Pas de crise pour l’armement

Publié: 13 mai 2009 dans Anciens billets

Lu aujourd’hui sur le site de la TSR : la Suisse, pour s’aligner aux exigences de Schengen, a renforcé sa loi sur les armes et le Conseil Fédéral prévoit « un fichier informatique dans lequel les acquisitions d’armes seront enregistres ».

C’est marrant, moi je croyais que c’était déjà le cas et je suis sûr que je n’étais pas le seul… Si je vais acheter maintenant un 9mm pour me sentir bien mâle, qui sera au courant ? Ce n’est pas bien clair et je n’ai pas envie de me farcir le code pour avoir des précisions, mais j’imagine déjà les montées au créneau des ayatollahs de la poudre noire réclamant je ne sais quelle obscure protection des données. Parce que niveau flingues, la Suisse n’est pas très loin des Etats Unis.

Enfin, au moins ça nous fait un secteur qui marche : la société suisse RUAG Holding, principal fabricant d’armes du pays, qui se réclame écologique puisqu’elle a supprimé le plomb de ses balles, a déjà exporté pour 137 millions de francs de matériel de guerre vers 54 pays en 2009, soit une augmentation de 18% par rapport à 2008, année déjà record.

Quoi de plus beau, pour un pays neutre, que de vendre des pétoires à l’étranger ? Et ces acquéreurs, qu’en feront-ils de nos flingues ? Qui tueront-ils avec ? Ceux qui contestent le pouvoir en place ? Qui vénèrent un dieu différent ? Ou tout simplement le voisin qui ne pense pas comme eux ? Ce n’est pas notre problème : on est neutre.

RUAG Holding, donc, société propre appartenant à 100% à la Confédération, générant des milliards, dirigée par des Ueli Maurer, ne connaît pas la crise. La course à l’armement est un remède efficace contre la stagnation économique, un moyen aisé de relancer un peu la machine. Pour peu qu’on ait un retour sur investissement je suppose. Et un retour sur investissement dans les armes, ça donne quoi ?

Evidemment qu’elle est à l’abri de la crise : alors qu’on cherche à tout prix à faire des économies, qu’on a sorti des milliards de francs de caisses vides pour sauver nos Banques, on continue à lui faire les yeux doux et à lui passer tous ses caprices, comme à un enfant râleur, obèse et gâté dès sa naissance, jouissant d’un obscur privilège qu’on ne s’expliquera jamais. Une entreprise à l’image de la future acquisition d’avions de combat : inutile, vide de sens, coûteuse et inappropriée.

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