Boulot métro dodo – avant-première

Publié: 23 septembre 2008 dans Anciens billets

Ils étaient 160’000 à tester le nouveau métro de Lausanne durant l’inauguration de ce week-end, parait-il. Ca fait tout un paquet ça ! 160’000 personnes qui ont eu la primeur de se serrer gratuitement les uns contre les autres dans des bouffées de sueur rance et la moite chaleur humaine tandis que la machine entièrement automatique – détail bien pratique, des fois qu’on trouverait pas de chauffeur en ces temps de plein emploi – les emmenait, au grès des grincements et des pannes, de bas en haut, puis de haut en bas, puis encore de bas en haut et ainsi de suite.

 

J’avoue que de mon côté, insensible à ce privilège qu’on nous mettait pourtant généreusement à portée, je n’ai pas mis les pieds dans ces rames que j’aurai bien assez d’occasions de tester le moment venu. Parce que personnellement, j’associe difficilement les moyens de transport en commun avec mes – bien entendu trop – rares moments de loisirs. Les trajets en bus, par exemple, ne m’apparaissent que rarement divertissants, même lorsqu’il y a cette grande mama qui hurle des paroles bibliques en tapant dans ses mains. Ou le toxon qui hallucine dans son coin. Ou encore l’ado que j’ai souvent vu à sept heures du matin avec un regard absent et une bouteille de gnôle qu’il descend au goulot.

 

Mais bon, j’admets que beaucoup peuvent souhaiter essayer ce truc qui leur a quand-même coûté bonbon et qu’ils n’utiliseront jamais. Mais personnellement, je suis piéton et, lorsque je devrai prendre le métro, ça sera le plus souvent pour aller bosser. J’aurai donc, à ce moment-là, largement le temps d’apprécier ces moments uniques suspendu aux barres métalliques qui ne verront jamais la couleur d’un chiffon et enserré par une pléthore de quidam attendant autant que moi que s’ouvrent enfin les portes pour se ruer hors du wagon, tel le vaste troupeau de bovins dont le vent a apporté l’odeur des félins planqués dans des fourrés proches.

 

Donc voilà. Pendant que tant d’honnêtes citoyens s’intéressaient au premier véritable métro suisse (les autres étant des métros falsifiés, ne méritant même pas l’honneur d’une telle appellation), je suis resté sagement près des concerts, assistant aux spectacles, descendant de-ci de-là quelques tisanes pour résister au Grand’Froid, jusqu’à tard dans la nuit où un indélicat videur manifestement survolté et proche de l’hystérie me refusa l’entrée au « XIIIe siècle », sous le fallacieux prétexte que j’étais un peu pompette. Moi qui n’ai jamais fait d’esclandre dans aucune boum ! Alors je souhaite que sa femme donne naissance à une portée de chèvres (ou un truc du genre), parce que je sens que j’ai pas fini d’encaisser des vannes à ce sujet, les copains étant une race d’êtres cruels et impitoyables !

 

Enfin bon, tout ça pour dire que ces pérégrinations me plongèrent quelques dix ans en arrière, lors de l’inauguration de la gare du Flon de la ligne ferroviaire du LEB (Lausanne – Echallens – Bercher. Ou Los Angeles – Edimbourg – Bangkok. Je ne sais plus.) Une sauterie à la hauteur de l’évènement avait été organisée un dimanche à ladite gare du Flon, c’est-à-dire avec force flonflon (désolé). A cette occasion, l’usage du train était entièrement gratuit et, résultat, il fut plus bondé qu’aucun train ne l’a jamais été sur ce continent. Un conducteur désabusé m’avait alors avoué au bord des larmes que la majorité des passagers restait assis dans le wagon depuis le premier train de la journée, effectuant inlassablement le trajet Lausanne – Bercher.

 

On peut donc déduire de tout ça une chose : dans leurs temps libre, les suisses s’ennuient grave.

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commentaires
  1. Le singe dit :

    Ouais heu, le passage sur le refus d’entrée au XIIIème, tu m’as dit que le sécu t’avais dit que tu l’avais traité de « connard » mais que tu ne t’en rappelais pas, hein? C’est bien ça? Faut dire les choses comme elles sont. Et je crois le sécu, tu l’as certainement fait, imbibé comme tu étais. Espèce de souillasse…

    Moi ça m’est arrivé souvent de ne pas me rappeler, d’avoir des trous de mémoires. Il y a plein de fois où je n’ai pas compris pourquoi on m’a refusé l’entrée ou bien mis à la porte… Certaines fois j’me suis même retrouvé avec la gueule contre les pavés avec cinq sécus autour de moi, sans en comprendre le bien fondé. Incroyable non? Moi qui ne fait jamais de vague, comprends pas…

    Mais néanmoins, je suis persuadé que c’était justifié. Enfin, mes potes m’ont convaincu que je l’avais cherché et j’étais bien obligé de les croire vu qu’une partie de la sauvegarde avait disparu (plus de son, plus d’image).

    Alors assume ton alcoolisme naissant Labo, tu n’est pas au bout de tes peines! Les boissons alcoolisées donnent parfois ce genre d’effets secondaires, faudra t’y faire. C’est pas comme ta grenadine ou ta tisane…

  2. labo80 dit :

    Oh lui eh, pourquoi je lui dis des trucs moi ? Les blackout ça arrive, mais mon dernier à moi, il date de 1998 ! Normalement j’ai des back-save et là, soudainement, j’aurais oublié ce détail ? Et le videur m’a rien dit, sauf « tu rentres pas, mauvaise soirée, je prends pas de risques », c’est la gente dame qui m’accompagnait qui m’a fait savoir que, selon elle, j’avais employé des termes peu courtois une fois les tentatives de négociations pacifiques échouées, ce qui, tu en conviendras, ne me ressemble pas ! Et puis eh, moi je peux pas rentrer mais elle oui ? C’est quoi c’te combine ? Quel connard çui-là !

    Et arrête de dire que tu fais jamais de vagues, j’ai mon filtre anti-mensonges qui vient de me péter au blair !

    Au fait, on ira faire un peu la noce à l’occase, ça permettra de se rappeler qui est la souillasse…

  3. Le singe dit :

    Souillasse ou pas, moi j’ai aucune peine à l’admettre, contrairement à certain… Non mais, sérieusement, tu le dis toi-même : « …c’est la gente dame qui m’accompagnait qui m’a fait savoir que, selon elle, j’avais employé des termes peu courtois… ». C’est exactement mon cas, j’m’en rappelle pas non plus, c’est mes acolytes qui me l’ont dit.

    Il faut donc te rendre à l’évidence, tu connais désormais « le côté obscur » de l’alcool. Mais ne t’affoles pas, ça va aller. Ca se gère, je t’expliquerai ça autour d’une bonne mousse. Et continue à mes raconter des trucs, ça ne te rendras que plus humain… Mwahahaha!!!

    P.-S.: qui a dit que je faisais des vagues, hein?

  4. labo80 dit :

    En fait, je pourrais dire bien des méchantes choses – quitte à en inventer, après tout – mais je dois bien admettre, avec force humilité, que question murgée je t’arrive pas à la cheville. Alors soit, tu seras mon guide spiritueux, je suivrai tes exploits et je me réjouis déjà de te voir te débattre entre cinq sécu !
    Alors à la prochaine devant une mousse !

  5. Le singe dit :

    « Guide spiritueux » : ah ouais, ça le fait pas mal! C’est presque flatteur.

    Te gêne pas de balancer des choses méchantes, j’me vexe pas facilement. Mais le retour de manivelle risque d’être difficile à gérer (contrairement à ton alcoolisme). Faudra pas te plaindre si je t’envoies des moulures. Et tu repasseras pour me voir me débattre face à 5 sécu. C’était du temps de ma jeunesse. Maintenant j’me suis rangé, j’fais plus de bruit ni de vague. J’suis devenu quelqu’un de respectable aujourd’hui (si si, n’en doute pas).

    Par contre, tu risques d’avoir besoin de mes conseils avisés si tu ne désires pas rencontrer les pavés à ton tour…

  6. Le Houblon pensant dit :

    Arf! Arf! Arf! Du raout… pour le scout! 😛

    Bientôt un badge? (Mais c’est Jean-Pierre, mon ami, qui le demande. Il est cruel, parfois)

  7. labo80 dit :

    Je crois que je vais arrêter de parler gnole sur ce blog, ça attire des gens peu recommandables et déclenche des commentaires caustiques.

    Les prochains post parleront de la migration des leprechauns, de la perception sensorielle des crabes-tambour et de la paix dans le monde.

  8. Le Houblon pensant dit :

    Allons, allons, ne vous offusquez pas cher Labo; la perche était tendue reconnaissez-le.
    Dommage que vos camarades soient dotés d’un esprit mesquin et étroit. Mais dans le concours à l’ulcère, cancer du foie, et autre maladie de rince-pintes je crains que vous ne soyez pas en tête, il faut l’admettre. Vous aurez la joie de vivre plus longtemps ou de mourir d’autre chose.

    Que cela ne vous empêche pas de continuer à publier sans tabou ou censure personnelle. Vous y gagneriez peut-être en politiquement correcte mais perdriez beaucoup de piquant! D’autant que mon ami Jean-Pierre n’aime les crabes-tambours que dans son assiette et se fout pas bien mal de leur perception.

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