« Une bière, siouplait ! »

Publié: 25 mars 2009 dans Anciens billets

Pas de doutes, je suis bien de retour au boulot. Première impression, c’est dur. Deuxième, j’étais mieux en week-end. (J’aime bien commencer mes billets par une révélation choc.)

 

Mais voilà, les meilleures choses ont une fin. Et avant ce week-end, je n’étais pas mécontent de la voir poindre à l’horizon, ladite fin. De la meilleure chose, donc. Suivez un peu s’il vous plaît. Déjà que moi je m’embrouille, les doigts tout rouillés après cinq jours hors du monde, si vous vous y mettez aussi on va pas s’en sortir. Merci.

 

En fait, ce week-end, c’était Orc’idée*, convention lémanique de jeux de rôle et de plateaux, qui, selon une tradition séculaire, se déroule chaque année à l’EPFL depuis environ quinze ans. Et dont je participe à l’organisation depuis 2002. Tudieu, comme le temps passe. Et puis ça fait très classe de dire qu’on organise un évènement depuis des années, mais il me faut préciser que mon rôle se limite à la rédaction, ce qui ne bouleverse pas trop mes habitudes, ainsi qu’au maintien du bar une fois sur place. Ouaip, bibi est « responsable bar ». Detcheu la gloire !

 

Ça veut dire qu’au cours de la convention, le pauvre Labo traîne derrière un comptoir, rassasiant une sympathique horde de geeks affamés, enchaînant les services de pizzas, de cafés, de boissons pétillantes noirâtres provenant de l’autre bout du monde, de croque-monsieur, bref, de plein de bonnes choses, le tout, bien sûr, avec le soutien inestimable d’aides diablement efficaces et d’un vrai pote qui, eut-il été l’ami d’Atlas, l’aiderait encore aujourd’hui à supporter le monde. (Pommade) (Il me lit)

 

Comme l’homme se distingue de la bête sans âme par sa capacité à reconnaître ses erreurs (surtout lorsqu’il les reproduit), j’ai pu, au cours de ces années de services, apprendre bien des points passionnants sur ce glorieux sacerdoce qu’est la noble tâche de sustenter une foule. Je vous livre ci-après quelques unes de mes considérations :

 

• Le bar, c’est la vie. Il y a les vivants, qui disent « je vais chercher une grignote » et les âmes tristes et moribondes qui y répondent toujours « tu peux me prendre quelque chose ? » parce qu’elle n’ont pas envie de se déplacer. Presque tout le monde passe au moins une fois au bar, on y retrouve des potes, on y parle tout haut pour faire profiter tout le monde de sa science, c’est un lieu d’échange, de culture, de partage d’idées, de fraternité et de chaleur humaine. Enfin peut-être pas tout ça, mais en tous cas c’est un bar, et c’est toujours bien un bar.

 

• Il est difficile d’expliquer que l’on ne vend pas d’alcool lorsqu’on tient un bar dont les locaux nous ont été aimablement prêtés par un vrai établissement (Satellite pour les connaisseurs) (il y a en a ?) dont les panneaux publicitaires citent au moins quinze marques de bières.

 

• On a beau couvrir peu de terrain, à force de marcher derrière un comptoir, à la fin du week-end, on a les pieds usés jusqu’aux genoux.

 

• A cinq derrière le bar, on arrive à se répartir pour couvrir toute la surface et servir tout le monde rien qu’en se passant les choses, sans avoir à se lever des tabourets amenés exprès. Mais les clients tirent une drôle de tête.  Sauf le dimanche matin, où ils ne réalisent pas.

 

• Servir un chili con carne ou un couscous le dimanche matin avant huit heures, ça a quelque chose de traumatisant.

 

• A force de servir à toute heure des myriades de pizzas et de platées de bouffe chaude, lorsqu’on s’offre une assiette parce qu’on crève littéralement de faim, on en a tellement vu qu’on arrive à peine à y planter une fourchette.

 

• Après un jour de montage, deux jours de convention entrecoupés de trois petites heures de sommeil, le démontage et le nettoyage, on est fatigué, vidé, lessivé, crevé, usé, abîmé, brisé, en un mot, naze. Mais heureux. Parfois, on est un peu comme l’électronique : une fois les batteries complètement vidées puis remplies, on repart pour plus longtemps !

 

 

*Saurez-vous déceler le subtil jeu de mots qui se cache derrière ce nom apparemment anodin ?

 

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commentaires
  1. Loggy dit :

    Atlas n’ayant pas de bar (je suppose), je ne serais pas venu.

  2. labo80 dit :

    J’imagine la taille de la chope à Atlas… Ben ça donne soif !

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