Jedi et côté obscur

Publié: 16 septembre 2008 dans Anciens billets
Mister Suisse 3155 AD

Dans notre monde de plus en plus surpeuplé, il est important de s’ouvrir à de nouvelles perspectives d’avenir et d’agrandir notre éventail de métiers et de formations afin de proposer aux générations futures des corps de métiers variés et des formations adaptées, sans quoi tout ce beau monde finira au chômage à jouer à la Xbox en cultivant de la drôgue. C’est probablement à cet effet que l’université de Belfast propose maintenant à ses étudiants une formation de Jedi.

 

Avoir un pote Jedi, c’est bien pratique, par exemple pour déplacer un canapé ou faire sauter une contravention. Et puis c’est des chevaliers modernes, ces braves gens ; ils défendront la veuve et l’orphelin, prôneront les vertus du cœur et feront bidonner tout le monde en parlant à l’envers. Le côté obscur guettant tel un crapaud tapi dans l’ombre l’imprudent padawan trop enhardi pour respecter les règles les plus élémentaires de prudence, il conviendra d’encadrer les apprentis pour éviter des nouvelles tueries dans les écoles, au sabre laser ou aux éclairs bleutés cette fois.

 

C’est évidemment un immense progrès qui offre au domaine de l’éducation de nouvelles lettres de noblesse en or massif. Parce qu’il n’y a pas de raisons que les universités ne soient pas ouvertes aux geeks. On se réjouit déjà des prochaines innovations qui devraient notamment permettre de proposer des cours d’élaboration d’anneaux magiques, de développement des capacités Mentat ou Bene Gesserit, d’usage de la baguette magique et d’animation de marionnettes en bois.

 

Ce n’est tout de même pas l’unique grande nouvelle colportée en ce jour par nos journaux enrichissants. Le Matin Bleu, par exemple, met enfin le doigt sur un débat passionnant qui manquait à notre édification en demandant si le pays est mûr pour élire une Noire au concours Miss Suisse. La réponse qui me vient à l’esprit est que oui, le pays serait prêt depuis quelques années si la presse ne passait pas son temps à touiller le fond de la marmite en réactualisant ces questions d’un autre âge. C’est un peu un comble de s’estimer ouvert tout en relevant systématiquement les différences de couleur ou de culture entre habitants de notre beau petit pays. « Regardez ! Une Noire au concours Miss Suisse ! Là ! Sommes-nous prêts ? Bien évidemment, puisqu’on n’est pas raciste !!! » Pourquoi poser la question alors ? Plongeons-nous une seconde dans un monde utopique qui aurait rayé jusqu’à la définition du mot racisme de son vocabulaire et de sa culture : personne ne relèverait de tels détails, chacun admettrait qu’il y a des différences physiques entre les noirs et les blancs (la couleur…) sans pour autant prétériter l’un par rapport à l’autre. Le racisme ne sera combattu efficacement qu’en abattant les barrières mentales qui nous poussent à ressasser sempiternellement les mêmes faux débats. Mais c’est beaucoup trop tentant pour nos journaux décidemment consternants de nullité qui, année après année, rajoutent constamment une briquette dans le feu à chaque occasion. Car la même question se pose chaque année, à chaque concours.

 

A part ça ben ça va, mais je serais assez satisfait si les chauffages pouvaient être activés dans mon bureau. Parce que j’ai une stalactite qui pend au bout du nez, mon souffle se transforme en froide vapeur spectrale et si je m’arrête d’écrire une minute, j’ai les doigts trop engourdis pour reprendre.

 

 

 

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commentaires
  1. Le singe dit :

    Brûle les gratuits (machin bleu orangé, 2(0) minutes du peuple) dans ton tiroir pour avoir un peu de chaleur. Quoique, c’est tellement vide que je doute que ça prenne…

  2. labo80 dit :

    En fait je me gave de thé et de café pour tenir le coup. J’ai le ventre comme une citerne, assez de théine et de caféine dans le sang pour remplir trois caisses de red-bull, les mains et les pieds gelés mais j’éviterai quand-même de foutre le feu aux gratuits : ça risque de sentir vraiment mauvais, avec toute la merde qu’il y a dedans. Et si ça commence à sentir le poulailler dans le bureau, il faudra aérer et, de nouveau, les manchots, pingouins et ours polaires se précipiteront dans le bureau pour échapper au froid mordant. Et ça va encore être la baston.

  3. Le passant dit :

    Dire qu’il y a quelques semaines on se battait avec la climatisation pour avoir un peu de fraîcheur…

    Si on ajoute à ça les tornades, le parallèle entre l’évolution du climat et de la presse est frappant :

    Toujours plus pourri et sensationnel !

  4. labo80 dit :

    Tiens c’est vrai ça ! Y aurait-il corrélation entre climat et médiocrité ?
    Faut quand-même admettre qu’on ne connaît pas encore la bonne température pour bosser. Soit il fait trop beau pour travailler et on serait mieux en terrasse, soit on n’a pas envie de sortir sous la pluie pour aller au charbon, où alors il fait trop chaud ou trop froid pour s’enfermer dans un bureau. Des fois on se demande si le problème ne réside pas plus dans la motivation que dans le temps qu’il fait, mais ce n’est là qu’une supposition !

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