Relativisons un peu

Publié: 7 mai 2009 dans Anciens billets

J’ai en ce moment l’insouciance de me considérer plus en vacances qu’au chômage ; c’est le charme de la première semaine, on décompresse, on veut faire plein de trucs, à tel point que les heures défilent et que tout à coup, diantre, déjà trois heures et demie du matin ; et l’épreuve consiste à ne pas se lever trop tard. Le spectre de l’insomnie guette, tapi dans l’ombre, empli de haine, ricanant sous cape, guettant le moment où je reprendrai un rythme complètement décalé pour me bondir dessus en exultant de triomphe.

Mais ce matin j’ai été quelque peu aidé. Comme je l’ai souligné tantôt, un incident domestique a eu dernièrement la fâcheuse répercussion de ventiler complètement l’appartement sous le mien, abattant quelques murs porteurs dans la foulée, ce qui fit intervenir des experts soucieux pour ma sécurité six jours après. C’est bon de se sentir en sûreté. Quoi qu’il en soit, les locataires du dessous ainsi que quelques professionnels se retrouvent avec un travail considérable sur les bras, ambiance loft.

Ça commence à huit heures et la fête est rythmée d’un concerto pour foreuse en scie à béton majeure, avec accompagnement au marteau façon Forges de Vulcain. Une perle de Trash-Home-Metal qui ne laisse personne indifférent, souvent accompagné de l’envol massif de toute bête à plumes à cinq lieues à la ronde.

Et sans vouloir me comparer aux volatiles susnommés, l’effet engendré par ce réveil inattendu – sans évoquer certaines considérations verbales que je garderai pour moi – m’a incliné à adopter une réaction plus ou moins similaire : l’exode. L’occasion pour moi de visiter cette Suisse qui se lève tôt dont je ne fais plus partie ; de boire un café en terrasse en regardant tous ces braves travailleurs se dépêcher d’aller cotiser pour que je puisse palper de la thune sans avoir à me lever pour d’autres raisons que les foreuses.

En outre, cela me donne aussi l’occasion de relativiser, lorsqu’en rentrant chez moi je m’arrête au commerce du coin, ouvert sept sur sept jusqu’à vingt-deux heures et que je discute avec le sympathique gérant qui, avec un accent prononcé de l’est, me raconte ses journées de onze heures et ses rares congés durant lesquels il doit quand même venir faire la caisse.

Et je me dis qu’on s’éloigne de plus en plus de tout concept d’égalité.

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