La Guerre contre les Machines

Publié: 7 octobre 2008 dans Anciens billets

  Lettre ouverte à mon PC :

 

Chose,

 

Tu crois avoir gagné hein ? Tu te fous bien de ma poire, mon cochon, à redémarrer sans raison quand j’écris un mail, quand je trie mes photos de cuiller ou quand je prépare mes documents PowerPoint pour la conférence sur les castors que je dois donner à l’université de Miskatonic, tu sais que je suis fauché et qu’en dépit de mon brûlant désir, je ne peux pas encore m’offrir le luxe de te balancer au débarras avec un rire de hyène pour te remplacer par un autre ordinateur, docile et soumis, lui !

 

Parce que bon, tu fais l’innocent, avec tes grands yeux de bambi, un peu comme un petit enfant mignon arguant que « c’est pas moi » alors qu’on l’a pris la main dans le bocal de dragées au foie, mais moi j’ai bien vu ton sourire en coin, hier encore, quand tu affichais des trucs bizarres et des messages incongrus alors que je cherchais à contrôler la température de ta carte graphique – dans ton intérêt, s’entend, en plus – même qu’après ça t’as mis une plombe à t’éteindre pendant que moi, je restais à ton chevet, inquiet !

 

Et puis hé, c’est quoi ces caprices à la con quand je te démarre, d’abord faut appuyer sur F1 pour des raisons pas claires, après quoi je dois éteindre mon modem sinon tu rebootes aussi sec, puis réenclencher direct ledit modem, parce qu’autrement tu charges pas ouindoze et pour finir, tu me le fous en configuration minimale et je dois tout paramétrer à chaque fois, couleurs, affichage, résolution et tout le touintouin, moi j’appelle ça de la mauvaise volonté !

 

Alors toi tu te marres bien sûr, mais, petit con, si je n’économisais pas pour mes vacances en Gaule de novembre, ça fait déjà un bail que tu aurais cédé ta place à une jeune machine avenante avec un sourire franc et des formes enivrantes ! Et crois-moi, ce jour approche et là, pas de retraite pour toi, non, tu mourras lentement, sur un feu. Et t’auras rien volé !

 

Aussi, je te dédie cette vidéo, monstre infâme. J’invite chacun à la (re)voir avec recueillement car cet homme-là a réalisé, au prix de sa place de travail, ce que l’on a tous rêvé de faire un jour, mais la lâcheté avait alors retenu nos mains tremblantes. Pourtant, s’étant ainsi libéré, il vivra, qui sait, peut-être dix ans de plus !

 

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commentaires
  1. Le singe dit :

    Je t’ai déjà dit plein de fois que je m’occupe volontiers de ta « bête » contre quelques mousses. Alors arrête de te plaindre et va acheter un pack…

  2. Le Passant dit :

    Comme te diront tout les spécialistes : Faut rebooter (10x s’il le faut). Ca va toujours mieux après.

  3. labo80 dit :

    Le singe : bête est le mot juste, mais faut pas attendre que mon pc plante pour venir écluser des bocks à la maison hein ! Mais bon, je note…

    le Passant : sûr, à la dixième fois je verrai sans aucun doute un rayon de soleil toucher la tour et tout sera résolu ! Qui a dit que l’informatique était compliqué ?

    Et pis eh, d’abord, qu’est-ce que vous y connaissez, hein ?

    Bon je sors…

  4. Dr Zen dit :

    Cher Labo,
    Or donc, vous grossissez les rangs des incompris du système, des victimes du bilgate, des infortunés jouets du sort, des persécutés de l’informatique, des accros au prozac.
    Enfin, vous prenez conscience que les choses ont une âme, qu’elles sont méchantes et que leur méchanceté est dirigée contre l’humain. Citons parmi les plus abominables le pied de lit sur lequel on bute, le lacet qui casse, la mine de crayon qui se brise.
    Parmi toutes les choses antihumaines, l’ordinateur est la pire.
    Qui n’a pas vécu dans sa chair les horreurs que vous décrivez ? Qui n’a pas connu ces moments de profonde détresse, où chaque tentative de reconfiguration, de réparation, de défragmentation ou de redémarrage nous rapproche davantage du désespoir, du néant. Moi-même qui vous cause, alors que je consultais les cours de la bourse pour savoir si je pourrais encore nourrir ma famille ces prochaines semaines sans vendre une ou deux palettes de mes réserves de Romanée Conti et de Mouton Rothschild, n’ai-je pas vu s’afficher, au moment de l’annonce de l’effondrement de mon principal portefeuilles d’actions, un message spontané de windows «c’est bien fait».
    En lettres grasses, s’il-vous-plaît.
    Mais à quelque chose malheur est bon, comme disait l’une des domestiques bretonnes du château de mon enfance. Votre message est clar. Vous résistez avec éclat à l’adversité. Même si les jours de votre bécane semblent comptés, vous ne versez pas dans l’hideuse haine, la révolte bestiale et sans mesure. La douceur reste de mise, vous continuez de la caresser dans le sens du poil. On sent que les propos sont contenus, contrôlés, que vous êtes disposé à renouer le dialogue, à pardonner.
    Prêt à aimer à nouveau, comme aux premiers jours.
    A côté de vous, Montaigne était un excité, Marc Aurèle un agité, Zénon de Citium un fiévreux inquiet.
    Ma bonne bretonne l’aurait proclamé : le stoïcisme éclatant dont vous faites preuve a du bon, vous êtes mûr pour le mariage.
    Courage.
    Dr Zen

  5. labo80 dit :

    Vous savez docteur, chaque mésaventure dans ce domaine me renvoie à un moment inoubliable de mon passé, lorsqu’un ordinateur familial refusait catégoriquement de charger windows (3.1 à l’époque), et que mon père, de guerre lasse (car il avait bien tenté de lutter), avait fait venir de bien loin un expert en informatique de ses amis, un vrai de vrai, avec des lunettes et tout, lequel, jetant un regard bref sur l’écran, avait appuyé sur F2 ce qui eut pour effet de débloquer totalement la situation, réglant ainsi le problème en une seconde et deux dixièmes. S’en retournant vers mon père, il avait seulement dit « tu pouvais pas savoir », avec beaucoup de condescendance. Mon malheureux père était prostré.

    Ca vous rappelle peut-être confusément quelque chose ?

    J’en ris encore ; et à chaque couac de mon pc, ce souvenir surgissant des tréfonds de ma mémoire efface jusqu’à la définition du mot « contrariété ».

    Quant au mariage, peut-être suis-je prêt, mais il faut prendre quelques détails en compte : quand vous avez un problème en informatique, vous pouvez faire venir le pote qui s’y connaît sans craindre de le voir se tailler avec votre pc ; en outre, il est plus difficile et plus mal vu de remplacer par un modèle plus jeune une machine vieillissante, même quand celle-ci déconne franchement. A méditer !

  6. Le Passant dit :

    Ah oui, le F2 aussi des fois ça le fait. Il n’y a pas que le reboot. Bon d’autre fois c’est la touche del ou la disquette qu’il faut pas avoir laissé dans le lecteur. Quoi que j’ai déjà vu que la touche f8 pouvait être utile. A moins de débrancher tout les cables et des les rebrancher. Oû peut être de mettre à jour le Bios ou alors carément tout formatter. On peut aussi désinstaller les soft les uns après les autres ou alors les composants hardware jusqu’à ce que ça fonctionne à nouveau.
    Bref, je comprends pas pourquoi tu paniques. Les problèmes informatique, il n’y a rien de plus simple 🙂

  7. labo80 dit :

    Faut croire, parce qu’après un scan, quelques remises à jour et une poignée de reboot il a arrêté de faire son pénible, manifestement je lui ai fermé sa gueule. Sans même avoir à appuyer sur F2, c’est ça qui est fort. Mais cela est probablement très provisoire, de toutes façons il est vieux et décrépi, il n’en a plus pour très longtemps.
    N’empêche, je sais pas ce que je lui ai fait, mais qu’est-ce que je l’ai bien fait !

  8. Agnès dit :

    Et puis, il y a Linux… chut, écoute le doux ronronnement de contentement de ta machine enfin domptée, enfin repue, laquelle n’a plus la colique windows qui lui fourrage les entrailles à chaque démarrage… Même ta vieille bécane retrouve des airs de jeunette espiègle et te permet de virevolter de sites en sites sur le net sans craindre le vilain virus embusqué…
    Chut…
    Hum, que c’est bon, l’informatique, maintenant…

  9. labo80 dit :

    C’est vrai qu’il y a la solution Linux et, dit comme ça, ça ressemble à un rêve… Pauvres victimes que nous sommes d’une habitude si forte que, quand bien même chacun déteste windows – et que windows nous le rend bien – nous n’envisageons même pas cette solution… Linux est pour l’instant victime de sa faible popularité : l’usager moyen comme moi ne manque pas d’amis vers qui se retourner en cas de couac sur windows, mais rares sont ceux qui connaissent bien Linux. C’est une fausse excuse, je te le concède, à la rénovation de mon pc j’envisagerai sérieusement le changement. Bienvenue sur ce modeste blog ceci dit !

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