Fous le camp, on te regrettera !

Publié: 16 décembre 2008 dans Anciens billets

Il y a peu, le nom de Samuel Schmid évoquait un politicien abandonné de tous, un peu largué par les évènements, décrié et chahuté et l’on spéculait sur le temps qu’il resterait au Conseil Fédéral avant de nous faire une crise. Mais le vieux Sam en avait vu d’autres et c’est finalement des problèmes de santé qui l’ont poussé vers la sortie. Et chacun de s’exclamer : « j’avais bien dit qu’il était au bout du rouleau, bon débarras ! »

 

Parce qu’il faut dire qu’il traînait quelques casseroles, le bougre. D’une part suite au scandale de l’ex chef de l’armée aux mœurs douteuses (plus d’information sur le site officiel de l’armée www.swissarmy-domina/gangbang-check-my-big-gun.ch) et surtout à cause de gradés imbéciles en manque d’action et de neurones qui causèrent la mort d’une douzaine de soldats en haute montagne ou au fond des flots.

 

Mais on n’avait pas pensé à un détail d’importance, c’est qu’il allait falloir le remplacer, le vieux Schmid ! Et sans vouloir faire dans le débat, comme chef de l’armée, il n’était pas forcément plus con qu’un autre ; maintenant on connaît son successeur : Ueli Maurer, grand pote à Christoph Blocher avec qui il joue à « effrayer le bourgeois » depuis bien longtemps et ce n’est pas une bonne nouvelle, même si ça paraissait couru d’avance.

 

Qu’un benêt arriéré, raciste et archi conservateur arrive à la tête de l’armée n’a rien de surprenant, mais ce n’en est pas moins un malheureux bond en arrière à l’heure où la grande muette serait bien inspirée d’évoluer un peu. Mais ce ne sera pas pour cette fois.

 

C’est fort dommage : au vu de la période plutôt sombre du point de vue économique, il serait judicieux de récupérer des ronds là où il y en a, à savoir dans l’armée. Tant pis pour les joyeuses journées durant lesquelles les recrues défouraillent dans le vide pour justifier le budget, autant pour la fierté d’être le premier pays au monde – autant que je sache – a se porter acquéreur du coûteux eurofighter sans avoir participé à son élaboration, on dit à tous ces cons de se serrer la ceinture – de toutes façons ils ne servent à rien – et on investit l’argent ainsi gagné là où il est utile, à savoir à peu près partout ailleurs.

 

Mais les prêtres auront le droit au mariage bien avant que la Suisse ne revoie à la baisse le budget de son armée. Avec Maurer à sa tête, autant dire qu’on ne va pas changer le fusil d’épaule, on connaît le style du parti : l’arme au réduit, la femme à la maison, l’étranger à l’étranger. C’est si simple, la politique, quand on ne regarde pas plus l’avenir que le présent.

 

Alors pour souhaiter bienvenue à Ueli Maurer, je mets en lien ici bas les initiatives s’opposant aux avions comme aux armes à domicile en invitant chaque personne qui se sent l’âme de contrarier notre fière milice à les signer avant février 2009. Et j’ajoute une petite pensée pour Samuel Schmid, qui n’avait rien d’exceptionnel et c’était déjà ça de gagné sur Maurer.

 

http://www.keine-kampfflugzeuge.ch/cms/fr/

http://www.protection-armes.ch/

 

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commentaires
  1. Citoyenne du monde dit :

    je cite: Qu’un benêt arriéré, raciste et archi conservateur arrive à la tête de l’armée n’a rien de surprenant »

    Il y arrive parce qu’on l’a élu. Et le parlement qui l’a élu est élu par le peuple. Alors on peut dire que le système démocratique en vigueur en Suisse est pourri. On peut le crier haut et fort. Une voix crie dans le désert. Mais cette voix pourrait aussi se dire qu’il y a des choses à faire. Comme participer aux élections, aux votations. Geste simple mais qui peut aussi avoir des effets. La théorie du complot reste pourtant de mise. On peut crier haut et fort. Et continuer de crier. Et où sont les actions? Signer des pétitions certes. Faire son métier de citoyen. Au plus près de sa conscience. Il y a des pays qui sont sous la dictature. Ce n’est pas le cas chez nous.
    Pas encore…

  2. labo80 dit :

    Je suis assez d’accord. Mais notre système n’est pas si mal : la ligne de conduite de l’Etat n’est pas décidée par une personne, mais sept aux idées différentes qui débattent des points importants. Donc comme vous dites, pas de dictature.

    En outre, l’éviction de Blocher nous a montré qu’on peut manipuler ou faire peur à une partie de la population pour gagner des voix, mais pour se faire élire au Conseil Fédéral il faut montrer davantage.

    L’UDC est un parti influent en Suisse, il est normal qu’ils aient un siège au CF, quoi qu’on en pense, à condition de ne pas faire n’importe quoi. Blocher a eu sa chance, Maurer doit avoir la sienne.

    En gros, je ne conteste pas la place de l’UDC, quoi que je pense de ce parti, au Conseil Fédéral. Par contre, je conteste clairement celle de nouveaux avions dans notre pays ainsi que celle de l’arme de guerre à portée de main !

  3. La Ronce de Lausanne dit :

    Lecteur assidu mais discret de ce blog, le ras-le-bol vis-à-vis des méthodes électorales de l’UDC (et surtout un ennui profond au travail) me pousse à rompre mon étonnement long silence.

    Alors oui, Maurer a été élu par le Parlement. Mais le problème est que l’UDC, depuis que ledit Parlement a trahit (traduire : n’a pas respecté sa volonté), a fait en sorte de foutre en l’air le système électoral juste assez pour que ça se voit pas trop.

    Ceci avec leur fameuse clause « guillotine ». Grâce à elle, le Parlement élit toujours qui il veux mais, si c’est pas le candidat désigné par le parti et qu’il a l’outrecuidance d’accepté son élection, on le jette illico dehors (du parti, ils ont pas [encore ?] la possibilité de le dépouiller de sa nationalité et de ses biens avant de l’expulser vers Bamako) puis de monter aux barricades pour pleurer devant le peuple que les infâmes complots contre le pauvre UDC qui lutte seul contre tous pour notre belle patrie ont encore aboutis.

    Alors je ne doute pas que les autres partis devant une situation similaire tire la gueule, essaie de négocier avec l’intéressé pour qu’il se retire, et finalement accepteraient de mauvaises grâces. Mais ils accepteraient quand même la décision démocratique. Mais alors de quel droit l’UDC (quelqu’un peux me rappeler à quoi correspond le « D » déjà ?) décide qu’ils n’ont pas à suivre les mêmes règles que les autres ?

    Au final, même si je partage l’avis de Labo sur l’UDC et Maurer, je ne leur renie pas non plus leur place au Conseil Fédéral. Ce que je renie c’est leur méthode du chantage, l’UDC ayant dicté ses conditions « ce sera soit Maurer, soit personne de l’UDC » (la blague Blocher étant de toute façon vouée à l’échec). Et ce qui me désole le plus c’est que ça ait réussi, d’un poil de cheveux, certes, mais réussi quand même.

    Cerise sur le gâteau, ils se considèrent toujours dans l’opposition… Donc au final, les parlementaires auraient put avoir les couilles de les y laisser concrètement en refusant leurs dictat. Vu le bien que ça leur a fait jusque-là, ça aurait peut-être réveillé leurs membres sensés (si si, doit y en avoir) afin de corriger les dérives actuelles. Parce que maintenant qu’ils ont réussi une fois avec cette méthode, je pense pas qu’il arrête de si tôt.

  4. labo80 dit :

    Votre raisonnement tient tout à fait la route et je pense que l’avenir vous donnera raison, même si mon relativement faible entendement en matière politique m’empêche peut-être de saisir tous les tenants et aboutissants du problème. L’UDC n’a laissé aucun choix quant à Maurer, Blocher s’étant juste mis en avant pour pouvoir encore pleurer devant ses fidèles.

    Par contre, Maurer est averti : Blocher s’est déjà fait éjecter et c’était un coup de tonnerre politique qu’on n’oubliera pas et surtout qui a redonné à beaucoup (moi le premier) un peu de confiance en notre système. Maurer aura conscience que des yeux hostiles seront braqués sur lui et une deuxième éviction serait catastrophique pour l’UDC ; il devra faire très attention. Pourtant le parti n’a pas abandonné son arrogance.

    La grande force de l’UDC réside dans la manipulation des esprits et le marketing politique, leur chantage et leur attitude n’ont rien d’étonnant, ce parti n’a de démocratique que le nom : jouer sur la peur des gens, étouffer les débats et créer des conflits, se porter en martyr, tout cela est parfaitement anti-démocratique puisque le but est de gagner des voix en faussant volontairement la perception que le peuple à des problèmes. Mais le Parlement, apparemment, ne s’en laisse pas compter si facilement.

    Donc leur guillotine est à double tranchant : pour devenir le premier parti du pays, ils ont dû ratisser large. En éjectant ceux qui leur déplaisent, ils s’affaiblissent eux-mêmes en créant un schisme au leur sein. Ils sont très arrogants, voire prétentieux ; ils se permettent de mettre de côté des personnalités comme Schmid ou Widmer-Schlumpf, malgré leurs qualités. Ils se croient invincibles mais cela pourrait à terme leur coûter très cher.

    Mais je dis bien « pourrait ». Ce qui est sûr, c’est qu’on n’a pas fini de les entendre pleurnicher, qu’ils vont continuer leur marketing, leurs affiches détestables et leur arrogance crasse. Mais je constate que, aveuglés par leurs certitudes, ils persévèrent dans une voie qui a déjà causé la chute de leur chef mégalomane, peut-être à terme assistera-t-on à leur ruine et je n’imagine rien de plus réjouissant !

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