Des p’tits trous partout

Publié: 24 octobre 2008 dans Anciens billets

Il y a des jours où on se dit que franchement y en a raz la truffe, trop c’est trop, parce que merde.

 

Vous m’avez bien sûr compris, je parle des travaux qui partout fleurissent à Lausanne, un peu comme une vaste épidémie de lèpre urbaine déformant la chaussée et transformant des rues innocentes et sans histoires en successions de tranchées des semaines durant au premier pavé à poser.

 

Pour les besoins de l’histoire, il faut savoir que tout le printemps, l’été et un partie de l’automne, des machines de chantier tonitruantes ronflaient à plein régime juste en dessous de la fenêtre de mon bureau pour de basses raisons de raccordements de canalisations, nous plongeant, mes collègues et moi, dans un enfer sonore indescriptible. Et là, depuis quelques semaines, plus rien, la petite cour est toute neuve et jouit d’un calme absolu. Et nous, dans nos bureaux, on entend le tic-tac de l’horloge sur laquelle on a les yeux rivés. C’est tellement calme que l’on perçoit partout, du matin au soir, le sifflotement enjoué du concierge, omniprésent, gai et plutôt fort, très fort même, dont on se dit au début que c’est marrant mais qu’à force on a quand même envie de lui passer un peu la tête sous un camion, mais on s’en abstient parce qu’on est des gens civilisés qui n’ont pas un camion à disposition.

 

Or là, en arrivant ce matin au boulot, joyeux, débonnaire, quiet, paisible, calme et serein, que vois-je, affiché sur la porte ? Un avis annonçant sans rougir que des travaux de fouille et de raccordement de canalisations sont sur le point d’être entrepris au même endroit que précédemment, dès début décembre pour finir, théoriquement, à la fin du mois de janvier, donc je suppose du côté de juin 2012.

 

Et là je sens comme un grande lassitude m’envahir, parce que moi leur boucan j’en ai eu largement ma dose et je me demande quand même ce qu’ils vont trouver à faire dans leur foutu trou qu’ils ont rebouché il y a quelques semaines à peine. Quant aux fouilles mentionnées, je sais pas si ils s’attendent à trouver le trésor du roi Salomon, des traces d’une civilisation précambrienne, les clous de la Sainte Croix ou un obus datant de la guerre contre Charles le Téméraire, mais je m’inquiète des proportions que ça prendra.

 

Me réjouis d’être à décembre moi !

 

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commentaires
  1. Le Houblon pensant dit :

    Comme je vous comprends mon bon Labo!

    Lorsque je vivais au centre-ville dans une studette où seul un lapin stérile aurait pu y trouver son compte, il était de coutume que les travaux se fassent la nuit. Pourquoi? Parce qu’il serait inconvenant de déranger le pékin occupé à faire ses courses durant la journée! En revanche aucune pitié pour les habitants du centre! La ville semble plus se préoccuper du confort de ceux qui engraissent les commerces que de ses propres habitants! Peut-être cela fait-il partie d’un vaste complot pour nous faire quitter le centre afin d’y établir plus de commerces?

    Quoiqu’il en soit, Lausanne fut toujours une ville « en chantier »: configuration du terrain inhabituelle pour une cité ou folie des grandeurs inhérente de nos élus? Je vous laisse le soin de trancher, Jean-Pierre et moi-même n’ayant pas réussi à nous fixer.

  2. labo80 dit :

    Dans le cas du centre ville, je penche en effet pour l’hypothèse du plan ourdi par nos autorités pour emmerder les insomniaques. Il fut un temps où l’immeuble où je vivais était situé entre deux rues toutes deux en travaux et l’appartement au dessus du mien était en rénovation, il était dans mon intérêt de m’endormir avant six heures du matin, car les foreuses et marteaux piqueurs font de bien piêtres berceuses. Faut pas être insomniaque à Lausanne !

  3. J’aimerais quand même remettre un peu la pendule à l’heure, oui celle qui trône dans le bureau et toutes les autres qui vont devoir subir cette nuit quelques affres dûs au changement d’heure. Je suis une taupe et je vis dans le centre ville de Lausanne et pour moi c’est bien plus difficile de supporter les travaux que pour vous. Vous avez tout loisir de vous recroqueviller sur votre canapé design le soir venu et dehors ne règnent plus les fameux travaux. Mais moi, que dire!! Ils sont partout, outre le bruit de la journée, la nuit je me pèle le pompon parce que souvent les trous restent ouverts de longues semaines et maintenant avec les froids qui arrivent, il va me falloir encore demander à ma femme de me tricoter un protège-string beaucoup plus chaud et douillet. Alors mon cher monsieur, ne vous plaignez pas du cher concierge, il apporte une note de gaieté dans votre quotidien, moi je ne le vois même pas, car je suis myope… comme une taupe et vu mon grand âge, je suis encore sourde. Taupes de tous les pays, unissez-vous!

  4. labo80 dit :

    C’est bien d’avoir un point de vue extra-humain de temps à autres, merci donc pour votre édifiant commentaire ! Toutefois, votre surdité vous rend plutôt service en vous isolant un tant soit peu des bruits des travaux et du sifflement du concierge que vous pourriez en plus confondre avec celui d’alerte des marmottes, très présentes à Lausanne. En outre, tous ces travaux vous permettent de demander légitimement à votre épouse de vous tricoter ce protège-string douillet que vous lui réclamez depuis si longtemps !
    Toutefois je tiens compte de vos commentaires et j’essaierai de marcher doucement en passant à Marteray !

  5. Le concierge dit :

    J’ai congé aujourd’hui. C’est dimanche. Je suis allée courir le marathon de Lausanne et comme tous les coureurs, j’ai bu de l’eau et des boissons vitaminées dans des gobelets jaunes. Et comme tous les autres coureurs, j’ai jeté mon gobelet sur la route. Eh oui, on court, c’est un moyen de déplacement tout à fait écologique mais on boit et on jette nos détritus sur la voie publique, ce qui est moins écologique. Mais surtout, ce que je voudrais faire remarquer à tous les aimables lecteurs qui viennent ici lire les aventures de monsieur qui tient le blog, j’ai sifflé tout le long du parcours et les gens que je dépassais ou ceux qui me dépassaient m’ont tous fait le commentaire suivant. « monsieur Gonzalès », vous êtes en plein effort, vous souffrez le martyr au niveau de vos rotules et de vos cuisses mais vous trouvez encore la force de siffler, c’est merveilleux, quelle joie de vivre monsieur Gonzalès! ». Alors mon petit monsieur, demain matin, je recommencerai à siffler dans les couloirs du bâtiment en question et tant pis si cela vous gêne, c’est la joie de vivre en condensé. Si cela vous opportune autant, je vous suggère de vous mettre aussi à siffler, votre coeur en sera réjoui et pourra faire écho au mien. Et ce sera merveilleux. Bon cher ami, c’est dimanche soir, je vous serre la main et je remercie mon fils qui a corrigé le message que je vous poste aujourd’hui. Il est bien meilleur que moi mon fils, il est allé à l’école, moi pas, vous savez au Portugal, je suis allée un peu à l’école mais pas longtemps, ensuite j’ai dû aider mon père pour la pêche au hareng et ce n’était pas facile. Et quand les harengs ont décidé de se tirer de nos eaux, il n’y avait plus de travail pour moi et j’étais une bouche de trop à nourrir, alors voilà, j’ai quitté le Portugal et je suis venu en Suisse pour travailler. Maintenant je suis concierge et je siffle, parce que je suis heureux comme un hareng dans l’eau.
    Aurevoir monsieur. et bonne soirée

  6. labo80 dit :

    Après la marmotte voici le hareng, ce billet prend des allures de casting pour film d’animations de Disney ! Je constate que vous joignez l’acte à la parole, cher concierge, puisque vous vous en donnez à nouveau à coeur joie. Vous m’excuserez de ne pas me joindre à vous comme vous m’en avez aimablement invité, mais je fais le plein de silence en attendant le début des travaux.

  7. Le Passant dit :

    Et encore, vous pouvez vous estimez heureux qu’il ne s’aggisse pas de travaux pour le M2. Le trou, c’est dans la cave qu’il aurait pû apparaître.

    Mais ne vous inquiété pas, la nature humaine est ainsi faite qu’elle s’acclimate à tous les tracas que lui cause son environnement. Vous finirez par regréter le doux ronronnement des travaux quand ceux-ci viendront à disparaître.

  8. labo80 dit :

    Ben là ils avaient disparu et je regrettais pas, mais j’ai peut-être pas eu bien le temps de m’habituer à l’ennui profond qu’instaure le silence quand on bosse.

    Mais je vais pouvoir comparer d’ici peu puisqu’ils sont en train de creuser des trous autour de l’immeuble où je bosse d’arrache-pied (et ils donnent des coups de masse à l’étage du dessus, mais je sais pas trop pourquoi. Peut-être qu’ils essaient d’enfoncer le bâtiment dans le sol). Je vous tiendrai au courant de mes préférences.

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