Lorsque la nature trie nos déchêts

Publié: 28 novembre 2013 dans Zoologie

Au vu de la capacité innée de l’être humain à détruire des espèces entières sans même en avoir conscience, il est permis de se demander combien de temps tiendrait une forme de vie que l’on chercherait délibérément à anéantir. Entre notre propension à piquer l’espace vital aux animaux, à les chasser pour un oui ou pour un non ou à polluer leurs sources de nourriture, vous imaginez si on se mettait vraiment en rogne ?

Sauf peut-être un petit groupe de survivants dans un supermarché.

On parle tout le temps d’apocalypse zombies, mais avec des tarés comme nous il n’y aurait plus un seul mort-vivant sur Terre en une grosse matinée.

 

Pourtant, il y a un truc qu’il faut laisser les animaux, c’est qu’ils s’adaptent nettement mieux que nous à leur environnement, si merdique soit-il. Les crocodiles sont capables de jeûner jusqu’à deux ans, on a vu des chiens ou des chats parcourir des distances démentes pour retrouver leurs familles, les chameaux vous traversent tout un désert et en ressortent sans une bosse, certains animaux font preuve de beaucoup d’inventivité pour échapper au froid ou à la chaleur et les tortues peuvent vivre sur le dos jusqu’à la mort.

Et nous dans tout ça ? Et bien c’est déjà une petite victoire si l’on parvient à s’adapter à une nouvelle télécommande ; à chaque hiver, les citadins découvrent la neige pour la toute première fois. On aura complètement recouvert les océans de plastique avant de s’habituer à trier nos déchets. En fait, il est peut-être plus simple que l’univers entier s’adapte à nous plutôt que le contraire.

Et c’est bien ce qu’il fait ; on serait surpris de voir avec quelle ingéniosité la nature en vient à tirer avantage de l’activité humaine. Et je ne parle pas des pigeons et des chats qui sont en pension complète, je parle d’animaux ordinairement plus sauvages :

Les oiseaux récupèrent vos mégots

Vous fumez ? Et, conscient du fait qu’un mégot est une merde écologique, vous trimballez une de ces petites boîtes pour les récupérer ? Salaud !

Et les petits oiseaux hein ? Vous y pensez aux petits oiseaux ?

Sans filtre.

Ils ont un chant merveilleux, surtout quand on sait qu’ils sont élevés à la Gauloise papier de maïs.

En effet, il a été remarqué dans plusieurs grandes villes que quelques espèces de piafs recherchaient délibérément des mégots de cigarettes à rajouter à leurs nids, pour avoir l’air cool en chasser les parasites.

La haute teneur en nicotine présente dans les filtres de cigarettes fumées serait d’une grande aide pour éloigner les nuisibles. Pour en avoir le cœur net, des scientifiques ont mené des tests en disposant des cigarettes neuves ou fumées sur des papiers adhésifs dans une zone artificiellement chauffée pour attirer les parasites.

Au bout de vingt minutes, il a été constaté qu’il y avait deux fois moins de parasites autours des mégots de clopes fumées que neuves (mais la prolifération de clochards piégés autours des cigarettes intactes a peut-être joué un rôle). La conclusion fut que la nicotine repousse les bébêtes.

Attendez quand même avant de jeter délibérément vos mégots sur des nids, car il est à craindre que la nicotine, hautement toxique, ne se révélât mortelle pour les oisillons à trop haute dose.

La radioactivité au service des éléphants (morts)

On sait que le nucléaire n’est pas un cadeau pour Dame Nature ; dès qu’il y a un couac, les chiffres dépassent notre entendement en partant dans tous les extrêmes, que ce soit la période de traitement naturel du désastre (pouvant monter à plusieurs millions d’années) ou la période de couverture médiatique (quelques jours).

Relativement récente, la technologie atomique est encore mal maîtrisée mais plutôt répandue : entre les milliers d’essais conduits partout dans le monde, les accidents de Tchernobyl et Fukushima ainsi bien sûr que Hiroshima et Nagasaki, le nucléaire a plus ou moins durablement marqué tout ce qui existe ou aurait pu exister sur Terre. Y-compris les éléphants et les rhinocéros.

Cette dernière précision paraît dérisoire, mais sachez que dans la lutte contre le braconnage, on fait un bisou à Robert Oppenheimer, car grâce au carbone 14 et à divers trucs que je n’ai pas très bien compris, il est possible, à partir d’un bout d’ivoire, de connaître l’identité de l’aimable pachyderme qui en était le propriétaire, où il a vécu et quand il a cassé sa pipe. Très utile quand on sait que le braconnage fait quelques dizaines de milliers de morts chaque année chez les éléphants et que cette méthode a permis d’arrêter déjà plusieurs chasseurs.

« Nous allons larguer une bombe atomique sur des villes japonaises pour mettre fin à la guerre et piner les braconniers du futur ! »

« Je suis devenu la Mort, le Destructeur des Mondes. Ma seule consolation est de l’avoir mis bien profond aux braconniers. »

Donc dans notre monde où le nucléaire est supposé donner des superpouvoirs, on peut considérer qu’on lui doit une sorte de héros qui sauve des éléphants morts.

Néanmoins, pas la peine de planquer de votre ouvre-lettre en ivoire dans le sens où les traces sont généralement si minces qu’on estime que d’ici une quinzaine d’années, cette méthode appartiendra au passé.

Les élans profitent de nos routes (sans payer la vignette)

D’habitude, lorsque l’homme emménage quelque part, il ne fait pas bon faire partie de la vie sauvage du coin. Que ce soit par légitime défense, par besoin, par peur ou par inadvertance, il va vous buter, c’est comme ça, faites-vous à cette idée.

Pourtant, il existe une catégorie d’animaux qui aime beaucoup ce que vous faites : l’élan. Rien que dans l’Idaho, les élans seraient passés de mille à vingt-cinq mille têtes en moins d’un siècle. Comment ? Et bien d’une part parce qu’en déboisant on leur fait de la place, et que nos forêts « entretenues » comptent beaucoup plus d’arbustes, très importants dans leur alimentation, qu’une forêt sauvage. Mais surtout, il y a la route. Car si l’on se sert de nos routes pour se déplacer rapidement en y prenant de l’élan, rien de choquant à ce que l’élan prenne lui-aussi la route.

Prenez note, je fais aussi les anniversaires, les mariages et les soirées camping.

« …et j’aimerais aussi remercier tous mes amis sans qui ce prix du jeu de mots le plus navrant de la quinzaine n’aurait pas été possible, et… »

En fait ce sont les femelles enceintes qui, de plus en plus, viennent mettre bas auprès de certaines routes américaines, car il se trouve que son prédateur naturel, le grizzli, aime autant le bébé élan qu’il déteste la route. Donc à l’heure actuelle, les élans semblent avoir trouvé la combine imparable. Un moyen orignal, qui plus est.

Mais ça ne durera pas. Déjà maintenant, le grizzli a compris que s’il veut continuer à croquer du bébé élan, il lui faudra vaincre sa peur, tel une sorte de Batman fluffy doté d’un goût prononcé pour le miel et la chair crue.

« Donc j’essayais de faire sortir le bébé élan de ma voiture tout en échappant à la mère hystérique, et puis là un ours est arrivé et… »

Depuis la mort de ses parents, c’est son loyal Alfred qui lui prépare ses crêpes.

Donc d’ici peu il faudra faire très gaffe sur certaines routes aux USA.

La fonte des glaces nourrit les océans

On entend souvent qu’il n’y aura plus le moindre poisson dans l’eau d’ici 2050, et bien c’est des conneries ! Yeah, fêtons ça, sushis baleine-dauphin-thon rouge pour tout le monde !

Vous connaissez le topo : la température grimpe, l’eau chauffe, les icebergs fondent, le niveau des mers monte et c’est la merde. D’ici quelques temps, beaucoup de villes côtières vont se retrouver avec un sérieux problème et on ne l’aura pas volé.

D’un autre côté, cette fonte des glaces permet à des icebergs de libérer tout un bordel gelé en eux depuis des éons, notamment des tonnes de minéraux et de fers qui, non contents d’absorber énormément de dioxydes de carbone, forment tout simplement la base de toute vie océanique en étant la principale source de nourriture du plancton. C’est ce qu’a révélé une étude menée en 2007 dans la mer Weddell, dont le niveau en minéraux, fers & co aurait augmenté – je ne sais pas en combien de temps – de 40%.

Copain !

Donc la solution au dépeuplement des océans est tout simplement gelée dans les océans eux-mêmes, attendant un petit coup de chaud pour aller mettre de l’ordre dans tout ça. Ne crions pas victoire trop vite néanmoins : premièrement, les mers sont toujours aussi dégueulasses et il n’existe pas un seul poisson au monde qui ne soit pas malade. Avant de décongeler la becquetance, il serait déjà bon ton d’arrêter de balancer nos merdes à la flotte. Ensuite, ces minéraux sont bien sympas, mais ils n’absorberont pas assez de dioxydes de carbone pour régler à eux seuls nos problèmes de pollution. Mais surtout, surtout, lorsque la nouvelle se répandra, nous allons probablement assister à un haro sur toutes les espèces existant encore quelque part dans la flotte, en se disant que de toute façon, la relève arrive.

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