Soyons foot !

Publié: 15 octobre 2008 dans Anciens billets

J’ai l’impression que c’était hier, mais en fait non, c’était pas hier, mais j’ai quand même l’impression que hier encore notre pays était une de ces petites nations du football dont on se gausse grassement des pathétiques efforts qui finissent logiquement ruinés par une simulation de Grosso dans les seize mètres à la nonante-deuxième, on appelle ça le réalisme, parce qu’on est des gens polis.

 

Mais reconnaissons qu’il n’y a pas si longtemps, notre équipe nationale pataugeait dans la gadoue pour arracher péniblement l’égalité à l’équipe B du Bhoutan grâce à un auto goal et deux penalty. Mais maintenant tout cela appartient au passé et le supporter suisse peut aujourd’hui donner libre cour à sa verve, s’engoncer dans le nationalisme, siffler l’hymne turc et dégobiller sur l’équipe de France.

 

La transition a été fulgurante, elle s’est effectuée avant qu’on ait le temps de dire déhydroépiandrostérone, lors de la coupe du monde en Allemagne, voire même un peu avant, lors du match de barrage contre la Turquie qu’on avait remporté – c’était le bon temps – 2 à 0, quand bien même on avait perdu la revanche au Sayokan à Bysance.

 

Et depuis lors, paf, on a une grande équipe de foot que tous nous envient. Toutefois, tout le monde vous le dira, surtout si tout le monde vit à Liverpool ou à Glasgow, tout le monde, donc, faut que j’arrête avec mes virgules intempestives, conviendra en opinant du chapeau d’un air entendu qu’une grande équipe ne saurait être complète sans un grand public pour la soutenir. Heureusement, nous autres suisses avons le sens de la fête et du fair-play, nous savons encourager, pardonner, relativiser et surtout, nous n’oublions pas qu’il y a peu, notre équipe n’était pas cette machine à gagner qu’elle est aujourd’hui.

 

Tant mieux, parce qu’autrement, on se retrouverait à siffler chaque passe ratée et chaque contre-performance, on tiendrait des théories de comptoir à deux ronds, on descendrait en flammes des joueurs qu’on encensait peu de temps auparavant et on saurait tout mieux que le coach. En un mot, on ressemblerait au supporter français moyen tel qu’on se l’imagine et tel qu’on le décrie.

 

Mais encore une fois, on est bien loin de cette extrémité. Nos sportifs professionnels ont toujours pu compter sur la foi inébranlable de la nation qui les soutient dans la victoire comme dans la défaite et envers qui la presse ne tarit pas d’encouragements ni d’éloges, demandez à Federer.

 

Heureusement, parce qu’en sport comme ailleurs, se donner à fond pour faire plaisir à des ploucs, ça n’encourage pas à être performant !

 

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