Quelques moyens originaux d’anéantir l’espèce humaine (et la planète)

Publié: 23 janvier 2014 dans Physique
Tags:, ,

En décembre 2012 est arrivé à terme un feuilleton qui nous avait tenu en haleine pendant de longues années : la fin d’un cycle du calendrier Maya. À cette occasion, nous avions appris que l’on ne devrait pas prendre trop au sérieux les prédictions de fin du monde relayées par certains médias. Surtout quand ces derniers utilisent une représentation Aztèque de l’ascension d’Itzcoatl pour représenter ledit calendrier Maya :

À l’image : pas un calendrier Maya.

(Et c’est vrai : faites le test avec Google Image. D’abord vous recherchez le calendrier Maya, puis la Pierre Solaire d’Itzcoatl.)

Depuis lors, on évite le sujet. Parce qu’il nous a déçu.

Et pourtant croyez-moi, ce ne sont pas les moyens qui manquent à l’univers de vaporiser l’humanité avant la pause-café ; en fait, en parcourant quelques articles sur le sujet, on se dit qu’il y en a tellement que si on termine notre lecture avant une catastrophe, ça sera déjà du bol. Et puis, en y regardant de plus près, on constate que les chances d’une guigne spatiale sont quasiment inexistantes.

Ce qui ne va pas nous empêcher d’en relayer quelques-unes des plus kickass, parce qu’il faut bien admettre que si l’univers décide de tirer la prise, les moyens dont il dispose ne manquent pas de panache.

Et puis c’est toujours bon à savoir après tout, si un jour vous arrivez à un moment de votre vie où vous ne savez plus trop de quoi vous inquiéter.

Un trou noir stellaire

Il y aurait énormément de choses à dire sur les trous noirs, et la première serait qu’on ne sait presque rien sur eux. Disons juste que lorsque l’univers fait n’importe-quoi et entasse trop de matière dans un seul endroit, cela finit par dégommer à la fois la matière et l’endroit à grands coups de gravité. C’est un peu la gueule de bois de l’espace.

En général, un trou noir résulte de l’effondrement d’une étoile sur elle-même, débouchant sur un objet de taille modeste, mais dont le poids et l’attraction sont si énormes qu’il attire, comprime et maintient tout ce qui transite dans la zone. Donc si vous passez dans le coin, vous allez vous y retrouver collé comme une moule, tout comprimé, tout moche, agglutiné à toute la matière cosmique que le monstre avait déjà croquée avant vous pendant quelques milliards d’années. Vous pourrez vous consoler en vous disant que vous êtes mort.

Ce qu’il faut savoir, c’est qu’il y en a une pléthore et qu’ils se baladent dans l’univers comme s’ils y étaient chez eux, invisibles (on ne les appelle pas des trous noirs pour rien), tels des ninjas de l’espace, absorbant indifféremment étoiles et planètes. Donc le fait est qu’on pourrait très bien en avoir un dans le périmètre, dont on ne prendra conscience que lorsqu’il commencera à grignoter le soleil.

Mort par « spaghettification » ? Désolé mais non, ça ne sonne pas bien. On mérite mieux.

Un trou noir

Théoriquement, ce dernier virerait au noir, ensuite de quoi nous serions victimes d’un phénomène que les scientifiques appellent la « spaghettification » (ils auraient pu trouver un meilleur nom, franchement)  : entièrement absorbés, nous fuserions vers la sale bête en voyant la matière qui forme notre planète (et nous avec) s’allonger infiniment pendant la fraction de seconde qui précéderait notre mort.

Une collision planétaire

Et ça, c’est déjà arrivé, tremblez !

Il y a quatre milliards et demi d’années et quelques semaines, alors que la Terre était tranquillement en train de refroidir, une planète d’une taille estimée à celle de Mars l’a percutée de plein fouet, la garce. Inutile de dire que ça n’a pas accéléré le processus de refroidissement. Résultat, des débris incandescents des deux planètes (mais surtout de la nôtre, toujours les mêmes qui trinquent) ont été envoyés dans toutes les directions et, l’attraction faisant son boulot, un gros amas s’est agglutiné pas très loin d’ici. Aujourd’hui on l’appelle la lune.

Et ça nous a rendu service : à l’époque, la Terre tournait si vite sur elle-même qu’une période de rotation n’excédait pas deux heures et demie et la force centrifuge exercée aurait pu la pousser à s’effondrer sur elle-même ; du coup, cette collision a ramené un peu de calme dans tout ce foutoir.

Toutefois, comme il ne faut pas perturber l’équilibre délicat de la nature, une seconde collision avec une planète foutrait en l’air tout ce que la première à arrangé et renverrait la Terre quelques milliards d’années dans le passé, et nous au banquet d’Odin. Tout d’abord, on aurait droit à un paysage de science-fiction magnifique tandis que l’objet se rapprocherait, ensuite de quoi des tremblements de terre démesurés surviendraient ; des gigantesques marées s’élèveraient, pour ne jamais retomber. Puis notre atmosphère en train de brûler mettrait un terme à nos protestations avant la collision finale.

Un Rayon Gamma

Donc parfois, il arrive qu’une étoile se fasse croquer par un trou noir. Concrètement, c’est un tout petit espace qui en dévore un gigantesque, rempli à raz-bord d’une énergie incommensurable, donc autant dire que ça ne rentre pas tout seul (enfin si, mais ça ne veut pas).

De fait, au terme du processus, une part conséquente de l’énergie accumulée pendant l’opération est soudainement libérée, s’échappant par les deux pôles de feu l’étoile sous la forme d’un gigantesque rayon de haine et de violence fusant dans l’espace à une vitesse proche de celle de la lumière.

L’opération ne dure normalement qu’un bref instant, au cours duquel le rayon émet une luminosité si intense que la dernière que l’on a pu observer, en 2008, à quelques 7.5 milliards d’années lumière de notre bonne vieille Terre, était visible à l’œil nu.

On est même capable de les observer dans d’autres galaxies lorsqu’elles sont vraiment hystériques, car elles peuvent alors émettre une lumière dépassant de loin la luminosité cumulée de toutes les étoiles composant leur galaxie. Or, si l’événement ne dure que de quelques secondes à quelques minutes, on a repéré dernièrement un rayon gamma en provenance des confins de l’univers qui aurait duré plus de sept heures, au cours desquelles la plus puissante énergie que l’on puisse imaginer après le Big Bang parcourait l’univers presque à la vitesse de la lumière, prête à en découdre avec tout ce qui croiserait sa route.

Et il a un couteau !

Et il a un couteau !

Et bien sûr, en théorie, un rayon gamma pourrait toucher la Terre, quoi que niveau probabilités, ça relèverait presque de l’acharnement. Du côté directement frappé de la planète, nos manifestations de colère et d’indignation seraient vite couvertes par le son de notre sang en train de bouillir ; de l’autre côté par contre, on n’aurait pas cette chance et l’existence durerait encore un bref moment avant que les pluies acides, le smog cosmique, les radiations et la chaleur dus à l’anéantissement de notre couche d’ozone n’y mettent un terme.

Une explosion de magnétar, bam !

Lorsqu’une étoile claque, elle devient ce qu’on appelle une supernova, voire une hypernova si elle était particulièrement massive. Et peut-être un jour découvrirons-nous l’existence d’overmeganovas, qui sait.

Ce faisant, elle dégage une quantité d’énergie proprement abasourdissante, d’une intensité et d’une ampleur défiant notre compréhension et d’une puissance telle qu’elle requière un usage largement abusif de caractères italiques.

En général, l’étoile morte, une fois calmée, devient un trou noir mais il arrive qu’elle prenne plutôt sa retraite sous forme d’étoile à neutrons. Une étoile à neutrons, c’est la masse et l’attraction d’une étoile géante dans un objet bien tassé de la taille de Manhattan. Une cuillère à café de cette matière pèserait plusieurs milliards de tonnes. Vous faites ce que vous voulez de cette information.

Mais ça va plus loin : parfois, l’étoile à neutrons devient un magnétar sous l’effet de sa propre rotation et de l’âge du capitaine, devenant dans la foulée encore plus massive et se dotant d’un pouvoir gravitationnel bien plus conséquent. Un magnétar, c’est donc une étoile à neutrons, mais lourde.

Je ne sais pas ce que les flèches bleues représentent, mais c'est sûrement super violent.

Je ne sais pas ce que les flèches bleues représentent, mais c’est sûrement super violent.

Et après, des fois, ne me demandez pas pourquoi parce que je suis complètement largué, le magnétar explose. Encore. Seulement, un de ces machins qui vous pète au blair, alors là les gars, c’est pas une petite supernova de chochotte. Une déflagration semblable a été détectée il y a une quinzaine d’années, à quelque trente mille années lumières de nos patelins, et le choc fut suffisant pour que le haut de notre stratosphère en soit affecté. Il est estimé que si la chose avait eu lieu deux fois plus près, notre couche d’ozone aurait brûlé, condamnant une bonne partie de la vie terrestre. Et si l’on s’était trouvé trois fois plus près, notre atmosphère aurait été ventilée, d’un coup, comme on souffle une fine couche de poussière de la surface d’une balle de ping-pong.

On n’aurait rien compris.

Une galaxie sur le coin de la figure

Dans la liste des trucs très lourds qu’on pourrait se manger sans qu’on puisse agir contre, il y a les galaxies. Honnêtement, vous ne trouverez pas grand-chose de plus grand, quoi que : on y viendra.

Lorsque deux galaxies se rencontrent, cela occasionne quelques changements. Les forces gravitationnelles sont chamboulées, les trajectoires partent à vau-l’eau, les systèmes solaires sont éjectés au loin ou se crashent les uns contre les autres et les deux trous noirs supermassifs fusionnent. Il est difficile d’imaginer un merdier plus total à une échelle plus large, même si sur une planète, on ne s’en apercevrait probablement même pas. À moins qu’on se prenne une autre planète ou une étoile dans le groin, bien sûr.

Si ça vous intéresse, sachez qu’on est les prochains sur la liste puisque Monsieur Voie Lactée a rencard avec Mme Andromède. Pas la peine d’empaqueter vos affaires, la chose est prévue d’ici 2 à 4 milliards d’années, ce qui nous laisse de la marge. À chacun sa croix, laissons les gus de l’an deux milliards se démerder avec leurs problèmes.

Et si vous voulez vous faire une idée de ce à quoi ça ressemblera, sachez qu’à la NASA on a déjà tout anticipé et je vous mets la vidéo de ce que ça donnera (en un peu accéléré) en lien. Vous pouvez y aller, ça finit bien : les galaxies se marient à la fin. Attention au volume par contre, les types qui l’ont mise en ligne ont cru bon d’ajouter une musique épique, je crois qu’ils essaient de nous faire peur.

En théorie, ça pourrait arriver plus tôt si l’on accepte l’hypothèse comme quoi des galaxies invisibles appelées « galaxies noires », formées de trous noirs et d’énergie noire, se baladeraient au hasard dans l’espace (noir), peut-être en se disant en ce moment-même qu’elles se mettraient bien une petite voie lactée derrière la cravate. Qui sait ?

Percussion avec un univers parallèle

Et là, je n’ignore pas que le principe des univers parallèles est compliqué à saisir, alors je m’en vais vous l’expliquer : vous prenez l’univers. Vous en prenez un autre. Vous les mettez en parallèle. Voilà.

Je sais qu’on est purement dans la théorie la plus invraisemblable là, mais après tout ça fait une plombe que je vous parle d’astrophysique alors que je n’y connais strictement rien, on n’est plus à ça près ; vous savez sans doutes qu’il existe une théorie avançant que notre univers serait tout plat et que d’autres pourraient se tenir juste à côté, à la façon de feuilles de papier qui ne se toucheraient jamais.

Comme ça, mais en plus grand, et sans que les feuilles se touchent, et sans les anneaux au bout, et avec des trous noirs et des étoiles, et pas quadrillé, et avec nous en petit dedans, et où on pourrait se déplacer en profondeur, et pas en papier, et pas comme ça du tout en fait.

Comme ça, mais en plus grand, et sans que les feuilles se touchent, et sans les anneaux au bout, et avec des trous noirs et des étoiles, et pas quadrillé, et avec nous en petit dedans, et où on pourrait se déplacer en profondeur, et pas en papier, et pas comme ça du tout en fait.

Quoi qu’il en soit, si l’on prend cette théorie en considération et qu’on imagine deux univers côte à côte, il est permis de se demander la quantité d’énergie qui serait impliquée si tous deux devaient s’effleurer. Ça serait probablement quelque chose d’assez balèze.

Et puisqu’on est dans la théorie, il a déjà été avancé que le Big Bang pourrait être né d’un contact entre deux univers, dont le choc aurait remis les compteurs à zéro.

Mais oui, pourquoi pas ?

Publicités
commentaires
  1. reliklaires dit :

    Et le soleil qui explose après avoir brûlé tout ce qu’il a dans le ventre hein ? Tu l’oublies celui-là ! Bon, c’est pas tout de suite non plus faut dire…

    En tout cas je me suis bien marré, comme d’hab 🙂

  2. labo80 dit :

    On aura fusionné avec Andromède bien avant que le soleil nous bouffe, alors gardons le sens des priorités stp !

    Et puis c’est de la musique d’avenir, certains avancent qu’on aura acquis d’ici-là la technologie nécessaire pour coloniser une autre planète. C’est dans des milliards d’années, mais bon, on ne peut qu’apprécier l’optimisme !

    • Lacey dit :

      « I get to hear stuff you don’t and when I do, I tell folks to knock it off. »I fail to see what this has to do with someone choosing to call themselves « Inalian-Americat », « African-American » etc…

  3. Olivier Barbeau dit :

    Excellent! Pour quelqu’un qui dit ne pas s’y connaitre en astrophysique, c’est pas mal du tout. Bon, je suis plutôt du genre béotien éclairé (oui, ça frise l’oxymore, là), mais force est de constater que même les explications sur les trous noirs tiennent la route. Hawking serait surement fier de voir en vous un disciple attentif…. 🙂

    Mais il n’y aurait pas une manière plus rapide d’anéantir l’espèce humaine? Trouver une bactérie, un champignon ou un virus autant agressif qu’hautement androphobe, tranquillement endormi sous des kilomètres de glace polaire et antarctique, et qu’une expédition russe pousserait à se lever du pied gauche à coup de chalumeau. Mais bon, je m’éloigne du sujet et des merveilles du cosmos…

    Continuez à écrire aussi bien, ç’est un véritable plaisir de vous lire à chaque fois…

  4. labo80 dit :

    Merci beaucoup ! Tout ceci est surtout le fruit de ma « culture youtube », mais je pense que ça tient à peu près la route. Et le nombre d’astrophysiciens qui suivent mon blog est en baisse de toute façon, s’il y a des erreurs elles passeront sans doute à l’as.

    Quant aux moyens terrestres de nous mettre des bâtons dans les roues, il y a effectivement bien de quoi faire un ou deux articles. Affaire à suivre…

    Merci encore pour vos compliments !

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s