Bouffée d’optimisme

Publié: 27 mars 2009 dans Anciens billets

Juste un petit mot vite fait avant le week-end pour souligner un fait qui me remplit de joie et d’optimisme, qui me redonne foi en l’avenir et en l’être humain : un pas déterminant a été accompli en direction de la victoire sur la crise.

 

Et c’est vrai. Alors qu’on pourrait craindre l’énorme récession mondiale qui nous pend au nez, alors qu’on pourrait se lamenter de voir que l’argent de notre pays endetté a servi à payer les bonus des cadres richissimes de l’UBS, alors qu’on serait légitimement en droit de se demander où va ce capitalisme qui se casse la gueule dans le monde entier sans qu’aucune ébauche de solution ne se dessine, alors que le nombre de sans emplois va exploser ces prochains mois, alors que l’on estime dans certains milieux que la crise pourrait durer plus de 20 ans, alors que les responsables de la situation continuent à amasser des fortunes insolentes…

 

…On peut enfin assister ces jours-ci à une prise de décision digne de ce nom : on ne parle plus de récession, mais de « croissance négative ». Ouf.

 

Depuis des mois qu’on planche là-dessus, on a fini par inventer un nouveau concept pour définir ce naufrage sans trop heurter les sensibilités.

 

Tout va bien donc, nous pouvons retourner à nos emplois précaires et nos horizons opaques, le problème est entre de bonnes mains, à savoir celles qui nous ont plongé dans la gadoue.

L’esprit libre et serein, nous pouvons rajouter de l’argent aux quelques 2300 milliards d’euros qui ont déjà été versés par les états occidentaux depuis le début de la crise pour sauver ce système dont seule une restructuration complète, voire la chute, offrira des perspectives d’avenir à la majorité des habitants de la planète bleue.

Nous pouvons sauter dans nos bagnoles et les bourrer d’essence hors de prix pour rejoindre, le temps d’aller bosser, les quelques 800 millions de véhicules qui circulent quotidiennement dans nos villes et nos campagnes et promettent aux futures générations déjà à genoux financièrement un cauchemar écologique, social et climatique.

Nous pouvons continuer à nous offusquer du tort causé au secret bancaire, lequel, déjà à la fin des années 80, offrait un abri sûr aux quelques 500 milliards de dollars que rapportait le juteux business de la drogue dans le monde.

Nous pouvons retourner à nos légitimes inquiétudes, par exemple espérer que le naufrage de l’industrie automobile et les dizaines de milliers de postes supprimés n’affecteront ni le salon de l’Auto, ni les quelques 21’000 euros touchés à l’heure par le président de Porsche.

Nous pouvons continuer à protéger nos intérêts et faire en sorte qu’aucune des 960 millions de personnes souffrant de faim chronique dans le monde ne vienne manger NOTRE  pain dans NOTRE pays.

 

Bref, nous pouvons faire pleinement confiance aux responsables de la crise pour réparer les pots cassés et retrouver rapidement les quelques 20’000 milliards d’euros partis en fumée en quelques mois, ainsi qu’aux partis politiques qui rampent à leurs bottes. Et surtout, on ne s’inquiétera pas de savoir que nos avenirs sont entre leurs mains, eux qui déjà maintiennent le niveau de vie de populations entières au plus bas pour maximiser leurs primes de fin d’année. Et souhaitons que cette solution vienne au plus vite sauver cette société qui prône ouvertement l’inégalité, l’exploitation et la manipulation.

 

Comme quoi, il serait temps de faire quelque chose pour river le caquet à tous ces pessimistes qui nous gonflent avec leurs mauvaises nouvelles ! Et dans l’attente des très prochains jours meilleurs, je vous souhaite un bon week-end !

 

(Chiffres cueillis ici et là sur les blogs de la RSR – Radio Suisse Romande pour nos amis gaulois – et plus particulièrement dans les articles d’Eric Grosjean.)

 

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commentaires
  1. raph dit :

    Croissance négative c’est classe. Cela dit, quand une entreprise gagne 800 millions mais 12% de moins que l’année passée et qu’on parle de chute du chiffre d’affaires, c’est tout aussi con.

  2. labo80 dit :

    C’est vrai, mais ça fait une bonne excuse pour couper un p’tit poste ou deux ! Desproges l’avait dit il y a déjà pas mal de temps (forcément…) : « nous vivons dans un monde qui a résolu ses principaux problèmes en appelant un chat un chien. »

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