Ce que vous ne saviez pas sur la seconde guerre mondiale

Publié: 7 octobre 2013 dans Histoire

Aujourd’hui, je vous propose d’aborder un sujet léger :

Pour dédramatiser le tristement célèbre « Sieg Heil », il suffirait juste de le faire prononcer par un Suisse-Allemand.

Alors, ça met pas tout de suite de bonne humeur ça ?

La seconde guerre mondiale est un sujet dont on estime avoir fait plus ou moins le tour. Dans la longue liste des leçons dûment apprises, on se rappellera qu’Hitler était méchant, les hommes petits sont dangereux, les Américains sont bourrins, les Russes encore plus, on ne sait plus comment nommer les crimes qui y ont été commis tellement il y en a eu (on en est même à deux « Marches de la Mort »), la mélodie de Lili Marleen reste facilement dans la tête et les Japonais se sont pris une telle volée qu’ils sont devenus gentils.

Deux bombes nucléaires plus tard, les Japonais passaient de « machine à commettre crimes contre l’humanité » à « peuple aimé dans le monde entier », qu’attend-on pour passer à la Russie, la Chine, la Corée du Nord, le Valais etc ?

Mais en 45, pour les survivants des combats du Pacifique, la réaction la plus répandue à la bombe atomique se résumait à « bien fait ! »

Et bien laissez-moi vous surprendre : il reste des choses que vous ne savez pas. Et je ne parle pas d’une vague anecdote sur les machines Enigma ou les munitions des canons PaK ; je pense à des points conséquents, pourtant restés inconnus de tous même après la guerre.

Si cette photo de gros flingue ne m'amène pas des tonnes de visites, je ne sais plus quoi faire.

Je ne disais pas ça pour manquer de respect aux canons PaK, qui sont des gens très bien.

Tenez, par exemple :

Bunker de Goebbels découvert pile poil à l’endroit où l’on préparait un mémorial à l’attention des victimes de l’holocauste

Berlin est comme Rome : il est difficile d’y planter une pioche au hasard sans tomber sur quelque relique de sa gloire passée et ok, j’arrête de comparer l’Empire Romain à l’Allemagne Nazie.

En 1998, nos amis les schleus ont tenu à rendre hommage aux millions de juifs victimes des nazis et ont érigé le spectaculaire monument que voici en leur mémoire :

Je vous informe qu’Hannibal Barca et Boadicée m’encouragent à poursuivre mes comparaisons entre l’Empire Romain et le Troisième Reich.

Si Dieu vient l’effleurer du doigt depuis les cieux, il lira « on s’excuse » en braille.

Or donc, en creusant pour poser les bases, les ouvriers ont mis à jour un bunker de taille importante destiné à Joseph Goebbels, resté jusqu’alors complètement ignoré. Pour ceux qui ne sont pas tout à fait au clair sur le sujet, Goebbels était le patron de la propagande nazie et le ministre de l’éducation sous Hitler, assurément l’un des tous grands salauds de la guerre.

Outre l’amusante coïncidence pas du tout gênante qui a voulu qu’on édifie un monument dédié aux Juifs précisément dans un lieu anciennement dévoué à l’un de leurs pires tourmenteurs, il est regrettable qu’on ne puisse pas remonter le temps au premier mai 45 pour raconter la boutade à Josef et son adorable épouse Magda : « dites, vous savez que votre bunker va passer entre les gouttes pendant des décennies ? Vous pourriez vous y cacher en attendant que sa se tasse avec vos fillettes, vous savez, si vous ne les aviez pas butées la nuit dernière. Oups hein ? »

Station Météo Nazie découverte au Canada

1943 n’est pas vraiment un millésime pour les forces de l’Axe. Les Russes ont fessé la Wehrmacht à Stalingrad, les Japonais encaissent dégelée sur dégelée dans le Pacifique et l’armée italienne ne ressemble plus à grand-chose (depuis 1700 ans environ). Pour les Allemands, l’espoir réside surtout dans les sous-marins, les fameux U-Boot. C’est là guerre de l’Atlantique, durant laquelle le Troisième Reich cherche à neutraliser les embarcations américaines ou anglaises pour paralyser les alliés.

Mais dans ce conflit, l’Amérique a un gros avantage : elle peut prévoir le temps qu’il va faire, et ses soldats sont ainsi plus bronzés. Surtout, elle conçoit ses plans en fonction de la météo, ce qui s’avère prépondérant. Pour l’Allemagne, la solution réside dans l’édification d’une station météo secrète en plein Canada afin de rééquilibrer les chances.

Ainsi firent-ils. Et il convient là de rendre hommage à la rigueur et au professionnalisme allemand : bien conscients de l’importance stratégique de cette station, ils n’ont rien laissé au hasard et l’ont camouflée au mieux de leur possibilité. Que dis-je, ils l’ont faite disparaître.

En écrivant « Propriety of the Weather Canada Service » dessus.

Oui, c’est tout. Si ça a marché vous dites ? Et bien là aussi, oui.

Pendant près de quarante ans. Beaucoup, beaucoup, beaucoup plus longtemps que le reich lui-même.

Mais sa découverte en 1977 est finalement plus étonnante encore que son invisibilité, dans le sens où on la doit aux recherches d’un ingénieur à la retraite qui rassemblait des informations en vue d’écrire un livre sur les stations météorologiques nazies. Ce n’est pas une blague.

Comment un gigantesque pays en guerre peut-il oublier de faire patrouiller ses soldats dans ses forêts infinies à la recherche de fausses stations météo ?

Même leurs stations météo sont méchantes.

Si l’ouvrage a inexplicablement peu marqué les mémoires, le détail sur la station Canadienne a mis la puce à l’oreille des autorités locales qui ont repéré puis investi les lieux, avant d’envoyer tout le fatras au musée de la guerre du Canada, dont l’existence pourrait aussi nous faire rire si l’on n’avait pas nous-même un musée olympique en Suisse.

Un swastika géant découvert dans une forêt allemande

C’est dans le charmant village de Zernikow, situé comme vous le savez au nord de Berlin, qu’a été découvert en 1992 le plus grand symbole de haine au monde, directement tatoué sur la fesse de Dame Nature, sur fond de toile forestière. Voyez plutôt :

Avec beaucoup de culot, on peut toujours prétendre que c’est juste une marque de respect envers l’Hindouisme.

Ce lieu est à la pensée humaine ce que Prypiat est au respect de la nature

C’est seulement deux mois par année que la forêt, grâce aux merveilles de l’automne, rend honneur au cauchemar fasciste pour le bonheur des petits et des grands, ce qui explique en partie pourquoi on a mis si longtemps à repérer la chose.

Il est évidemment impossible que cette croix gammée elfique soit due à une coïncidence. Les arbres ont été soigneusement sélectionnés et son édification, estimée à la fin des années 30, a dû nécessiter beaucoup de rigueur et de calculs. Rappelons aussi que les lignes aériennes n’étaient alors pas légion, ce qui, combiné au fait que l’automne ne dure généralement pas toute l’année, rend tout de même l’effort plus ou moins absurde, dans le sens où pratiquement personne ne pouvait ne serait-ce que prendre conscience de l’existence de ce truc.

Ce n’est pas mieux de loin.

La question qui se pose, c’est bien sûr « qu’est-ce que ça fout là ? » : Certains avancent que c’était une marque de respect de la part des villageois, d’autres croient à un projet des jeunesses hitlériennes. Dans tous les cas, les habitants sont déjà allés arracher quelques arbres afin d’atténuer autant que faire se peut la plus grande marque de mauvais goût de la nativité.

On a sauvé le soldat Ryan (et il vous hait)

Vous avez tous déjà vu cette photo :

Il y a des choses pires que la guerre. Ce truc par exemple.

Non pardon, je voulais dire celle-là :

Alors oui, il paraît qu'ils sont six sur l'image. Je ne l'ai peut-être pas en entier.

Iwo Jima, 23 février 1945.

Topo rapide : cette photo a été prise pendant la bataille d’Iwo-Jima en 1945, qui avait vu près de 7’000 Américains mourir pour à peu près 22’000 Japonais (dont seuls quelques 8’000 ont été retrouvés, à ma connaissance des recherches sont toujours en cours).

Pour rappeler le contexte, l’opinion publique américaine était horrifiée par la violence et l’intensité de la bataille du Pacifique, qui durait depuis plus de trois ans déjà. Abasourdis par le nombre de pertes et par la résistance japonaise – les kamikazes commençaient à faire parler d’eux – les dirigeants américains avaient besoin d’annoncer autre chose que « on a encore gagné une bataille et perdu plusieurs milliers d’hommes, et l’ennemi ne veut toujours pas se rendre ».

Vint donc cette photo, au cours d’une des batailles les plus meurtrières de la guerre. Devant le succès qu’elle rencontra, l’état-major de l’oncle Sam décida de traiter en héros les six hommes présents sur l’image et de les rappeler à la maison, pour distraire et ménager le moral de l’opinion publique. Comme on oublie souvent que cette photo fut prise pendant et non après la bataille, lorsque les huiles se penchèrent sur la situation, trois des six marines présents sur l’image avaient déjà cassé la pipe. Tout fut donc mis en œuvre pour retrouver les trois survivants au plus vite.

Ce qui fut fait. Vous vous en doutez, il n’a pas été trop dur de les convaincre de quitter les jungles humides, les Japonais tarés, le paludisme et les kamikazes pour retrouver leurs familles et leurs maisons ; sauf pour l’un d’entre eux : Ira Hayes, Américain d’origine Native, n’avait aucunement l’intention de laisser ses camarades dans la gadoue et de rentrer aux States se taper des barbecues au soleil simplement parce qu’il avait soulevé un drapeau au bon endroit et au bon moment.

D’autant qu’être à Iwo Jima en février 1945 ne répond certainement pas à la définition de « bon endroit au bon moment ».

Le bonhomme s’est donc caché, employant ses talents pour rester discret. Et comme vous vous imaginez un Natif avec une plume et des peintures de guerre se fondre dans le décor pour échapper à ses poursuivants, je me permets de préciser que pas du tout, il s’est contenté de menacer Rene Gagnon, un pote à lui également présent sur la photo, de lui casser la gueule s’il le balançait.

Ce qui n’a marché qu’un temps finalement assez court. Quoi qu’un descendant des Indiens d’Amérique suffisamment brave pour affronter la mort avec ses camarades Marines soit sans aucun doute en mesure de mettre sa menace à exécution, la totalité de l’état-major de l’armée Américaine est aussi capable d’imposer une certaine pression ; le pauvre bonhomme a dû cracher le morceau, et Ira Hayes fut ramené au pays avec les honneurs et les menottes (pas forcément littéralement, mais on se comprend).

Mission accomplie donc. De retour au bled dans la peau d’un héros, Ira Hayes suivit à distance l’avancée de ses camarades, s’en voulut de les avoir abandonnés et tomba en dépression, puis dans l’alcoolisme, avant de décéder à 32 ans.

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