Recherche : Grand Méchant Loup

Publié: 25 juillet 2014 dans Histoire

Si vous prenez le nombre de fois que, dans quelque débat que ce soit, Adolphe Hitler a été cité sans raison valable, que vous convertissez ce chiffre en mètres et que vous parcourez la distance que ça représente, voici la Terre telle que vous la verrez :

Vous pouvez revenir maintenant.

Vous pouvez revenir maintenant.

Il serait dans l’intérêt de tous de trouver quelques noms à ajouter à notre liste d’épouvantails. Ce n’est pas ça qui manque. Vous me direz qu’il y a Staline, mais ça reste trop peu ; un méchant de droite, un de gauche, notre pandémonium s’en trouve limité à une sorte de duo moustachu, les Vadius et Trissotin du Mal. C’est léger.

Aussi, très humblement, j’aimerais proposer quelques noms de personnalités qui n’ont certes pas constellé la Sibérie de camps de travail, mais dont les efforts ne doivent pas pour autant être méprisés.

Adolphe Thiers, France, 1797 – 1877

Déjà, il s’appelle Adolphe, vous voyez qu’il fait des efforts.

Habile manipulateur et brillant homme d’affaire, Monsieur Thiers intègre très jeune le monde politique et accumule les responsabilités. En 1834, alors âgé de 37 ans et déjà ministre de l’intérieur, Thiers fait face à la seconde révolte des canuts à Lyon, dont il va apaiser les revendications à l’artillerie lourde, ordonnant l’évacuation de la ville puis sa reconquête par l’armée. Cela deviendra sa façon personnelle de résoudre les conflits avec les ouvriers.

Thiers ne fait pas les choses à moitié, haha.

Thiers ne fait pas les choses à moitié, haha.

Sa grande ambition est de devenir président de la république ; lorsque cette dernière est restaurée en 1848, Thiers espère bien obtenir la présidence mais se fait coiffer au poteau par Napoléon 3, qui réhabilitera l’empire quatre ans plus tard.

Les années passent, Thiers voit ses ambitions s’envoler avec sa jeunesse ; en 1870 toutefois, Napoléon 3 déclare la guerre à la Prusse et se prend une volée historique à Sedan, où il est constitué prisonnier avec tout son état-major.

Paris, qui n’avait pas de pouvoir central, s’en trouve privée de gouvernement ; pour Thiers et toute la bourgeoisie, le grand flip est que les socialistes profitent de tous ces sièges vides au Parlement pour tirer les marrons du feu. La bourgeoisie s’empresse alors d’établir un gouvernement à la va-vite, puis fait en sorte que Bismarck entre le plus vite possible à Paris pour pointer ses canons sur les faubourgs.

Autant dire que ça n’ira pas tout seul. Au cours des mois difficiles qui mènent à l’hiver, où l’on planifie de faire croire à la famine pour déposer officiellement les armes, le vieux Adolphe s’arrange pour maintenir un semblant d’équilibre dans cette poudrière qu’est alors Paris. Dans le même temps, il promet à Bismarck l’Alsace, la Lorraine et une montagne de blé en échange de la paix.

Son premier gros défi consistera à doucher les ardeurs de Léon Gambetta, membre du gouvernement qui n’avait pas compris qu’on faisait semblant de guerroyer. Lui, il s’apprêtait en octobre 1870 à envoyer depuis Tours cent-trente mille hommes botter cinquante mille culs de Bavarois, qui constituaient l’unique force actuellement présente sous les ordres de Bismarck. Comme Thiers n’avait pas l’intention de se laisser gratter au freinage dans sa course à la présidence, il ne pouvait pas tolérer qu’un autre arrive en héros à Paris après avoir repoussé les Allemands ; il va donc s’arranger avec le général de Gambetta, un aristocrate, pour que l’assaut n’ait pas lieu.

Son autre problème va être la garde nationale, une force de quelque cent-cinquante mille hommes essentiellement constituée d’ouvriers engagés à l’arrache au début de la guerre, qui étaient basiquement des petites gens avec des armes, ce qui ne plaisait pas du tout à Thiers. Il chercha à la faire désarmer après que Bismarck ait refusé d’entrer dans Paris ; il n’était pas fou Bismarck, et n’avait aucun intérêt à envoyer ses hommes au casse-pipes alors que Thiers lui avait déjà donné tout et même plus, allant jusqu’à le défendre devant les Anglais qui entendaient prendre le parti de la France.

Donc il faut dissoudre la garde national. Adolphe a une idée, dont je vous épargne les détails parce que ça ferait un pavé ; disons juste qu’il a combiné une histoire avec des canons sabotés, laissés intentionnellement entre les mains des gardes pour faire croire à un vol, bref, une subtile et insidieuse manœuvre. Or, celle-ci va si magnifiquement merder – car tous les soldats n’avaient pas forcément envie de tirer dans la foule comme il leur était demandé – que Paris s’en trouvera en un rien de temps totalement aux mains de la garde nationale, le gouvernement, l’armée et même les fonctionnaires ayant rejoint Versailles sur l’ordre de Thiers sitôt que ça avait commencé à sentir le sapin.

Ce que je veux dire, c’est que Thiers a consacré des efforts énormes pour arriver très exactement à l’inverse du résultat souhaité.

Ce que je veux dire, c’est que Thiers a consacré des efforts énormes pour arriver très exactement à l’inverse du résultat souhaité.

C’est le début de la Commune de Paris, cette prise de pouvoir plus ou moins involontaires des Communards, lesquels mèneront la barque quelques petits mois, essayant tout à la fois d’apaiser les tensions, d’organiser des élections, de gouverner Paris et d’étendre leur mouvement aux autres villes. Bon politicien, Thiers négociera, papotera et gagnera du temps pendant que Bismarck libèrera des soldats français pour que ceux-ci rejoignent Paris. Lorsqu’ils sont assez nombreux, l’assaut est lancé sur Paris. La guerre durera une semaine, au terme de laquelle les Communards seront anéantis ou envoyés au bagne, leurs familles massacrées jusqu’aux petits-enfants.

Happy End ! La justice a triomphé, Thiers devient le héros acclamé de tous et accède à la présidence. L’un de ses premiers actes consistera à annuler un contrat qui liait le pays à un fabriquant de combustibles pour machines à vapeur, afin d’acheter ces mêmes pièces à ses propres usines.

Au triple du prix.

François Duvalier, Haïti, 1907 – 1971

Bon allez, intéressons-nous maintenant aux bons vieux tyrans ravagés par l’exercice du pouvoir comme l’Histoire en connut tant. Il faut reconnaître un mérite à ces gens : même s’ils n’arriveront jamais à la cheville des vrais bourrins comme Napoléon ou Hitler question dégâts, ils exercent le pouvoir d’une façon généralement totalement incongrue et s’arrangent pour laisser leur pays dans une mélasse incroyable à leur mort.

Pas grand monde ne représente aussi vigoureusement cet état de fait que François Duvalier, ancien président à vie d’Haïti. Commençons pas signaler ce qu’il avait de gentil : son surnom de « papa doc ». Voilà.

François Duvalier est élu en 1957 et fait face à son premier coup d’état dix mois plus tard. Il a alors un réflexe tout à fait classique, à savoir recruter un chef de la police quelque part en Enfer ou en Nazie, puis déchaîner sur le petit peuple toutes les joies de la répression, des arrestations et de la torture. À cette occasion, il met sur pieds sa propre Brigade de la Mort sans laquelle un tyran n’est pas un vrai tyran, puis nomme un gentil bonhomme du nom de Clément Barbot à sa tête.

Il en voulait absolument un nommé « Clément », pour rire.

Il en voulait absolument un nommé « Clément », pour rire.

Cette milice se fait nommer les « tontons macoutes » et est directement inspirée des chemises noires fascistes. Les soldats ne touchent aucun salaire : ils pratiquent meurtres, viols et exécutions sommaires par pure vocation.

Mais c’est à partir de 1959 que ça commence vraiment à partir en hélice, lorsque le vieux Duvalier est victime d’un infarctus qui le laisse dans le coma pendant quelques heures. À son réveil, Papa Doc décide de faire arrêter et exécuter Barbot, parce que. 

Toutefois ce dernier est introuvable ; au terme d’une enquête redoutable d’efficacité, les hommes de papa doc percent le mystère : Clément s’est transformé en grand chien noir pour leur échapper. Dès lors, Duvalier ordonne assez logiquement l’exécution de tous les chiens noirs du pays, et ce n’est que plus tard que le vrai Barbot sera capturé et abattu. Papa doc gardera sa tête pour l’enterrer dans un gros pot de terre afin de pouvoir la ressortir à loisir pour la gifler lire des trucs dedans.

Ah d’ailleurs, maintenant que ça m’y fait penser, ça paraît un bon moment pour préciser que Duvalier était à fond dans le culte vaudou. Mais à fond : il se grimait, s’habillait et forçait sa voix pour ressembler le plus possible au Baron Samedi, leur définition de la Mort, faisait enseigner une prière en son honneur dans les écoles et cherchait à paraître comme une sorte d’élu mystique. Ce que j’essaie de dire, c’est que toutes les religions se ressemblent lorsqu’elles sont pratiquées par des dictateurs.

Maintenant, imaginez-le à un meeting avec Obama ou Poutine.

Maintenant, imaginez-le à un meeting avec Obama ou Poutine.

Bref, un cursus relativement banal pour un tyran, mais on admettra que sa religion ajoutait un petit quelque chose d’exotique, notamment l’histoire de ces pauvres chiens noirs. Et de Kennedy : parce que vous ne le savez peut-être pas, mais c’est Duvalier, selon ses propres dires, qui a causé l’assassinat de Kennedy par le biais d’une malédiction vaudou. Ensuite de quoi il envoya même un agent récupérer de l’air autour de sa tombe pour absorber l’âme du défunt président (c’est un métier risqué, président).

Fort heureusement, l’âme de Kennedy avait adopté la forme d’une âme de faisan à collier pour se cacher.

Fort heureusement, l’âme de Kennedy avait adopté la forme d’une âme de faisan à collier pour se cacher.

Sinon, banal : il mourut en 1971 dans son lit en regrettant de ne pas avoir eu le temps de causer encore un peu plus de mal, ensuite de quoi eut lieu une brève révolution au cours de laquelle beaucoup de tontons macoutes furent tués par des haïtiens qui chantaient « les tontons macoutes, ils mangent du caca ! ».

C’est là qu’on voit : on peut penser ce qu’on veut d’un Jules César ou d’un de Gaulle, mais c’est quand même pratique d’avoir un type qui trouve les bons mots dans des conflits importants.

Ainsi la guerre civile finit-elle de mettre ce pays déjà bien fauché à genoux. Rien ne bougera vraiment pendant de longues années, jusqu’au récent tremblement de terre qui n’arrangea rien. À cette occasion, le fils exilé du vieux François revint au pays pour « apporter son aide », mais il est permis de croire que dans la famille, on n’aime simplement pas ne pas être personnellement impliqué dans toutes les catastrophes qui frappent Haïti.

Saparmurat Niyazov, Turkmenistan, 1940 – 2006

Il convient de prendre un minimum de recul avant de critiquer son excellence Saparmurat « Turkmenbashi » Niyazov le Grand, Guide Spirituel du peuple, Père des Turkmènes, chef du gouvernement et commandant suprême des armées : ce type-là n’était pas détesté tant que ça. C’est parce que, d’une part, il sut garder son pays hors des troubles qui suivirent la chute du bloc de l’est en le maintenant dans une pauvreté propre à repousser toute velléité de conquête. Et d’autre part parce qu’il terrifiait tant ses sujets qu’ils n’osaient probablement même pas avoir de ressentiment caché.

C’est ironique, parce que ce mec-là était certainement l’un des despotes les plus mégalomanes qui ait jamais foulé la planète, repoussant les limites de la tyrannie jusqu’à l’infini. Si tous les dictateurs étaient issus d’Hollywood, Niyazov serait celui de Tarantino : complètement cintré, incohérent et franchement improbable, mais pas dénué d’une certaine classe dans ses exagérations.

Le chemin qui mène au Trône des Ténèbres est souvent épineux et Niyazov ne prit aucun raccourci : né en 1940 dans la plus complète pauvreté alors que son grand-père avait été tiré au sort au grand jeu de « qui Staline va-t-il déporter aujourd’hui ? », son père fut tué par les Allemands et, à l’âge de huit ans, Saparmurat fut enseveli sous les décombres d’Achgabat (la capitale) qu’un tremblement de terre venait de niveler.

Prisonnier au cœur des ruines, Saparmurat survécut malgré un pieu dans le cœur, il dévora les corps des autres victimes en psalmodiant des incantations maléfiques puis éclata d’un rire sardonique tandis que ses plaies se refermaient d’elles-mêmes. J’imagine. Sinon je ne m’explique pas comment il survécut huit jours là-dessous, au terme desquels il se ménagea une issue à l’aide de ses seuls ongles.

Il en sortit avec quelques bosses en plus, une famille en moins, un ticket d’entrée pour l’orphelinat le plus proche et, tant qu’à faire, l’ambition irrévocable de devenir l’homme le plus puissant du pays. On cogite en huit jours.

« Si je m’en sors, j’me fais président ! »

« Si je m’en sors, j’me fais président ! »

À cet effet, au cours de sa jeunesse, il accumula les formations et s’investit énormément dans la politique, gravissant les échelons pour finir, à quarante-cinq ans, dirigeant suprême du Turkménistan, ne référant qu’à Moscou. Et puis, en 1991, l’URSS commence à s’effondrer et Niyazov ne met pas long à déclarer son pays indépendant.

Dès lors, ça se met à rouler pour lui. Il commence par faire reconnaître par toute la planète la neutralité du Turkménistan puis, ceci fait, établit quelques règles bien à lui. Parmi elles, l’interdiction de porter la barbe ou la remise automatique d’une médaille annuelle à lui-même pour « poursuivre les buts du peuple turkmène » donnent le ton. Il se renomme « Turkmenbashi », ce qui veut dire « père du peuple turkmène », prend le contrôle total des médias et entreprend des travaux dans la ville, comme son palais de marbre et d’or, des statues de lui en or massif et autres monuments en son honneur. Parmi eux, l’Arche de la Neutralité, une sorte de tour bizarre en marbre blanc surmontée d’une statue toujours en or à son effigie, pivotant sur son socle de manière à être constamment orientée vers le soleil.

Et accessoirement pas très beau.

Et accessoirement pas très belle.

Ensuite lui vint son trip « noms » : Saparmurat se met à renommer les jours du calendrier, les mois, les lieux et mêmes certains objets d’après les noms de ses proches, par exemple le pain qu’on appellerait « Gurbansoltan », qui était le prénom de sa défunte mère.

Alors que concrètement « Gurbansoltan » ne convient ni à un aliment, ni à une gentille môman, mais plutôt à une sorte d’ancien démon Assyrien ou quelque chose approchant.

Alors que concrètement « Gurbansoltan » ne convient ni à un aliment, ni à une gentille maman, mais plutôt à une sorte d’ancien démon Assyrien ou quelque chose approchant.

Une ville, deux aéroports, plusieurs écoles et théâtres, deux marques d’eau de toilette, une de Vodka, un type de thé et même un météore furent renommés directement d’après son nom. Ensuite de quoi je ne vous cache pas qu’il a commencé à attraper un peu le melon, curieusement. Sa mégalomanie n’allait pas s’arrangeant. Parce qu’on n’était qu’au début, même si ça ne se devine pas.

Déjà ça passe par plus de statues en or. La ville, l’une des plus pauvres au monde, en est constellée.

Ensuite, il invente un nouvel alphabet inspiré du latin au lieu du cyrillique, frappe une nouvelle monnaie pour avoir sa tête dessus, recouvre tout le pays de portraits de lui, ordonne à chaque foyer d’arborer constamment un drapeau turkmène, compose un nouvel hymne national à sa gloire et instaure une sorte d’émission TV au cours de laquelle le citoyen peut le regarder travailler.

La peine de mort fut supprimée, ce qu’on devrait applaudir, mais au vu de la propension de la police à jouer du voltage lors des interrogatoires – le pays est bourré de gaz naturel, le courant ne leur coûte rien du tout – les prisonniers les plus gênants ne survivent généralement pas jusqu’au procès. Parmi les autres choses abrogées, notons Internet, la physique, l’algèbre, le serment d’Hypocras, le tabac à mâcher, la barbe comme dit plus haut, les chiens (mais seulement en ville, ce n’est pas un monstre) la cigarette (mais pas avant qu’il eût décidé d’arrêter de fumer), les théâtres et autres opéras, la musique enregistrée, et plus ou moins la musique tout court en fait, du reste l’orchestre symphonique fut démantelé.

Ensuite il s’est dit « des statues en or ! Il faut plus de statues en or ! »

Ensuite il s’est dit « des statues en or ! Il faut plus de statues en or ! »

Et enfin vint son plus grand cadeau au peuple : Ruhnama, le « Livre de l’Âme », un chef d’œuvre de littérature, de philosophie, de spiritualité et d’histoire, véritable guide pour les citoyens. Ruhnama contenait une version revisitée de l’histoire du pays remontant jusqu’à l’arche de Noé, des poèmes d’auteurs parfois pas si turkmènes que ça, des conseils généraux sur la vie et la morale, et à peu près tout ce que vous pouvez imaginer d’un ouvrage situé à la croisée des chemins entre la Bible, le Coran et l’auto-pommade d’un despote fou.

L’ouvrage était si brillant que son auteur fut récompensé du prix national de la littérature, des copies garnirent toutes les bibliothèques et les écoles du pays et un exemplaire fut même envoyé dans l’espace. Bien entendu on ne mit pas long avant d’en faire le centre de l’éducation et même du mode de vie turkmène, par exemple on posait des questions sur son contenu lors du service civil et même dans des examens pour obtenir le permis de conduire.

Est-il seulement nécessaire de préciser que le livre avait aussi droit à ses statues ?

Est-il seulement nécessaire de préciser que le livre avait aussi droit à ses statues ?

Le bon côté, c’est que chaque citoyen qui le lisait trois fois de suite avait son accès garanti à la vie éternelle, selon un arrangement entre Saparmurat et Allah.

Il convient aussi de relever l’épisode du palais de glace, lorsque son excellence Saparmurat Turkmenbashi Niyazov le Grand, Père du peuple Turkmène, Président du Turkménistan et Président de la Chambre du Conseil (c’était ainsi que la presse devait l’appeler, tout en référant aux autres personnalités du pays par leurs initiales uniquement) décida que la seule chose qui manquait au désert de Karakoum était une gigantesque et fabuleuse structure gelée. Elle devait s’élever majestueusement dans l’aride fournaise des lieux, et les habitants des environs auraient le droit d’aller y apprendre des sports d’hivers.

C’est dommage, c’était probablement sa seule idée vraiment chouette, mais il n’eut en retour qu’un doigt tendu bien haut par le climat. Je ne sais pas exactement dans quelles circonstances le projet fut abandonné, j’espère juste que personne n’a trinqué, parce que ce projet absolument épique était à mon sens la plus grande et belle folie intentée par un monarque timbré depuis que Xerxès ordonna à ses hommes de fouetter la mer qui ralentissait ses bateaux.

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commentaires
  1. aumontdottans dit :

    Bravo! Superbe article, toujours aussi distrayant, et instructif! Et beau morceau que ce chapitre consacré à ce dieu turkmène que je ne connaissais pas. À ce propos, pour un article sur l’étrange (mauvais?!) goût qui caractérise beaucoup de ces despotes, la photo de la statue du Livre de l’Âme serait parfaite 🙂 Merci pour la bonne tranche, et bonne continuation!

  2. Labo dit :

    Merci beaucoup ! Niyazov commence à se faire connaître depuis quelques années, ironiquement depuis son décès mais on en parlait déjà un peu avant. Pour la petite histoire, son successeur à viré certaines statues, notamment l’abominable arche, et passé un coup de plumeau dans le dictionnaire et le calendrier pour retirer les changements de son prédécesseur. Pour le reste par contre, ça ne semble pas aller franchement mieux.

    Sinon, on m’a fait remarquer quelques raccourcis dans le chapitre sur Thiers, et c’est tout à fait vrai. C’eut été beaucoup trop long, mais il y aurait beaucoup plus à en dire. C’est une histoire passionnante et complexe, et je ne peux que recommander aux intéressés de creuser le sujet. Henri Guillemin pourra vous en parler sur Youtube, sinon Internet regorge d’articles.

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