Rance Info

Publié: 15 juillet 2017 dans Revue de presse

Bon, vu qu’il m’est devenu vraiment très difficile de poursuivre la rédaction de billets sur l’Histoire, je vais faire plus ou moins le contraire et parler d’actu pendant quelque temps. Déjà parce que c’est un concept révolutionnaire, mais aussi parce que j’ai besoin de changer d’air.

Oh, et quand je dis « actu », ça veut surtout dire « à peu près n’importe quoi tant que je n’ai pas besoin de creuser et vérifier chaque source pendant des heures ».

Donc je change mon fusil d’épaule et on verra où ça me mène. N’attendez pas pour autant un gros regain question rythme de publications, je n’ai plus autant de temps qu’avant. Je suis sûr que vous ne l’aviez pas remarqué.

Alors quoi de neuf ? Pour commencer, une bonne nouvelle : aucun taureau n’a été pendu en Espagne, cœurs tendres. Vous pouvez recommencer à vous réjouir de la mort du matador !

L’information vit le jour sur le site parodique nordpresse.be, par le biais d’un article expliquant que comme le voulait la coutume, la bête qui avait tué dans l’arène le matador Ivan Fandino avait été pendue, devant une centaine de spectateurs enthousiastes réunis sur la place centrale de la ville d’Irun. En guise de preuve fut avancée la photo ci-dessous, établissant une corrélation peu évidente entre, à gauche, un matador en train de réaliser qu’il allait mourir flou et, à droite, allez savoir quel événement se déroulant quelque part en Chine, impliquant un taureau certes pas forcément très bien traité, mais en tous cas pas pendu au sens où on l’entend.

Signalons aussi que la place centrale d’une ville espagnole ne ressemble pas du tout à ça.

Bien entendu, la nouvelle fut promptement relayée sur les réseaux sociaux à grands renforts de Caps Lock, générant de longues et indignées diatribes pourvues de beaucoup trop de points d’exclamation. Elle retomba toutefois comme un soufflé penaud lorsqu’elle fut démentie par à peu près tous les sites d’information crédibles.

L’anecdote pourrait nous en apprendre beaucoup sur notre façon d’appréhender l’information, si elle comportait quoi que ce soit qui n’avait pas déjà été dit cent fois ; dans la tauromachie comme partout ailleurs, quand vous entendez une histoire qui paraît trop invraisemblable pour être vraie, c’est probablement qu’elle est trop invraisemblable pour être vraie. Je suis tout pour trouver des raisons de jeter des pierres aux matadors, mais ces gens-là nous en fournissent déjà bien assez sans qu’on aille en chercher jusqu’en Chine.

D’ailleurs, les Espagnols : comment ça se fait que la tauromachie existe encore ? Vous nous direz que c’est une tradition, mais évidemment que c’est une tradition, on a bien compris que vous ne pratiquez pas ça juste pour emmerder les taureaux ! Il n’empêche que par le passé, on vous a connu plus frileux que ça avec les traditions impliquant des mises à mort ; ce qui devrait d’ailleurs vous faire réaliser que ce qu’on reproche à vos corridas, c’est moins à chercher du côté de la tradition et plus du côté des taureaux.

Mais bon, vous nous direz que finalement, la mise à mort cruelle d’animaux, c’est un peu comme la confection de meubles ou de vêtements : ça fait un bon moment que la pratique s’est industrialisée sur tout le continent, mais certains préféreront toujours que ça soit fait à la main.

Autre chose : vous savez que vous devenez vieux lorsque vous prenez conscience que le machin que vous avez vaguement vu du coin de l’œil une ou deux fois est LE truc à la mode qui fait fureur sur toute la planète, surtout auprès des plus jeunes :

C’est tellement mieux qu’une toupie !

Le fidget spinner, ou hand spinner, est un machin que vous faites tourner dans votre main et merveilles s’en suivent. Les vertus de la pratique sont nombreuses, allant de la gestion du stress au traitement de l’autisme en passant par l’accroissement de la concentration, du moins selon les commerçants. Selon les professionnels des domaines précités, c’est avant tout un truc qui tourne.

Ce qui ne veut pas dire que c’est inutile ; parce que si les jeunes se passionnent pour une mécanique qui tourne en rond sans jamais aller nulle part, c’est qu’ils sont prêts à intégrer le débat politique.

En parlant de politique, signalons qu’en Suisse, nous avons voté dernièrement sur un sujet qu’on n’a pas forcément bien compris mais auquel on a totalement dit oui, et je m’inclus dans le tas, parce qu’il nous engage notamment à sortir du nucléaire d’ici à l’an 2050.

Pour un pays habitué à voter sur des sujets visant à rester dans le présent ou retourner dans le passé, l’idée d’un débat sur l’avenir était tellement novatrice qu’elle ne pouvait que séduire. Toutefois, maintenant qu’on est majoritairement d’accord pour se passer de l’énergie nucléaire, il va falloir trouver comment compenser tout ça, parce qu’il est impossible de planter la moindre éolienne en Suisse sans déclencher un tonnerre d’oppositions scandalisées.

Des piquiers bloquent l’accès aux sites où on veut les bâtir.

Bien sûr, l’énergie éolienne a encore des progrès à faire avant de devenir vraiment intéressante, mais si les constructions sont systématiquement contestées, c’est avant tout pour des considérations esthétiques. Et la bonne nouvelle, c’est que la Chine vient de prouver qu’il est possible de combiner énergie renouvelable et esthétique :

Surtout aux yeux des oiseaux.

Ceci est la centrale solaire du panda, une construction alimentant environ 50’000 foyers et projetant de doubler sa production à l’avenir par l’adjonction d’un deuxième panda, vous savez, pour pouvoir ensuite faire un élevage ; l’idée est aussi de sensibiliser la population, notamment les plus jeunes, au fait que le tournant énergétique est important pour la vie sauvage.

Et c’est une bien belle idée, encore que normalement, ce ne sont pas tellement les jeunes qu’il faut convaincre d’abandonner leurs parts et intérêts dans les énergies fossiles. Alors certes, en Suisse, on n’a pas le même territoire, mais notre faune est aussi menacée, les rainettes par exemple… On devrait bien pouvoir trouver un petit coin pour une rainette solaire, non ?

Maintenant, gastronomie : si vous avez l’intention de commercialiser des biscuits diététiques au blé et que vous ne savez pas comment les nommer, j’ai le regret de vous annoncer que « Gerblé » est déjà pris :

Il y a beaucoup de choses à connaître pour être à même de donner à un produit un nom approprié, le français étant l’une d’entre elles.

Mais franchement les gars : ça vous donne pas envie de Gerblé ça ? Je ne connaissais pas du tout ce produit et j’imagine que l’on se gausse de son nom depuis des éons, mais je n’ai pas peur de piquer l’idée à qui que ce soit : le concepteur lui-même a dû voler ce nom à un humoriste.

Gastronomie toujours, les amateurs de cuisine française seront ravis d’apprendre qu’il existe désormais une adresse pour déguster un steak tartare 24 heures sur 24 dans la région lausannoise : la gare de Prilly. Et attention, pas le Buffet de la Gare hein, juste la gare :

Drôle d’évolution pour un produit qu’on est habitué à voir préparé devant soi.

Exactement ce qui me manque lorsque j’attends mon train du matin avec juste un café dans le ventre : un bon gros bloc de viande crue. Au rayon des probabilités d’exister un jour, je situais personnellement le distributeur de steaks tartare quelque part entre le distributeur de spectres et le distributeur de concepts, mais que voulez-vous, il faut bien faire quelque chose de toute cette viande de taureaux pendus. Un collègue à moi qui a trouvé je ne sais où le courage de le tester m’a confié avoir été déçu, mais j’avoue ne pas trop comprendre comment on peut être déçu d’un steak tartare acheté au distributeur.

Passons au sports : maintenant que la télévision suisse va perdre les droits de diffuser la Ligue des Champions, je vais intégrer de plein pied la horde de ceux qui se demandent s’il est raisonnable de payer si cher une redevance TV quand on ne regarde pas la TV. Certes, ils conserveront les droits de diffuser certains matchs, notamment ceux impliquant des clubs suisses, mais si on s’intéresse à la C1, c’est pour des Real Madrid – Manchester United, pas pour des FC Bâle – Ludogorets Razgrad.

Tout ça pour dire que j’ai beau vivre dans un pays qui n’a aucune chance de gagner la Ligue des Champions, ça fait quand même mal de la perdre.

Sports toujours, si on veut : est-ce que quelqu’un pourrait demander à la presse d’arrêter d’interviewer Sepp Blatter s’il vous plaît ? Qu’est-ce qu’on l’entend, celui-là, depuis qu’il s’est vautré ! Toujours à s’exprimer sur l’éthique dans le sport, le rôle des arbitres, l’attribution de la coupe du monde au Qatar, l’argent dans le foot, des sujets certes intéressants… pour peu qu’on veuille bien se donner la peine de demander l’avis de personnes que l’on ne sait pas être personnellement impliquées dans tout ce qui y va de travers.

Alors soit, on sait que la sentence maximale qu’encourt un Blatter pour ses combines dans le foot consiste en un froncement de sourcils appuyé (mais pas trop) de la justice ; il ne risque pas de finir tout maigre au fond d’un cachot, perdu dans les plis de ses guenilles et de sa barbe, avec pour seuls amis une cruche d’eau et une puce de lit, qu’il aura appelée « Lionel » avant d’oublier pourquoi. Et ça me convient très bien comme ça, après tout pourquoi vouloir le pilori ? Mais au moins, admettons qu’il est fini au lieu de continuer à l’écouter ; on le connaît, son avis sur la morale dans le sport, il a eu toute sa carrière pour l’exprimer. Garde tes réponses à ces questions pour le juge, Sepp !

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