Billet treize intéressant

Publié: 12 mars 2009 dans Anciens billets

trouvez l'erreur A l’heure actuelle, nous essayons tous de paraître indifférents, décontractés et relax, mais nous savons qu’il n’en est rien. L’ombre grandit. D’abord une appréhension, une angoisse sourde qui va s’amplifiant au fur et à mesure que les jours passent, jusqu’à devenir l’intense et oppressante poigne glaciale de cette peur aveugle qui nous étreint : vendredi 13 approche.

 

Ainsi, demain, rien ne sera comme d’habitude. Dès le réveil, ce si caractéristique noeud à l’estomac occupera toutes nos pensées. On fera preuve de toutes les précautions du monde lors de la douche matinale – glisser sur une savonnette est si vite arrivé – et on craindra, en se brossant les dents, outre de s’étouffer, de briser inopinément le miroir. Toute la journée, notre attention sera focalisée sur tout ce qui peut, de près ou de loin, s’avérer dangereux. Pour moi qui travaille dans un bureau, je ne compte plus les risques que j’encours ; par exemple, je pourrais me casser la gueule en me balançant sur ma chaise, m’électrocuter avec mon ordinateur, m’éventrer avec un ouvre lettre, m’ébouillanter avec la cafetière, m’énuquer avec mon dossier, m’étrangler avec le fil du téléphone, la liste est aussi longue que terrifiante !

 

Néanmoins, essayons un instant de dompter notre effroi et de remonter le temps à la recherche d’une éventuelle source de cette malédiction ; après tout, peut-être qu’en apprenant à le connaître on finira par trouver une parade à ce terrifiant vendredi 13 !

 

Alors, que nous dit monsieur Ouiki ? D’abord, que le nombre 13 est un nombre premier jumeau avec 11, un nombre premier cousin avec 17,  un nombre premier sexy avec 19 et 7, que sa notation est DA en base bibi-binaire, que c’est aussi un nombre étoilé et premier super singulier. Ça, c’est fait, c’est toujours bon à savoir.

 

Ah, quand même un petit mot sur la crainte qu’il inspire. Premièrement, sachez que la peur du nombre 13 se nomme « triskaidékaphobie » et que celle du vendredi 13 la « paraskevidékatriaphobie », termes que l’on place rarement plus de deux fois par semaine.

 

Les origines de notre crainte légitime de ce nombre maudit pourraient remonter au temps du Christ, car on considère que Judas était la treizième personne présente à la Sainte Cène, voire même à l’antiquité, lorsque Philippe II de Macédoine, au IVème siècle avant J.C., ajouta sa statue aux douze représentations des Dieux (c’est bien d’être conscient de sa valeur) et fut assassiné peu de temps après. C’est vrai ça : demandez à n’importe quel superstitieux les raisons de ses craintes et il vous sort aussi sec l’histoire complète de Philippe II de Macédoine.

 

En outre, la treizième lettre de l’alphabet hébreu représentait la mort, de même que la treizième carte du tarot, qui montre la Grande Faucheuse en train de bosser. Une autre raison parfois évoquée est la disparition des sociétés mayas et aztèques, dont les calendriers comptaient vingt mois de treize jours. Encore que sur ce dernier point, il n’est pas impossible que ces civilisations soient plus tentées d’accuser les espagnols (ça porte malheur un espagnol, demandez à Federer) plutôt que leur calendrier.

 

Sinon, on estime aussi que Adam et Eve ont croqué dans la pomme un vendredi.

 

Juste avant le week-end ! Faut vraiment pas être con !

 

On remarquera toutefois que malgré la place importante de la superstition dans notre société, personne ne s’est jamais plaint de recevoir un treizième salaire.

 

 

 

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commentaires
  1. TT02 dit :

    Ah oui tout à fait. Je n’ai jamais rien vu de déplaisant au fait de recevoir un treizième salaire. Mais faut croire que mon patron, si. C’est donc de la superstition !

  2. labo80 dit :

    Excellent exemple des méfaits de la superstition ! J’ai bien peur que mes chefs à moi soient aussi superstitieux, ce qui n’aurait rien d’étonnant, vu que je bosse dans une loterie.

  3. La Ronce de Lausanne dit :

    Tiens, je connaissais pas forcément toutes les possibles origines de la « poissarisation » du nombre 13 (j’aime beaucoup l’idée de Philippe II, fallait oser, surtout avec la légendaire mansuétude des Dieux grecs, Zeus en tête).

    Par contre, pour ce qui est du vendredi 13 en particulier, l’une des origines la plus avancées serait le vendredi 13 octobre 1307, jour où Philippe le Bel (décidément, y a toujours un Philippe dans ces histoires), roi de France de l’époque, avec l’accord plus ou moins tacite de Clément V, pape du moment, aurait fait arrêter d’un coup la majeur partie des pontes de l’ordre des Templiers, sous divers accusations telles que hérésie, sodomies et autre joyeusetés dont l’Inquisition avait fait son fond de commerce.

    Et comme l’enquête leur donna raison vu qu’ils avouèrent tout (la torture, ça avait quand même de bien meilleures résultats que nos gentillettes gardes-a-vue) et bien après avoir cramer tout ces salauds et dissolu l’ordre, pour pas gâcher, ils se partagèrent les richesse colossales des Templiers, avec quelques autres souverains histoires de pas trop se prendre la tête. Ce qui tombait vraiment bien vu que financièrement la France était pas au top (un peu comme aujourd’hui, mais Sarko va devoir trouver autre chose, hérésie & sodomie ne faisant plus vraiment recette) et que pour ce que j’en sache l’église à jamais cracher sur une petite contribution.

    C’est peut-être de là aussi que le vendredi 13 est aussi considéré comme jour de chance par certains, ça dépend de quel côté de la torche on se trouve.

  4. labo80 dit :

    Donc en fait, ça porterait surtout bonheur aux Philippe, et malheur aux templiers !

    J’ai de la chance, je ne suis ni l’un ni l’autre !

  5. La Ronce de Lausanne dit :

    Bonheur pour les Philippes, ça reste quand même à voir vu que le maitre des Templiers aurait, selon la légende, maudit Philippe le Bel et Clément V pour qu’ils le rejoignent dans l’année, ce que tout 2 ont fait et qui a inspiré les romans des Rois Maudits.

    Mais au final cela n’enlève rien à la pertinence de ta dernière remarque.

  6. Dr Zen dit :

    Cher Labo,
    Que vous avez une belle existence!
    Or donc, pendant que d’autres descendent à la mine, alèsent, turbinent, moulinent, bref, transpirent, vous surfez sur le wèbe pour alimenter votre rubrique.
    Les autres donc, et j’en fais partie, bougent, agissent, ont des missions, des vraies, si tant plus importantes, et le vendredi 13 représentera pour eux une date autrement fatidique.
    Prenons (au hasard) le triste destin du secret bancaire, mouru de sa belle mort hier.
    Sous la pression, et contre mon rapport circonstancié, le Conseil fédéral a cédé.
    Il s’agenouillera donc devant les puissants, leur livrera le noms des dépositaires de leurs comptes chez nous à la moindre requête.
    Première désolante décision, il confondra l’évasion fiscale et la fraude, alors même que le bon sens le plus élémentaire rend évidente la distinction entre les fraudeurs (de vrais méchants, ceux-ci) et les habitués de l’évasion fiscale, dont la pratique n’a absolument rien à voir avec une quelconque fraude. Comment pourrait-on voir quelque chose de répréhensible dans une vieille habitude qui ne consiste qu’à soustraire au fisc de son pays quelques dizaines de francs (parfois un peu plus) que ces honnêtes personnes placent chez Ospel et succ., sous le prétexte tellement compréhensible que la fiscalité est plus légère chez nous ? Je tiens à préciser que tous ces avoirs sont clairement déclarés par leurs propriétaires dans leurs pays d’origine: comment pourrait-il en être autrement ? Si tel n’était point le cas, ce serait justement de la fraude, et ma délicatesse ne me permet pas de penser que de telles pratiques puissent trouver asile dans notre pays.
    Dans ce domaine comme dans tant d’autres, nous avons une conscience, nous.
    Dieu merci, interviewé par la télévision de notre pays, M. Merz s’est montré rassurant: il a clairement affirmé que le secret bancaire n’est affaibli que pour les étrangers, que ça ne change rien pour nous, et qu’on pourra continuer, et que c’est pas demain la veille où nous devrons chercher du côté des îles Caïman, des républiques bananières, des derniers atolls indépendants, bref, dans ces beaux pays où la vie est moins chère.
    Nous pouvons dormir tranquille quelque temps encore.
    Bien à vous
    Dr Zen

  7. labo80 dit :

    Tiens, je n’ai pas suivi le discours de notre bien aimé président mais c’était manifestement enrichissant ! Cependant, que ce soit par l’évasion fiscale ou la fraude, notre glorieux établissement bancaire demeure une prestation offerte aux riches, parmi lesquels vous êtes le seul à m’adresser la parole. Personnellement, je suis un pauvre roturier qui paie avec difficulté ses impôts lorsque les collecteurs et leurs loudres escortes passent en mon domicile. Ils inspectent ma pauvre maison, mon maigre bétail et, comme le veut la loi, partent avec l’essentiel de ma maigre fortune, nous laissant désemparés, Grouchenka, nos huit enfants – ou plutôt les trois qui n’ont pas été donnés à l’Eglise et à l’Armée – et moi même. Je n’ai même plus de quoi offrir à l’un d’entre eux une formation de scribe, ainsi que l’avait fait en son temps mon pauvre père pour moi. Nous vivons des temps difficiles !

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