Dis bonjour à la dame

Publié: 8 mars 2010 dans Anciens billets

Pour quelqu’un comme moi qui ramène absolument tout ce qui se passe dans l’univers à sa petite personne, il m’est difficile de ne pas noter l’étrange ironie qui a voulu que la fin de mes premières vacances depuis l’oligocène coïncide avec la Journée Internationale de la Femme.

Je sais, on devrait dire la journée « des » femmes, sinon ça rappelle un peu trop la journée internationale « du » handicap ou « du » refus de la misère. Je provoque un peu. Comme je l’ai dit, je rentre de vacances, ça me met de travers et j’ai envie d’embêter des gens. Pas de soucis, rien de personnel, c’est purement gratuit.

L’année dernière, à la même date et sur ce même blog, on avait évoqué que la journée des femmes était à l’origine issue d’une manifestation pacifique de mères et d’épouses inquiètes pour leurs proches à Saint-Pétersbourg, laquelle a donné naissance à la révolution Russe, qui a provoqué la chute du tsar, qui a engendré la création de l’URSS, le tout débouchant à terme sur la création de la journée internationale des femmes, et aussi sur Staline, mais évitons les raccourcis qui fâchent. J’avais appris ça en lisant le journal puis rapporté le tout ici dans le but de nous culturer un peu.

Et puis aujourd’hui, un an après si vous faites le calcul, dans le même journal, on apprend que la journée des femmes a cent ans. La révolution russe, pour mémoire, c’était en 1917. Pas compris.

Certes, c’est la journée des femmes, on se doutait bien que ça serait compliqué. Ou alors c’est les journalistes qui sont un peu dans les cordes, c’est plausible aussi.

Peu importe ; ce qui ressort au final, c’est qu’il y a plus ou moins cent ans, on a décidé de vouer une journée de l’année à la situation des femmes dans le monde, qu’on a glissé entre la Journée Internationale du Doronic (c’est une sorte de plante, je ne savais pas non plus) et celle du Cerfeuil. Une belle victoire pour la cause féminine qui s’est vue offrir une ascension fulgurante au rang des meilleures herbettes aromatiques.

Non mais j’arrête ; je suis pas sympa de taquiner les madames le jour de leur anniversaire. Et puis je suis en train de donner de moi l’image d’un méchant misogyne, ce qui est faux, puisque je considère qu’homme et femme peuvent être largement aussi obtus l’un que l’autre. Pour le prouver et pour rester dans la thématique, je vous propose de jeter un œil à cet édifiant texte publié dans les années 60 dans le but d’apprendre aux femmes à être de bonnes épouses. Il paraît que c’est authentique, après je sais pas, j’étais pas là. Mais ça ne me paraît tout à fait plausible.

LE GUIDE DE LA BONNE EPOUSE

FAITES EN SORTE QUE LE DINER SOIT PRET. Préparez les choses à l’avance, le soir précédent s’il le faut, afin qu’un délicieux repas l’attende à son retour du travail. C’est une façon de lui faire savoir que vous avez pensé à lui et vous souciez de ses besoins. La plupart des hommes ont faim lorsqu’ils rentrent à la maison et la perspective d’un bon repas (particulièrement leur plat favori) fait partie de la nécessaire chaleur d’un accueil.

SOYEZ PRETE. Prenez quinze minutes pour vous reposer afin d’être détendue lorsqu’il rentre. Retouchez votre maquillage, mettez un ruban dans vos cheveux et soyez fraîche et avenante. Il a passé la journée en compagnie de gens surchargés de soucis et de travail. Soyez enjouée et un peu plus intéressante que ces derniers. Sa dure journée a besoin d’être égayée et c’est un de vos devoirs de faire en sorte qu’elle le soit.

(Essayer d’être plus intéressante que des types « surchargés » qui parlent de procédures de balance de gestion du bilan de fin d’exercice comptable et qui ne rêvent que de rentrer chez Bobonne pour bouffer leur plat préféré, ça ne devrait pas être impossible.)

RANGEZ LE DESORDRE. Faîtes un dernier tour des principales pièces de la maison juste avant que votre mari ne rentre. Rassemblez les livres scolaires, les jouets, les papiers, etc. et passez ensuite un coup de chiffon à poussière sur les tables.

(Mine de rien, peu avant que le zigue ne rentre du boulot, sa femme doit se débrouiller pour tenir prêt un repas chaud, pour retoucher son maquillage et se passer des rubans dans les cheveux, pour ranger le bordel, faire la poussière, virer le foutoir des gosses et, boutade, prendre un moment pour se détendre afin d’être fraîche et avenante. Et c’est le mec qui a des soucis.)

PENDANT LES MOIS LES PLUS FROIDS DE L’ANNEE, il vous faudra préparer et allumer un feu dans la cheminée, auprès duquel il puisse se détendre. Votre mari aura le sentiment d’avoir atteint un havre de repos et d’ordre et cela vous rendra également heureuse. En définitive, veiller à son confort vous procurera une immense satisfaction personnelle.

(Cette dernière phrase ressemble un peu à une excuse facile non ?)

REDUISEZ TOUS LES BRUITS AU MINIMUM. Au moment de son arrivée, éliminez tout bruit de machine à laver, séchoir à linge ou aspirateur. Essayez d’encourager les enfants à être calmes. Soyez heureuse de le voir. Accueillez-le avec un chaleureux sourire et montrez de la sincérité dans votre désir de lui plaire.

(À mon avis, le type, il n’aimait pas trop sa femme et encore moins ses gosses. Mais ce paragraphe est important car en énonçant les diverses machines de la maison on acquiert finalement la certitude que ce guide ne date pas du moyen-âge.)

ECOUTEZ-LE. Il se peut que vous ayez une douzaine de choses importantes à lui dire, mais son arrivée à la maison n’est pas le moment opportun. Laissez le parler d’abord, souvenez-vous que ses sujets de conversation sont plus importants que les vôtres. Faites en sorte que la soirée lui appartienne.

NE VOUS PLAIGNEZ JAMAIS S’IL RENTRE TARD A LA MAISON ou sort pour dîner ou pour aller dans d’autres lieux de divertissement sans vous. Au contraire, essayez de faire en sorte que votre foyer soit un havre de paix, d’ordre et de tranquillité où votre mari puisse détendre son corps et son esprit.

NE L’ACCUEILLEZ PAS AVEC VOS PLAINTES ET VOS PROBLEMES. Ne vous plaignez pas s’il est en retard à la maison pour le dîner ou même s’il reste dehors toute la nuit. Considérez cela comme mineur comparé à ce qu’il a pu endurer pendant la journée. Installez-le confortablement. Proposez-lui de se détendre dans une chaise confortable ou d’aller s’étendre dans la chambre à coucher. Préparez-lui une boisson fraîche ou chaude. Arrangez l’oreiller et proposez-lui d’enlever ses chaussures. Parlez d’une voix douce, apaisante et plaisante. Ne lui posez pas de questions sur ce qu’il a fait et ne remettez jamais en cause son jugement ou son intégrité. Souvenez-vous qu’il est le maître du foyer et qu’en tant que tel, il exercera toujours sa volonté avec justice et honnêteté.

(Si Neandertal avoir panse bien remplie, lui partager caribou avec femelle reproductrice, sinon lui partir avec autre clan et laisser femelle seule.)

LORSQU’IL A FINI DE DINER, DEBARRASSEZ LA TABLE ET FAITES RAPIDEMENT LA VAISSELLE. Si votre mari se propose de vous aider, déclinez son offre car il risquerait de se sentir obligé de la répéter par la suite et après une longue journée de labeur, il n’a nul besoin de travail supplémentaire. Encouragez votre mari à se livrer à ses passe-temps favoris et à se consacrer à ses centres d’intérêt et montrez-vous intéressée sans toutefois donner l’impression d’empiéter sur son domaine. Si vous avez des petits passe-temps vous-même, faites en sorte de ne pas l’ennuyer en lui parlant, car les centres d’intérêts des femmes sont souvent assez insignifiants comparés à ceux des hommes.

A LA FIN DE LA SOIREE, rangez la maison afin qu’elle soit prête pour le lendemain matin et pensez à préparer son petit déjeuner à l’avance. Le petit déjeuner de votre mari est essentiel s’il doit faire face au monde extérieur de manière positive. Une fois que vous vous êtes tous les deux retirés dans la chambre à coucher, préparez-vous à vous mettre au lit aussi promptement que possible.

(+2 pour le terme « monde extérieur ».)

BIEN QUE L’HYGIENE FEMININE soit d’une grande importance, votre mari fatigué ne saurait faire la queue devant la salle de bains, comme il aurait à la faire pour prendre son train. Cependant, assurez-vous d’être à votre meilleur avantage en allant vous coucher. Essayez d’avoir une apparence qui soit avenante sans être aguicheuse. Si vous devez vous appliquer de la crème pour le visage ou mettre des bigoudis, attendez son sommeil, car cela pourrait le choquer de s’endormir sur un tel spectacle.

(Après avoir investi beaucoup d’énergie pour décrire un « monde extérieur » aussi accueillant qu’un mur de baïonnettes que seul le mari à le courage d’affronter, ce ne me paraît pas très crédible d’affirmer que ce même mari pourrait être choqué de voir sa femme en bigoudis.)

EN CE QUI CONCERNE LES RELATIONS INTIMES AVEC VOTRE MARI, il est important de vous rappeler vos voeux de mariage et en particulier votre obligation de lui obéir. S’il estime qu’il a besoin de dormir immédiatement, qu’il en soit ainsi. En toute chose, soyez guidée par les désirs de votre mari et ne faites en aucune façon pression sur lui pour provoquer ou stimuler une relation intime.

(C’est vrai ça, bande de tarées hystériques, arrêtez d’agresser le Prince Charmant, vous voyez bien qu’il essaie de prier avant de s’endormir pieusement ! Démones perverses !)

SI VOTRE MARI SUGGERE L’ACCOUPLEMENT, acceptez alors avec humilité tout en gardant à l’esprit que le plaisir d’un homme est plus important que celui d’une femme, lorsqu’il atteint l’orgasme, un petit gémissement de votre part l’encouragera et sera tout à fait suffisant pour indiquer toute forme de plaisir que vous ayez pu avoir.

SI VOTRE MARI SUGGERE UNE QUELCONQUE DES PRATIQUES MOINS COURANTES, montrez-vous obéissante et résignée, mais indiquez votre éventuel manque d’enthousiasme en gardant le silence. Il est probable que votre mari s’endormira alors rapidement ; ajustez vos vêtements, rafraîchissez-vous et appliquez votre crème de nuit et vos produits de soin pour les cheveux.

(+4 pour le « si vous n’êtes pas contente, faite-le-lui savoir en la bouclant, et attendez qu’il s’endorme pour aller vous faire voir. »)

VOUS POUVEZ ALORS REMONTER LE REVEIL afin d’être debout peu de temps avant lui le matin; Cela vous permettra de tenir sa tasse de thé du matin à sa disposition lorsqu’il se réveillera.

Enfin voilà, on a compris.

Le bon vieux temps hein ?

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commentaires
  1. La Ronce de Lausanne dit :

    Connu ce guide (je sais pas non plus si c’est un fake ou non, ça parrait gros mais en même quant on voit quand elles on obtenu le droit de vote dans certain pays/canton) mais il me fait toujours autant rire.

    Palme spéciale pour :

    – « Ne lui posez pas de questions sur ce qu’il a fait et ne remettez jamais en cause son jugement ou son intégrité. Souvenez-vous qu’il est le maître du foyer et qu’en tant que tel, il exercera toujours sa volonté avec justice et honnêteté. » (c’est sûr que des hommes qui trompent leurs femmes et abusent de leur autorité, ça ne ce voit quasiment jamais)

    – « les centres d’intérêts des femmes sont souvent assez insignifiants comparés à ceux des hommes. » (rien a ajouter, tout est dit)

    – « SI VOTRE MARI SUGGERE UNE QUELCONQUE DES PRATIQUES MOINS COURANTES, montrez-vous obéissante et résignée, mais indiquez votre éventuel manque d’enthousiasme en gardant le silence. » (tu as déjà résumé tous ce qu’on pouvait en dire)

    – ainsi que la manière générale de présenter le monde extérieur comme une jungle hostile où seul un homme, fort et courrageux, peux espérer survivre. Femmes, resté dans vos foyers et n’en sorter qu’en cas d’extrème nécessité, genre les courses.

    Bref, un gros moment de rigolade, enfin, en faisant quand même attention si Mme est dans le coin.

  2. labo80 dit :

    Tu peux sabrer le champagne, tu viens d’éditer le 500e commentaire ! Tadaa !

  3. La Guenaude dit :

    Je suis persuadée que tu regrettes que cela ne se passe plus comme ça hein mon pauvre Labo ? T’es né à la mauvais époque malheureusement ! Dommage…

  4. labo80 dit :

    Le problème n’est pas qu’on ait perdu l’autorité sur les femmes – c’est tout ça en moins de responsabilités à risques – mais plutôt le manque de déférence que vous nous vouez. C’est toujours pareil avec vous, on fait un effort et paf ! On se fait bouffer le bras !
    Par exemple, on vous a initié gentiment aux joies du monde du travail alors qu’il n’y en a déjà pas pour tout le monde et vous, égoïstement, vous demandez des salaires égaux à ceux des hommes ! Quelle inconséquence !

  5. Mathilde Desonges dit :

    Hum hum… Certes.

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