Archives de 12 août 2017

Dites, ça a été pas trop mal reçu mon petit contour, là. Donc on continue, si l’inspiration suit, les revues s’enchaîneront, une dynamique nouvelle surgira et le monde entrera dans une nouvelle ère !

International

Il est important que le président chinois Xi Jinping soit conscient du fait que maintenant qu’il a fait censurer l’image de Winnie l’ourson, qu’il accuse de le caricaturer, toute la partie rationnelle de la race humaine, qui était à des parsecs de tracer un parallèle aussi invraisemblable, va réagir en disant « tiens, mais c’est vrai ça ! On dirait Winnie l’ourson ! »

Saurez-vous faire la différence ?

Tout de même, M. Xi, quelle belle occasion gâchée ! À une heure où un politicien ne peut plus aligner trois mots sans qu’on le compare à Hitler, le président chinois botte en touche une occasion en or de se faire appeler Winnie, chose qui l’aurait renvoyé à l’un des êtres les plus fondamentalement gentils de la culture occidentale. Il fallait saisir la balle au bond !

Tel le saumon !

C’est d’autant plus dommage que la Chine bénéficie de cette sorte de popularité nouvelle dans nos médias, due notamment à ses progrès en matière d’écologie, alors même que ledit progrès a dernièrement perdu un continent entier ; avec ce sentiment d’urgence sur la question climatique, tout le monde est soulagé de voir un leader d’un pays fort se dresser de tout son haut, tel l’ours puissant, pour se faire le porte-parole de la planète.

En plus, les Chinois sont bien placés pour faire savoir aux USA qu’un mur, tout gigantesque soit-il, n’empêche pas d’être envahi.

Mais quand même, qu’est-ce qui se passe avec les leaders, ces temps ? Entre celui qui n’aime pas son surnom, celui qui n’a pas besoin d’un surnom parce qu’il s’appelle déjà Donald mais qui ne peut pas s’empêcher de répondre à chaque provocation, ou encore celui qui exigera mon extradition pour être jugé à Ankara pour peu que cet article lui parvienne, on peut craindre qu’il devienne bientôt impossible de ratifier le moindre accord international, faute de dirigeants capables de tenir toute une conférence sans quitter la salle en larmes.

Autre sujet : maintenant que le Sénat américain a fait passer de justesse une motion visant à ouvrir le débat sur l’abrogation d’Obamacare, il faut que Donald Trump m’explique une chose : tous ces derniers mois, lorsque les sénateurs débattaient à bâtons rompus de l’abrogation d’Obamacare, ils appelaient ça comment ?

National

Mes concitoyens vivant dans le canton de Schaffhouse peuvent se rassurer : le fou furieux qui a blessé 2 personnes à la tronçonneuse n’a pas agi dans un but terroriste. C’est juste un désaxé ultra-violent et imprévisible muni d’une tronçonneuse, ouf !

C’est d’autant plus rassurant qu’on ne l’a toujours pas retrouvé à l’heure où j’écris ces lignes. Il n’empêche que cet incident donne une bonne idée du cauchemar des Américains, démontrant ce qui arrivera lorsque les terroristes islamiques auront fusionné avec les sans-papiers mexicains et que ces derniers passeront à l’attaque avec leurs outils pour tailler les haies.

Toujours au national, et ce quelques jours après les paragraphes ci-dessus : maintenant que le type à la tronçonneuse a été arrêté, et qu’on a appris qu’il s’agissait d’un citoyen suisse bizarre mais sans passé criminel qui avait pété les plombs contre son assurance maladie, les lobbyistes de la santé doivent reconnaître qu’à tout prendre, ils auraient préféré que l’agresseur soit bel et bien terroriste.

Parce qu’un fou furieux que tout le monde blâme, c’est préférable à un fou furieux que tout le monde blâme tout en se demandant « mais au fait, ils lui ont fait quoi ? »

Parlons maintenant larmes et conflits : Ada Marra, la socialiste qui a déclenché un tollé en évoquant un tabou (la Suisse) le jour de la fête nationale, doit nous promettre que la prochaine fois qu’elle célébrera un premier août en s’offrant une Fatwa, ça sera via un texte un peu moins étouffant (et je m’y connais en textes étouffants).

Parce qu’elle a beau dénoncer des réactions sexistes et racistes, chose probablement vraie parce que Internet, elle n’en demeure pas moins la seule à blâmer si tous ces sexistes et ces racistes se sont ennuyés pendant la lecture.

Et tant qu’à faire, elle nous précisera aussi si elle n’avait vraiment pas anticipé une telle réaction à un texte commençant par « LA Suisse n’existe pas », une phrase qui passait déjà mal quand Khadhafi la prononçait.

Enfin, lorsqu’on s’exerce à la plume, il est important de comprendre qu’aux yeux des lecteurs, ironiquement, les choix de déterminants ne sont pas si déterminants.

Économie

Lorsque la Banque Nationale Suisse déclare ne pas vouloir commenter ses investissements dans la société Nevsun Ressources, embourbée dans un vaste scandale de travail forcé en Érythrée, avant d’ajouter que son intérêt est « purement financier » et qu’elle ne s’intéresse pas aux « affaires courantes » des entreprises, pour finalement préciser appliquer des critères d’exclusion en cas de « violation massive des droits humains fondamentaux »… Est-ce qu’il ne vaudrait pas mieux pour tout le monde qu’elle ne fasse vraiment pas de commentaire ?

Culture

La saison des festivals m’a évoqué la question suivante : faut-il dire à la presse que ça ne sert à rien d’écrire un article sur un concert ? Surtout pas malheureux, me diront les amateurs, dont l’avis compte autant que le mien, donc d’accord ; mais qu’on s’entende : on est déjà soûlé avant la mi-juillet des tonnes de photos de « t’as vu ? Je suis au festival ! » qui s’empilent sur les réseaux sociaux, cela ne s’arrangera pas avec un long reportage sur une bande de potes restés plantés toute la journée en plein cagniard à attendre le concert de 23h30 pour avoir des places aux premiers rangs, même qu’il faisait super chaud, mais ça allait, ils se ravitaillaient aux stands en se gardant les places, et puis ils ont rencontré des gens, c’était sympa. Déjà on s’en fout, mais surtout on bosse, nous !

Quant à l’article sur le concert en lui-même, bon, chacun est juge… Mais là encore, c’est un concert, ce n’est pas comme s’il y avait un score à la fin… C’était quand la dernière fois qu’un groupe passait pas loin de chez vous, et que vous vous êtes dit « bof, je lirai le résumé » ?

Société

à l’attention des supermarchés : lorsque je fais mes courses, j’ai toujours cette question qui me hante après avoir rempli mon caddie, l’avoir acheminé à la caisse, interagi avec l’interface du programme, scanné mes articles, payé, emballé mes achats et ramené mon caddie : est-ce que je peux faire autre chose pour vous avant de partir ?

Sinon, une bonne nouvelle pour les amis des bêtes : grâce à PetChatz, vous avez maintenant la possibilité de hautement perturber votre animal de compagnie à distance, en vous manifestant-mais-pas-vraiment par le biais d’un astucieux système de webcam.

C’est la version animale du chat de Schrödinger, où l’humain est à la fois présent et absent.

L’avantage, c’est que vous pourrez contacter votre chat pour lui demander de vous prêter une de ses neuf vies, comme ça vous en aurez au moins une.

Sports

En football, lorsque les sommes investies dans les transferts des joueurs estomaquent plus le public que n’importe quoi qui puisse arriver sur le terrain, je pense qu’on peut en conclure qu’on a franchi un point de non-retour.

Oubliez la compétition, maintenant le spectacle est sur les marchés. Qui, par exemple, aurait imaginé qu’il entendrait un jour la ligue espagnole se plaindre de non respect du fair-play financier de la part de la ligue française ?

Et pour finir, Roger Federer doit réaliser que maintenant qu’il en est à dix-neuf titres en Grand Chelem, tout le monde va attendre le vingtième. Alors qu’on lui foutait une paix royale avec ça il y a moins d’un an encore.

Mais bon, il fallait y penser avant, maintenant il va falloir assumer Rodge ! C’est ça de vouloir faire des come-back, gros malin !

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