Revue d’hiver : bernaches et deuxième amendement

Publié: 11 mars 2018 dans Revue de presse

Je vais arrêter de comparer les politiciens à des enfants, parce que la réaction des jeunes à la dernière tuerie-scolaire-du-jour aux USA ne manque vraiment pas de panache. Les Américains peuvent tourner le problème dans tous les sens, invoquer le passé, la télé, Satan, la santé mentale ou tout ce qu’ils veulent, lorsqu’on vend des flingues dans les supermarchés et qu’on ne remet pas ça en question lorsque des enfants s’en servent pour tuer d’autres enfants, le problème principal, c’est le cynisme.

International

Et quel cynisme ! Lorsque les huiles de la NRA affirment que les écoliers sont trop jeunes pour comprendre la complexité du problème, ils doivent savoir que si un problème est trop complexe pour un écolier, il l’est aussi pour la NRA. Et tout de même, lorsqu’ils accusent les enfants d’être instrumentalisés par l’opposition, ou de feindre leur chagrin pour mieux promouvoir leur message, on sent bien qu’ils sont désespérés.

Ces personnes, qui hissaient le drapeau confédéré après les fusillades sous Obama pour bien montrer qu’ils étaient prêts à en découdre, font maintenant face à la jeunesse. La vie des enfants contre le deuxième amendement : parlez-moi d’une lutte de symboles ! On va bientôt savoir ce qui arrive lorsqu’une force inarrêtable rencontre un objet inamovible.

De son côté, le Donald doit réaliser que lorsqu’il propose d’armer les enseignants, ça nous confirme juste qu’il n’en a jamais vu un de sa vie.

Par contre, s’il est une chose qui fait chaud au cœur, c’est bien les tentatives de rapprochement des deux Corées, au cours de rencontres qui ont vu les dirigeants dialoguer de manière constructive et dans le calme. Ce qui nous donne une occasion rare de recommander à nos politiciens de prendre exemple sur Kim Jong-un.

Le Nord a promis de partager ses connaissances nucléaires avec le Sud, qui, en retour, l’initiera aux secrets de l’agriculture.

Certes, si les choses devaient suivre cette voie, ça fera mal de voir Trump s’approprier les mérites de cette réconciliation, mais ne perdons pas le sens des priorités : il y a là-bas tout un peuple qui vit sous la menace des délires fous d’un despote mégalomane qui ne parle que de guerre nucléaire, ainsi que des Sud-Coréens qui craignent Kim Jong-un.

Une autre bonne nouvelle pour finir la rubrique : Martin Shkreli, l’entrepreneur américain connu pour avoir multiplié par 55 le prix d’un médicament contre le sida, a été condamné à sept ans de prison pour combines financières. Son propre avocat avoue avoir eu envie de lui mettre son poing dans la figure tant son comportement compliquait sa défense et le décrit comme un génie un peu autiste. On veut bien croire qu’il ait un côté brillant – il était à la tête d’une pharma à seulement trente ans, il ne manquerait plus qu’il soit bête – mais lorsqu’un type doué pour le business se montre à ce point dépourvu d’humanité, doit-on vraiment le placer à la tête d’une entreprise pharmaceutique ?

Seuls les actionnaires majoritaires des pharmas répondront oui à cette question.

National

Ne soyons pas trop durs avec Pascal Broulis et Isabelle Moret, élus PLR en train de se dépatouiller tant bien que mal avec des histoires d’impôts. Depuis la fusion des libéraux et des radicaux pour donner le parti de « droite pas nécessairement raciste », les choses sont un peu confuses au sein du jeune PLR ; dès lors, savoir qui planque son fric et qui le déclare, c’est surtout pour eux un moyen de distinguer les libéraux des radicaux.

Du reste, je ne sais pas à quel point Broulis se déplace dans l’exercice de ses fonctions, mais quels que soient ses trajets, s’ils lui valent quinze mille francs de déduction d’impôts en frais de transport, c’est qu’il s’y prend très mal. Il sait qu’il existe d’autres façons de se déplacer que le taxi, n’est-ce pas ?

Trafic routier

Aux États-Unis, l’automobiliste qui a fini encastré au premier étage d’un immeuble après avoir percuté un terre-plein doit admettre qu’après avoir traversé le mur, récupéré un instant, ouvert les yeux, et constaté qu’il était dans un cabinet dentaire, il a cru pendant quelques secondes qu’il était en Enfer.

Il roulait trop vite, mais j’imagine que l’information est superflue.

Technologie

Informatique, lorsque j’effectue une action vraiment triviale, j’apprécierais que vous arrêtiez de me demander sans arrêt si je suis sûr de savoir ce que je fais : je veux quitter Skype, pas formater mon disque dur ! Je sais que je ne pourrai plus envoyer ou recevoir de messages : c’est à ça que le programme sert, pourquoi vous posez la question ?

Et pourquoi vous avez retiré la coche « ne plus demander » lorsqu’on quitte le programme dans votre dernière mise à jour ? Y avait-il vraiment trop de gens qui quittaient par accident, puis cochaient la case par accident, puis cliquaient sur « ok » par accident ?

Chasse & Pêche

Le chasseur qui a fini à l’hôpital après s’être pris droit dans la gueule la bernache qu’un collègue à lui venait d’abattre en vol doit nous expliquer ce qu’il foutait, parce que s’il y a un moment dans la vie où l’on doit faire attention aux oiseaux qui tombent du ciel, c’est bien quand on leur tire dessus !

Quant à son pote, celui qui a tué la bernache, il peut s’abstenir de l’inviter à la manger pour se faire pardonner, parce qu’avec les deux dents que la bête lui a pétées, il aura du mal à la mâcher et il est encore foutu de s’étouffer avec un os.

Bernache du Canada Branta canadensis Canada Goose

Quand le karma fait dans l’ironie, il faut savoir se tenir à carreau.

Jeux olympiques

Ester Ledecka, la snowboardeuse tchèque qui a remporté une médaille d’or à ski et n’a pas ôté ses lunettes parce qu’elle n’était pas maquillée, a nettement mieux négocié la fin de sa course que l’égalité des sexes, que l’on peut entendre gémir au fond du ravin.

Cette femme a remporté un titre olympique dans une discipline qui n’est tellement pas la sienne qu’elle a dû emprunter ses skis, à un tel niveau de badass on peut s’en foutre, des conventions !

De son côté, l’équipe féminine Coréenne de Hockey sur glace, davantage connue pour rassembler des sportives du nord et du sud que pour ses performances, ne doit pas avoir honte de s’être pris huit à zéro face aux Suissesses ; pactiser sur le terrain avec l’ennemi séculaire ça s’apprend, et nous, ça fait des siècles qu’on fait ça avec entre Romands et Alémaniques.

Et Tessinois vous me direz, mais s’il y a une chose que les Suisses Allemands et les Suisses Romands ont en commun, c’est un vieil adage qui dit « rien à foutre des Tessinois. »

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commentaires
  1. chayann dit :

    Un ennemi commun, c’est se qui rapproche les nations. La preuve avec les Suisses Allemands et les Romands, contre les Tessinois.
    Beau billet, c’est agréable de se dire que niveau karma on est loin d’avoir atteint le sommet…

  2. Labo dit :

    Ce qu’il manque à la Corée, c’est des italophones, je l’ai toujours dit. Sinon attention, le karma pourrait vous entendre et prendre note.

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