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La peur au ventre

30 novembre 2009

Au lendemain des votations où encore une fois les Suisses s’illustrèrent en affichant sans honte leur ignorance et leur manque abyssal d’ouverture, l’idée la plus généralement répandue quant à nous autres Helvètes est bien sûr que nous sommes de gros racistes, et on ne l’a pas volée. Amateur de causes perdues, je me ferai aujourd’hui l’avocat du Diable en essayant d’expliquer pourquoi ce n’est pas vrai.

Dans leur majorité, les Suisses ne sont pas racistes ; ce sont de gros benêts effarouchés qui ont vécu trop longtemps sans crainte de guerre ni de répression et qui ignorent par conséquent le prix de leurs privilèges qu’ils estiment acquis. Pire : ces privilèges, ils ont encore la prétention de croire qu’ils les méritent, qu’ils les ont remportés de haute lutte. Le racisme est un sentiment presque trop subtil, trop sophistiqué pour le Suisse. C’est un peu comme la peur du noir (sans chercher à faire de mauvais jeu de mot), un enfant peut l’éprouver, pour autant qu’il ait déjà vu de ses yeux la tombée de la nuit ; dans le cas d’un gosse gâté qui s’est toujours endormi à la lueur des veilleuses et au chant des berceuses de papa-maman, on comprendra qu’il ne peut pas craindre l’obscurité pour ignorer jusqu’à son existence. Le Suisse, c’est un gosse bourgeois engoncé dans un gros lit douillet qui non seulement n’a jamais connu les ténèbres, mais qui affiche encore la prétention de les avoir affrontées et vaincues.

Or donc, hier dimanche, les Suisses ont du se prononcer sur un sujet dérisoire : donne-t-on le droit aux musulmans pratiquants établis dans notre pays d’ériger des minarets sur le flanc de leurs mosquées ? Réaction logique : bien sûr, tant qu’ils nous pètent pas les oreilles avec un muezzin, qu’est-ce que ça peut nous foutre ? Qui, à part un gros réac appartenant au passé, pourrait prendre ombrage du fait qu’en un lieu nommé on construise un tour de faible taille ?

Seulement voilà, le Suisse à peur. Et il croit voir loin, ce qui est un comble. Gavé dès sa naissance aux idées préconçues fertilisées à la paix qu’il a la chance de connaître sans l’avoir méritée, il estime que si il tend la main, il se fera bouffer le bras ; qu’en autorisant quelques musulmans à dépenser des ronds dans l’édification d’un minaret pour symboliser leur foi, ils finiront peu après par se faire emmerder cinq fois par jour par un muezzin s’époumonant à appeler à la prière d’innombrables barbus fanatiques. Il voit déjà la burqa passée à ses filles et ses fils égorgés pour pratiquer la mauvaise religion. Et le Suisse, très porté sur l’esprit de clan et de la famille, déteste que ses enfants aient à affronter, dans un futur improbable, les dangers chimériques de son imagination limitée.

En gros, le Suisse refuserait un carré de chocolat à un môme de peur qu’à cause de cela il finisse par se goinfrer tous les jours au Mac‘do.

Et puis le Suisse est une personne de principes. Quand on évoque les sujets sensibles, il écoute et avance parfois avec courage un argument poussé par la crainte ou la méconnaissance. Lorsqu’on essaie de le faire relativiser ses peurs, il écoute et prend note. Mais le jour du vote, il se range parmi la majorité silencieuse, celle qui a honte de ses idées, ne les assume pas, mais a plus peur encore de l’inconnu, à tel point que, sans le dire à personne, il glissera dans l’urne le fruit de ses doutes et de son ignorance.

Hier, comme tant d’autres, je demeurais atterré devant le résultat du vote. Planté devant ma télé comme frappé par un coup en traître. Comme tant d’autres, je croyais vraiment que cette fois, les Suisses ne se laisseraient pas berner par les sirènes alarmistes de la droite dure. Je pensais que le marketing politique de l’UDC avait fait son temps, un peu comme une vieille pub désuète au message obsolète sombrant logiquement dans le has-been.

Non, donc. A une idée sortie du néant, les Suisses affichent la dominance qu’a dans leurs esprits  la peur sur la volonté de raisonner. Non, la Suisse demeurera un rempart sûr face à l’Islamisation Rampante inventée par la droite extrémiste. Non, les musulmans ne bâtiront pas de minarets sur nos terres durement acquises. Parce que attention, si on va chez eux, ils ne nous laisseront pas ériger d’églises. On s’en contrefout, personne n’aurait l’idée d’aller construire une église chez eux, mais baste. Œil pour œil, dent pour dent. Plutôt que faire un pas, aussi minime et souhaité soit-il, dans la bonne direction, à savoir celle qui nous mènera à l’utopique entente entre les peuples, le Suisse, poussé par la peur, préfère reculer. Ce n’est pas qu’il ne veuille pas aller dans le bon sens, au contraire ; seulement, ce petit pas, il préfère laisser à quelqu’un d’autre le soin de le faire, dès fois que ça coûterait quelque chose.

Voilà pourquoi le Suisse n’est pas raciste, mais juste un lâche couard dénué de tripes et de bon sens. Il souhaite comme chacun l’égalité des peuples et des hommes, mais il est prêt à ne se laisser aucune chance de la voir de ses propres yeux plutôt que de laisser ses privilèges se faire menacer par un péril inexistant. Voilà pourquoi le Suisse n’est pas raciste, mais simplement un gros plouc arriéré qui restera dans le cul de ses vaches jusqu’à la douce délivrance de la mort qui l’arrachera enfin à sa peur de tout. À l’instar d’une collègue à moi, incontestablement gentille, mais qui avoue avoir tellement peur des fameux suppositoires explosifs qu’elle souhaiterait voir le Moyen Orient vitrifié par les USA, juste pour pouvoir ne plus avoir peur.

Voilà comment triomphe le racisme en Suisse : pas par méchanceté ni par élitisme, mais par peur, simplement. Et cette peur trouve facilement un écho favorable dans l’esprit creux et naïf des Suisses primitifs et craintifs qui n’ont pas encore compris que l’avenir leur a déjà échappé. Et que tout ce qu’il nous reste à faire, c’est préparer au mieux les générations futures et inévitablement pluriculturelles à coexister pacifiquement.

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Où est Labo ?

8 novembre 2009

*Ahem* Bonsoiiiiir…

Je sais, oui. Je ne suis pas fier. J’aimerais qu’il en soit autrement. Le sort s’acharne sur moi, ce qui retombe sur vous, chers mais néanmoins négligés lecteurs ; à chaque fois que je trouve enfin un peu de temps dans ma trépidante vie d’aventurier pour écrire quelques lignes, il se trouve qu’un malencontreux coup de destin veut que j’aie envie de faire autre chose. C’est une difficile situation et je vous remercie de tout cœur pour votre compassion.

Lorsque j’ai commencé ce blog, il y a très très longtemps, soit un peu plus d’un an, j’étais alors jeune et plein d’énergie. L’avenir m’apparaissait comme une spacieuse voie ensoleillée me menant d’un sommet de la gloire à un autre en limousine de luxe avec minibar. C’est à dire que j’avais un job qui consistait à rien foutre, la planque du siècle qui me laissait suffisamment de temps pour alimenter ces lieux en niaiseries pleines de phrases. Il en va aujourd’hui autrement. Rattrapé par une cruelle réalité, j’ai été forcé de trouver un autre travail, un vrai, et de me consacrer à mon blog durant mon temps libre, triste situation dans laquelle aucun blogueur sain d’esprit ne souhaite tomber.

Aujourd’hui, le sort veut que je rattrape toutes les heures de glandage de mon ancien taf ; accablé par un retard dément, mon service – et donc moi avec – enchaîne les heures supplémentaires, bosse le samedi et lorsqu’il m’est donné de prendre du repos et que l’on détache mes chaînes pour une nuit de répit, je rentre instinctivement chez moi dans une sorte d’état second plus propice à rester avachi devant la télé en bavant (ce qui tombe encore plutôt bien, il y a la ligue des champions) qu’à instruire le vaste monde par la magie du web.

J’aurais bien d’autres mauvaises excuses à avancer, mais je ne vais pas m’étaler là-dessus ; concrètement, il en ressort que je ne trouve pas le temps de me consacrer à ce blog, et encore moins l’inspiration. L’idée m’a traversé l’esprit de boucler les lieux, mais le fait est que j’ai toujours envie d’écrire et que je peine à renoncer à la gloire, l’honneur et le pognon du blogueur. Donc voilà, mon « break d’été » s’imposera finalement en nouveau rythme dont vous me voyez attristé, mais j’ai comme promis expié ma faute, non pas, comme énoncé précédemment, par le biais d’une séance d’auto-flagellation aux orties, mais en me cognant le genou contre un bureau l’autre jour, ce qui fait mal aussi. Et j’en profite pour glisser un « merci de me lire », parce que malgré le vacuum qui règne dans le bled j’ai toujours de la visite et c’est bon pour mon égo.

 

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La loi de la jungle

5 octobre 2009

Pour faire dans la comparaison de haut vol, l’employé de commerce est la bête de somme des temps modernes, à l’œil vif, au poil lustré et au crin soyeux, qui par son labeur tourne inlassablement la Grande Roue de la société moderne. Beau dans l’effort et digne dans la tourmente, il ne compte pas les sacrifices consentis à chaque instant pour accomplir avec professionnalisme son épanouissant apostolat ; l’énergie fuse de toute part de son corps de rêve et il vit chaque journée au rythme fou de l’orgie de travail exigée par l’impitoyable Grand Capital qui nourrit ses rêves à défaut de nourrir son homme.

D’un point de vue plus pratique à l’attention des dubitatifs, si vous observez le bestiau attentivement, vous verrez ma comparaison corroborée par son regard bovin, sa propension à caqueter en permanence et son désir ardent de brouter de l’autre côté de la barrière. Or donc, pour que la paix règne dans l’étable et que le crottin abonde dans les champs, il convient de nourrir la bête et de lui apporter le minimum de soins pour qu’elle s’épanouisse dans ses vertes prairies, vous en conviendrez.

C’est donc dans cette optique que mon employeur, puissent toutes les joies du Jardin d’Allah lui être réservées, a consenti à un geste miséricordieux envers l’ensemble de son personnel : désormais, et ce deux fois par semaine, on reçoit au boulot une grande caisse de fruits mise gratuitement à disposition des employés bienheureux. Ce qui est bien sympathique.

À l’annonce de la générosité du Roy, le peuple s’étala en conjectures et la réaction la plus généralement répandue était « des fruits gratuits ? Ça c’est gentil ! ». Toutefois, dans bien des têtes, c’était un discours différent qui dominait : « des fruits gratuits ? Mais combien ? Tout le monde aura son fruit gratuit au moins ? Et si quelqu’un me piquait mon fruit ? » et les regards se chargèrent de suspicion.

Ce matin donc, une corbeille chargée de beaux fruits aux couleurs aguichantes arriva en grande pompe à la cafétéria ; non que cela importait pour moi : des fruits ? Et pourquoi pas des légumes encore ? Ça va pas ? Je connais bien le cercle vicieux, on commence par manger un fruit et bing ! Sans avoir compris comment, on se retrouve à faire du sport. Je ne mettrai pas le doigt dans cet engrenage périlleux. Néanmoins, la nouvelle se répandit comme une traînée de poudre et le sol trembla sous la course effrénée des affamés inquiets de perdre leur dû. Et chacun de retourner tranquillement à sa place avec son trophée en poche.

Mais rapidement, c’est un autre type d’amateur de fruits qui vint rôder aux alentours de la précieuse Corde d’Abondance ; discrets et silencieux, se fondant dans les ombres, les yeux emplis de convoitise, les envieux guettaient leur proie. Sitôt laissée seule, l’innocente corbeille devenait la cible de pillage de bien peu d’ambition, au terme desquels leurs auteurs retournaient à la dérobée dans leurs bureaux en dissimulant tant bien que mal quelques dizaines de pièces de butin qu’ils s’empressaient de cacher dans leurs tiroirs, avant de reprendre le boulot le cœur battant : ouf, mission accomplie. Pendant quelques jours, on mangera des fruits à l’œil.

Le monde du bureau est le réceptacle des instincts les plus sots librement exprimés. Rien de méchant, non, en fait c’est juste idiot. Quelle vie faut-il avoir pour accorder pareille importance à quelques malheureux fruits ?

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Courez, pauvres fous, courez !

17 septembre 2009

La question récurrente, ces jours-ci, concerne bien sûr la grippe A. Nous sommes dans l’attente d’un verdict, une attente insidieuse et tourmentante qui torture bien des esprits : dangereuse ou pas ? L’humanité est-elle condamnée à court terme ou dispose-t-elle encore de quelques semaines de bon ? Doit-on donner nos fortunes aux sectes pour sauver nos âmes ou peut-on encore dépenser notre argent dans la relance de l’économie ? La tension est palpable. On ne peut même plus tousser sans déclencher une vague d’angoisse et s’attirer des regards emplis de méfiance et de suspicion. Un avantage à en retirer étant qu’on peut avoir la paix rien qu’en simulant une bonne quinte de toux.

Mais que faire alors ? Parce qu’on a les jetons nous ! A force de lire qu’on va tous y passer, ça pèse un peu sur les nerfs et comme les renseignements distillées au compte-goutte par les feuilles de chou nous abreuvent d’informations contradictoires, on ne sait plus trop comment agir face à ce terrible fléau qui encore dernièrement a fait une victime en Nouvelle Calédonie voisine. Ah, l’étouffante et glaciale poigne de la peur !

Du calme, camarades. Respirez. C’est pas si grave, la grippe c’est pas marrant mais on s’en remet, au pire on passe une semaine au plumard à vomir ses tripes, à suer sang et eau, on a mal partout, des fois on meurt, mais sinon ça va. Pas de panique donc. Intéressons-nous de plus près à ce vilain virus, observons-le attentivement, regardons-le bien dans les yeux, étudions l’ennemi.

Les rares fois que l’on veut bien se montrer pragmatique en évoquant le sujet, on nous parle des symptômes : maux de gorge, toux, fièvre, douleurs aux articulations. La grippe, quoi. Alors si l’on s’en réfère au comique Suisse (un comique Suisse est un type pas très drôle qui généralement se déguise en femme) Marie-Thérèse Porchet mandaté par l’Office Fédéral de la Santé Publique pour distiller son message d’angoisse au Suisse tremblant devant son écran, lorsque l’on ressent ces effets, il convient de s’empresser de s’enfermer à double tour pendant des semaines chez soi en ne voyant personne sauf le prêtre et le médecin, ne jamais sortir, ou alors en groupes de malades agitant des clochettes pour tenir la foule éloignée, de porter un masque et de prier avec ferveur.

Pourtant, on l’a déjà dit, la grippe A n’est au final pas plus dangereuse qu’une grippe saisonnière. Il est gentiment admis par la population que les groupes « pharma » et autres spéculateurs du domaine de la santé ne voient pas d’un mauvais œil qu’un petit coup de parano vienne booster leurs ventes et le raisonnement est à peu près semblable du côté de la presse. Le gros danger est économique, une épidémie pouvant clouer pas mal de monde au lit, mais bon, à côté de la crise ça fait un peu poids plume quand même.

Ce qui est regrettable, c’est qu’à force de sauter d’un pied sur l’autre, on oublie un détail d’importance : l’origine du virus. Autant la grippe porcine que sa copine aviaire on pour origine très probable l’élevage industriel et curieusement, on évite soigneusement de trop s’étendre là-dessus.

Mais bon, ça aussi c’est rentable…

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Youkaïdi !

31 août 2009

Si, comme je me plais à l’imaginer, vous êtes des personnes avenantes et pures pourvues d’un coeur d’or dont chaque battement porte l’espoir de voir un jour naître un monde meilleur autant pour vous que pour vos pairs, vous aurez ce vendredi une petite pensée pour votre serviteur et souhaiterez ardemment qu’une pluie diluvienne s’abatte sur les montagnes helvètes. 

Parce que vendredi, c’est sortie de boîte, annulée uniquement en cas de mauvais temps.

Pour l’intérimaire moyen que je suis, une “journée verte” avec le boulot, c’est toujours un dilemme qui oppose deux parties distinctes de ma personnalité. D’une part, le côté “courtisan”, plus communément appelé “cire-pompes”, voit en cette triste contrainte une occasion de montrer que je ne suis pas aussi détestable et sinistre que le laisse supposer l’austère mine grisâtre, revêche, sournoise et méprisante que j’affiche à l’attention de mes collègues, ce qui peut s’avérer utile dans mon optique d’être un jour embauché pour un poste fixe. D’un autre côté, mon caractère plus naturel se demande pourquoi le collaborateur temporaire que je suis, payé au lance-pierres et destiné à être abandonné sur le bord de la chaussée lorsque le travail viendra à manquer, irait s’emm… à faire des courbettes et des ronds de jambe alors qu’officiellement, il ne fait même pas partie du staff.

Evidemment, comme il convient dans ce genre de situation de montrer qu’on est un individu affable et civilisé doublé d’un courtois gentleman au sourire désarmant, j’ai fini par accepter la sortie, la mort dans l’âme. Après tout, c’est avec beaucoup de gentillesse qu’il m’ont fait savoir par mail qu’ils trouveraient “sympathique que je me joigne au reste du département à l’occasion de la sortie annuelle du secteur des Finances de l’entreprise” et je me devais de répondre sur un ton à peu près similaire. De toutes façons, je suis échec et mat : ils avaient prévu deux dates, c’eut été peu crédible d’affirmer que j’étais pris aux deux. J’ai préféré avancer qu’une seule me convenait, en tablant sur le fait que la journée tomberait sur l’autre pour cause de pluie. Une sorte de pari risqué pour m’offrir une chance de me tirer à bon compte de cette épineuse situation sans avoir à passer pour un mufle. Bref.

Vendredi donc, je suis de sortie et ça finit à vingt-trois heures après un gros gueuleton. C’est d’ailleurs là que le bât blesse : eut-ce été un simple apéro, je me serais joyeusement joint à la compagnie que j’aurais rapidement fui, genre “bonsoir, merci, volontiers un petit verre de rosé, c’est gentil, santé les gars, cul-sec, allez, bon week-end tout le monde et à lundi !” mais non. Pour bien couper tout espoir de retraite, ils ont choisi pour la sortie un endroit reculé cerné d’à-pic vertigineux, de fosses traîtresses et de gouffres béants, juché en haut d’une éminence rocheuse Valaisanne, répondant au nom de Champéry. On y trouve une fonderie de cloches et beaucoup de caillasse. Et des rudes montagnards Valaisans au regard torve. La route qui y mène est méconnue autant que sinueuse, les dangers guettent, le dahu rôde, le bouquetin chasse le chardon, le Roc y tient son nid et l’ennui règne sans partage.

C’est là que je glisse que bien que je ne m’y rende que rarement pour diverses mauvaises raisons, j’aime d’ordinaire beaucoup la montagne. Cet environnement intimidant de masse rocheuse titanesque mettant tout en oeuvre pour nous faire sentir minuscules et éphémères éveille en moi bien plus d’émotions et de plaisir que, par exemple, une plage de sable clair où s’entassent mollement des corps luisants de crème solaires avachis sur des serviettes de bains, pour reprendre la bonne vieille rivalité mer-montagne. Donc de base, une virée du côté de Champéry avait tout pour me plaire, c’est vrai. Sans doutes n’aurais-je même pas hésité à répondre présent si, pour mon malheur, je n’avais pas posé mes yeux sur le programme de la journée. Que je m’en vais vous résumer pour répondre à mon besoin de vous faire partager ma peine, d’extérioriser mon ressentiment, d’expliquer mon désarroi, d’évacuer mon chagrin, de confier ma détresse.

Vendredi matin : départ en bus à huit heures pour Champéry, que l’on rejoindra une bonne grosse plombe bien musclée plus tard. Une fois en montagne, le frisson nous attend avec la Via Ferrata, ou, en Français courant, la varappe. Or, je suis passablement sujet au vertige, ce qui rend la chose impossible. Activité annexe pour les chochottes comme moi et les vieux anciens personnes âgées vieux : visite de la fonderie de cloches précitée. Il faut savoir que parfois, lorsqu’on me demande mes projets d’avenir professionnel, je réponds “fondeur de cloches” pour botter la question en touche, afin d’éviter de lancer la conversation là-dessus (oui, parce que j’ai bien quelques idées, mais j’évite les donneurs de leçons. On ne choisit pas ses collègues, mais on peut influencer la conversation. C’est tout un art.). Bref, la fonderie de cloche évoque en moi la profession la plus improbable qui soit. Et c’est précisément sur ce métier que je vais m’instruire à coups de baillements toute une matinée durant. On appelle ça un retour de manivelle, après tout ça m’apprendra à me moquer des fondeurs de cloches, qui sont sûrement des gens très bien.

Vendredi après-midi : VTT. J’ai horreur du vélo. Tout ce qui ressemble de près ou de loin à un vélocipède éveille en moi une antipathie confinant à la haine vorace (je suis en train de donner une très bonne image de moi dans ce billet). C’est comme ça, j’ai déjà dit plus haut que j’étais un peu chochotte, on ne va pas revenir là-dessus. Mais je crois que si je devais choisir deux sports que je ne pratiquerais pas pour tout l’or du monde, je sélectionnerais le cyclisme et l’escalade, soit ceux que les organisateurs de la sortie du département, du haut de leur cruauté sans borne, ont sélectionné dans un cinglant éclat de rire spectral. Me voilà bien. Activité annexe ? La visite d’une ferme. Avec questionnaire théorique, rentrée des vaches à l’étable et traite de ces dernières à l’ancienne. Bottes, bâton et salopettes fournies. Sur ce coup, j’opte quand même pour le cyclisme, ça fera dix ans que je n’ai pas posé le poum sur une selle, j’en serai quitte pour marcher comme un cow-boy le week-end qui suivra – si je survis – mais la visite de la ferme, c’est trop. Surtout que je me serai déjà tapé la fonderie le matin. Mes grands parents étaient paysans, donc une ferme, je vois plus ou moins à quoi ça ressemble. Et puis une fonderie de cloches d’accord, on n’en voit pas tous les jours, y aura sûrement des trucs à apprendre, mais une étable…

Bref, vendredi sera une grande et belle journée. Ca sera peut-être la troisième fois de ma vie que je m’intéresserai de près à la météo ces prochains jours…

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La roue tourne

10 août 2009

Amis lecteurs, je vous dois des excuses pour le vacuum qui règne depuis quelque temps sur ces pages. Alors que vous venez nombreux céans étancher à la source votre soif de connaissances, d’érudition, d’instructions, de conseils, de philosophie, de sages doctrines et de profondes pensées spirituelles, vous repartez déçus, une petite larme à l’œil, de ces lieux déserts où s’engouffrent par les carreaux brisés un vent gémissant faisant sinistrement claquer des volets grinçants.

On pourrait croire à un manque d’intérêt ou d’inspiration, mais il n’en est est rien pour une fois. Simplement, la roue tourne ; la vie se charge parfois d’établir des priorités, offre des opportunités et là, vous l’aurez compris, mon attention est accaparée ailleurs. Donc voilà, break d’été.

Pourtant, quand je regarde un peu autour de moi, je constate que j’aurais bien de quoi jacter ; un bref coup d’œil sur les sites d’actualité nous informe par exemple qu’alors que la crise connaît un moment de calme, les salaires et les bonus des cadres de la finance ont déjà explosé, ou que Federer occupe encore plus la presse depuis qu’il est père qu’après avoir remporté ses derniers titres, qu’on parle tellement de la grippe A que mon boulot ressemble à un immense poulailler où flotterait l’odeur d’une meute de loups en maraude, que les prénoms les plus communément attribués aux nouveaux nés ces dernières années sont « Nathan » et « Emma » et qu’on s’en fout mais alors complètement, ou encore que je n’ai jamais vu autant de gens avoir peur de prendre l’avion que maintenant. Ce dont je déduis que la presse, moins on la lit, mieux on se porte.

Enfin voilà quoi. Je me repens de mon silence et organiserai une séance publique d’auto-flagellation aux orties pour me châtier dignement (mais le lieu reste à définir, probablement un endroit difficile d’accès quand même), mais je ne vous ai pas oublié. Je reviendrai très vite avec un captivant billet sur le lama zébré des landes Marathes.

Et puis bon, eh, je parie que la plupart d’entre vous êtes en vacances, ou reviennent de vacances, où s’apprêtent à partir en vacances, bref, vous m’avez compris, alors que bibi n’a pas quitté le bureau de l’été, brandissant au cœur de la fournaise estivale l’étendard du sacerdoce dûment rempli, du délai tenu, de l’ordre acquitté et du supérieur hiérarchique vénéré. Alors je conclurai avec une pensée pour tous les travailleurs enchaînés à leurs bancs tout l’été durant.

 

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Devinettes et écran plat

26 juillet 2009

Il est évident que le bon peuple est lassé de l’actualité et on le comprend : peu de meurtres gratuits, de viols de mineurs, de cambriolages perpétrés par des ressortissants récidivistes de l’Est, de scabreuses histoires incestueuses ou de passages à tabac futiles, tout au plus quelques incendies qui sont trop récurrents à cette période de l’année pour satisfaire la soif de mort animant la populace qui n’a même plus besoin de se déplacer au Cirque Maxime pour satisfaire à ses besoins.

La grippe A, c’est officiel, tout le monde s’en fout ; parce que si ça ne fait plaisir à personne d’apprendre qu’un type à claqué d’une maladie à l’autre bout du monde, on ne peut pas non plus dire que ça bouleverse fondamentalement notre mode de vie. Et on se dit que depuis le temps que la presse joue les prophètes maudits à hurler à la pandémie mondiale pour définir une maladie qui se soigne au final plutôt bien, semble-t-il, elle a perdu un temps précieux à nous casser les pieds avec son pétard (heureusement) mouillé, temps qu’elle aurait pu mettre à profit pour parler, par exemple, de Michael Jackson.

Ce dernier aussi, on en entend moins parler, il faut dire que le filon s’épuise plutôt vite : à l’heure actuelle, on a déjà crié au meurtre, retourné sa famille dans tous les sens, parlé et reparlé de son héritage, défini que son père était méchant, évoqué l’existence de l’inévitable fils caché et la prochaine révélation choc ne devrait pas tenir sur plus d’un paragraphe dont seuls les gratuits Suisses feront leur première page, sauf s’il grêle le jour d’avant. 

La crise, plus un mot dessus, on comprendra que les pompeux dirigeants des groupes de presse ont vite trouvé lassant de casser du sucre sur leurs propres dos en remettant en cause un système qui a fait leur fortune.

Sinon, il reste le Tour de France, que ses rares spectateurs espèrent cette année propre et sans révélation honteuse, c’est à dire sans que personne n’émette l’idée saugrenue de soumettre quelques-uns de ces moteurs sur jambes à un test anti-dopage.

Bref, c’est l’ennui total. On ne parle même plus de Knut.

Pour rattraper un peu le coup, tout dernièrement, le Matin, quotidien people qui traite aussi des fois d’actualité, tentait de distraire le chaland en proposant un super concours ! Hiii !

Le principe est simple : il fallait deviner le nom du futur enfant de Roger Federer et de sa femme Mirka – vous savez, la précieuse princesse qui tire la gueule dans les tribunes et dont la seule façon d’applaudir évoque quelque ancestrale matrone au port altier dont on peine à croire qu’elle ait un jour joué au tennis, et pourtant – pour gagner une télé. Forcément, quoi d’autre ?

Alors pour la surprise, c’est gagné : alors que le roi et la reine était déjà dévoilés, on apprend que le couple tenait cachée une paire de dames et rafle la mise en bluffant tout le monde. Je serais surpris que beaucoup l’aient vu venir, d’autant plus que pour les noms, il fallait aller chercher « Charlène » et « Myla » ; ce qui, prononcé en Suisse-Allemande, donne quelque chose comme « Schnäprkkrrrr » et « Münschkrrli ». J’espère qu’au Matin, on n’a pas commandé trop de téléviseurs.

Enfin bon, voilà, le couple devient parent d’une paire de jumelles et on espère qu’avec les ronds de papa, on leur achètera un joli étui en cuir. Ceci dit, c’est un coup dur, puisque tout le monde attendait légitimement un héritier mâle. Presque plus personne ne regarde le tennis féminin.

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On est mal !

19 juillet 2009

Amis Suisses, nous vivons des heures sombres, l’horizon se charge de nuages menaçants et l’obscurité envahit le ciel. Le monde tourne vers nous ses yeux chargés de haine et de jalousie et s’apprête à frapper : le dirigeant Libyen, le très respectable colonel Muammar Kadafi, a dénoncé la Suisse comme étant le centre du terrorisme mondial et propose son démantèlement.

C’est au G8 que le dictateur a décrit notre beau pays de montagnes comme étant un état mafieux, ce qui n’est pas sans ironie puisque le G8, rappelons-le, se déroule en Italie ; et d’ajouter que nos banques – qui font la fierté de tout citoyen – abritent dans leurs coffres les sousous d’Al Qaida. Ce qui n’est pas tout faux, pour peu qu’ils n’aient pas encore transféré tout ça aux Îles Caïman.

Plein de bon sens et de piété, le pacifiste dirigeant demande pourquoi, alors que le Grand Ennemi est en Suisse, on va bombarder des bergers afghans qui n’ont rien fait. Il n’a pas tort, notez : on admettra bien volontiers que pour traquer le terroriste international bardé de bombes et de dynamite, il est un peu réducteur de s’en prendre à ce bonhomme-là :

Berger afghan qui n'a rien fait

 Par contre, on doutera quand même que l’on marquera un réel progrès en s’en prenant plutôt à ceux-ci :

 Véritable ennemi

Néanmoins, le démantèlement de la Suisse a de quoi faire frissonner. Le territoire serait partagé entre la France, l’Italie et l’Allemagne, selon la langue en vigueur dans la région, et l’identité du citoyen helvète tiraillée entre ces trois puissances. La fondue au fromage traditionnelle deviendrait, selon les lieux, la fondue Lombarde, Bavaroise ou Savoyarde. On vanterait l’horlogerie Allemande, le chocolat Italien et les Bouchons Français. L’Humagne et le Syrah deviendraient de bons vins Français, comme s’ils n’en avaient pas déjà assez. Federer serait teuton, Fabian Cancellara Italien et nos pauvres voisins du bout du lac hériteraient de Couchepin. Et moi même obtiendrais la nationalité tricolore, là où nos amis Français vivent sous Sarkozy et que Zidane a pris sa retraite. Mauvais calcul. Et que deviendraient Johnny Hallyday, Michael Schumacher, Phil Collins, Shania Twain ou encore Ingvar Kamprad, fondateur d’Ikea, tous venus en Suisse pour profiter du bon air de ses montagnes et de la forte identité de son peuple accueillant ?

Evidemment, on serait tenté de demander si par hasard la salve haineuse dont est victime notre petit pays neutre ne serait pas motivée par l’arrestation musclée, il y a un an, du fils du dictateur en question, venu zoner en Suisse parce qu’il apprécie le Mont-sur-Rolle en oubliant que ça ne se fait pas de taper sur ses domestiques sous nos latitudes. Mais ne sombrons pas dans la mauvaise foi, un dirigeant militaire, rancunier et mégalomane, ça n’existe pas !

En tous cas, moi, si ça part en vrille, je me tire en Suisse-Allemande !

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Same player shoot again

12 juillet 2009

Bon, on va faire dans la continuité, histoire de laisser une impression de suivi ; la dernière fois que l’on a papoté ensemble, on avait évoqué le sujet des séances de prières par lesquelles les Picsou en herbe espèrent retrouver la stabilité économique. Intéressons-nous maintenant à un autre moyen du même tonneau que ces lascars ont déniché pour maximiser encore leurs chances : la LUNE.

Eh oui. Alors que certains affirment avoir retrouvé la foi et demandent au Très Haut son secours dans leur détresse (nul n’est athée dans les tranchées), d’autres se tournent vers les divinités obscures et les superstitions désuètes des croyances héritées de l’antiquité. La lune donc ; un bout de caillou mort gravitant autours de la Terre, à jamais condamné à la nuit et au vide. Une masse de roche froide et desséchée, une étendue sphérique de désert infini qui, il faut l’admettre, représente assez bien les pratiques de la haute finance. Bref, l’influence de la lune sur la bourse serait un moyen de prévoir les coups durs. C’est en tout cas ce que l’on apprend en feuilletant distraitement quelque feuille de chou gratuite Suisse dans laquelle s’épanche un astrofinancier qui, grâce à l’appui silencieux de sœur-lune, s’est toujours arrangé pour ne pas perdre d’argent.

Je sais, beaucoup affirment que la lune a une influence directe sur le comportement des simiesques pantins qui s’ébattent sur Terre, on n’a pas encore percé tous les mystères de la nature, chacun a le droit de croire en ce qu’il veut et, surtout, le ridicule ne tue pas. Je ne les blâme pas. Au contraire même, pour une fois que les boursicoteurs s’ouvrent un peu à autre chose qu’à l’offre et la demande je ne vais pas leur faire de reproche. J’irai même jusqu’à proposer d’autres méthodes auxquelles ils n’ont manifestement pas encore pensé et qui mériteraient pourtant d’être étudiées. Exemples :

  • Sacrifier un cabri nain à l’ouverture des marchés.
  • Pratiquer une offrande de riz cuit lors de moments clés.
  • Effectuer des danses rituelles et des transes mystiques les nuits de pleine lune.
  • Demander à un marabout de sanctifier les milieux boursiers.
  • Se rendre au milieu du désert et appeler l’esprit de Shai-Hulud.
  • Offrir des grands vins et de l’huile d’olive à Jupiter.
  • Se tourner vers les enseignements de Nyarlathotep.
  • Sacrifier une vierge à Quetzalcoatl.
  • Appeler à une nouvelle éthique dans les quarante jours, faute de quoi Ninive sera anéantie.
  • Instaurer des périodes de jeûne.

Voilà. Si avec tout ça ils n’arrivent pas à se tirer d’affaire je ne peux plus rien pour eux !

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Le retour des brebis égarées

3 juillet 2009

Qui est accoutumé à observer un tantinet ses frères et sœurs humain(e)s n’aura pas manqué de constater à plusieurs reprises à quel point l’homo sapiens sapiens est parfois un individu terriblement niais, affublé d’une naïveté presque condamnable. Par exemple, on s’étend aujourd’hui dans nos feuilles de chou sur l’instauration de cercles de prière dans les milieux boursiers.

C’est vrai que pour rattraper les cafouillages des nuisibles pontes de la finance qui, à force de se rincer comme des nababs en condamnant des peuples entiers à la misère, sont à l’origine de cette crise qui avait déjà vaporisé plus de 20′000 milliards d’Euros au début de l’année (pour comparer, on peut par exemple se rappeler que l’ouragan Katrina avait engendré pour 125 milliards de dégâts), il faut savoir mettre toutes les chances de son côté.

Donc, en Suisse comme ailleurs, des cercles de prière se forment de-ci de-là dans le milieu de la finance pour appeler le Tout Puissant à les aider à retrouver les chiffres verts. Amen. On espère avec foi dans un émouvant rassemblement de fidèles aux grands cœurs que Dieu, dans son infinie mansuétude, relancera l’économie planétaire et permettra aux puissants de ce monde de retrouver leur quiétude à la table du Festin. On prie au retour de la stabilité et de la sécurité de la place financière et du diktat cupide qui régit le monde.

Bon, ne soyons pas trop de mauvaise foi, cette pratique démontre quelque chose de positif : en bas de l’échelle, on voudrait bien changer deux ou trois choses (mais on se sent un peu impuissant). Il paraîtrait même qu’il est demandé à Dieu de « guider les directeurs de la finance vers une nouvelle éthique dans leur façon de diriger ». D’accord, ça sonne bien, on apprécie le geste. Mais quand même, si le Créateur devait quitter de son royaume céleste pour descendre dans un rai de lumière dorée régler tous les déficits des entreprises cotées en bourse dans un concert de chants divins, j’avoue que mes convictions chrétiennes en ressortiraient quelque peu ébranlées. Parce que j’imagine que depuis de nombreuses années, des centaines de millions de voix s’élèvent dans bien pays pour demander à Dieu son céleste secours dans leur misère, laquelle est provoquée en grande partie par les pratiques aveugles de ce système financier immoral qui profite tant à ces fervents zélotes qui se rassemblent dans la prière avant de rejoindre les bureaux en BMW climatisées.

Alors les gars, la prière c’est bien, au moins vous vous êtes sortis les pouces pour joindre les mains, mais après va aussi falloir vous creuser un peu le bonnet. Parce que sur ce coup je ne suis pas sûr que vous aurez votre miracle.