Quoi de neuf dans le préau ?

Publié: 20 avril 2009 dans Anciens billets

Je n’ignore pas que ce matin, beaucoup d’entre vous se sont vus arrachés à l’insouciance d’un sommeil bienheureux par une sonnerie que vous aviez pu, l’espace de quelques jours, oublier. C’est une douloureuse épreuve au sujet de laquelle je tiens à vous faire part de ma sollicitude.

 

Parce que c’est toujours difficile la rentrée. Les oreilles résonnant encore des chants du club méd’, vous arrivez au turbin avec la tête de vos grands jours et plantez vos yeux de cocker dans ceux de vos collègues ; ils ne se rendent pas compte du mal qu’ils vous font en vous demandant de raconter vos vacances, ce d’autant plus que vous savez qu’ils s’en tamponnent, ils demandent pour être polis. D’ailleurs vous faites pareil, lorsque vous croisez le regard d’un collègue au bord des larmes car de retour des îles, pour marquer le coup, vous vous sentez obligé de dire quelque chose de gentil avant d’embrayer sur les derniers résultats statistiques des relances pour les contentieux 2007-2008. Alors vous lui demandez « ça a été, ces vacances ? », comme tout le monde, même si vous vous en foutez.

 

Mais bon, c’est humain, c’est un peu le nectar du fruit de votre labeur, il faut apprendre à apprécier ces petits aspects sociaux du monde du travail, ça fait partie de votre quotidien, ça et les blagues nulles que vous entendez toute la journée. Tenez, moi par exemple, actuellement, ma collègue tourne avec insistance sa cuiller dans sa tasse à café, ça fait « dingueling » et, selon ses propres paroles, ça lui rappelle les vaches, ce qui la fait hurler de rire, littéralement. Et bien je suis un mauvais exemple : je ne supporte pas ça et c’est tant pis pour ma gueule, je ne peux pas non plus lui répondre de la boucler, même si ça me ferait du bien.

 

Enfin, pour bien commencer la semaine, je vous propose un petit tour d’horizon médiatique, pour voir ce que vous avez raté pendant que vous creusiez des puits dans le désert de Gobi. Et bien rassurez-vous, trois fois rien. Soulevons deux petits points tout de même : d’une part, une bataille de boules de neige fait rage au sein du gouvernement français, entre Ségolène Royal, qui met les pieds où elle ne devrait peut-être pas, et Nicolas Sarkozy, qui pourrait peut-être apprendre à fermer un peu sa gueule si son ego ne le portait pas loin au-delà de toute possibilité de remise en question. Il en ressort que l’UMP traite joyeusement Dame Royal de « spécialiste de la manipulation », ce qui n’est pas tout faux mais, venant d’eux, fait quand même marrer. De notre côté, notre bien aimé président Hans-Rudolf Merz a rencontré le président Iranien Mahmoud Ahmadinejad dans le cadre de la conférence de l’ONU contre le racisme pour papoter. En réaction à cet acte horrible, l’état d’Israël, que l’on sait mesuré et posé, a immédiatement rappelé son ambassadeur en Suisse pour « montrer son mécontentement ». En effet, le président israélien Benjamin Netanyahu affirme qu’Ahmadinejad est raciste. Il ressort de ces petits exemples que le terrain politique mondial ressemble de plus en plus à une cour de récré où l’on se tire les cheveux, se menace, se pousse et s’accuse mutuellement de défauts que l’on partage allégrement.

 

Un autre point que l’on peut soulever est que d’après un sondage très sérieux, la majorité des suisses serait favorables au retour de l’ours dans le pays ; l’occasion de rappeler que l’ours est un charmant plantigrade pouvant peser jusqu’à 700 kilos, mesurer dans les trois mètres de haut et courir jusqu’à 56 km/h. Omnivore, il a besoin d’une quantité colossale de bouffe pour s’alimenter, de place pour s’établir et d’une grotte pour y hiberner. Dans ce dernier cas, il lui faut du calme, sans quoi il sort pas content de sa planque pour gueuler sur ces trucs bruyants qui l’empêchent de ronquer tranquille, comme par exemple des skieurs lancés en pleine trombe qui ne s’attendent pas à déboucher sur plusieurs quintaux de muscle et de mauvaise humeur au détour d’un virage. Bref, un animal certes très charmant, mais qui n’a peut-être pas sa place dans un tout petit pays où toutes les communes sont rapprochées.

 

Les suisses sont de grands enfants qui devraient peut-être quitter la Bibliothèque Verte ; parce qu’à s’imaginer vivre au milieu des lynx, des loups et des ours, en paix et en harmonie avec Dame Nature, on en vient peut-être à oublier que ces animaux, certes admirables, ont besoin d’un espace que je ne crois pas qu’on ait. Forcément, ça serait sympa de pouvoir leur offrir un abri, mais lorsque ces bêtes commenceront à taper dans les moutons et les chats pour se nourrir, parce qu’il faut bien qu’elles vivent, les montagnards n’attendront pas d’hypothétiques indemnisations de l’Etat pendant des années avant de se défendre.

 

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commentaires
  1. La Guenaude dit :

    Ah… qu’est-ce que tes textes sarcastiques m’ont manqués durant les vacances mon cher Labo, la rentrée est plus facile à digérer en venant surfer sur ton blog ! A jeudi pour l’apéro, j’espère que t’auras des news croustillantes à me raconter !

  2. labo80 dit :

    Aah, les vacances à l’assurance, avec les coups de fil et l’inévitable bordée en rentrant… Ca me manque, tiens !

  3. La Guenaude dit :

    Eh ben détrompe toi ! comme l’affreux était lui aussi en vacances je n’ai pas eu la moindre réprimande ! me suis demandé si il était malade d’ailleurs !

  4. La Ronce de Lausanne dit :

    Si je ne peux qu’être en bonne partie d’accord sur le début de l’article, je me dois (surtout à moi-même parce que les autres s’en foutent royalement) de réagir sur ton argumentation concernant le retour de certains animaux sauvages dans notre pays, ce qui doit pas être une grande surprise pour toi.

    Alors bon, je vais pas m’étaler sur mes idées utopico-écolos pendant des heures, mes l’argument « on est un petit pays, on a pas de place pour les ours, loups ou autres prédateurs », excuses-moi mais c’est du foutage de gueule. Parce que je crois pas que les pays voisins soit tellement moins peuplé que nous, pourtant, chose extraordinaire, eux ils arrivent a vivre avec une petite population de ses animaux avec lequel nous prétendons ne pas pouvoir cohabiter.

    Alors ok, je suis un brave citadin, c’est sûr que je risque peu de voir un ours ou un loup débarquer sur mon lieu de travail et bouloter un ou 2 PCs (mon gagne-pain), et donc je veux bien comprendre les éleveurs qui se plaignent des attaques sur leurs cheptels. Mais si leurs collègues étrangers y arrivent, ça veux dire que c’est possible, sans doute avec des meilleures aides de l’Etat.

    En plus, les gens se plaignent parce que quand ils se promènent dans la nature et croisent des troupeaux, et bien maintenant ceux-ci sont généralement encadrés par quelques chiens qui voient d’un mauvais oeil qu’on s’approche de leurs protégés. Donc ça grogne, ça aboi, bref ça fait en sorte de faire comprendre qu’il faut pas rester là. Et ça, c’est dérangeant pour les promeneurs.

    Bref, la majorité des gens sont favorable à un retour de ces animaux sauvages, tant que cela ne va pas perturber leurs habitudes. Parce que en dehors du mythe de risque d’attaque sur l’homme (on a plus de risque de se faire foudroyer), se dire qu’on laisse quand même quelques miettes de notre beau pays aux autres animaux, ça fait du bien à la conscience, mais si pour cela, il faut supporter quelques désagréments, alors là c’est une tout autre histoire.

  5. labo80 dit :

    Je m’attendais à une remarque de ta part ^^ ! Je suis d’accord sur plein de choses, je serai ravi de vivre dans un pays qui fait quelque chose pour les animaux (ça serait un début, après il pourrait peut-être aussi faire quelque chose pour les habitants) et je suis même d’accord de céder un bout de mon appartement à un lynx ou un lycaon.

    Mais je pense quand même que nos patelins, même en montagne, sont plus serrés que les agglomérations françaises ou italiennes et qu’on est confronté à un problème de place qu’ils n’ont pas. Parce que si on observe attentivement une carte de l’Europe on se rend compte que nos voisins disposent de pays quand même plus grands et je pense qu’il y a plus d’espace entre les bleds (même si je n’ai pas mesuré). Je doute que nos forêts soient en mesure de permettre à des meutes de loups et des ours de vivre sans avoir à recourir aux poulaillers ou aux troupeaux pour se nourrir. Et même si ces derniers sont protégés, cela ne changera rien au fait que la bête aura faim et qu’elle devra bien bouffer. Ensuite, si un éleveur a un problème à cause de ça, il pourra toujours se brosser pour être dédommagé dans des délais acceptables et les montagnards ne croulent pas sous le pognon. Réaction logique, ils règleront le problème aux même. Pan pan.

    Je ne suis pas de ceux qui croient que ces animaux seraient dangereux pour l’homme, au contraire ; les ours et les loups sont des bêtes magnifiques et qui plus est menacées, mais je continue à croire qu’on ne peut pas tellement les accueillir. Pour prendre un extrême, on ne peut pas non plus abriter des tigres et des éléphants, pourtant ça leur rendrait bien service.

    Mais bon, j’ai peut-être tout faux et si j’en viens à changer d’avis, je serais le premier à souhaiter la bienvenue à ces monstres poilus. Et à rentrer mes poules et ma tarte aux pommes. Mais si ces bêtes sont introduites en Suisse, tu verras alors que nos braconniers se feront plaisir !

  6. La Ronce de Lausanne dit :

    Je sais bien que, pour leur bien, vaux sans doute mieux éviter la réintroduction de ses animaux. Mais je continu à croire que c’est plus une question de mentalité que réellement de manque d’espace. Je pense pas que le Valais ou les Grisons pour ne citer que eux soit tellement surpeuplé qu’on arrive pas à y caser 2 -3 ours et une meute de loups. Par contre, faudrait leurs prévoir des gilets pare-balles (Valais) et thérapie contre l’ennui (Grisons).

    Y a qu’à voir mon exemple avec les promeneurs qui se plaignent parce que les chiens de berger les dérangent durant leurs balades (exemple tiré d’un article du 24 Heures, donc contenant sans doute quelques traces de vérité pas trop détournée), je trouve ça lamentable.

    Mais en définitif, je ne fait que jeter sur ton blog ce que je ressent, je ne prétend pas avoir de solution concrète à proposé. Par contre, si jamais je croise un lynx ou un lycaon dans la dèche pour crécher, je lui donne ton adresse sans autre ^_^ (mais fait gaffe avec tes canapés).

  7. labo80 dit :

    Ah ça, on n’est pas là pour trouver des solutions, on est là pour cracher sur la société, les collègues, les patrons, les politiques, la presse et les autres.

    Pour les promeneurs, c’est dans l’air du temps : les toutous font peur aux bon peuple et la presse je rue sur tout ce qui touche aux chiens potentiellement dangereux ainsi qu’aux animaux en général. Il y a quelques temps, ces cons de promeneurs n’auraient même pas été écoutés. Il y a aussi ceux qui se plaignent des cloches ou du chant du coq… C’est pas tout neuf, note : Desproges disait déjà « le poing tendu vers Dieu, l’homme entend pousser l’herbe avec indignation ».

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