Neige ou soleil ?

Publié: 9 avril 2009 dans Anciens billets

Pour le vaillant prolétaire déjà épuisé par quatre dures journées de labeur, le week-end s’apprête à frapper tout sourire et avant l’heure à la porte du bureau, ou du garage, ou du commerce, ou de tout ce que vous voulez qui soit susceptible de renfermer un vaillant prolétaire. Eh oui, demain, c’est férié.

 

C’est férié, car on fête joyeusement la douloureuse mise à mort d’une des nombreuses personnes à avoir payé de sa vie le fait d’avoir délivré un message de paix (comment ça je fais des raccourcis ?). Parce que ça fait un peu plus de deux mille ans que Lionel le Messie a gravi le mont Golgotha affublé d’une couronne d’épines et en traînant une lourde croix pour y trouver la douleur et la mort, évènement que l’on célèbre en mangeant des lapins en chocolat et des œufs aux couleurs bigarrées.

 

Et justement, puisqu’on parle du Dieu d’Amour, du sacrifice de son fils et de son message de paix, arrêtons nous quelques instants sur une récente nouvelle concernant le représentant de la Sainte Eglise Catholique, le très respecté Saint Père Benoît XVI : un député autrichien est tombé dernièrement sur un article véhément écrit par un certain cardinal Ratzinger et publié en 1998 avec le consentement de son auteur dans la revue « Dia Aula », un magazine d’extrême droite.

 

Du côté de l’Eglise, on a bien tenté de monter un gros mensonge pour botter en touche, mais sans succès. Personnellement je ne comprends pas pourquoi : après des siècles d’obscurantisme, de chasse aux sorcières et de mises à mort arbitraires, après avoir cautionné les génocides dans le Nouveau Monde, brûlé des millions de chats sur un gros bad trip et du coup déclenché la grande peste, créé la Sainte Inquisition, torturé et mutilé des innocents pour affirmer son pouvoir, amassé des richesses incomparables sur le dos des fidèles qui craignaient pour leurs âmes, après avoir cautionné le sida en Afrique, fermé sa gueule pendant la seconde guerre mondiale, nié les maux qu’elle a causé dans le monde entier au cours des siècles et abusé de milliers d’enfants, je ne vois vraiment pas pourquoi l’Eglise s’emmerde à essayer de faire croire qu’elle est une institution ouverte et opposée à l’extrémisme.

 

Enfin bon, cela ne doit pas nous détourner d’un des derniers bienfaits qu’apporte la religion chrétienne : le week-end de Pâques et ses quatre jours de glande. Alors, que faire de cette fin de semaine bien méritée ? Personnellement, je compte me tourner les pouces et rien foutre.

 

Mais beaucoup choisiront le dépaysement : en effet, le week-end de Pâques est la jointure entre deux évènements capitaux, à savoir les dernières neiges et les premiers jours de beau. Alors les amis, pour quoi allez-vous opter ? La neige pâteuse et semi liquide cédant sous les assauts d’un soleil de plomb et qui, en cas de chute, vous trempera plus encore qu’un plongeon dans la piscine municipale du coin ? Ou le barbecue sous un soleil radieux faisant oublier que le fond de l’air glacé se fera une joie de vous prendre en traître et de vous renvoyer au charbon grippé et enroué ?

 

Dans tous les cas, armez-vous de patience, quelle que soit la destination sur laquelle s’est porté votre choix, plein de salauds d’automobilistes vous ont piqué sans vergogne votre idée pourtant brillante. Donc des bouchons sont annoncés sur à peu près toutes les routes du pays. Alors plutôt que vous énerver au volant, restez zen et ayez une petite pensée  pour les bougres qui continuent à assumer leur foi en un dieu qui se voit continuellement traîné dans la boue par ceux qui prétendent parler en son nom.

 

Et puis surtout, joyeuses Pâques, mes lapins !

 

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commentaires
  1. Loggy dit :

    « Ou le barbecue sous un soleil radieux faisant oublier que le fond de l’air glacé se fera une joie de vous prendre en traître et de vous renvoyer au charbon grippé et enroué ? »

    Ah ça! L’odeur de la merguez carbonisée, c’est signe de retour du printemps (puisqu’il n’y bientôt plus d’hirondelles). Pour éviter le petit rhume, il suffit de se rappeler de ce dicton, héritage d’une sagesse populaire ancienne qui dit: « En avril ne te découvre pas d’un fil… » Oh et puis merde!

    Quel crétin n’essayerait pas de chopper une bonne crève et ainsi prolonger agréablement ces vacances de Pâques jusqu’à l’ascension? (En couplant avec un faux décès parental, un congé maternité, un déménagement et une ou deux petites rechutes: c’est probablement possible) Parce que pour profiter du beau depuis un bureau éclairé aux néons faut quand-même être un peu niais. La sagesse populaire c’est un rien con finalement.

  2. labo80 dit :

    Ah mais ça c’était avant, maintenant les choses ont changé. Aujourd’hui les bureaux sont partagés entre deux types d’employés distincts :
    – L’éternel(le) malade(e)(ah non) qui se porte pâle au premier mal de tête ou de gorge et qu’on ne voit pas souvent.
    – Le (la) trompe-la-mort, qui vient bosser même malade, même mourant, même sous le coup d’une douloureuse agonie, même en phase terminale d’une mystérieuse maladie ultra-contagieuse et inconnue, pour bien montrer qu’il assume.
    Plus besoin de faire exprès de choper la crève, soit tu l’inventes, soit tu la nies !

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