Quand les jeux vidéos rendent niais

Publié: 5 septembre 2008 dans Anciens billets

Je n’ai pas honte d’avouer que je suis un peu geek sur les bords, à savoir que j’aime bien me lobotomiser de temps à autres sur mon ordinateur quand j’ai un bon jeu sous le coude et une petite heure à tuer. A chacun sa croix. Je ne regarde pas de séries télé ni ne passe mes soirées sur les chaînes musicales, je ne parle pas le sindarin, je n’ai pas rejoint les invétérés du jeu online qui passent leur vie devant leur écran, je me défonce pas aux acides tous les week-end en trépignant du soir au matin sur les pistes de danse et Star Wars me laisse froid, alors je compense avec les jeux vidéos pour pas me sentir vieux.

 

Cause à effet logique, le battage qui se fait bien souvent autour me fait un peu sourire. On y sent à plein nez la recherche de sensationnalisme mêlée à l’appréhension de l’inconnu ; la technologie aidant, les jeux, aux yeux de certains, sont passés de cons à dangereux. Pas totalement faux d’ailleurs, c’est un secteur qui a tellement évolué qu’on y trouve maintenant de tout et, à l’instar des films, chaque titre n’est pas forcément à recommander à tout le monde. Certains jeux sont bourrins au possible, d’autres mignons tout plein ou absolument terrifiants, quelques-uns, axés sur le scénario, ont un message à faire passer tandis que d’autres encore privilégient la réflexion ou, au contraire, proposent un exutoire jouissif au joueur qui saisit son pad en bavant après une journée de caille. Bref, le secteur est devenu comparable à celui du cinéma, voire du roman. Je schématise, hein !

 

Or, s’il existe un titre qui fait couler de l’encre, c’est bien GTA IV (Gran Theft Auto 4), un jeu qui vous propose d’incarner un type plongé dans le monde sordide de la rue de Liberty City (sorte de New York virtuel) et qui se démerde comme il peut pour tirer son épingle du jeu dans le monde du crime. Un jeu donc où il est potentiellement possible de flinguer des innocents, des flics etc, même si ce n’est pas forcément recommandé. Pour ceux que ça intéresse, un petit extrait marrant ici donne le ton. Faut juste attendre dix secondes et appuyer sur « play ».

 

Bref, à chaque sortie d’un nouveau volet, diverses associations montent au créneau et dénoncent avec fracas les ravages que ne manquera pas de produire une telle œuvre de Belzébuth parmi nos chères têtes blondes (le jeu est interdit aux moins de 18 ans, mais bon…). Fort de cette publicité, il ne manque pas de faire péter tous les records le jour de sa sortie et est devenu l’un des titres les plus réputés du moment. 

 

Il n’y a pas si longtemps, une agression en Indonésie (ou un autre de ces affreux pays barbares, je ne sais plus précisément) a été imputée à GTA IV ; un joueur aurait tourné du bocal et agressé un conducteur de taxi. C’est regrettable évidemment, mais ce genre de nouvelles est à prendre avec des pincettes, un peu comme quand on accuse Marilyn Manson d’être responsable des tueries dans les écoles américaines. Mais il faut admettre que quitte à péter un plomb, il vaut peut-être mieux que ça soit en jouant à autre chose.

 

Et bien aujourd’hui, contre-attaque ! Le jeu tant redouté aurait sauvé des vies ! En effet, on nous apprend dans un émouvant article qu’au terme d’une embardée sur une route quelque part dans l’Illinois, une gamine de onze ans férue de GTA IV (comme quoi on respecte scrupuleusement les recommandations d’âge aux States) et occupant la voiture accidentée  aurait exhorté et aidé sa famille à quitter l’habitacle au plus vite, craignant que, comme dans le jeu, le véhicule n’explose brutalement. Genre « ‘tention, si ça pète on va y laisser les trois quarts de notre barre de vie et on n’a pas de gilet pare-balles, on va y rester et on n’a pas sauvegardé ! ». En fait, si je trouve un peu navrant qu’on accuse ce jeu d’être une sorte de boîte de Pandore dont découle chaque rixe impliquant des joueurs, là, tant de naïveté fait presque de la peine ! Sans doutes la famille, bien installée dans la bagnole en ruine juchée sur son toit, pissant l’essence et emplie de verre brisé, aurait-elle tranquillement déballé le pique-nique en attendant le garagiste sans même déboucler la ceinture !

 

Un peu de bon sens, tudieu ! Que GTA IV se fasse montrer du doigt et qu’on l’accuse de foutre le chaos, c’est navrant mais de bonne guerre. Lui-même n’hésite pas à jouer sur son côté « gansta » pour intéresser le client potentiel. Mais qu’on ne commence pas à répondre avec les mêmes moyens, ça va vraiment pas voler haut ! En fait, je dois bien admettre au jeu vidéo une propension à rendre certains individus très niais : ceux qui y jouent beaucoup trop et ceux qui n’y touchent jamais, mais s’obstinent à donner leur avis quand-même.

 

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