À vot’bon cœur !

Publié: 18 décembre 2008 dans Anciens billets

Quand je ne suis pas trop fauché, j’ai tendance à lâcher facilement une piécette ou deux lorsqu’on fait appel à ma sollicitude à grand renfort d’yeux de cocker. Je suis comme ça moi, d’une générosité qui force l’admiration, j’aspire à aider mon prochain dans la limite de mes moyens, Dieu me le rendra en espèces sonnantes et trébuchantes et avec cette somme je m’achèterai un cheval sautoir.

 

Il y en a certains que j’aime bien en plus, ils donnent un peu de vie à la ville et quand on prend le temps de les connaître, on se rend compte qu’ils ont souvent plein de trucs à dire et ont vu du pays. Et puis il y en a des marrants : par exemple on voit de temps en temps un duo de jeunes musiciens, certes talentueux, mais qui s’interrompent au milieu de certaines chansons, se regardent et disent « ouais désolé, on sait plus la suite. On enchaîne avec une autre, mais on vous prévient, on la connaît qu’à moitié aussi ! »

 

Evidemment, comme partout, il y en a qui abusent, ce n’est pas neuf. Par exemple les types qui vous font le coup du billet de train, prétextant qu’ils sont venus de Martigny avec un pote, que les flics (sujet rassembleur) leur ont cherché des noises, que le pote en question est reparti pendant ce temps et qu’ils ont maintenant besoin de trente balles pour se payer le train. Ou bien sûr les bandes organisées, notamment ces musulmanes soufflant tristement dans des harmonicas et que j’imagine le soir venu, rassemblées autour du noyau dur du groupe (un homme, ben tiens), s’en prenant plein le museau si elles n’ont pas ramené assez. Et dans ces moments-là, boudiou, j’avoue que j’attraperais bien le type au collet pour lui mettre une bonne agnafe bien de chez nous, mais comme je suis lent et lourd c’est sûrement moi qui finirais au tapis, d’autant que le gars est peut-être vétéran des guerres d’Afghanistan, du genre qui t’éventre un char russe a cimeterre ou te caillasse la tête d’une femme en pleine course à cent mètres. Alors je ne fais rien, mais n’en pense pas moins.

 

Enfin, tout ça pour dire que tout dernièrement encore, j’ai lâché une petite pièce a deux pauvres bougres dont la détresse m’avait ému : tristement assis contre un mur, ils faisaient appel à la générosité d’autrui par le biais d’un panneau sur lequel était écrit « SVP, un ou deux francs pour picoler ».

 

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commentaires
  1. TT02 dit :

    C’est trop trop mignon !

  2. labo80 dit :

    N’est-ce pas ? C’est fou comme deux punks adossés à un mur avec des packs de bière, un berger allemand et un appel fort aux sentiments des gens ajoutent une touche d’humanité dans une ville !

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