Bon, ça vient, ce réchauffement climatique ?

Publié: 7 janvier 2009 dans Anciens billets

Non mais quel temps, mes cannetons ! Chaque année c’est pareil : avec la fin des fêtes revient le Grand Froid, l’eau gèle dans les tuyaux, le givre recouvre les pare-brise, la neige nappe les plaines, les loups sortent en hurlant du bois et les yetis foisonnent dans nos campagnes alors que les baraques d’hivers et vendeurs de marrons ont tous fermé boutique, nous privant ainsi du recours salvateur au vin chaud. On se fait tout le temps avoir.

 

Ah, j’étais mieux hier, tiens, tremblant, fiévreux, transi de froid, cloîtré dans ma chambre, aspirant péniblement dans un sifflement maladif l’air empli d’affreux microbes dans lequel je macérais depuis la veille au soir ! Qu’est-ce qui m’a pris, en me levant ce matin, d’aller bosser ?

 

Je l’affirme froidement, il faut être givré pour sortir par un temps pareil et, à côté de ma fenêtre mal isolée, je m’enflamme pour un rien. C’est la faute à l’hiver, ça me met d’une humeur de chien (de traîneau) et j’incendie tout ceux qui me contrarient. Comme il ne faut pas se laisser abattre, je prends le yack par les cornes et, à la pause de midi, prépare une expédition polaire : déplacement au milieu des bourrasques et des congères jusqu’au plus proche supermarché (cinquante mètres, fichtre !) pour faire le plein de café, entre autres.

 

Comme c’est la rentrée, les lieux sont envahis de jeunes élèves bruyants, éructant leur joie de vivre à grands cris enjoués entrecoupés d’éclats de rires, tas de cons, non mais ça se croit où ! Je n’y prête pas garde, avance en grognant, montrant mes crocs aux mâles qui croisent ma route, prêt à défendre mon territoire, mets la main sur la manne tant recherchée et me rends à la caisse. M’y attend, outre la caissière, une dame d’une autre époque, aux cheveux de neige et à la peau fripée, déposant avec une lenteur toute calculée ses innombrables marchandises sur le tapis.

 

Encore un ancêtre faisant ses courses à midi, heure que les vaillants prolétaires se doivent de mettre à profit pour se sustenter, faire le plein de forces pour travailler d’arrache-pied l’après-midi et ainsi faire gagner plein de sous à leurs patrons ! Ah, la sorcière, que Dante n’a-t-il pas prévu pour elle et ses semblables un cercle spécial en Enfer, tiens, en plus elle me regarde, elle s’apprête à me parler, soit, j’enlève mes écouteurs…

 

« …Vous n’avez que ça monsieur ? Oh mais je vous en prie, passez devant, allons, c’est normal ! Mais bien sûr ! Oh, mais il n’y a pas de quoi, c’est naturel, au revoir monsieur, bonne journée à vous aussi, et bonne année ! »

 

Je l’ai toujours dit, ces petits vieux, ils sont adorables !

 

Eh, mais avec tout ça, c’est l’heure du café didon !

 

 

labo-va-bosser

 

lausanne-en-hivers

 

Publicités
commentaires
  1. La Guenaude dit :

    Il est vrai qu’à moins de s’appeler Mike Horn, le climat de ces derniers jours m’inspire qu’une pensée : hiberner !
    J’avoue que je partage ton avis sur ces retraités qui trouvent pas d’autres crénaux horaires que la pause midi ou la sortie des bureaux à 17h00 pour acheter leur plaque de beurre et leurs filet de clémentines ! je les ais maudis plus d’une fois, j’avoue…
    On voit que tu es guéri Caliméro, le sujet d’aujourd’hui est nettement meilleur que celui sur les bananes…

  2. labo80 dit :

    C’est pare que tu n’avais pas compris mon désopilant calembour avec « bananier et bonne santé », j’en suis dépité. A quoi ça sert que je me creuse la soupière pour trouver des jeux de mots aussi pourris si tu les comprends pas ?

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s