Leçon d’à peu près histoire

Publié: 13 octobre 2008 dans Anciens billets

En ces temps où tout va très vite, il convient de ralentir parfois l’allure pour jeter un regard sur le passé, quoi que conserver une vitesse excessive peut occasionnellement faire du bien au peuple autrichien, mais là n’est pas le sujet de ce billet, aussi serait-il de bon ton que j’y revienne au plus vite avant que, de virgule en virgule, je m’éloigne tant de la question initiale que je ne sache plus comment finir ce paragraphe.

 

Donc, nous allons aujourd’hui parler d’histoire, et même d’avant l’histoire, de cette période que l’on nomme paradoxalement « l’après-histoire », ce qui est complètement con. C’était une époque âpre et ardue, impitoyable et périlleuse durant laquelle nos lointains ancêtres, privés du bagage culturel et intellectuel qui est l’apanage de l’homme moderne avachi devant la nouvelle star, ignoraient les choses fondamentales que sont la règle de trois et le fait que si les dinosaures étaient gros, c’était parce qu’ils ne mâchaient pas assez.

 

En ces temps troublés, les classes de métiers étaient relativement restreintes et les principaux secteurs d’activités se résumaient à la chasse, la pêche, la cueillette, la taille de silex ou d’os, le dépeçage et la régie immobilière.

 

En se penchant sur ce dernier point, les peintures rupestres nous apprennent que dans un temps ancien, une femme respectée du nom de Nicole entretenait tout un réseau de cavernes et de son apostolat naquit le terme « cavernicole ». Son frère, Bernard, gérait l’aspect financier de la chose et encaissait une redevance en viandes, fourrures et défenses de mammouths de la part des différents résidents. Une affaire bien huilée, donc, qui se fit connaître sous le nom de « régie immobilière Bernard cavernicole ».

 

Toutefois, Bernard était un petit être irascible et imbu de sa personne qui prenait très mal les plaisanteries à son sujet, surtout quand les enfants le surnommèrent « le vilain petit Nanard » et pour se venger il se mit à réclamer aux parents des gosses de plus en plus en échange de ses grottes. Arriva ce qui devait arriver, surtout à cette époque où l’on ne coupait pas les chevaux en quatre car, pas encore domestiqués, ces derniers galopaient comme des fous dans les plaines : une trentaine de mécontents déboulèrent chez lui gourdins au poings pour châtier l’impudent. Celui-ci se cacha derrière ses avocats mais les fruits demeurant muets et inertes, il fut éjecté de son logis et de sa fonction.

 

Le temps passa et Bernard, qui avait gardé la passion du métier ainsi qu’une rancune tenace envers les hommes qu’il transmit à ses enfants, demeura dans le secteur du logement. Lorsque, longtemps après, on quitta les cavernes pour s’installer dans des maisons parce que va installer l’ADSL à Lascaux, ses descendants changèrent le nom de l’entreprise familiale en « Bernard Nicole » puis en « Bernard Nicod » lorsque, plus tard encore, on décida, l’Eglise aidant, que la femme ne servait à rien dans le monde, à part faire des enfants et nettoyer la cuisinière.

 

Aujourd’hui, la tradition s’est perpétuée et les lointains descendants de Bernard conservent encore ce besoin d’amasser des fortunes et de se protéger derrière des avocats. Et l’homo sapiens moyen est désarmé face à de telles manœuvres, car l’usage du gourdin est interdit et c’est bien dommage.

 

Tout ça pour vous dire, gérances diverses qui profitez de la crise du logement pour hausser encore et encore vos loyers et diminuer encore et encore la qualité de vos services : merde.

 

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commentaires
  1. Le Passant dit :

    Ah, les dinosaures n’étaient pas gros parce qu’il ne mâchait pas assez ? Je savais pas ?

    Et leur disparition, c’est bien qu’ils ont éclaté à force de devenir trop gros, n’est-ce pas ?
    Ne me dites pas que j’ai encore faut ?

  2. labo80 dit :

    Pour le coup des dinosaures, il faudra aller chercher un complément d’information un peu plus loin, parce que c’était juste un titre qui ne m’a pas donné envie de lire l’article, donc j’en sais trop rien.

    Quant à leur disparition, elle est dûe à un dinosaure du futur, le terminasaure, qui est venu leur chercher des noises. Mais j’ai peu de détail à ce sujet.

    Je commence à peiner pour les jeux de mots, mea culpa.

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