Les arts de la table

Publié: 3 mars 2009 dans Anciens billets

En ce monde gris et surpeuplé, dévolu au stress et au travail acharné, il est important de définir un sens à son existence, faute de se voir condamné à traverser jour après jour une vie creuse et pâle jusqu’à la mort, ou la libération, tel un spectre de chagrin et d’amertume attendant les yeux bandés que s’0uvrent pour lui les portes de l’Enfer. (Je me sens l’âme enjouée aujourd’hui)

 

A chacun sa méthode : devenir artiste, fonder une famille, regarder le foot à la télé, jouer du cornet à pistons, amasser plein de pognon, la liste est potentiellement aussi longue qu’il y a de personnes qui s’entassent sur Terre.

 

Pour Salim Haini, surnommé « El Akoul » (le mangeur), la décision est arrêtée : il fera son entrée triomphante dans le Guiness des Records et gravera son nom en lettres d’or dans le marbre éternel des âmes célestes ayant atteint le firmament de la gloire. Comment ? En mangeant, pardi !

 

Car cet algérien de 25 ans a les crocs ! Il  a remarqué au cours d’un ramadan il y a quelques années qu’un repas normal ne lui suffisait pas ; de fait, si l’on en croit ses dires, il aurait un jour avalé d’un trait deux barils d’huile d’olive, 40 pains, 75 bols de soupe algérienne, une autre fois un agneau rôti de 35 kilos, bref, c’est un ogre. Qui affirme dans la foulée être capable de d’avaler mille œufs à la coque, ce qui lui doit lui faire une belle jambe à l’épicerie de son bled (« bonjour, j’aimerais mille œufs, s’il vous plaît ! »).

 

Bref, à terme, Salim espère établir un nouveau record et devenir ainsi « le premier algérien à obtenir un prix gros mangeur » (il s’est même mis dernièrement à manger des clous, de la sciure et autres bons petits plats du genre). C’est donc tout un peuple qui vibre pour un seul homme prêt à mettre à profit les dons incroyables que lui a offert Dame Nature pour octroyer à sa nation un éternel halo de gloire, un peuple qui, les yeux plantés dans les étoiles, accompagne son héros de ses prières et lui adresse en un vibrant « bon appétit » son incommensurable soutien.

 

La route vers la gloire sera néanmoins longue et sinueuse ; en effet, pour arriver à ses fins, El Akoul devra surpasser M. Mangetout, un français qui, durant toute sa vie, à déjà avalé cent vingt-huit vélos, deux lits, six chandeliers, quinze chariots de supermarchés et un paire de skis.

 

Malgré l’inutilité absolue d’un « don » permettant à quelqu’un d’avaler pour un pâle et piteux renom des kilos de nourriture que des millions de crève-la-faim dans le monde seraient contents d’ajouter à leurs menus (sauf les skis, les chariots et tout), on aurait tort de trop se moquer d’eux, même si c’est tentant, voire légitime ; on devrait même les encourager, ou carrément en faire un élevage : en effet, je n’imagine aucun traitement des déchets plus bio et naturel que ça !

 

 

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commentaires
  1. D.K. dit :

    J’aime beaucoup ta conclusion ^^

  2. labo80 dit :

    Merci ! Il faut toujours voir les deux faces de la médaille !

  3. La Ronce de Lausanne dit :

    Traitement magistral d’un sujet essentiel et comme bien trop souvent boudé voir délibérément mit de côté par la société.

    Toutefois je m’attendais quelque peu a trouver un chronique narrant le tonitruant, voir dantesque, coup de tonnerre qui secoue le milieu des médias romands : la disparition programmée d’un des deux quotidiens gratuits !!!

    Ainsi dans un avenir plus ou moins proche, le monde tel que nous le connaissons ne sera plus. Car à moins de mettre la main à la poche, il n’y aura plus de choix possible pour notre journal. Finit les point de vues tranchés et les prises de positions partisanes propres à chacun, il n’y aura plus qu’une seule vision, certes sans aucun doute de qualité, la rédaction sera composée de l’élite des 2 journaux, mais tout de même je ne peux m’empêcher de verser une larme sur cette nouvelle estocade portée au média papier.

  4. labo80 dit :

    En effet j’ai appris la nouvelle, c’est la première fois que je ne déplore pas la suppression d’une vingtaine d’emplois.Mais au final ça changera peu, zéro divisé par deux donne toujours zéro, la seule différence résidera dans le nombre de manchettes, ce qui est déjà un progrès. Et puis ça fait tout ça de papier économisé… Quant aux rédacteurs mis à la porte, ça leur donne une occasion de réintégrer le droit chemin en cherchant du boulot dans un vrai journal !

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