que deux d’entre elles pourraient s’être télescopées, autant d’événements certes aptes à libérer une énergie aberrante, mais dont les rayons gamma en résultant ne durent jamais aussi longtemps.

Et c’est là que le trou blanc se rappelle au bon souvenir des scientifiques ; pour le peu qu’on en sait, un trou blanc libérerait une énergie démente tout en tendant un doigt bien haut aux lois de l’Univers, lequel, en retour, ne tarderait pas à le rappeler à l’ordre. Donc si un trou blanc devait se produire, il ne durerait sans doute que quelques secondes avant de s’effondrer sur lui-même, probablement pour devenir un trou noir.

Bref, c’est troublant.

Donc bien que les chercheurs continuent à douter sérieusement de l’existence des trous blancs, ils admettent dans le même temps que GRBtruc ressemble trait pour trait à l’image qu’ils s’en font, et qu’ils ne peuvent, à l’heure actuelle, pas expliquer le phénomène autrement.

Le grand vide au milieu du vide

Si on adopte un point de vue un peu étriqué, il est vite arrivé de voir en l’espace une infinité de vide absolu constellé d’explosions gigantesques, comme s’il avait été réalisé par Michael Bay. Néanmoins, c’est un peu plus que ça.

Parce que pour peu qu’on prenne de la distance (pas mal de distance), l’Univers devient plus qu’un foutoir géant où des atomes et des machins deviennent des étoiles et des quasars et des planètes et peut-être des trous blancs sous l’effet de la gravité : il devient une structure complexe et organisée, d’apparence spongieuse, ou organique, ou quelque adjectif qui vous passe par la tête en voyant l’image ci-après :

Violet, pour moi.

Ceci est une représentation d’une partie de l’Univers telle que la verrait au microscope un chercheur très très grand. On y voit des amas de galaxies et des superamas de galaxies reliés entre eux par des filaments de galaxies, bref, beaucoup de galaxies. Le tracé qu’emprunte tout ce bazar ne doit bien sûr rien au hasard, mais suit à la lettre les lois de la gravité et de l’énergie noire, adoptant une forme et une structure prévisible tandis que l’Univers gagne en volume comme une barbe à papa.

Malgré tout, l’essentiel de sa composition demeure du vide (là aussi, comme une barbe à papa). À peu près 90% de vide, d’après des chiffres avancés un peu au bol par des chercheurs. Sachant cela, on pourrait penser que trouver un endroit vide dans l’espace reviendrait à déceler un lieu mouillé dans l’océan, pourtant la Science en a dégotté un et s’est exclamée « c’est incroyable ! »

Elle venait de découvrir, à 700 millions d’années-lumière de la Terre, le Boötes Void, ou Vide du Bouvier en français, à proximité de la constellation du même nom. D’ailleurs regardez : un bouvier !

Un bouvier étant une personne qui garde les bœufs, on pourrait penser que sa constellation et celle du Taureau seraient voisines, mais même pas. Les premiers astronomes manquaient d’humour.

Le Vide du Bouvier est une structure sphérique de 250 millions d’années-lumière de diamètre, soit 2’500 fois celui de la Voie Lactée. On parle de 0.27% de la taille de l’Univers observable, c’est incommensurable. En moyenne, on devrait y trouver environ 10’000 galaxies, or celle-ci en contient soixante. Les plus brillants esprits de la Science s’accordent à dire que c’est peu.

C’est même vertigineusement peu. Si la Voie Lactée se trouvait en son centre, on estime qu’on n’aurait pas pris conscience de l’existence d’autres galaxies avant les années 60. Les chercheurs ont trouvé une abysse au milieu du vide et se demandent avec raison quelle horreur lovecraftienne a pu y élire domicile pour que même les étoiles ne veulent pas rester.

L’explication actuellement privilégiée évoque de larges zones de vide qui auraient fusionné au fil des âges, la gravité tirant vers leurs extrémités la matière qu’elles contiennent. Une autre hypothèse, un peu moins prisée, parle d’une civilisation extraterrestre recyclant l’énergie des étoiles en construisant des gros (mais vraiment très gros) panneaux solaires autour d’elles.

« Tu te rends compte comme on est petit dans l’Univers ? Il suffirait d’un large groupe de quasars pour mettre fin à notre civilisation ! »

Enfin, certains évoquent une sorte de maladie du cosmos, s’étendant dans l’espace en rongeant les galaxies les unes après les autres. Personne n’y croit vraiment, ce qui n’empêche pas les chercheurs d’observer attentivement les étoiles entourant le Vide du Bouvier, des fois qu’elles commenceraient à s’étioler…

L’avenir nous apparaît rarement aussi flou que lorsque quelqu’un nous tient en otage, c’est pourquoi nous cherchons instinctivement à écourter ce genre de situations autant que faire se peut. En général, on opte pour une méthode visant à rester en vie le temps que les forces spéciales ou Batman interviennent.

Certains, néanmoins, se montrent plus inventifs. Vous leur gueulez dessus en leur pointant une arme ? Bravo, vous les avez vexés. Maintenant ils méditent vengeance, et non seulement ils seront rentrés chez eux à temps pour les quarts de finale, mais en plus ils vous auront ridiculisé dans la manœuvre.

Le pilote et le pirate de l’air non francophone

Vous savez que vos vacances débutent mal lorsqu’un homme armé pénètre dans la cabine du pilote de votre avion. C’est ce qu’ont vécu en 2007 les 71 passagers d’un vol reliant la Mauritanie aux Canaries, ce qui ne pouvait pas plus mal tomber, parce que j’imagine que personne ne part en vacances aux Canaries pour y rechercher la grande aventure.

« à nous deux, Canaries ! »

Le pirate souhaitait détourner le vol vers la France pour y demander l’asile politique. Alors que le pilote lui expliquait qu’ils n’avaient pas assez de carburant pour cette distance (et que de toute façon c’était une mauvaise idée à la base), ce dernier prit conscience d’une chose importante : l’agresseur ne parlait pas français. Après quelques négociations, tous deux se mirent d’accord pour garder le cap vers la destination initiale, d’où le pirate pourrait planifier son prochain détournement tout en profitant du soleil.

Et peut-être réaliser qu’il n’était finalement pas si mal aux Canaries.

Du côté des passagers, on avait, comme vous pouvez l’imaginer, les nerfs assez à vif. Aussi, lorsque le commandant prit le micro pour une communication, il fut plus écouté qu’à l’accoutumée. S’exprimant en français, il expliqua aux passagers qu’ils allaient se poser comme prévu aux Canaries, mais que ce faisant, il allait piler soudainement sur les freins avant d’accélérer, et que normalement, ils devraient voir un pirate de l’air bouler hors du cockpit en pestant contre la gravité et qu’ils étaient invités à lui préparer une petite fête.

Ce qui ne manqua pas. Tous les passagers prêts à en découdre vinrent s’installer aux premiers rangs tandis que femmes et enfants gagnèrent les sièges arrières. La manœuvre fut sèche et plusieurs passagers subirent de légères contusions durant l’atterrissage, mais un seul d’entre eux fut solidement maintenu à terre et rossé par une dizaine de costauds pendant que des hôtesses lui déversaient de l’eau bouillante sur la poitrine jusqu’à sa reddition.

Le fou du volant et l’encore plus folle

Cindy Birdsong était une des chanteuses du groupe « Diana Ross & the Supremes » que l’histoire retient affectueusement sous le nom de « pas Diana Ross ». La nuit du 2 décembre 1969, alors qu’elle rentre tranquillement dans l’appartement qu’elle partage à Hollywood avec deux amis, elle constate que ces derniers ont un invité, à savoir un forcené hystérique brandissant un couteau de cuisine.

Un ustensile qui devient de facto une arme lorsque vous-même êtes à mains nues.

Sous la menace, elle ligote ses colocataires avant d’être amenée de force dans une voiture, à bord de laquelle elle part en virée nocturne sur l’autoroute avec l’aimable inconnu.

Insensible aux cris, aux insultes et aux « c’est encore loin ? » de sa victime, le ravisseur taille la route durant une demi-heure avant que Cindy ne tente de le désarmer. Échec, la promenade continue, avec quelques bonnes entailles aux mains en plus. La chanteuse décide alors de passer au plan B (comme « bitume ») : tandis que le type ralentit pour un changement de piste, elle ouvre la portière et s’envole vers la liberté.

Jusqu’où faut-il vous pousser, mesdames, pour que vous quittiez un véhicule en marche avec la même détermination et absence de regret que s’il s’agissait de l’appartement d’un blogueur suisse ?

La liberté, vous l’imaginez, n’était en l’occurrence pas bien loin, très très dure et accusait une grosse différence de vélocité avec le corps de la malheureuse. Toutefois, probablement protégée par l’esprit de quelque antique dieu de courage témoin de son incroyable badasserie, elle s’en tira miraculeusement avec juste quelques bosses.

Terrifiée à l’idée que son agresseur fasse demi-tour pour venir la rechercher – car comme on l’a vu (et comme on va le voir encore) la pauvre Cindy avait quelque peu perdu la notion de ce qui se fait et ce qui ne se fait pas sur une autoroute – la jeune femme se met à courir dans l’autre sens en faisant des signes aux véhicules pour qu’ils s’arrêtent.

Alors qu’on venait pourtant de lui rappeler qu’il ne faut pas monter dans une voiture avec un inconnu.

Par chance, elle croise presque immédiatement une voiture de police, dont les agents à son bord n’ignorent pas que leur métier consiste entre autres à s’arrêter lorsqu’une femme ensanglantée et en larmes court à contresens sur l’autoroute en appelant à l’aide.

« Vous savez pourquoi on vous arrête ? »

Fin de la balade, Cindy rentre chez elle après un crochet à l’hôpital. Quant à son agresseur, il se livre de lui-même à la police quelques jours après. Vous voyez, il était gentil finalement !

Les otages qui se hâtèrent lentement

Le Moyen Orient regorge de bandes armées ayant juré l’anéantissement de l’Occident, qu’elles combattent un village afghan ou nigérian à la fois. Comme cela n’est pas gratuit, elles essaient d’arrondir leurs fins de mois en prenant des otages.

En novembre 2008, David Rohde, un reporter du New York Times, est capturé à Kaboul avec son interprète et son chauffeur par des Talibans. Tous trois sont acheminés dans un bled pakistanais situé près de la frontière afghane, où on leur demande de bien vouloir prendre leur mal en patience le temps qu’un accord, qu’on leur garantit imminent, soit conclu.

Sept mois d’accord imminent plus tard, David commence à perdre patience et se demande si, finalement, ces Talibans sont vraiment dignes de confiance. Lorsqu’une de ses tâches lui permet de mettre la main sur une corde, il la cache du mieux qu’il peut et fait part à Tahir, son interprète, de sa volonté de s’en servir pour jouer les filles de l’air.

« Si l’on rassemble encore quelques objets, on pourra construire une baliste pour briser le mur. »

Ils ne préviennent pas leur chauffeur, soupçonnant que ce dernier les dénoncerait pour s’attirer les faveurs de leurs ravisseurs. La décision est difficile à prendre, mais ils fondent leurs doutes sur divers détails, notamment le fait qu’il les a déjà dénoncé une fois, qu’il fréquente maintenant ouvertement les Talibans et que ces derniers lui ont remis un fusil d’assaut. Mais avant de trop le blâmer, rappelez-vous qu’un chauffeur, c’est comme n’importe quel otage, sauf qu’il ne vaut pas un clou.

Leur projet d’évasion est néanmoins confronté à un problème essentiel : les Talibans ne veulent pas qu’ils partent. David fait le tour des ressources à sa disposition, à savoir, donc, une corde, ainsi qu’un jeu de Checkah, la version pakistanaise du jeu « Hâte-toi lentement », ou « Parcheesi », ou plein d’autres noms en fait.

C’est le fameux jeu où il faut gagner pour remporter la partie.

Dans une flamboyante application du système D, les deux prisonniers décident de faire le meilleur usage possible de ces deux objets : la corde pour franchir le mur de cinq mètres entourant la bâtisse, et le jeu pour endormir les gardes. Ce dernier point paraît un peu bancal, mais que voulez-vous, parfois vous avez besoin d’une boîte de puissants somnifères, et tout ce que la vie vous donne, c’est un jeu de plateau.

Leur plan est le suivant : Tahir joue le plus tard possible avec les gardes, comme ça ils sont crevés et vont dormir. Ensuite, ils escaladent le mur à l’aide de la corde pendant que tout le monde roupille et voilà. Simple et ingénieux.

Tellement simple que ça allait fonctionner comme un charme ; à leur stupéfaction, les deux hommes se retrouvent à galoper ivres de liberté dans les folles prairies sauvages du Pakistan, sauf que Tahir s’est foulé la cheville en passant le mur et qu’ils sont terrifiés à l’idée d’être rattrapés par leurs ravisseurs, voire pire, par d’autres bandes plus brutales.

Du type qui ne leur laisseraient même pas un jeu de Checkah.

Ils commencent par arranger leurs atours de manière à ressembler autant que possible à un Taliban (ils avaient déjà la barbe, il ne leur restait plus qu’à s’assurer qu’on ne les prenne pas pour des Vikings), puis se mettent en route vers une base militaire pakistanaise pour y demander de l’aide. Bien sûr, approcher un tel lieu de nuit en s’étant préalablement arrangé pour ressembler à un Taliban ne va pas sans risque, mais il ne fallait pas non plus que ça soit trop facile.

Rapidement interceptés par des soldats, ils passent un long moment à s’expliquer, mains en l’air et torse nu, pendant qu’on inspecte leurs vêtements à la recherche de bombes, mais finissent par être recueillis. Et c’est dans les heures qui suivent que tous deux réalisent, par strates, qu’ils sont tirés d’affaire. Ils ne peuvent plus s’arrêter de rire pour tout, se perdent en remerciements et se tombent dans les bras, mais s’inquiètent pour leur chauffeur (qui, pour la petite histoire, s’évadera un mois plus tard) (par contre je ne sais pas si son plan a également impliqué le Checkah).

Et avant peu, David Rohde est au téléphone, le cœur battant, attendant que de l’autre bout du monde, la voix de sa femme scelle cet inoubliable moment. Dans sa tête, l’anticipation de l’instant tellement attendu, des mots à prononcer enfin, vire à la tempête émotionnelle lorsqu’on décroche le combiné.

C’était sa belle-mère.

Ninja fumble

Publié: 6 février 2017 dans Histoire

Comme l’a démontré Harrison Ford dans Air Force One, il n’est jamais facile de tuer un homme de pouvoir. Il faut une solide organisation, des moyens considérables, des informations de premier ordre et si possible des balles magiques. Si vous arrivez vers votre cible, que vous lui réglez froidement son compte et que la foule à laquelle elle s’adressait s’en va comme si tout était normal, félicitations, vous êtes Conan le Barbare. Pour les autres, il va vous falloir un plan de sortie. Vite.

Remarquez, pas nécessairement. Après tout, la fin justifie les moyens ; à partir du moment où vous êtes résolu à faire la peau à une personnalité importante, si vous devez passer pour un con en plus d’un assassin, vous n’en êtes probablement plus à ça près. Les meurtriers impliqués dans les affaires suivantes l’ont compris.

L’assassinat d’Abraham Lincoln

L’acteur américain John Wilkes Booth, que l’Histoire retient comme étant l’assassin d’Abraham Lincoln en dépit de ses bonnes prestations sur les planches, était, je vous jure, un sympathisant des Confédérés durant la guerre civile américaine. Lorsque ça commença à sentir le sapin pour sa cause, Booth décida de donner un petit coup de pouce au général Lee en lui remettant le président Lincoln pieds et poings liés.

Il échafauda un plan complexe, qui échoua à cause de menus détails, notamment le fait que Lincoln n’était pas du tout passé à l’endroit où on l’attendait avec un grand sac et une ficelle. Quelques semaines plus tard, Lee déposait les armes, mettant fin à la guerre.

Ainsi cessa sa sécession.

Ainsi cessa sa sécession.

Booth décida alors de passer au plan B, à savoir tuer le président pour remonter le temps. Il le trouva au théâtre, s’infiltra dans sa loge, lui tira une balle dans l’arrière du crâne à bout portant à l’aide d’un Colt Derringer à un coup, se rendit compte que ledit Colt Derringer à un coup était une mauvaise idée lorsque le très contrarié major Rathbone, qui accompagnait le président, se rua sur lui, et engagea un combat épique.

Un coup de couteau dans l’épaule du vaillant major plus tard (ça n’était finalement pas si épique), Booth opta pour la sortie la plus proche, à savoir la scène, juste en dessous de la loge. Il sauta du balcon, se prit le pied dans le rebord et se vautra lourdement quelques mètres plus bas, se brisant la jambe. À son crédit, il trouva la force de se relever, de crier « Sic Semper Tyrannis » en américain ancien, puis de clopiner hors des lieux.

Sic Semper Tyrannis, qui signifie en gros que les tyrans vont s'en prendre plein la gueule, était la devise de l'état de Virginie et, accessoirement, sera probablement le slogan démocrate aux prochaines élections présidentielles.

Sic Semper Tyrannis, qui signifie en gros que les tyrans vont s’en prendre plein la gueule, était la devise de l’état de Virginie et, accessoirement, sera probablement le slogan démocrate aux prochaines élections présidentielles.

Il ne fut pas immédiatement pris en chasse, car il y avait plus important : quelqu’un venait d’assassiner le président. Booth regagna son cheval et galopa vers le soleil couchant. Il retrouva ses complices, se fit rafistoler la jambe et rejoignit des Confédérés, mais le fait que le guerre était terminée valut à ces derniers de ne pas prendre la nouvelle de la mort de Lincoln avait l’enthousiasme que Booth avait espéré. Au lieu de recevoir des médailles et le titre de sauveur de la galaxie, le tueur et ses complices ne reçurent que quelques provisions et une vague direction à suivre pour aller se faire voir ailleurs.

Ce qu’ils firent. Et c’est finalement dans une grange que Booth fut abattu quelques jours plus tard, au terme d’une dantesque chasse à l’homme.

La chute héroïque de Reinhard Heydrich

Reinhard Heydrich, figure éminente du Troisième Reich, était tellement méchant qu’on aurait dit une caricature de Himmler ; c’était Joe Dalton avant son café, Sauron en train d’arrêter de fumer et le baron Harkonnen au régime réunis.

Hitler lui disait tout le temps de se calmer.

Hitler lui disait tout le temps de se calmer.

Bras droit de Himmler, c’est notamment lui qui présida en janvier 1942 la conférence de Wannsee, où les dignitaires nazis mirent en place ce qui deviendrait l’Holocauste en mangeant des petits fours. Il fut également à l’origine de la création des Einsatzgruppen et joua un rôle important durant la nuit des Longs Couteaux.

En 1941, on lui attribua le commandement de la Bohême-Moravie, où ses actions pour gagner le respect de la population lui octroyèrent le surnom de la Bête Blonde, ou du Boucher de Prague. Berlin est ravi, Heydrich croule sous les louanges et les médailles. À seulement 38 ans, il est déjà promis aux plus hautes sphères du Troisième Reich tandis qu’il envisage de gagner la France pour y transposer ses méthodes.

Aussi, beaucoup avaient intérêt à le voir mort, ne serait-ce que par philanthropie, et c’est la résistance Tchécoslovaque qui se dévoua ; le 27 mai 1942, trois hommes gagnent une route pour y attendre le passage de la voiture de leur cible. L’un d’eux, nommé Gabcik, est doté d’un fusil Sten, ainsi qu’un d’un haut sens pratique puisqu’il profite du trajet pour récupérer de l’herbe pour ses lapins.

Vers dix heures et demie, un véhicule approche ; les résistants reconnaissent aux bannières noires, aux crânes sur les piques, aux flammes et aux âmes des suppliciés la voiture de Heydrich, et passent à l’action : au dernier moment, Gabcik surgit sur le bord la route, pointe son arme et ouvre le feu, mais son fusil, qu’il venait d’assembler, est complètement parasité par les herbes qu’il avait fourrées dans ses poches. Aucun coup ne part.

Qui aurait pu se doute qu'un fusil Sten n'était pas entièrement fiable ?

Qui aurait pu se douter qu’un fusil Sten n’était pas entièrement fiable ?

Heydrich, qui n’est pas du genre à prendre le danger au sérieux, preuve en est qu’il se déplace en décapotable en plein territoire occupé, ordonne à son chauffeur de s’arrêter. Se dressant sur son siège arrière, il dégaine et riposte, mais son pistolet n’est pas chargé. L’espace de quelques secondes irréelles, les deux ennemis se font face, chacun boutiquant fiévreusement son arme, jusqu’à ce qu’un complice de Gacik décide d’employer quelque chose de plus fiable que ces engins compliqués avec des balles qui ne veulent pas partir : une bonne vieille grenade antichar. Malheureusement, l’exécution n’est pas à la hauteur de l’ambition et l’engin explose trop loin de sa cible, blessant son lanceur au passage. Quelques éclats, néanmoins, traversent le siège de la voiture et Reinhard est blessé au dos. Imité par son chauffeur, il descend tout de même de son véhicule et se jette sur ses assaillants, qui détalent dans tous les sens.

Mission échouée. Les résistants s’évaporent, blessant le chauffeur à la jambe durant la poursuite, et disparaissent dans la campagne pour y fomenter de nouveaux complots et nourrir des lapins. Heydrich, plus sérieusement touché qu’il ne le pensait, s’écroule et est transporté à l’hôpital. Il y reçoit des soins, se rétablit, jure vengeance, est frappé d’une septicémie foudroyante à cause de fragments de rembourrage de siège de voiture restés dans son dos, et meurt bêtement. Mission accomplie, en fin de compte.

Grigoris Lambrakis et les ninjas des cavernes

Si les Grecs sont souvent crédités d’avoir inventé la démocratie, il leur manque encore le petit truc pour la maintenir ; l’histoire grecque moderne constitue la plus récente de leurs tragédies et, de Hitler à la BCE en passant par la dictature des colonels, il s’est toujours trouvé quelqu’un pour leur dire quoi faire.

En 1963, le pays, bien qu’il profitait du climat économique favorable de l’époque, restait miné par les tensions internes, les dettes, les incertitudes et la corruption. Parmi les gens qui y faisaient beaucoup de bruit, on trouvait Grigoris Lambrakis, membre de l’aile gauche de la politique grecque. Virulent opposant au pouvoir en place, il organisait régulièrement des manifestations, comme la « marche pour la paix » visant à relier Marathon à Athènes, au cours de laquelle la police arrêta tous les sympathisants qui l’accompagnaient, à tel point qu’il arriva seul à la capitale.

« Maintenant, si l'Histoire ne nous a pas menti, il devrait tomber raide mort d'une seconde à l'autre. »

« Maintenant, si l’Histoire ne nous a pas menti, il devrait tomber raide mort d’une seconde à l’autre. »

Finalement, décision fut prise de liquider Lambrakis, comme le voulait la coutume envers les contestataires de gauche au siècle dernier. La mission incomba à deux sympathisants de l’extrême-droite qui, fidèles à leur doctrine, optèrent pour une solution directement inspirée de l’âge de pierre : y aller à coups de gourdins.

L’un saisit un pied de biche, l’autre une massue en bois, et les voilà partis sur une gracieuse motocyclette-triporteur vers le centre de Thessalonique pour y rencontrer leur proie, tels des preux chevaliers sur leurs montures traquant le vil apostat.

« Hue, Diamant Céleste ! »

« Hue, Diamant Céleste ! »

Ils n’y vont pas par quatre chemins : ils repèrent leur cible en train de traverser la route et mettent les gaz, tandis que les agents de police des environs sifflotent le nez en l’air. Lambrakis est violemment heurté et, selon certaines sources, frappé à la tête d’un coup de massue.

C’est là que nos deux maîtres assassins réalisèrent que leur plan comportait une faille : ils venaient de percuter de plein fouet une personnalité entourée de ses sympathisants et ils n’avaient pas vraiment pensé à un plan d’évacuation. Comme ils s’étaient en plus débarrassés de leurs armes, ils se trouvèrent rapidement débordés par une foule légitimement remontée et finirent arrêtés par un agent de circulation.

Lambrakis décéda de ses blessures cinq jours après l’attentat. Le gouvernement parla en premier lieu d’un accident, mais il est difficile de faire passer cette idée lorsque la victime est un contestataire reconnu de gauche et que les conducteurs du véhicule impliqué sont deux membres de l’extrême-droite. L’enquête qui suivit fut tout d’abord marquée par de fortes pressions sur les témoins du meurtre, jusqu’à ce que le premier ministre lui-même, probablement étranger à l’attentat, ordonna une investigation plus poussée qui aboutit à l’inculpation de quelques hauts fonctionnaires de police.

Néanmoins, au vu de l’extrême-droite, l’opération reste un succès tonitruant : les répercussions politiques du meurtre sont énormes et, avec l’aide d’autres facteurs, aboutissent à terme à la dictature des colonels, qui n’est rien moins qu’une application à plus large échelle de l’idée du gourdin.

Les grandes tuiles du 7ème art

Publié: 24 décembre 2016 dans Arts et lettres

Il existe une règle universelle selon laquelle plus vous la pilez pour aboutir un projet, meilleur sera le résultat final. Enfin, c’est moins une règle universelle qu’une idée caricaturale que je viens de sortir de mon tiroir à clichés, mais songez-y : James Cameron a failli mourir noyé sur un plateau de tournage et ça a donné Abyss ; quelques années plus tard, il a failli se cogner le genou contre un meuble en entrant dans une pièce et ça a donné Avatar. Coïncidence ? Aucune chance. Le Destin ne se déplace pas pour rien.

Lui.

Lui.

Vous me direz que ce sont des hasards fortuits, mais j’t’en fous : Tolkien a écrit les mots qui amèneraient le Seigneur des Anneaux au fond d’une tranchée en tenant un fusil, là où Bernard Werber a rédigé les premières lignes de ce qui deviendrait les Fourmis dans un fauteuil en mangeant des Smacks. Peut-être. Probablement pas en fait, mais merci à lui de ne pas le relever si c’est inexact, j’essaie de prouver un point ici : ce que je veux dire, et sans vouloir manquer de respect au bon Bernard, c’est que quand on compare les récits, on constate qu’un seul des deux est devenu une œuvre majeure de fantaisie épique adaptée au cinéma.

Car il semble que souvent, la route qui mène à la légende est un chemin de croix semé d’ornières qui vous détestent, comme si une grande naissance impliquait forcément de grandes souffrances. Peut-être que l’ambition de celui qui veut toucher les étoiles le pousse à marcher un peu trop le nez en l’air, au risque de tomber tête la première dans la fosse fétide de la désillusion. Et comme nous l’apprend l’excellent Fossoyeur de Films dans sa série Film Wars, nombre de réalisateurs seront d’accord avec moi :

William Friedkin, L’Exorciste

L’Exorciste, aka « le film avec la fille qui descend l’escalier », a été pour beaucoup l’équivalent d’une nuit enterré vivant dans une tombe infestée d’araignées-serpents. Immédiatement paré d’une aura de mystère et de terreur qu’il n’a depuis jamais perdue, le film a donné à l’horreur un visage nouveau.

Et des cheveux.

Et des cheveux.

Il faut dire que le bougre date de 1973, époque où l’image généralement associée au cinéma d’épouvante consistait en un jeu d’ombre dramatique accompagnant un lever de couteau théâtral sur fond de contrebasse ; c’est difficile à imaginer pour les jeunes générations, mais à l’époque de son exploitation en salle, il y avait souvent des ambulances devant les cinémas pour prendre en charge les spectateurs qui tournaient de l’œil. Aujourd’hui, nos cadets, qui, avec l’évolution des mentalités, jugent un film d’horreur au nombre de fois où ils y sursautent pour rien, ne voient en l’Exorciste rien d’autre qu’une œuvre bizarre incluant une fillette qui ressemble à un gros burrito. C’est con un jeune.

Bien fait.

Bien fait.

Mais dans un bon film d’horreur, et donc dans l’Exorciste, tout est question de dosage ; pas question d’endormir les soupçons avec une histoire bateau avant de prendre le public et la blonde du film en traître avec une scie égoïne : le but est d’instaurer une atmosphère oppressante où mystère, peur et malaise s’alimentent mutuellement pour faire monter une tension de plus en plus étouffante, telle une béchamel maudite. Et dans le cas qui nous intéresse, Friedkin a su obtenir de ses acteurs l’authenticité recherchée en les plongeant dans une situation où mystère, peur et malaise s’alimentèrent pour faire monter une tension de plus en plus étouffante.

Friedkin, en effet, s’accrochait aux nerfs de ses acteurs comme Tarzan à ses lianes, avec les cris et tout. Un bruit inattendu est supposé leur arracher une réaction de surprise ? Un tir d’un flingue chargé à blanc en plein milieu de la scène et William la tient, son expression ; Ellen Burstyn est tractée un peu trop virilement par un câble et se fracasse contre un mur en se blessant au dos ? C’est dans la boîte ! Le prêtre de profession et acteur amateur William O’Malley n’est pas assez convainquant lorsqu’il approche son ami mourant ? Une solide gifle, une bonne poussette, le malheureux finit à genoux et en sanglots, et ça tourne ! Vous vous souvenez de la scène des spasmes, avec Regan qui supplie qu’on fasse cesser ses souffrances ? C’était Linda Blair, en train de supplier qu’on fasse cesser ses souffrances. Friedkin voulait tellement de réalisme qu’on en vient à se demander pourquoi il n’a pas engagé un vrai démon.

 Bilan des personnes physiquement maltraitées sur le tournage : une fillette, une femme et un prêtre.

Bilan des personnes physiquement maltraitées sur le tournage : une fillette, une femme et un prêtre.

Et aux déboires physiques s’ajoutèrent rapidement les déboires, disons, spirituels ; basé sur un best-seller, le film était attendu au tournant et incitait à la controverse bien avant d’atteindre les salles. Certains détails (« il y a un démon dans l’histoire ») valurent à des fondamentalistes de prétendre que le film lui-même était possédé, affirmation dont la crédibilité douteuse se vit renforcée par le fait que neuf personnes plus ou moins liées à son élaboration trouvèrent la mort avant sa sortie. Des décès certes tous naturels (si l’on considère que se prendre une moto sur la poire est naturel), mais quand même, neuf. En outre, un incendie ravagea les lieux du tournage, mais voulut bien épargner la chambre de Regan, ce qui n’arrangea rien aux spéculations. Ni le fait que Friedkin utilisait les rumeurs entourant son film à des fins promotionnelles.

Ou qu'il avait giflé un prêtre.

Ou qu’il avait giflé un prêtre.

Le film finit par trouver les salles quelques déboires plus tard et, rumeurs ou non, il donna à son public une bonne raison d’avoir peur. Ainsi qu’à Linda Blair, qui resta six mois sous protection rapprochée à cause des intentions avérées de certains bon chrétiens résolus à lui faire la peau, parce qu’ils n’avaient pas bien compris la fin de l’histoire. Ni le principe d’un exorcisme.

Werner Herzog, Aguirre, la colère de Dieu

Avec l’arrivée du numérique, il est devenu possible de montrer à peu près tout au cinéma ; tout à l’heure on parlait d’Avatar, lors de son tournage les acteurs étaient plantés sur un fond vert et on leur disait « imaginez qu’il y a des arbres, des montagnes et un scénario » et ils se démerdaient. Mais avant, comment qu’on faisait, hein ? Avant, bon sang de bois, on ne pouvait pas tricher ! Vous vouliez un singe géant ? Il fallait le bricoler de toutes pièces. Vous vouliez un monstre ? Il fallait un Boris Karloff. Vous vouliez décrire la descente aux enfers d’une expédition condamnée dont les membres cèdent à la folie et au désespoir ? Il fallait isoler des gens avec Klaus Kinski.

Parce que Klaus Kinski, il avait cette tête-là (à droite sur la photo, si si), ainsi que le caractère qui va avec  :

Le Kinskisme est une doctrine morale consistant à libérer sa colère sur tout ce qui est constitué d’atomes.

Le Kinskisme est une doctrine morale consistant à libérer sa colère sur tout ce qui est constitué d’atomes.

Klaus était un acteur extraordinaire, dans le sens « qui sort de l’ordinaire ». Il en sortait tellement que lors du tournage de Fitzcaraldo, quelques années après Aguirre et réalisé par le même masochiste, les indigènes engagés par Herzog lui proposèrent le plus sérieusement du monde de liquider Kinski gratuitement. Une aubaine !

 Cette semaine, pour chaque comédien local engagé, profitez d’un Kinskicide gratuit pratiqué par la communauté. Pensez-y !

Cette semaine, pour chaque comédien local engagé, profitez d’un Kinskicide gratuit pratiqué par la communauté. Pensez-y !

L’histoire se déroule au seizième siècle et décrit le voyage d’une expédition espagnole partie à la recherche de l’Eldorado. Une mutinerie plus tard, l’équipe passe sous les ordres de Lope de Aguirre, interprété donc par Klaus Kinski, qui ne découvre l’Eldorado ni dans la jungle, ni dans son cœur, mais trouve par contre folie, mort et des petits singes adorables.

« Adorable » n'était certainement pas dans les pensées du petit singe à cet instant précis.

« Adorable » n’était certainement pas dans les pensées du petit singe à cet instant précis.

Le tournage s’effectue au Pérou, où jungles et montagnes offrent à Werner un plateau certes chaotique, mais vaste ; adepte du système D, le réalisateur se jette à l’aventure bien décidé à se retrousser les manches, avec un budget tellement serré qu’une de ses premières actions en vue de son projet avait été de voler une caméra à l’école de cinéma de Munich.

Herzog tourne son film de manière chronologique, afin que l’évolution de son travail fasse écho à celle de l’histoire ; résultat, la troupe se coupe de plus en plus du monde en s’enfonçant dans la jungle, où chaque prise de vue, chaque scène devient un véritable défi. Les conditions d’hygiène et de sécurité sont à peu près égales à celles de la réelle expédition du seizième siècle et le moral de l’équipe gît au fond de l’Amazone. Comme les membres du staff proviennent de seize pays différents, la communication s’en ressent, d’autant plus que tout le monde s’engueule, à commencer par Herzog et Kinski. Leurs disputes sont constantes et violentes, et Klaus s’emporte tellement qu’il fait peur aux indigènes.

C'est dommage, c'était un des derniers endroits à n'avoir jamais connu de problèmes avec les Allemands.

C’est dommage, c’était un des derniers endroits à n’avoir jamais connu de problèmes avec les Allemands.

Déjà au deuxième jour de tournage, Kinski exige que Herzog renvoie certains membres de l’équipe ; devant le refus du réalisateur, il décide de se tirer lui-même, mais accepte finalement de rester lorsque Herzog le menace de l’abattre au pistolet, non sans avoir préalablement crié « police », à 650 bornes du village le plus proche.

Le tournage dure six semaines, au cours desquelles la troupe isolée dans la jungle se met régulièrement en danger sur des rapides ou des falaises et résiste tant bien que mal aux tempêtes, aux orages et aux éruptions. Et à ceux qui me diront qu’il n’y avait pas de volcan là où ils tournaient, je répondrai que je parlais de Klaus Kinski. Mais ils durent également faire face à une crue inattendue de l’Amazone.

Dans tous les cas, personne ne trouve la mort durant le tournage, ce qui tient presque du miracle ; Werner Herzog rentre en Allemagne pour la post-production, mais le budget ne suit plus. Si le film avait été tourné en anglais pour faciliter sa diffusion, on prend la décision de le post-synchroniser en allemand et Kinski, qui avait déjà englouti le tiers du budget avec son seul salaire, demande une blinde pour doubler son personnage. Le film est achevé fin 1972, mais pour quelque raison bizarre, il est d’abord diffusé en noir et blanc à la télévision allemande avant de trouver les salles et la couleur.

Tout était rentré dans l'ordre : la jungle était verte, et Herzog ne l'était plus.

Tout était rentré dans l’ordre : la jungle était verte, et Herzog ne l’était plus.

Aguirre rencontra toutefois son petit succès et l’accueil critique fut bon. Il a depuis atteint un statut culte, ayant réussi à capturer à l’écran l’ombre de la folie qui s’était abattue sur la troupe. La très forte aura psychologique entourant l’œuvre inspira plus d’un réalisateur, notamment un très célèbre, pour son malheur et notre bonheur :

Francis Ford Coppola, Apocalypse Now

Vous avez peut-être déjà vu Apocalypse Now, sinon je vous autorise exceptionnellement à faire un break le temps de le visionner, car il est largement considéré dans le milieu cinéphile comme étant, je cite, « putain bien ».

On y raconte l’histoire de Martin Sheen, envoyé en pleine jungle pour vérifier que Marlon Brando a bien appris ses textes. Débute alors un voyage initiatique où notre héros, rejoint par un tigre, une planche de surf et Morpheus, s’ouvrira aux vérités fondamentales de la vie qui l’amèneront à trouver la richesse intérieure.

Encore quelques mètres et la richesse intérieure va prendre cher.

Encore quelques mètres et la richesse intérieure va prendre cher.

Et si vous vous demandez à quoi bon regarder le film maintenant que je vous l’ai complètement spoilé, sachez qu’il vous reste une raison majeure de le découvrir, à savoir la réconfortante certitude que chaque scène que vous y visionnerez a été tournée dans les larmes et le sang. Vous n’y verrez littéralement rien d’autre que des gens plongés dans une inconcevable souffrance qu’ils essaient de dissimuler en jouant leur rôle. Yep : comme dans la vraie vie.

Le scénario original provient de « Au cœur des ténèbres », un livre qui se déroule en Afrique légèrement retravaillé pour donner un film qui se passe au Viet Nam. Initialement, Coppola entend juste le produire et demande à un vague inconnu d’alors, un dénommé George Lucas, de s’occuper de sa réalisation. George, qui a déjà les mains pleines avec un petit projet SF de derrière les fagots, décline et le vieux Francis décide de s’atteler lui-même à la tâche, probablement en disant « qu’est-ce qui pourrait mal tourner ? » un jour de conjonction stellaire en riant très fort à la face de Dieu, avant d’aller signer les papiers dans un bureau construit sur un cimetière indien en renversant une gitane sur le trajet.

Et c’est parti pour huit longs mois de « la croisière, ça use » !

Et c’est parti pour huit longs mois de « la croisière, ça use » !

Les difficultés débutent dès le casting ; Coppola, pourtant au sommet de sa gloire, ne parvient pas à trouver un seul acteur qui veuille bien interpréter son personnage principal et tous ses choix semblent se retourner contre lui. Harvey Keitel est viré au bout de quinze jours pour être remplacé par Martin Sheen, lequel souffre de gros problèmes de bouteille. Dennis Hopper est tellement shooté que tous les chiens policiers du pays hurlent à l’unisson dès son arrivée sur le territoire ; afin de mieux rentrer dans son personnage, il s’abstient de se laver pendant quarante jours, initiative saluée comme vous pouvez l’imaginer par ses collègues. Il est tellement jeté qu’avant peu, Marlon Brando refuse catégoriquement de travailler avec lui, ce qui pose évidemment quelques problèmes, dont le plus gros est, en l’occurrence, Marlon Brando : le bonhomme est largement en surpoids par rapport au rôle, s’est rasé le crâne sur un caprice et débarque sans avoir jeté le moindre coup d’œil au script, ni même à ses textes. Coppola doit retravailler entièrement son personnage et, du coup, toute la fin du film.

Côté accessoires, pas mieux : les hélicoptères sont prêtés par le président Ferdinand Marcos, et, bien qu’à disposition du réalisateur, ils s’absentent régulièrement pour partir en mission contre des « terroristes » (comme quoi ce n’était pas si différent). De véritables cadavres sont acheminés en même temps que des faux et balancés de-ci de-là dans le décor dans un souci d’ambiance, valant au gouvernement d’intervenir en catastrophe avant que Coppola n’inclue des macchabées dans son film à son insu. Philippines oblige, un bon vieux typhon passe faire un coucou, occasionnant pour plus d’un million de dollars de dégâts et coupant toute la troupe du reste du monde.

Mais ce n'était pas grave : ils étaient si bien entre eux.

Mais ce n’était pas grave : ils étaient si bien entre eux.

Selon les propres mots de Coppola, le tournage de ce film sur la guerre du Viet Nam devient peu à peu la guerre du Viet Nam elle-même, où des Américains pourvus de trop de moyens et de trop d’ambition deviennent fous dans une monde qui leur échappe. L’équipe, déjà démoralisée, est affaiblie par les maladies. Un technicien décède de la rage. Martin Sheen est frappé d’une crise cardiaque ; Coppola cache la bonne nouvelle aux banques et fait venir le frère de Martin en douce pour quelques plans de dos le temps que l’acteur se retape. Le tournage était prévu sur une centaine de jours, il en faudra plus de 230 ; le budget du film passe de 17 millions à 30. Coppola n’a plus de quoi payer les techniciens locaux, mais importe des steaks, des spaghettis et du vin des quatre coins du monde et se fait construire une piscine dans son jardin. La révolte gronde.

La presse américaine apprend les déboires du tournage. Le réalisateur sombre dans la picole et les joints, perd la face et quarante kilos, résiste à une tentative de putsch et prend une maîtresse, au grand bonheur de sa femme, qui fait partie du staff. Alors que le tournage touche à sa fin, un technicien envoie à Coppola un sac contenant les cendres de certaines pellicules, menaçant de foutre le feu au reste s’il ne peut pas coucher avec Melissa Mathison, une assistance du bon Francis qui, pour la petite histoire, épousera plus tard Harrison Ford. Il n’obtient pas gain de cause, mais épargne les pellicules et rentre chez lui chercher un nouveau boulot.

À terme, Coppola rentre avec des tonnes de pellicules, énormément de travail en perspective et une solide dépression. Il mettra trois ans à terminer son film, qui entrera dans la légende autant pour l’œuvre qu’il représente que pour les galères rencontrées pour le mener à bien.

On ne sait pas où se situe le film sur l'échelle de la poisse cosmique, mais ce dont on est sûr, c'est que Coppola a marché dessous.

On ne sait pas où se situe le film sur l’échelle de la poisse cosmique, mais ce dont on est sûr, c’est que Coppola a marché dessous.