Melbourne, c’est loin

Publié: 2 février 2009 dans Anciens billets

…Et il y a dix heures de décalage horaire.

 

Ce qui fait que dimanche dernier, au petit matin, alors que j’arpentais la trame onirique de quelque rêve ouaté dans la plus totale sérénité pour récupérer d’une dure soirée tisane-mah-jong, mon réveil s’est soudainement pris à mugir de tous ses petits poumons électroniques.

 

Je me réveille, donc, avec la sensation d’avoir été injustement arraché à mon oreiller. Il faut dire que je suis assez étranger au concept du dimanche matin. C’est un peu comme « mort-vivant », ce sont des mots qui ne vont pas ensemble, qui décrivent quelque chose qui ne peut être. On appelle ça un oxymore. En l’occurrence, je dédie généralement la première moitié du jour du seigneur à la récupération des excès de la soirée d’avant. C’est comme ça la vie, il faut faire des sacrifices, sinon on ne tient pas le coup, moi, je sacrifie mes dimanches matin.

 

Mais là pas, donc. Rejetant mes couvertures et peaux de bêtes, je m’arrache à mon grabat, cherche à tâtons mes lunettes et mon peignoir dont je me pare et me rends au salon dans une sorte d’état second. Je me souviens vaguement avoir mis du temps à trouver la télécommande de ma télé, laquelle, à cette occasion, m’a confié avoir cru que je l’avais oubliée (j’ai pris la manie de regarder des films sur mon ordinateur) et enclenche la chaîne sportive suisse. Tout va bien, Federer et Nadal s’échauffent, je n’ai rien raté. J’ai même le temps de me ruer sous la douche, de me tirer un café et de presser quelques fruits, il me faudra bien ça pour me réveiller.

 

Ainsi se sont déroulés les prémices d’un dimanche de glandage dans les règles de l’art. Avachi comme un flan pendant plus de quatre heures dans mon canapé (fichtre, c’est que ça peut durer un match de tennis !), j’ai rempli avec fierté et professionnalisme mon rôle de beauf.

 

Et si en tant que bon suisse, je tenais pour le perdant, force est d’admettre que Nadal est un grand joueur et un grand vainqueur. Et que de tous ces ogres assoiffés de victoires qu’on voit dans le monde du sport, c’est sans aucun doutes l’un des plus humains.

 

Perceval brandissant le Saint-Graal

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commentaires
  1. Djorge dit :

    Hein, quoi? qu’entends-je?

    Tu te presses des fruits le dimanche matin….
    Je te soupçonne d’écrire ça pour faire bien envers tes amis lecteur et fidèle tel que moi…, NON?

    Autrement, force de me tromper, je te félicite pour ce petit acte de purification matinale, même cadencé par semaine:-)

    A plus sportiflan

  2. labo80 dit :

    Détrompe-toi, je me suis bel et bien pressé des fruits dimanche matin, je n’ai pas dit ça juste pour frimer. Mais je comprends ton désarroi.

    Il m’arrive parfois de devoir faire les frais d’idées grotesques qui me prennent lorsque je suis au supermarché : pris d’une envie condamnable de manger sainement, j’accumule dans mon panier des aliments qui n’ont rien à y faire, comme des pommes, des oranges ou des carottes, au lieu de me focaliser sur les chips, les pizzas et la bière. Comme j’en prends toujours un wagon – les gros paquets sont au final les plus économiques – je n’arrive jamais à tout descendre et à un moment tout cela finit à la centrifugeuse. Et c’est justement parfait pour se réveiller un peu !

    Mais rassure-toi : c’est pas souvent.

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