Les animaux (zélés) dans le cinéma

Publié: 25 mars 2014 dans Zoologie
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Entre l’homme et l’animal, c’est une longue et belle histoire d’amour.

Franchement ? Des barbares.

À l’image : beaucoup d’amour.

Depuis des millénaires, nous travaillons main dans la patte ; en échange de nos soins et de notre protection, nos amies les bêtes tractent nos charrues, gardent nos maisons, garnissent nos assiettes, sautent à travers nos cerceaux, courent dans nos roues ou nos hippodromes, compensent nos carences en virilité, tiennent les rongeurs éloignés, nous font rire sur Internet ou encore vont chercher de l’aide lorsque Tim se vautre dans le puits.

- "Merci !" - "Ta gueule !"

– « Merci, aimables rongeurs ! »
– « Ta gueule ! »

Et ça dure depuis très, très longtemps. L’homme aurait domestiqué le loup durant le paléolithique, puis le chat, le cheval et le bovin pendant le néolithique.

Et dès les premiers outils en bronze, il inventa le bœuf.

Et dès les premiers outils en bronze, il inventa le bœuf.

Avec le temps, on a pris conscience qu’on pouvait leur demander plus ou moins n’importe quoi et on ne s’est pas gêné ; nous sommes déjà très forts pour nous exploiter entre nous, alors les animaux, c’était sûr qu’on n’allait pas les louper. Et là où ça devient galère, c’est dans le monde du spectacle.  

  

Parce que pour lui faire tracter un char ou déchiqueter un type vous pouvez toujours lui expliquer, au bestiau, mais quand il s’agit de faire semblant c’est plus complexe et mène parfois à des situations rocambolesques ; on voudra bien les voir comme une douce revanche sur ce qu’on leur fait subir, mais enfin, qu’est-ce qu’ils y peuvent, Eli Wallach ou Arnold Schwarzenegger, si Peter Jackson a laissé des chèvres mourir de faim pendant le tournage du Hobbit, par exemple ?

  

Rien, certes ; mais on va se gausser malgré tout.

 

Eli Wallach se paie un Galop de la Mort

 

En 1966, Sergio Leone tourne le Bon, la Brute et le Truand, et vous n’existez pas complètement tant que vous n’avez pas vu ce film. Le tournage fut des plus chaotique, mais pour les besoins de ce billet nous allons juste préciser deux choses : d’une part, Eli Wallach, qui interprétait le truand, n’aimait pas les chevaux. Du tout. D’autre part, Sergio Leone semblait se foutre de la sécurité de son équipe comme de l’an 40.

 

Notez d’ailleurs que l’inusable Eli Wallach, né en 1915, tourne toujours des films aujourd’hui. Je tâcherai de m’en inspirer lorsque l’âge de la retraite passera à cent ans.

Notez d’ailleurs que l’inusable Eli Wallach, né en 1915, tourne toujours des films aujourd’hui. Je tâcherai de m’en inspirer lorsque l’âge de la retraite passera à cent ans.

Tout ceci nous mène à une scène où le pauvre Eli est juché sur un cheval aussi nerveux que lui, ses mains sont attachées dans son dos et une corde est passée autour de son cou. Tout pour mettre à l’aise.

 

Lorsque Clint Eastwood fait feu pour couper la corde, la bête prend peur en même temps que ses sabots à son encolure et pique le galop de sa vie, entraînant dans une course effrénée un Eli Wallach hurlant de terreur, privé de l’usage de ses mains, s’agrippant à la vie et à sa monture de toute la force de ses genoux.

 

La brave bête galopa sur plus d’un kilomètre.

 

Arnold Schwarzenegger et les Rottweilers

 

Le film Conan le barbare (la vieille version) ne fait pas l’unanimité et la plupart de mes connaissances qui le découvrent ne crochent pas. Peut-être le film a-t-il mal vieilli et que ses spectateurs y voient une sorte d’œuvre à mi-chemin entre la solide production hollywoodienne et le film-à-l’arrache d’une bande de potes où l’on voit un type musclé courir sur la musique du Donjon de Naheulbeuk, mais laissez-moi vous dire que ses détracteurs ont tort. La preuve : il y a un type armé d’un gros maillet.

Je veux le même.

Je veux le même.

Il y a aussi nombre de scènes badass soutenues par trois piliers fondamentaux du cinéma moderne : du sang, des seins et de la testostérone, le tout finement dosé à la pelle de chantier. Et parmi ces scènes, il y en a une, vers le début du film, où Conan court (il fait ça beaucoup) avec des chiens au train, et leur échappe en grimpant sur une colline. Ça, c’est dans l’histoire. Dans les faits, c’est Arnold Schwarzenegger qui court, et les chiens n’ont pas compris qu’il ne s’agit pas vraiment de Conan.

 

Or, Schwarzie se débrouille nettement moins bien que son homologue Cimmérien : à peine entreprend-il de gravir le rocher que les clébards fondent sur lui, saisissent ses vêtements, le font chuter et se ruent dessus tous crocs dehors avant l’intervention en catastrophe du maître-chien (puis de ses copains, les points de suture).

 

Pour le plaisir des yeux, voici une vidéo d’un futur gouverneur de Californie en passe de se faire déchiqueter par des gros toutous :

 

On voit trop rarement des politiciens se battre à mort avec des chiens furieux de nos jours.

 

On pourrait croire que les bestiaux se sont acharnés sur lui pour offrir au film un supplément « Terminator VS Rottweilor », mais il n’en est rien : le seul autre passage à inclure ces fichus clébards, tout au début, nous montre les deux bêtes achever le père de Conan, et l’acteur nous assure qu’elles cherchaient à atteindre sa gorge tandis qu’il était à terre.

 

Juste avant qu’ils ne l’attrapent par le bras et le trainent sur cinquante mètres.

 

Voilà. Je pensais sincèrement que je trouverais d’autres cas à vous raconter, je suis sûr qu’il y en a une pléthore, mais lorsque vous faites des recherches incluant des animaux et le cinéma, vous tombez sur des millions de sites dénonçant les mauvais traitements infligés aux bêtes par les hommes, et pratiquement rien sur le contraire.

 

De la pure discrimination. Sales bêtes.

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commentaires
  1. Dédé dit :

    Parfois les hommes sont bêtes et les bêtes peuvent s’avérer plus humaines que les humains… Il y a de quoi disserter mon ami. Quant à Conard le Barbant, tant pis pour lui. Je ne l’apprécie guère.

  2. labo80 dit :

    Mais… mais… un gros maillet !

    Je ne suis pas sûr qu’il reste de quoi disserter. Tout a déjà été dit à mon avis. Mais j’aimerais bien savoir ce que Conan penserait de tout ceci.

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