Archives de la catégorie ‘Anciens billets’

La saison des transferts

Publié: 9 juillet 2010 dans Anciens billets

Nous avons souvent entendu parler de transferts de stars du football, passant d’un club à l’autre pour quelques dérisoires tonnes de billets de banque et nous sommes loin d’en être sorti grandis ; en ces temps de crise, les exubérantes démonstrations de richesse des grosses cylindrées de la finance n’obtiennent de nous rien de plus qu’un froncement de sourcils agacé. Qu’on se le dise, les absurdes frasques de ces gagnes-petits nous laissent aussi froids qu’un glaçon à Irkoutsk.

Car si l’on évoque les transferts, on aurait tort de ne pas mentionner l’énorme vent du changement ébranlant la blogosphère : Labo s’en va du « Labo Weblog » et intègre l’équipe de Georges !

L’union fait la force, clamait non sans raison le poète Allemand « Léon de Belfast » dans les Trois Mousquetaires. Et je vais rejoindre avec Georges une poignée de branleurs quelques fidèles amis, eux aussi portés sur une société saine prospérant dans le respect des traditions, des aînés et bien sûr des bloggeurs.

Rédaction de Georges

La rédaction de Georges au grand complet

« Mais pourquoi partir ? » demanderez-vous dans un cri déchirant ; et bien vous l’aurez aisément deviné : question fréquence des parutions, mon blog n’est plus ce qu’il était lorsque je pouvais glander au boulot, comme l’indiquent ces quelques clichés pris en ces lieux ces derniers mois :

Le blog, juin 2010

La rédaction du blog, juin 2010

Hall d'entrée

Le hall d'entrée de la rédaction du blog, mai 2010

Vue d'ensemble du travail réalisé ces derniers mois

Georges, c’est d’abord un fanzine de dessinateurs amateurs et de plumitifs de tout poil qui s’en va parfois hanter les stands de quelques festivals de bande dessinée, mais aussi un blog quelque peu abandonné auquel on souhaite insuffler petit à petit une nouvelle jeunesse. Donc au lieu de raconter mes calembredaines ici, j’irai les poster chez Georges, dont je possède désormais les clés.

De fait, l’idée de travailler avec un ou deux amis m’inspire maintenant davantage que bosser dans mon coin sur un projet personnel. D’ailleurs, comme le disait si bien le maréchal Guy de Charlefoin, le talent suprême de l’artiste est de savoir quand s’arrêter. (Sauf que je ne m’arrête pas vraiment, mais je n’ai jamais eu la prétention de détenir ledit talent suprême de l’artiste.)

Donc voilà, je vous dis à plus tard chez Georges pour de nouvelles aventures. Bien sûr, ce blog, à l’instar des pyramides et de la Grande Muraille, demeurera ici jusqu’à la fin des temps, témoignage vibrant de la grandeur passée de l’Âge d’Or. On y trouvera toujours quantité d’archives aussi édifiantes que constructives.

Et bien sûr, je vous mets l’adresse de Georges en lien :

http://georgesmag.blogspot.com/

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Du pain et des jeux

Publié: 31 mai 2010 dans Anciens billets

Je dois bien avouer que lorsque je me suis lancé dans l’élevage de billets sur ce blog, j’étais alors motivé par des rêves de gloire et de fortune qui ne se sont jusqu’alors que très modérément réalisés. Par exemple, et contrairement à ce que mes très légitimes ambitions me promettaient, je ne suis toujours pas un fêtard playboy bronzé et plein aux as sirotant des mojitos à Bora Bora.

La honte totale.

Mais où est ma faute ?

On pourrait épiloguer sans fin, mais rien ne sert de masquer la triste vérité : mon erreur – et j’en suis fier – a été de m’obstiner à octroyer à ce blog un ton rigoureusement éducatif et sérieux qui ne m’a jusque-là apporté la fidélité que d’une élite aussi méconnue que mésestimée. Le beau langage se perd, ainsi que l’envie d’apprendre et de savoir ; on s’enfonce à grande vitesse dans la fange crasse d’une indolence assumée et d’une confortable acculture qui nous décharge peu à peu de nos soucis d’humains  en faisant de nous des bêtes. Il est presque heureux que les générations précédentes – qui nous ont légué un monde aussi riche que prospère – soient aussi proches de la mort, car elle leur épargnera l’insupportable spectacle de notre déchéance.

En outre, il est futile de résister à cette douce euthanasie cérébrale qui aujourd’hui régit les jeunes générations et qui nous appelle à l’apathie, tel l’irrésistible chant d’affables sirènes dont le sourire enivrant et le bonnet D nous laisse désarmé et sans force. Je sais de quoi je parle : dernièrement, j’ai eu l’insigne honneur d’assister à un épisode de « Koh-Lanta », fleuron de la télé réalité dont le concept grandiose m’a laissé sans voix. Dire que j’ai si longtemps boudé ça !

Aujourd’hui converti à cette saine distraction,  je vais donc céder aux sirènes du profit effréné : puisque seule la télé réalité intéresse les sales jeunes et autres affreux délinquants, je veux pouvoir me targuer d’être le premier bloggeur à introduire ce brillant concept  dans ses pages. Huzzah ! Evidemment, ce procédé demandera de laisser une part à l’imagination, mais du moment que vous pouvez vous figurer une plage ensoleillée et des jeunes qui courent au ralenti, ça devrait faire l’affaire.

Le principe est un classique, mais efficace : on envoie un simplet musclé et une chaudasse bronzée sur une île déserte et ils doivent subsister par leurs propres moyens. Le premier des deux à avoir construit une villa avec piscine en y invitant des stars du rap et du X à tourner un clip devant les caméras de MTV remporte la première manche.

Présentations des candidats

Ladies first (merci d’imaginer une quelconque bonnasse en train de danser sur un jingle publicitaire M6)

Double lauréate du concours « miss lampe à bronzer » au Macumba, Lola est étudiante en sciences approximatives et rêve secrètement de devenir présentatrice au Salon de l’Auto. Athlète accomplie, elle a parcouru des distances infinies au guidon de son vélo d’appartement, pratique le lancer de poney et le « Tung-po », mélange entre une science traditionnelle de relaxation japonaise et la lutte grecque. Elle parle le français, l’espagnol de plage et le langage SMS, dispose d’une maîtrise MSN et d’un certificat Facebook. Ses hobbies sont la musique, la mode et le sport.

And on the other side

Aussi connu sous le nom de « DJ Punto » Steve est vendeur de voiture de jour et disc-jockey de nuit. Homme d’ambition et fonceur-né, il a déjà réalisé nombre de ses rêves, notamment en s’offrant un jacuzzi et une Porche Cayenne. Sportif avant tout, il consacre de nombreuses heures à suivre la Coupe du Monde, la Ligue des Champions, les tournois du Grand Chelem, le Tour de France et bien d’autres. Grand voyageur devant l’Eternel, il a relié à pieds Chambert-sous-Bregnins à Bregnins-sur-Chambert et a traversé à plusieurs reprises les larges steppes d’Ibiza au cours d’afters endiablées. Également connu dans l’évènementiel, c’est à Steve que le camping municipal de Bregnins-sur-Chambert doit son célèbre concours de T-shirt mouillé. Ses hobbies sont la musique, la mode et le sport.

Voilà, je vous laisse voter par SMS, ça coûte que 4 balles. Si vous êtes un mec, vous votez Lola parce qu’elle en a une belle paire, si vous êtes une femme vous choisissez Steve parce que vous pouvez pas blairer Machine. Question de logique quoi.

La télé réalité, en fin de comptes, permet de substituer aux héros imaginaires classiques (beaux, forts, intelligents, drôles) des héros bien réels et plus à notre niveau (beaux, forts, très cons, ne faisant pas exprès d’être drôles). On pourrait croire que c’est mieux, mais en fait non. Parce qu’au lieu de s’identifier à Jack Sparrow ou à Ian Solo, le spectateur lambda cherchera plus à ressembler à Steve ou Lola. Ce qui n’augure rien de bon.

On se retrouve après la pub.

Happy End ?

Publié: 30 avril 2010 dans Anciens billets

Contrairement à une idée couramment répandue, tenir un blog n’est pas aussi éloigné qu’on le pense de la lourde charge d’Atlas ; je ne me plains pas, ce n’est pas la première fois de ma palpitante existence que je me sens des affinités avec le sympathique frérot de Prométhée (c’est une famille qui a connu quelques revers), avec qui j’ai notamment en commun la passion pour la danse folklorique Ouïgours et le bricolage léger.

Bien sûr, vous aurez compris que je fais avant tout allusion à son fardeau : lui doit supporter le monde, moi un blog.

Ok, il gagne. Il n’empêche : déjà une vingtaine de mois que je tiens avec fierté cet édifiant monument de culture et de savoir, déjà salué deux fois par l’amicale des blogueurs de Sainte-Génisses-les-Chaumes, passé très près de remporter le prix Jacques Clochet 2009 et régulièrement visité par de nombreux internautes guidés en ces lieux par les requêtes qu’ils entrent dans leurs moteurs de recherche (dernier en date : « cul de phacochère »), je ne peux nier que j’ai modestement apporté ma pierre au glorieux édifice qu’est Internet. Si on m’avait dit que j’en arriverai là…

En tous cas une, voire souvent plusieurs dizaines de visites par jour, je suis littéralement sous les feux de la rampe. Donc une question récurrente qui m’est adressée ces temps (hormis « est-ce que tu sais quand tu pourras me rendre ma binette à haricots ? ») est bien-sûr « comment fais-tu pour gérer les attentes découlant d’un pareil succès ? », c’est logique.

Et bien je vous l’avoue avec humilité : il n’y a pas de recettes miracle. Actuellement peu en verve comme vous l’avez remarqué, je me dois d’assumer les conséquences logiques de mes manquements à mes devoirs, à savoir de nombreux et déchirants messages qui sont autant de touchants témoignages de l’affection que l’on porte à mes enseignements. Jugez plutôt :

« Cher Labo, le peu de cas que vous faites des attentes de votre public est très représentatif du manque d’égard qu’affiche votre génération face à ses responsabilités. » Gisèle Anier.

« Vous voyez, c’est exactement pour ce genre d’attitude hautaine et discourtoise que l’on vous a préféré le blog « Leptons-Passion » de Justine Lebêche en 2009. » Jacques Clochet.

« Cher Labo, si vous vous engagez sur votre honneur à être plus constant dans la publication de vos billets, je promets de ne plus jamais chanter. » Nicolas Sirkis.

« Si tu ne publies pas plus souvent, je tue un bébé phoque. » Lâchement anonyme.

« Yo Labo, si t’as toujours pas peur de te salir les mains on a de nouveau du taf pour toi, call me discretos, $$$$$$ ! » Fredo-les-poches-pleines.

« NEED HELP – S’il vous plaît je suis jeune fille de le riche propriétaire mine de diamants Sierra Leone, mon père été tué (…) hérité d’un montant de $ 40’000’000.— que partage avec vous si ouvrir un account banque (…) »  Alissia M’galdababoussiam.

Et bien d’autres. Je pourrais me cacher derrière de lâches excuses et avancer des arguments visant à justifier la situation présente, mais il n’en sera rien : je l’ai déjà fait mainte fois. Qu’on se le dise, le vieux Labo n’est pas de ces médiocres gagnes-petits au regard fuyant qui se débinent devant leurs responsabilités en cherchant fiévreusement à faire porter à autrui ou à quelque circonstance le poids de leurs échecs.

Loin s’en faut même. J’assume. J’ai toujours affirmé la tête haute et les cheveux au vent que le but de ce blog était de vous divertir et de vous amuser (il fut un temps où j’aurais ajouté « vous instruire », mais j’ai renoncé, vous êtes vraiment désespérants), et par ma barbe il en sera ainsi. Aussi, sans transition, retour à l’humour fin et aux galéjades subtiles dans le chaleureux esprit bon-enfant qui nous caractérise.

Nous allons aujourd’hui évoquer la fin du monde, sujet certes débonnaire mais néanmoins hautement instructif dont on ne parle pas assez. Vous l’aurez certainement appris, la fin du monde est arrêtée, et ce n’est point là quelque fruit incertain et contestable de longues spéculations absconses et évasives ponctuées de raclements de gorges de vagues experts geignards et barbus, mais bien un fait confirmé par tous les marabouts, devins, prophètes, chamans, sorciers, homme-médecines, psykers, oracles, astrologues, augures,  thaumaturges, nécromants et probablement même quelques gardiens de buts : le 21 décembre 2012, c’est rideau.

Première observation, ça tombe un vendredi. On évite un hiver, mais on perd un week-end.

Mais au fait, comment sait-on ?

Et bien c’est les Mayas qui l’ont dit pardi ! Et les Mayas étaient des pointures en sciences et en astrologie, d’ailleurs ils disaient aussi que des dieux vivaient dans des grosses grottes et que faire brûler du papier sur lequel avait été versé du sang établissait une connexion entre le monde et le royaume céleste (acte dont le sens propre nous échappe quelque peu compte tenu du fait que leurs dieux étaient, comme on l’a dit, cavernicoles).

Et pourquoi le 21 décembre ?

Pour plusieurs très bonnes raisons. Tout d’abord, l’alignement des planètes. Il s’avère que ce fameux jour de décembre, toutes les planètes du système solaire seront alignées sur le même axe. Ou pas. Parce que la Nasa a déjà annoncé que pas du tout, les planètes n’ont pas manifesté la moindre intention de changer quoi que ce soit à leurs habitudes (à savoir tourner) en ce premier jour d’hivers. Et même si c’était le cas, toujours selon la Nasa, ça ne changerait rien ; sur Terre, on s’en fout des autres planètes. Après, il est possible que l’on ignore certaines choses et que l’alignement astral engendre une déchirure spatio-temporelle ouvrant sur Terre une faille béante donnant sur l’Outremonde, mais c’est quand même sauter un peu vite aux conclusions.

Autrement, on parle aussi d’inversement du champ magnétique, mais là aussi les experts disent que ces signes se voient venir et que le prochain est attendu dans 4000 ans (retenez bien cette date : 21 décembre 6012).

De même, on murmure que la terre et le soleil seront alignées par rapport au centre de la galaxie, ce qui n’est pas très clair, mais là, par contre, c’est pas des conneries ! De fait, ce phénomène se reproduit d’ailleurs deux fois par année. Tremblez !

Tout espoir est-t-il donc perdu ?

Ne nous voilons pas la face, la situation est sombre. Nous demeurons impuissants dans l’attente du verdict et levons vers ces stupides étoiles qui s’alignent des regards implorants. Néanmoins, le formidable instinct de survie de l’homme le poussera toujours à se battre pour son droit légitime de polluer la planète et il est des endroits où l’on n’a pas baissé les bras. Aux USA notamment, où l’on vend à prix d’or des places dans des bunkers de luxe pour survivre à la fin du monde. Tout le piquant de l’affaire résidera dans notre capacité à leur faire croire après coup que le monde de la surface est désormais en proie à de terribles tornades atomiques et peuplé exclusivement de zombies mutants, afin qu’ils restent à jamais sous terre.

Mais que peut-on faire alors ?

Arrêter de lire les journaux.

*** Message personnel, IMPORTANT ***

Mademoiselle M’galdababoussiam, je vous prie de me contacter urgemment afin que nous puissions vérifier ensemble les raisons d’un manifeste retard dans le versement de $ 20’000’000.— sur mon compte. D’avance merci.

La Vengeance du Prude

Publié: 26 avril 2010 dans Anciens billets

La bonne nouvelle, en Suisse, c’est que depuis 1998 que l’on descend en flammes l’équipe de foot de France à la moindre occasion, il nous est aujourd’hui donné de légitimer enfin cette hargne en se rangeant à bon compte du côté de la morale et de la vertu.

C’est un progrès quand même, avant, lorsqu’on demandait à n’importe qui le pourquoi de sa haine de l’équipe de France, il bafouillait invariablement un truc comme quoi « la dernière fois qu’ils ont gagné la coupe du monde, on les a entendu s’en vanter pendant dix ans ». Ce à quoi on pouvait toujours répondre que bon, s’il n’aimait pas ça, rien ne l’obligeait à se taper dix années de chaînes françaises d’affilée, mais ne ravivons pas les vieilles querelles, les gens n’aiment pas qu’on bouscule leurs habitudes-télé.

Mais maintenant, donc, le vent a tourné. Désormais, quand vous demanderez « mais pourquoi tant de haine ? », on vous répondra la main sur le coeur que « moi, j’tiens pas pour les pervers », voire pédophiles si vraiment on les a dans le nez. Et va répondre à ça !

L’ironie du sort, c’est que le débat va régler tous les problèmes à la fois : désormais, celui qui tient pour les Bleus se fera traiter de porc, là où avant on se contentait en général de le traiter de plouc. La pente fatale. Résultat, on entendra sûrement moins chanter la Marseillaise ces prochains temps. L’autre point à noter, c’est que si la main de Henri était déplacée, elle le paraît tout de suite moins que celles de Ribéry, Govou et Benzema.

Bref, il y a beaucoup de leçons édifiantes à tirer de cette sordide histoire. Personnellement, je retiens surtout que les stars du foot ont beau nous surprendre sur le terrain, question goûts personnels, elles sont désespérement là où on les attend, sans saveur et sans surprise : la blonde aux gros seins, c’est d’un convenu !

La surprise, par contre, c’est la nouvelle disposition de l’équipe de France sur le terrain. Un peu léger pour passer les phases de poules, mais rien à dire niveau réalisme…

Dis bonjour à la dame

Publié: 8 mars 2010 dans Anciens billets

Pour quelqu’un comme moi qui ramène absolument tout ce qui se passe dans l’univers à sa petite personne, il m’est difficile de ne pas noter l’étrange ironie qui a voulu que la fin de mes premières vacances depuis l’oligocène coïncide avec la Journée Internationale de la Femme.

Je sais, on devrait dire la journée « des » femmes, sinon ça rappelle un peu trop la journée internationale « du » handicap ou « du » refus de la misère. Je provoque un peu. Comme je l’ai dit, je rentre de vacances, ça me met de travers et j’ai envie d’embêter des gens. Pas de soucis, rien de personnel, c’est purement gratuit.

L’année dernière, à la même date et sur ce même blog, on avait évoqué que la journée des femmes était à l’origine issue d’une manifestation pacifique de mères et d’épouses inquiètes pour leurs proches à Saint-Pétersbourg, laquelle a donné naissance à la révolution Russe, qui a provoqué la chute du tsar, qui a engendré la création de l’URSS, le tout débouchant à terme sur la création de la journée internationale des femmes, et aussi sur Staline, mais évitons les raccourcis qui fâchent. J’avais appris ça en lisant le journal puis rapporté le tout ici dans le but de nous culturer un peu.

Et puis aujourd’hui, un an après si vous faites le calcul, dans le même journal, on apprend que la journée des femmes a cent ans. La révolution russe, pour mémoire, c’était en 1917. Pas compris.

Certes, c’est la journée des femmes, on se doutait bien que ça serait compliqué. Ou alors c’est les journalistes qui sont un peu dans les cordes, c’est plausible aussi.

Peu importe ; ce qui ressort au final, c’est qu’il y a plus ou moins cent ans, on a décidé de vouer une journée de l’année à la situation des femmes dans le monde, qu’on a glissé entre la Journée Internationale du Doronic (c’est une sorte de plante, je ne savais pas non plus) et celle du Cerfeuil. Une belle victoire pour la cause féminine qui s’est vue offrir une ascension fulgurante au rang des meilleures herbettes aromatiques.

Non mais j’arrête ; je suis pas sympa de taquiner les madames le jour de leur anniversaire. Et puis je suis en train de donner de moi l’image d’un méchant misogyne, ce qui est faux, puisque je considère qu’homme et femme peuvent être largement aussi obtus l’un que l’autre. Pour le prouver et pour rester dans la thématique, je vous propose de jeter un œil à cet édifiant texte publié dans les années 60 dans le but d’apprendre aux femmes à être de bonnes épouses. Il paraît que c’est authentique, après je sais pas, j’étais pas là. Mais ça ne me paraît tout à fait plausible.

LE GUIDE DE LA BONNE EPOUSE

FAITES EN SORTE QUE LE DINER SOIT PRET. Préparez les choses à l’avance, le soir précédent s’il le faut, afin qu’un délicieux repas l’attende à son retour du travail. C’est une façon de lui faire savoir que vous avez pensé à lui et vous souciez de ses besoins. La plupart des hommes ont faim lorsqu’ils rentrent à la maison et la perspective d’un bon repas (particulièrement leur plat favori) fait partie de la nécessaire chaleur d’un accueil.

SOYEZ PRETE. Prenez quinze minutes pour vous reposer afin d’être détendue lorsqu’il rentre. Retouchez votre maquillage, mettez un ruban dans vos cheveux et soyez fraîche et avenante. Il a passé la journée en compagnie de gens surchargés de soucis et de travail. Soyez enjouée et un peu plus intéressante que ces derniers. Sa dure journée a besoin d’être égayée et c’est un de vos devoirs de faire en sorte qu’elle le soit.

(Essayer d’être plus intéressante que des types « surchargés » qui parlent de procédures de balance de gestion du bilan de fin d’exercice comptable et qui ne rêvent que de rentrer chez Bobonne pour bouffer leur plat préféré, ça ne devrait pas être impossible.)

RANGEZ LE DESORDRE. Faîtes un dernier tour des principales pièces de la maison juste avant que votre mari ne rentre. Rassemblez les livres scolaires, les jouets, les papiers, etc. et passez ensuite un coup de chiffon à poussière sur les tables.

(Mine de rien, peu avant que le zigue ne rentre du boulot, sa femme doit se débrouiller pour tenir prêt un repas chaud, pour retoucher son maquillage et se passer des rubans dans les cheveux, pour ranger le bordel, faire la poussière, virer le foutoir des gosses et, boutade, prendre un moment pour se détendre afin d’être fraîche et avenante. Et c’est le mec qui a des soucis.)

PENDANT LES MOIS LES PLUS FROIDS DE L’ANNEE, il vous faudra préparer et allumer un feu dans la cheminée, auprès duquel il puisse se détendre. Votre mari aura le sentiment d’avoir atteint un havre de repos et d’ordre et cela vous rendra également heureuse. En définitive, veiller à son confort vous procurera une immense satisfaction personnelle.

(Cette dernière phrase ressemble un peu à une excuse facile non ?)

REDUISEZ TOUS LES BRUITS AU MINIMUM. Au moment de son arrivée, éliminez tout bruit de machine à laver, séchoir à linge ou aspirateur. Essayez d’encourager les enfants à être calmes. Soyez heureuse de le voir. Accueillez-le avec un chaleureux sourire et montrez de la sincérité dans votre désir de lui plaire.

(À mon avis, le type, il n’aimait pas trop sa femme et encore moins ses gosses. Mais ce paragraphe est important car en énonçant les diverses machines de la maison on acquiert finalement la certitude que ce guide ne date pas du moyen-âge.)

ECOUTEZ-LE. Il se peut que vous ayez une douzaine de choses importantes à lui dire, mais son arrivée à la maison n’est pas le moment opportun. Laissez le parler d’abord, souvenez-vous que ses sujets de conversation sont plus importants que les vôtres. Faites en sorte que la soirée lui appartienne.

NE VOUS PLAIGNEZ JAMAIS S’IL RENTRE TARD A LA MAISON ou sort pour dîner ou pour aller dans d’autres lieux de divertissement sans vous. Au contraire, essayez de faire en sorte que votre foyer soit un havre de paix, d’ordre et de tranquillité où votre mari puisse détendre son corps et son esprit.

NE L’ACCUEILLEZ PAS AVEC VOS PLAINTES ET VOS PROBLEMES. Ne vous plaignez pas s’il est en retard à la maison pour le dîner ou même s’il reste dehors toute la nuit. Considérez cela comme mineur comparé à ce qu’il a pu endurer pendant la journée. Installez-le confortablement. Proposez-lui de se détendre dans une chaise confortable ou d’aller s’étendre dans la chambre à coucher. Préparez-lui une boisson fraîche ou chaude. Arrangez l’oreiller et proposez-lui d’enlever ses chaussures. Parlez d’une voix douce, apaisante et plaisante. Ne lui posez pas de questions sur ce qu’il a fait et ne remettez jamais en cause son jugement ou son intégrité. Souvenez-vous qu’il est le maître du foyer et qu’en tant que tel, il exercera toujours sa volonté avec justice et honnêteté.

(Si Neandertal avoir panse bien remplie, lui partager caribou avec femelle reproductrice, sinon lui partir avec autre clan et laisser femelle seule.)

LORSQU’IL A FINI DE DINER, DEBARRASSEZ LA TABLE ET FAITES RAPIDEMENT LA VAISSELLE. Si votre mari se propose de vous aider, déclinez son offre car il risquerait de se sentir obligé de la répéter par la suite et après une longue journée de labeur, il n’a nul besoin de travail supplémentaire. Encouragez votre mari à se livrer à ses passe-temps favoris et à se consacrer à ses centres d’intérêt et montrez-vous intéressée sans toutefois donner l’impression d’empiéter sur son domaine. Si vous avez des petits passe-temps vous-même, faites en sorte de ne pas l’ennuyer en lui parlant, car les centres d’intérêts des femmes sont souvent assez insignifiants comparés à ceux des hommes.

A LA FIN DE LA SOIREE, rangez la maison afin qu’elle soit prête pour le lendemain matin et pensez à préparer son petit déjeuner à l’avance. Le petit déjeuner de votre mari est essentiel s’il doit faire face au monde extérieur de manière positive. Une fois que vous vous êtes tous les deux retirés dans la chambre à coucher, préparez-vous à vous mettre au lit aussi promptement que possible.

(+2 pour le terme « monde extérieur ».)

BIEN QUE L’HYGIENE FEMININE soit d’une grande importance, votre mari fatigué ne saurait faire la queue devant la salle de bains, comme il aurait à la faire pour prendre son train. Cependant, assurez-vous d’être à votre meilleur avantage en allant vous coucher. Essayez d’avoir une apparence qui soit avenante sans être aguicheuse. Si vous devez vous appliquer de la crème pour le visage ou mettre des bigoudis, attendez son sommeil, car cela pourrait le choquer de s’endormir sur un tel spectacle.

(Après avoir investi beaucoup d’énergie pour décrire un « monde extérieur » aussi accueillant qu’un mur de baïonnettes que seul le mari à le courage d’affronter, ce ne me paraît pas très crédible d’affirmer que ce même mari pourrait être choqué de voir sa femme en bigoudis.)

EN CE QUI CONCERNE LES RELATIONS INTIMES AVEC VOTRE MARI, il est important de vous rappeler vos voeux de mariage et en particulier votre obligation de lui obéir. S’il estime qu’il a besoin de dormir immédiatement, qu’il en soit ainsi. En toute chose, soyez guidée par les désirs de votre mari et ne faites en aucune façon pression sur lui pour provoquer ou stimuler une relation intime.

(C’est vrai ça, bande de tarées hystériques, arrêtez d’agresser le Prince Charmant, vous voyez bien qu’il essaie de prier avant de s’endormir pieusement ! Démones perverses !)

SI VOTRE MARI SUGGERE L’ACCOUPLEMENT, acceptez alors avec humilité tout en gardant à l’esprit que le plaisir d’un homme est plus important que celui d’une femme, lorsqu’il atteint l’orgasme, un petit gémissement de votre part l’encouragera et sera tout à fait suffisant pour indiquer toute forme de plaisir que vous ayez pu avoir.

SI VOTRE MARI SUGGERE UNE QUELCONQUE DES PRATIQUES MOINS COURANTES, montrez-vous obéissante et résignée, mais indiquez votre éventuel manque d’enthousiasme en gardant le silence. Il est probable que votre mari s’endormira alors rapidement ; ajustez vos vêtements, rafraîchissez-vous et appliquez votre crème de nuit et vos produits de soin pour les cheveux.

(+4 pour le « si vous n’êtes pas contente, faite-le-lui savoir en la bouclant, et attendez qu’il s’endorme pour aller vous faire voir. »)

VOUS POUVEZ ALORS REMONTER LE REVEIL afin d’être debout peu de temps avant lui le matin; Cela vous permettra de tenir sa tasse de thé du matin à sa disposition lorsqu’il se réveillera.

Enfin voilà, on a compris.

Le bon vieux temps hein ?

Fêtons les Lupercales !

Publié: 13 février 2010 dans Anciens billets

A vos cartes de crédit, la Saint-Valentin approche ! La tant attendue fête des amoureux et du renouveau, des petits cœurs et des petits anges tout nus, des bisous et des mots doux, annonciatrice du printemps ! D’ailleurs vous n’aurez pas manqué de le remarquer si, entre deux cinglantes bourrasques de vent furieux charriant son lot de pluie glacée, vous avez trouvé le courage de lever vos yeux cerclés de givre vers quelque vitrine de fleuriste, parfumeur ou autre bijoutier : affiches criardes, paquets cadeaux, rubans, petites fleurs, cartes de vœux, corbeilles garnies, du bleu et du rose à la louche, tout est présent pour rappeler dans une grosse explosion pastelle l’avènement prochain de la fête des chouchoux et des pupuces. C’est pas comme si on avait une bonne excuse pour oublier.

À la base, les Valentin qui ont donné leur nom à la fête de la prétentaine sont d’antiques hommes d’église morts puceaux sous la torture qu’on a ensuite canonisé, lesquels ont mené on ne sait trop comment mais de façon assez ironique au menu amoureux à 69 balles qu’on enchaîne avec un ciné et une partie de jambes en l’air, sans oublier la babiole et le bouquet de fleurs pour l’entrée en scène. Comme quoi on a respecté les formes.

Donc la Saint-Valentin, c’est la fête des amoureux et de l’amitié, sauf que l’amitié on s’en tamponne. C’est vrai, faites le test : pointez-vous chez un pote en lui tendant un paquet joliment enrubanné et en lui souhaitant une joyeuse Saint-Valentin, il sera très certainement décontenancé. A l’inverse, retrouvez votre moitié avec un pack de kro et affalez-vous sur le sofa et en zappant sur Sport-Minute, il va y avoir de la baston.

Parce que la Saint-Valentin, dedieu, c’est important hein ! C’est pas comme Noël ! Noël, c’est pour les enfants, donc à moins d’en être ou d’en avoir, on peut se la jouer blasé ; la Saint-Valentin, elle, va plus loin : elle s’adresse aux adolescents et, surtout, à celles et ceux qui ont su le rester. C’est pour cela que l’on entend souvent des gens pourtant très bien dire « moi, je pardonnerais pas à Machin(e) s’il oubliait la St-Valentin ! ». C’est vrai, un cadeau, c’est tellement plus appréciable quand on le voit venir ! Lorsque l’on m’offre quelque chose, j’aime avant tout savoir que mon bienfaiteur s’est senti forcé, que ce n’est pas son idée, qu’il a longuement fait la queue pour ça, que plein de gens ont reçu la même chose le même jour, qu’il y a pensé parce qu’on ne parle que de ça pendant les pubs… C’est tout le sel de la Saint-Valentin et du cadeau qu’on n’offre pas pour faire plaisir, mais pour ne pas décevoir.

Et tant qu’à faire, demandez aux aficionados de la Saint-Valentin ce qu’ils pensent de Noël, la moitié d’entre eux vous répondront sans pouffer qu’ils trouvent ça trop commercial…

Diatribe de vieux con

Publié: 4 février 2010 dans Anciens billets

À l’heure où une de mes collègues a absolument tenu à me montrer les photos de remise du certificat scolaire de sa fille – en se laissant naïvement leurrer par mon intérêt feint – une réalité frappante m’est apparue dans toute la froideur de sa lumière blafarde : la trentaine est bien là, elle m’a happé comme tant d’autres tel un crapaud adipeux et il est manifestement admis autours de moi que je fais partie des personnes qui parlent très sérieusement de la conjoncture, s’extasient sur des photos de bébés, économisent pour des vacances en famille au soleil, regardent le foot et lisent des livres. Bref, fini les vingt ans.

C’est bien, je ne me plains pas. Quand j’étais môme je considérais les vingtenaires (ça se dit ?) comme des barbus responsables pourvus d’une voix tonitruante et de responsabilités importantes, ou des femmes épanouies et déjà mainte fois mères de famille, charriant dans leur bagage intellectuel les innombrables expériences de la vie qui, au fil des longues années, ont su en faire des adultes à part entière. Et puis un beau jour, lorsque je passais à mon tour le fatidique cap de la vingtaine, je me rendis compte qu’en fait non, pas du tout. A vingt ans, on a peut-être vaguement atterri, mais on est toujours bigrement ballot. À se demander pourquoi on persiste à dire que les ados traversent l’âge bête, parce qu’à vingt piges on a peut-être quitté l’adolescence, mais on a surtout su s’arranger pour rester bien plouc.

Déjà, on est bruyant. Lorsqu’on sort faire la fête – et encore plus quand on en rentre – on en profite pour réveiller le quartier. Ensuite, faire la fête, ça veut dire se mettre la tête à l’envers et essayer de rentrer avec une conquête, pété comme un coing, en zigzaguant au volant de la bagnole pour laquelle on a vendu un bras, le tout en prétendant que « de toutes façons, moi, quand je suis bourré, je conduis mieux ». Et puis c’est à peu près tout. Faire la foire, essayer de « lever une poule », tuner sa bagnole, on a vite fait le tour des préoccupations du gars de vingt balais. Comment ça j’exagère ? Oui et alors ?

C’est vrai quoi, on passe notre enfance à entendre dire que vingt ans, c’est la belle période de la vie, la primeur de la jeunesse, la quintessence du corps humain, les expériences, l’existence qui s’offre à nous, les opportunités et tout le bataclan, et on y arrive aussi boutonneux qu’à dix-huit piges et pas franchement plus futé qu’à seize. La beauté de la vingtaine, elle s’exhibe surtout sous les spots et les flashes des discothèques, luisante de transpiration et l’haleine chargée des innombrables clopes qu’elle s’envoie entre deux vodka-redbull pour tromper l’ennui ; elle n’a plus les idées très claires à force de fumer des joints et de bouffer des billes et elle se fout volontiers sur le mufle pour des histoires de fesses.

Bref, j’essaie de me convaincre que trente ans, c’est mieux. Chacun son truc pour rester positif ; moi, j’ai amorcé en douceur les changements majeurs, par exemple je m’habitue à employer souvent l’expression « sales jeunes », je leur fous la moitié des problèmes du monde sur le dos et je les vois tous comme des gros flemmards.

Sinon, les signes classiques du trentenaire : ça me lourde de sortir dans le froid alors qu’il y a des bibines au frigo et un reportage sur les Ojibwe sur la 2, je mets la musique pas trop fort pour pouvoir papoter, quand je propose à boire à un convive je cite le café avant la bière et j’écoute mes vieilles chansons d’ado en cachette.

Enfin voilà quoi, trente ans.

C’est pas grave.

Ça ne dure pas.