Voyage au bout de l’ennui

Publié: 16 mars 2009 dans Anciens billets

                     Houlala, ça y est, il cède à la tentation des jeux de mots faciles, c’est pas bon signe moi j’vous dis !

                     Hé, mets-toi à sa place, quand t’as plein de trucs à écrire et que tu sèches sur le titre ou le premier mot c’est toujours une plaie !

                     Plein de trucs à écrire ? C’est arrivé quand ça ?

                     Mouais, à mon avis, les gars, c’est plutôt qu’il veut se la péter, genre « vous avez tous bien vu mon super jeu de mots qui montre à tout le monde que je connais Louis-Ferdinand Céline ? »

 

Ca va, vous trois ! Il est très bien, mon titre. Et totalement de circonstance avec ça !

 

Parce que ce matin, c’était séance. Pour remettre les choses dans leur contexte, la fonction que j’exerce actuellement consiste à abattre du boulot, noter son évolution et envoyer un rapport au boss, un bon bougre qui dirige le département communication de la boîte. Ce département organise chaque lundi une séance à laquelle nous sommes convoqués à tour de rôle, ma collègue et moi.

 

Pendant ce colloque, le service parle de tout plein de projets dont, en bon intérimaire que je suis, je me tamponne complètement, mon seul effort de participation consistant à lire au tout début deux nombres qu’on leur a déjà fait parvenir le matin même puis ensuite à ne pas ronfler.

 

Ce n’est pas si facile qu’on pourrait le croire, car cette entreprise est très, très suisse. On parle de tout et de rien, s’étend volontiers sur les plaisanteries, change régulièrement de sujet et, vers la fin, rogne un chouia sur le quart d’heure vaudois.

 

Donc, cette séance était digne de l’épée de Charlemagne*. Heureusement, mon côté geek m’ayant pourvu d’une imagination débordante, je trouvais comme toujours refuge dans un de ces mondes sans frontières ni contraintes que je m’invente, dans un univers chamarré et chatoyant, peuplé de bébés phoques et de gentils lapins, de chatons et de pangolins, où brille un soleil cordial et souffle un vent caressant, tiens, mon chef me regarde, un lieu où tout le monde est gentil avec moi, où coulent des rivières cristallines et poussent des arbres chargés de fruits sucrés, en fait c’est toute l’assemblée qui me regarde en silence, un univers où tout le monde se donne la main, où j’ai construit un grand bateau que…

 

Ah oui tiens ! Tous les regards sont braqués sur moi avec en eux la petite flamme de l’interrogation. On a dû me poser une question, je pense. Quelle drôle d’idée ! Que faire ?

 

Hop, connexion neurale, sélection de l’onglet « historique », chargement des derniers fichiers audio enregistrés par mon petit cerveau. La voix du boss s’élève dans mon esprit. Il parle d’un apéro, à midi… Ah ok, je crois que je situe, on en avait déjà parlé. J’essaie une réponse :

 

              « Pour demain toujours ? Nous c’est tout bon, on a noté. »

              « Alors on maintient, apéro demain ! »

 

Et de changer de sujet. Ouf. Je peux me rendormir.

 

J’ai une affreuse mémoire visuelle et suis tout sauf physionomiste, mais heureusement la mémoire auditive compense comme elle peut !

 

 

 

*Rappelons pour l’édification de ceux d’entre vous qui ne le savent pas encore que l’épée de Charlemagne était longue, plate et terriblement mortelle.

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