Dura lex sed lex

Publié: 15 octobre 2013 dans Sciences sociales

On sait que le bon vieil adage « tous les hommes naissent libres et égaux en droit », initialement cité très sérieusement, a été réévalué au rang de bonne blague par plusieurs décennies de froide réalité. Aussi, pour nous redonner confiance, place à quelques exemples de cas où la justice, aveugle comme elle devrait toujours l’être, a été rendue avec un zèle admirable (aux Etats-Unis).

Écolière anarchiste dûment châtiée pour déprédations

Soumise au harassant ennui d’un cours de math, Alexia, écolière américaine de 12 ans, a craqué et directement glissé tout en bas de la savonneuse pente (talus ?) du crime : la petite a écrit sur son pupitre « I love my friends Abby and Faith » et « Lex was here 2/1/10 », le tout bien sûr accompagné d’un de ces très subversifs « smileys » au marker (effaçable).

« Lex », ça veut dire loi en latin. Elle ne croyait pas si bien dire

Vous vous rendez compte ? 12 ans et déjà des messages d’amour au feutre effaçable. Jeunesse, ah, jeunesse !

Rassurez-vous : la demoiselle a été dûment interpellée et, menottes aux poings, flanquée en cellule pendant plusieurs heures, indépendamment de ses suppliques affolées et de ses larmes. Verdict : huit heures de travaux d’intérêts généraux, au cours desquelles elle aura sans doute pris la pleine mesure du monde de l’art visuel moderne dans lequel elle faisait de si timides premiers pas.

« Et que ça brille hein ! »

« On passe te chercher dans la soirée, n’oublie pas de ne pas répondre aux dealers de crack ni monter dans une voiture que tu ne connais pas, et si un proxénète t’adresse la parole tu dis que tu ne parles pas la langue. »

Préado condamné pour avoir voulu ouvrir avant l’heure son cadeau de Noël

(Avec une belle leçon de pédagogie dedans)

Brandi a un problème : son fils de 12 ans s’est introduit à plusieurs reprise chez sa grand-maman pour tenter de dérober son futur cadeau de Noël prématurément.

Je suis sûr qu'Hitler faisait la même chose.

« Je l’ai giflé, je lui ai dit « plus jamais, tu entends ? » et puis je l’ai encore giflé. »

Au lieu de l’enfermer une nuit durant dans l’obscurité de la petite remise à bois derrière la grange avec du Slayer à coin, la maman a eu recours à une méthode moins humaine : les flics.

Parce que voyez-vous, elle ne savait pas comment s’y prendre pour faire comprendre à son rejeton que voler son cadeau était mal. Donc voilà, pimpon. Arrêté pour larcin, le petiot a dû comparaître devant le juge et cette anecdote, les amis, est sans doute la chose la plus éloignée au monde du concept d’« autorité parentale ».

J’ai la curieuse impression que vous trouvez ces punitions disproportionnées ; la servile tolérance de notre société envers les criminels la mènera à sa perte. Afin de briser vos derniers doutes, place à un exemple de délinquant plus âgé et déjà multirécidiviste :

Écolière amendée pour envoyer des SMS en classe

Et là nous parlons d’une ado de 14 ans, que son professeur d’algèbre avait déjà prévenu plusieurs fois de cesser d’envoyer des SMS en classe. Selon les divers témoins, l’argument de la jeune fille « c’est pas moi, j’ai pas de téléphone » en s’asseyant sur l’appareil pour le cacher n’a guère fait illusion lorsque l’enseignant a décidé de sévir.

Et l’a dénoncée au juge qui lui a collé 298 $ d’amende.

Je n’ai jamais été un féru des mathématiques, mais même pour moi 300 balles pour se divertir pendant les cours, c’est trop. Et puis eh, de mon temps, y’avait pas tous ces « natels » là, pour tuer le temps on n’avait qu’un seul moyen : jouer aux morpions.

Du coup on était attentif.

Zut, j’ai encore perdu. Mon temps.

Le jeu des morpions est une sorte de baromètre indiquant que vous vous emmerdez à un point tel que si vous n’y jouez pas, vous vous ennuyez encore plus que si vous y jouez.

Écolière arrêtée au Texas pour s’être parfumée

La jeune Sarah, 12 ans (l’âge de tous les dangers on dirait), a commis une erreur de taille : elle a écouté les critiques qui lui étaient adressées par ses camarades. Il faut se mettre dans le contexte, à savoir que la demoiselle est en surpoids, ce qui peut se traduire par « a tous les défauts du monde aux yeux de ses camarades ». Notamment celui de « sentir bizarre ».

Si le monde des enfants vous est familier (et que vous êtes donc conscients du fait que l’enfance est une sorte de long chemin de croix pour qui ne rentre pas totalement dans le moule) (mais ça change, après) (après que vous soyez rentré dans le moule, je veux dire), vous n’êtes pas sans savoir qu’un défaut est, aux yeux des gosses, plus inaltérable encore que la course de la Terre autour du Soleil. Dans le cas présent, reprocher à cette enfant de « sentir bizarre » était une façon vaguement déguisée de lui signaler qu’elle était la tête de turc et que rien n’y changerait quoi que ce soit.

Tentant malgré tout d’y remédier, la jeune fille s’est dégotée un parfum et, deux petits « pschit » plus tard, les gosses décrétèrent que ledit parfum était « la pire odeur qui soit » et ont repris de plus belle leur danse du scalp. C’en était trop pour l’enseignant qui, dégoûté, a appelé les flics.

Pour dénoncer Sarah.

Rapidement sur les lieux – essentiellement parce qu’ils patrouillaient dans les couloirs de l’école, avec flingues, matraques et tout – les flics ont embarqué la môme aussi sec et l’ont faite comparaître devant le juge pour « criminal misdemeanour », ce qui veut dire « délit criminel » et certainement pas « porter du parfum ». J’ignore la sanction par contre.

Ça fera l’affaire allez, celui de droite a même été enfant une fois.

Ils feront moins les malins dans les couloirs de l’école.

Mère de famille arrêtée pour avoir forcé ses enfants à jouer dehors

Tammy Cooper, modeste mère vivant au Texas, véhicule encore des idées désuètes comme quoi les enfants doivent aussi avoir une vie de l’autre côté de l’écran de la télé et les a par conséquent foutus dehors de la cambuse pour qu’ils réalisent que le soleil existe aussi dans la vraie vie. Comme en plus elle ne leur faisait pas confiance, elle les surveillait en douce depuis sa chaise de jardin, des fois que ces gros malins trouveraient subtil de se planquer lâchement à l’ombre pour passer le temps sur le smartphone.

Encore une qui n’a pas compris que les enfants sont INNOCENTS.

Entre nous, ça ne peut pas leur faire de mal, ils sont un peu pâlots.

Fort heureusement, moins d’une heure après, Tammy était arrêtée après que ses voisins l’aient dénoncée aux flics pour avoir laissé longuement ses enfants sans surveillance hors de la maison.

Comme nous sommes toujours trop laxistes avec les criminels, Tammy n’a passé que 18 heures derrière les barreaux (en laissant ses enfants sans surveillance, du coup) avant d’en sortir ulcérée et de porter plainte contre la police et ses voisins.

Gonflée hein ?

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commentaires
  1. Dédé dit :

    Toutes ces petites histoires font froid dans le dos. Tammy a porté plainte contre la police? cela risque de la conduire dans le couloir de la mort…

  2. labo80 dit :

    Bah, elle y rencontrera des écoliers.

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